25, faubourg des étoiles

Laetitia Arnould · Chapitre 6 sur 29

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Chapitre 2 : Cocooning party

(Bougie aux parfums de cannelle, bergamote et chocolat chaud)

629 novembre

Une fois les pancakes engloutis et arrosés d’un chocolat chaud, je me félicite intérieurement pour le tout premier repas de cette journée « cocooning ». C’est la première fois que je mets ma toque de cuisinière – façon de parler – devant Violette, et cela semble l’impressionner. C’est d’ailleurs la première fois que je cuisine réellement quelque chose depuis que je vis ici. Habituellement, j’avale un toast trop grillé, mon chocolat chaud et le contenu d’une briquette de jus d’orange qui n’en a que le nom, le tout sans même prendre le temps de m’asseoir. La vie parisienne m’a fait perdre brièvement quelques-unes de mes habitudes, mais maintenant que le magasin est ouvert, je vais essayer d’instaurer une régularité à mon existence et me remettre au fourneau, histoire d’ingurgiter un minimum de ces soupes et autres recettes toutes prêtes, dont la liste de conservateurs peut faire frémir d’horreur.

― C’t’écœurant ! s’exclame ma locataire et amie, avant de faire disparaître le dernier morceau de pancake imbibé d’un sirop de cannelle de ma composition.

Elle émet un borborygme de plaisir et je hausse un sourcil.

― Écœurant ? Pourtant, tu n’en as pas laissé une miette.

Violette secoue la tête et prend le temps d’avaler avant de répondre :

― Sois pas niaise, ça veut dire que j’trouve ça vraiment délicieux. Je n’ai pas mangé de pancakes aussi bons depuis que chu ici, en France !

― Ah je vois… Si tu trouves ça écœurant, c’est que tu aimes, résumé-je. Évite quand même de le dire dans un resto, ça risquerait d’être mal pris.

― J’y penserai. Mais toi, tu m’avais caché que t’avais des talents de cuisinière.

Je ris.

― N’exagérons rien, ce ne sont que des pancakes. Disons que je me débrouille, mais je ne fais pas de la grande cuisine non plus. Et crois-le ou non, c’est la première fois que je me sers de cette plaque de cuisson. Depuis mon arrivée à Paris, j’ai manqué de temps et le micro-ondes est un peu trop devenu mon ami. Je crois bien qu’ici, la vie passe à mille à l’heure.