Gris à 18%
Chapitre XII
— MATT, JE reviens vers toi et je suis suivi.
La voix de James dans son oreillette surprit tellement Matt qu’il ne répondit pas tout de suite. Et puis il s’était peut-être un peu endormi.
— Matt, confirme que tu m’as reçu !
— Reçu, répondit Matt automatiquement.
Il avait rarement une oreillette, et il n’avait jamais voulu d’implant cérébral. Pour un agent secret, il n’était pas très bien équipé.
— Il faut que Scarlett disparaisse. Sœur Immaculée m’a racontée l’histoire d’un flic qui s’est fait tuer et de son cheval qui s’est fait voler.
— Compris.
Matt se tourna vers Scarlett, toute proche. Elle lui rendit son regard.
— Allez, file, Scarlett. Va te cacher, sinon on finit tous en rôtis.
Rien. Elle le regarda longuement, puis baissa la tête pour brouter un innocent brin d’herbe qui dépassait.
— Scarlett, sérieusement. James dit qu’il faut que tu t’en ailles. Je ne suis pas en train d’essayer de me débarrasser de toi.
Un autre brin d’herbe passa dans le broyeur de ses dents.
— Scarlett, dégage !
Elle s’approcha un peu et lui bava dessus.
— Beurk ! Ne me fais plus jamais ça !
Dans son oreillette, il entendit James rire.
— Et toi, pas un mot, connard ! Tu t’occuperas d’elle, elle ne m’écoute pas.
Le rire cessa immédiatement.
— Ah. Oui. Peut-être parce que je lui ai dit de pas te quitter, quoi que tu fasses.
— Tu crois que j’ai besoin d’un cheval baby-sitter ?
— Non, juste au cas où tu serais méchant avec elle, ou...
— Ou quoi ?
Matt aurait juré avoir entendu James hausser les épaules.
— Ou si tu essayais de la faire partir...
Connard.
— Alors démerde-toi avec elle.
James commença à grommeler. Pour autant que Matt puisse en juger, il essayait de retrouver son chemin.
— Mais enfin James ? Quel genre de chasseur perd une piste aussi facilement ?
James ne répondit pas. Mais il sembla parvenir à communiquer avec Scarlett, qui réussit – bel exploit pour un cheval – à prendre l’air triste. Soudain, Matt réalisa avec horreur qu’ils étaient en train de se séparer d’elle sans savoir s’ils la reverraient.
Merde. Ça, c’était méchant.
— Au revoir, Scarlett. On se reverra, bientôt.
Elle se retourna, lui lança un petit regard. Comme si elle l’aimait bien. Puis reprit son chemin, lentement, tristement.
— C’était gentil de ta part, Matty, dit James dans son oreille, le faisant sursauter à nouveau.
Putain d’oreillette.
Quand James arriva à leur point de rendez-vous, Matt s’était caché dans un sac de couchage. Mais il entendit quand même James sauter et toucher le sol assez brutalement. Il ouvrit le sac de couchage. Est-ce qu’il s’inquiétait ? Un instant, Matt crut que James allait lui enlever sa protection pour le regarder. Mais non.
James se détendit un peu, puis sourit et dit à voix haute :
— Ça va Mathilda ?
— Hein ?
— C’est ton nom, murmura James.
Le suiveur devait pourtant être loin. D’ailleurs James avait l’air détendu. Matt par contre... Il ne s’était pas rasé depuis plusieurs jours, et son dernier rasoir sonique remontait à au moins deux mois.
— Tu m’en diras tant... Je ne savais pas que tu étais intéressé par les filles, James, reprit Matt avec une voix de fausset. Tu aimes ma voix de Mathilda ? Et puis merde, qui a choisi ce nom ? Même moi j’aurais pu trouver mieux ! murmura-t-il ensuite.
— Ce n’est rien, chérie. Reste assise pendant que je défais le camp. Tes règles devraient aller mieux dans un jour ou deux.
Les règles, maintenant. Super.
Le suiveur était maintenant tout près. Matt l’entendait. Il vit son ombre se camoufler sur la rive supérieure de la rivière, puis ramper sur le ventre vers eux.
— Merci mon petit canard en sucre, dit Matt bien fort. Il s’est passé quoi au couvent ? ajouta-t-il sottovoce.
James se pencha en avant comme pour l’embrasser.
— Rien de spécial. Pearl Hessia, ou sœur Immaculée, nous attendait et sait que tu es blessé. Le colonel Viteaux l’a appelée hier soir. Je suis rentré sans problème, mais ils ont lu ma carte. Si jamais ils cherchent, le GRI pourra nous retrouver en fouillant un peu.
Pas le choix.
— Il leur faut une pièce d’identité pour moi aussi ?
Ça, ça risquait de poser problème.
— Nan. Idaho. Je suis l’homme, et si je dis que tu es toi, tu es toi.
James lui sourit à nouveau. Matt finirait par fondre s’il ne mettait pas frein à son charme. Mais bien vite, il redevint le James sérieux.
— Hessia est nerveuse à propos de quelque chose, par contre. Elle a l’air parfaitement compétente, rien à craindre, mais il y a quelque chose qui ne va pas. Peut-être que c’est moi qui l’inquiète, quelque chose comme ça.
Avant que Matt puisse demander des détails, il entendit quelqu’un approcher.
— Allez, cache-toi un peu, sœur Immaculée est là avec un ‘jardinier’.
— Un jardinier ?
James lui posa le sac de couchage sur la tête et le planta là. Bon. Il chercherait pourquoi les jardiniers inquiétaient James à ce point une fois au couvent. Autant dormir, en attendant.
LES ‘JARDINERS’ étaient en fait des miliciens du Vatican. Ils en connaissaient un bout sur les couvertures, alors se faire passer pour des jardiniers n’était pas un problème. Et puis, peut-être qu’ils jardinaient vraiment, entre deux tirs. Qui sait ?
Quand ils obtinrent enfin une chambre dans le couvent, pas très grande, mais avec sa propre salle de bain indépendante, sœur Immaculée les accompagna, après avoir renvoyé le jardinier. Celui qui avait suivi James était apparemment un autre jardinier, comme sœur Immaculée le leur apprit.
— En tout cas, ils ne sont pas doués, fit remarquer Matt une fois entré dans le lit, en caleçon.
— Micros ?
— Non, rien dans la pièce, répondit sœur Immaculée.
Quoi qu’il en soit, James alluma la vieille télé satellite – un autre dinosaure ! – pour faire un peu de bruit. Sœur Immaculée renifla et Matt la regarda fixement.
— C’était une tentative pour nous prendre de haut ? Désolé, mais si vous connaissiez Anaïs vous comprendriez ce que c’est que renifler vraiment.
Elle lui sourit.
— D’ailleurs je ne suis pas sûr que vous soyiez vraiment une nonne...
— Oh, si, bien sûr. Après avoir quitté la Zone Rouge, je me suis enrôlée dans l’Église Catholique du Nord. Et je suis arrivée ici à cause de mon expérience des combats.
L’Église Catholique du Nord avait des réseaux d’espions bien intégrés un peu partout. En général, ils commandaient à des gens qui étaient acquis à leur cause mais bloqués derrière les lignes Rouges.
— Alors c’était un marché ? Vous deveniez nonne dans le nord, pour rejoindre ensuite un couvent Rouge ? Et ils pensaient que ça marcherait ?
— Oh, ça marche à peu près. Je suis toujours surveillée, d’où les jardiniers. Mais le GRI ne s’en est pas inquiété, et les milices du Vatican n’ont pas tant de pouvoir ici. Et puis ce n’est pas difficile d’avoir toujours un pas d’avance sur eux.
— Alors ils vont sûrement bien nous surveiller, dit James de derrière son sac qu’il vidait par terre.
— Je ne sais pas. Soyez prudents, en tout cas. Vous êtes les premiers invités depuis deux ans. On n’est pas vraiment une étape standard, voyez. Et puis j’ai de la famille dans Idaho.
— Vous êtes sûre que cette pièce est... dépourvue de mouchards ?
— Ma partenaire est venue et a scannée la pièce pendant que vous étiez en bas. Sœur Carmella faisait partie des Navy SEAL.
Matt vit James se détendre visiblement. Il aimait l’armée, donc.
— Merci, sœur Immaculée, dit James en s’approchant d’elle.
Matt voyait bien que James était sincère. Son expression habituelle d’héroïsme stoïque avait laissé la place à un petit sourire, et il avait pris la main de sœur Immaculée dans la sienne.
Elle le regarda, surprise, puis lui serra doucement la main.
— Par pitié, ne m’appelez pas comme ça ici. On me l’a donné quand je suis arrivée dans ce couvent. Pour vous, ça sera Pearl. Matt, je suppose que tu peux m’appeler grand-tante si tu préfères.
James sourit un peu plus, lâcha sa main et se tourna vers Matt.
— Je vais me doucher. À tout à l’heure.
— Donc...
Matt lança son regard le plus charmeur à Pearl. Elle soupira.
— Anaïs m’a prévenue. Pose la question que tu veux poser.
— Pourquoi une nonne ? Je veux dire, après le sud. Tu as sûrement eu une vie difficile, et maintenant, dans ta retraite...
Matt s’interrompit quand elle releva les yeux.
— Je suis une nonne parce que je pense que j’ai des pêchés à expier.
Dans une pathétique tentative de détendre l’atmosphère, Matt, au bout d’un moment, dit :
— Eh bien. Je me demande quand Anaïs va devenir nonne.
— Elle n’a aucun pêché à expier.
Pearl regardait de nouveau sa trousse à pharmacie, mais Matt, de là où il était, pouvait voir son petit sourire triste alors qu’elle préparait une mixture qu’il pensait devoir être injectée.
— Moi qui pensais qu’Anaïs ne ferait rien qui ne serait pas déjà un pêché.
Pas de blague, cette fois. Il le pensait vraiment. Pearl rit doucement.
— Oh, les siens sont très différents des miens. Rien de grave. Je crois que j’ai aidé à blesser beaucoup de gens. Des soldats.
— On fait tous tout ce qu’on peut pour infliger des dégâts à l’ennemi.
— Les soldats que j’ai le plus abîmés n’étaient pas des ennemis.
Matt se glaça. Son instinct lui soufflait qu’il n’avait rien à craindre d’elle. Mais elle préparait un ‘médicament’ pour lui... D’un autre côté, James ne serait pas parti s’il avait senti une menace. Pearl le regarda fixement.
— Pas comme ça. Je n’étais ni une espionne ni un agent double. Je faisais partie d’une équipe chargée de bio-expérimentations pour améliorer nos soldats. Jusqu’à ce qu’on... teste ça. Grandeur nature.
Un silence.
— Sur les Psy-Forces.
Oh. Oh.
— Euh, James...
— Il faut que je parle à James. Que je voie ce qui se passe avec lui.
Un autre silence.
— Mais je me disais... Tu pourrais peut-être aborder le sujet avec lui ? Vous êtes... proches...
Ils étaient proches ? Proches comme... des compagnons d’armes ? Ou plus proches ? Compagnons d’armes, ça irait bien. Pour le moment.
— D’accord. Je lui parlerais.
Elle soupira.
— Tu seras remis sur pied d’ici deux jours, je pense. Je n’ai pas encore regardé, mais d’après ce que m’a dit James, il te faudra au moins ça avant de pouvoir voyager sans aide.
Matt ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle le coupa.
— En marchant. Pas de cheval, personne pour te tenir sur le cheval, pas de sommeil si besoin.
Ah. Bien.
— J’aurais besoin de quelques heures pour parler à James. Au moins. Demain, ça ira très bien. Maintenant allonge-toi, j’ai besoin de regarder ton épaule.
Matt tomba plus qu’il ne s’allongea. Il avait mal. Chaque fois qu’il était blessé, il se rappelait la boue du Nouveau-Mexique, la douleur dans tout son corps, la pluie et la poussière qui se mélangeait, et, à quelques mètres, sa jambe.
Il essaya de se concentrer sur le plafond et une vague musique. Un de ces instrumentaux des années 2070. Pas le genre qu’il appréciait particulièrement. Pearl enleva rapidement les bandes et les patchs.
Elle endormit son bras avec un hypo-spray, si bien qu’il ne sentit plus rien. Mais il entendait la douche s’éteindre. Pearl, à côté de lui, commençait à rebander son bras dans une bande ‘respirante’. Pour la première fois depuis des jours, il se sentit à l’aise et se détendit vraiment. Il ne sentait ni son épaule ni son bras, et il se sentait de nouveau brumeux.
— Tu m’as donné quelque chose ?
— Des antidouleurs, injectés dans le bras. James t’avait trop peu dosé.
— Oups, ricana Matt.
James sortait justement de la salle de bain. Il s’était rasé et paraissait tout propre. S’il passait ses lèvres sur cette mâchoire, Matt était prêt à parier que James sentirait le savon et l’homme. Hmm.
James s’arrêta et le regarda.
— Vous lui avez redonné des antidouleurs ?
— Oui. Mais je commence à me dire que je n’aurais peut-être pas dû.
— Il est un peu sensible, on va dire, dit James en souriant, penaud. J’aurais peut-être dû vous en parler avant.
— Pas grave. Et tutoies-moi. Je lui en ai donné suffisamment pour qu’il soit un peu dans le brouillard...
— Ch’uis dans l’brouillard, approuva Matt en hochant vigoureusement la tête.
Pearl lui lança un regard nerveux et continua :
— Je ne vais pas lui donner de sédatif, mais je vais rajouter des nano-méds. Donc, il sera encore plus fatigué. Il va falloir dormir, Matt.
— Y’a quoi d’autre, dedans ? dit Matt en indiquant du menton la préparation qu’elle tenait dans les mains.
— Des anti-bionanos, puisque ton bras n’a pas été nettoyé depuis longtemps ; de quoi nourrir les nano-méds ; et un NSAID à retardement. Pas d’antidouleur pour toi avant demain matin.
Matt ne l’écoutait plus depuis un moment. Il regardait James.
— T’vas faire quoi ?
— Te border, je suppose.
Il lança un de ses petits sourires en coin. Puis commença à organiser les affaires, rangeant les vêtements propres sur les étagères et mettant ceux, sales, dans le nettoyeur à protons de la salle de bain. Dans vingt minutes, le tout serait propre et sec.
Pearl piqua Matt, laissant la solution dans une poche à proximité du lit, reliée directement à la seringue dans son bras et donna à James des instructions pour l’enlever. Il frémit un peu, mais promit de le faire. Puis sœur Immaculée sortit en promettant que quelqu’un viendrait bientôt apporter de la nourriture.
Quand James eut fini de ranger, Matt était toujours réveillé. Du moins, il ne dormait pas encore.
James était debout à côté du lit, tentant désespérément d’éviter de regarder Matt en sous-vêtements. Ce dernier sourit et s’étira comme un chat. Il savait que c’était de la provocation, mais ça paraissait une bonne idée. James pourrait jeter un coup d’œil à ses abdos. Ou même un peu plus.
Il se racla la gorge.
— Tu as froid ? Tu veux te mettre sous la couverture ?
— Nan, dit Matt d’un ton languide, en détaillant James de haut en bas. À moins que tu viennes avec moi.
James soupira et se passa la main dans les cheveux.
— Matt, finit-il par dire, tu es complètement shooté, on... euh... On ne peut rien faire. Pas maintenant. Même si je m’allonge avec toi un moment.
Matt regardait son entrejambe. Il voyait assez clairement son sexe, même dans les vêtements peu moulants que James portait maintenant. Et il pouvait presque le voir grandir et durcir. Il se passa la langue sur les lèvres.
— Matt... Ne joues pas à ça avec moi.
— Jouer à quoi ?
Il n’essayait même pas de paraître innocent, il souriait à James. Enfin, à son sexe.
— Tu sais très bien.
Hmm, cette voix...
— Viens, murmura Matt en regardant James, dans les yeux, cette fois.
Matt savait que James voulait résister, mais il ne le voulait pas assez. Il était presque sûr que James avait envie de s’allonger, presque nu, à côté de lui qui le suppliait de le rejoindre.
— Ce n’est pas une bonne idée, Matt...
Matt sourit un peu plus. James était à lui, maintenant.
— C’est une très bonne idée.
Matt laissa courir ses doigts sur les hanches de James, jusqu’à l’intérieur de ses cuisses, ce qui laissait son compagnon pantelant. Il sentit sa chaleur à travers son pantalon, sa dureté à travers ses vêtements. James gémit doucement.
Matt, tourné vers lui, passa sa main sur son ventre, descendit jusqu’à son sexe dur. Plus long que toute la longueur de sa main. Matt frotta gentiment, récompensé par un petit grognement.
— J’aurais jamais cru qu’un jour je te tiendrais dans ma main comme ça, murmura Matt.
James ouvrit soudain les yeux et regarda Matt. Il avait le souffle court, mais parvint à demander :
— Comment ça ?
— Au lycée, tu me détestais. Maintenant tu me veux. J’aime bien. Une petite revanche.
James se figea.
— C’est une revanche, pour toi ?
Matt haussa les épaules.
— Plus ou moins. Je suppose.
Il se sentait la tête lourde. Et James reculait. Toujours aussi dur, toujours aussi haletant, mais beaucoup moins heureux.
— Ah. Je suppose que je méritais ça.
Il regarda ailleurs. Matt se sentait mal. Comme s’il avait vraiment tout fait foirer. Il ramena son bras sous l’oreiller, les yeux toujours rivés sur James. Les médicaments faisaient effet. Il se sentait ailleurs. Est-ce qu’il devrait s’excuser ? De quoi au fait ? Est-ce qu’ils n’avaient pas été deux à apprécier ?
— James...
— Je vais enlever la poche. Elle est vide.
Prudemment, James s’assit à côté de Matt et enleva la transfusion. En évitant de le toucher.
Matt pouvait voir à quel point James détestait ça. Il n’aimait pas se faire piquer par une aiguille, et il n’aimait pas non plus les aiguilles dans les autres, apparemment. Mais Matt ne voyait pas de moyen de rendre la chose plus agréable. D’autant qu’il n’avait pas compris ce qui s’était passé. Il avait la tête lourde, les yeux engourdis.
Quand il eut fini, James regarda Matt, et, hésitant à chaque instant, passa une main dans ses cheveux, avant de lui dire gentiment :
— Repose-toi.
Il l’embrassa sur le front. Pas exactement là où Matt voulait être embrassé.
Qu’est-ce qui s’était passé ? Matt resta allongé là, à regarder James qui refaisait leurs sacs, à se demander ce qu’il avait fait de mal. Ses paupières se fermèrent contre son gré, et enfin il s’endormit, toujours incapable de comprendre pourquoi James s’était reculé.
Sans qu’il s’en rende compte, il avait toujours gardé son esprit fermé. Mais, juste avant de basculer dans le sommeil, ses défenses s’abaissèrent. Juste assez pour que James se retourne vers lui.
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