25, faubourg des étoiles

Laetitia Arnould · Chapitre 15 sur 29

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25, faubourg des étoiles

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Je ris de soulagement et pivote sur mes talons. Quand la porte de l’appartement de ma locataire se referme, je me raidis. C’est moi ou j’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche ? Pourquoi la lumière n’est-elle pas revenue sur le palier ? Les détecteurs de mouvement auraient dû s’enclencher pour éclairer l’espace. Ça n’augure rien de bon.

Je retourne dans mon entrée, attrape la laisse et le harnais de Sherwood, puis nous descendons au rez-de-chaussée à la faveur du halo bleuté que déverse toujours le flash de mon smartphone. Je dois me rendre à l’évidence, la boutique est toujours plongée dans le noir. Dire que je m’étais prise à espérer que la panne allait toucher au moins tout le quartier et que, dès demain, les gens accourraient au magasin pour faire un stock de bougies. Manqué ! C’est visiblement le magasin lui-même qui pâtit d’un problème de courant. Comme si j’avais besoin de ça.

Fébrile, je recompose le numéro de mon électricien, tombe une nouvelle fois sur sa messagerie et expose rapidement le problème, la voix tremblante d’agacement. Ensuite je fais un détour par l’arrière-boutique et me dirige vers le mur dominé par un tableau électrique flambant neuf – du moins si j’en crois le contenu de la facture ahurissante que ledit électricien a laissée lorsqu’il l’a changé en même temps qu’il a effectué la réparation du raccordement électrique de l’enseigne lumineuse.

― Quel fumier, celui-là ! maugréé-je. Il n’a rien fait de bien, un vrai charlatan.

Ouah ! confirme Sherwood.

Si j’ai fait l’impasse sur le côté « clignotant » de l’enseigne du Faubourg des Étoiles, demain, c’est sûr, je prendrai mon téléphone pour pousser une gueulante bien sentie. Non mais ! 

― Mais on verra ça après la promenade. De toute manière, tout a disjoncté.

Je grattouille la tête de mon petit chien, puis j’enfile mon manteau et noue mon écharpe rayée qui sent bon le Soupline et reprend les couleurs

d’une maison d’une célèbre école de magie – vert et argent, les couleurs15 . Une seconde plus tard, nous sortons braver le froid. 

Je tire le rideau puis je ferme la porte à clé, ce qui relève du challenge quand on est maladroite et qu’on tient un chien en laisse en même temps. Enfin, je me redresse, souffle un nuage vaporeux dans l’air et enfonce mon bonnet jusqu’aux oreilles. Nous nous engageons dans la rue toute blanche.