Un été

Vincent Almendros · Chapitre 7 sur 20

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Un été

Au retour, des sacs plastique à la…

Au retour, des sacs plastique à la main, nous empruntâmes les escaliers qui se faufilaient en pente douce entre les villas construites à flanc de colline, sur le mur desquelles s’épanouissaient des bougainvilliers et de la vigne vierge. Nous étions de nouveau loin de la foule, loin de l’agitation estivale de la place. De temps en temps, on apercevait le bleu de la mer à travers les branches des pins.

Le soleil blanchissait les murs.

Tout était calme.

Nous continuions de descendre tranquillement les marches en pierre, sans parler. On entendait nos pieds écraser des aiguilles sèches qui craquaient sous nos semelles. Soudain, je me retournai.

Où est Lone ?

Nous regardâmes tous les trois autour de nous. Je reviens, dis-je, et après avoir confié mon sac à Jeanne, je rebroussai chemin en sautant les marches deux à deux. J’avais chaud, mais n’y pensais pas.

Je pensais à Lone.

À Lone et moi.

 

Époumoné, le tee-shirt trempé par l’effort, le souffle coupé, je parvins sur la place, où je n’eus pas à chercher longtemps. Elle était assise sur un banc, le regard perdu vers la mer, pensif. Elle tenait son cornet à la main. La glace, avec le soleil, fondait doucement en fines gouttelettes sur la partie gaufrée. Elle n’y touchait pas.

Tout en m’approchant, je cherchais une excuse. Une blague peut-être. Non. Il n’y avait rien à dire.

Doucement, je posai une main sur son épaule. On t’attend, dis-je, tu viens ?

Elle se retourna et me sourit. Tiens, dit-elle, je t’avais acheté une glace.

On t’a perdue, lui dis-je en m’emparant du cornet, tu étais où ?

Oui, répondit-elle, tu m’as oubliée, c’est drôle.

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