Gris à 18%

Anne Tenino · Chapitre 15 sur 25

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Chapitre XIV

 

JAMES ÉTAIT réveillé lorsque Pearl revint. Il avait réussi à traîner Matt dans le lit et à lui faire enlever son pantalon. S’il avait été seul, Matt se serait laissé dormir par terre, le pantalon raidi de sa jouissance. James ne s’était jamais imaginé en berceau pour adulte. Et pourtant, Matt avait dormi sur son épaule avec ravissement. Il était donc désormais un berceau.

C’était nouveau. Non, ce n’était pas vrai. Il se souvint des dernières nuits avec Matt, quand ils chevauchaient Scarlett dans le noir, le dos brûlant de Matt contre sa poitrine. La moitié du temps, il était dur. Et content.

Bon. Matt aimait que James soit un berceau. À un autre moment de sa vie, cette nouvelle l’aurait sûrement étonné, mais, aujourd’hui, ce n’était rien. Son cerveau pouvait exploser à tout moment, alors pourquoi ne pas prêter ses bras ?

Quoique... Exploser ? C’était possible ? Il avait des tas de questions, pas assez d’informations. Il devait parler à Pearl. Elle regrettait vraiment ce qu’elle avait fait. Elle se sentait coupable d’avoir commencé, responsable de n’avoir pas réussi à arrêter. Et surtout, elle s’inquiétait pour lui, s’inquiétait de ne pas savoir ce qui allait se passer.

Il avait besoin de lui parler. Il ne voulait pas se lever maintenant, il voulait rester près de cet homme, chaud, endormi. Matt le chaud. James se sentait presque à l’abri, ici, avec ce corps contre le sien. En sécurité. Peut-être même... Aimé ?

James continua dans cette voie pour éviter de penser. Il essaya, du moins. Parfois, ça marchait. Le mot en ‘A’ le distrayait bien. Puis il entendit quelqu’un devant la porte. Pearl. Marrant, ça. Maintenant, il la percevait à travers les murs.

Ah, merde. Non, ça ne l’était pas. Pas du tout. Ne pas y penser.

Elle tapa légèrement sur la porte avant d’entrer. James se releva à moitié pour s’assoir contre le mur et lui lança un sourire timide. Elle ne haussa même pas un sourcil en voyant son torse nu ou Matt endormi contre lui. Elle n’était pas surprise, il en était sûr.

— Je ne pensais pas que tu serais heureux de me revoir. Surtout si vite.

Elle murmurait, pour ne pas réveiller Matt.

— J’ai besoin de réponses. Je sais que tu n’as pas aimé ce qui s’est passé, Pearl. C’est bon.

Elle avala une goulée d’air.

— Je te donnerais toutes les réponses que j’ai. Mais je ne crois pas en avoir beaucoup.

— Tu es sûre qu’ils m’ont implanté ce que tu as aidé à construire ?

Elle hocha la tête.

— Presque certaine. Je ne crois pas qu’il y ait eu d’autre équipe sur le même projet, ni chez les Rouges ni chez les Bleus. On te l’a mis il y a trois ans ?

Hochement de tête.

— James, sincèrement... As-tu été volontaire ?

Il voulait lui mentir, mais ça n’aurait rien arrangé.

— Non. J’étais un soldat. On m’a dit d’aller là-bas, et j’ai obéi.

— Quoi ? Ils... Ils t’ont dit quoi sur là où tu allais ?

— Pas grand-chose. Ils m’ont dit après coup ce qu’ils avaient fait. J’étais... choqué, je crois. Et puis ils m’ont dit que c’était réversible, qu’on pouvait l’enlever n’importe quand. Alors... je n’ai rien dit.

Pearl avait l’air terrifiée.

— Ça fait désormais partie de ton réseau neural. L’enlever induirait une série de phénomènes imprévisibles. Peut-être que ce serait faisable, et que tu serais à nouveau le même qu’avant. Mais le plus probable, c’est que ça te tuerait, James ! Il grandit en toi ! Enfin, avec toi. Surtout quand tu l’utilises. Ils ont passé du temps à t’apprendre à t’en servir, non ? Ils t’ont fait faire des exercices, pour que l’implant s’intègre ?

James hocha silencieusement la tête.

— Putain... Réversible mon cul !

James rit doucement.

— Est-ce que tu n’es pas une nonne ?

— Si, mais mon Dieu comprend la nécessité d’utiliser ce genre de verbiage occasionnellement.

Un instant, ils restèrent assis silencieusement.

— Pearl ?

Un silence.

— Est-ce que... Est-ce que ça peut me transformer en quel... quelque chose d’autre ?

Elle le fixa un long moment. Il sentait sa sympathie, mais pas vraiment de crainte. Plus maintenant. Plutôt de la compréhension.

— Je ne crois pas. On a récemment découvert que la personnalité est plus profondément génétique que tout ce qu’on avait cru. Ce n’est pas qu’une question de cerveau. C’est une des raisons qui ont fait que le mouvement Singularité a échoué.

James prit un instant pour se rappeler de ça. Ah, oui. La secte qui croyait qu’on pourrait un jour fusionner un corps humain et une IA pour en faire un hybride.

— Puisque c’est ton cerveau qui effectue les connexions, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de changement majeur. Je dirais presque impossible. Ton cerveau a tout intérêt à se protéger. Les gens peuvent changer de personnalité après un traumatisme cérébral ; mais c’est parce que le cerveau est profondément endommagé. Ce qui n’est pas le cas avec l’implant sur lequel j’ai travaillé. Ma vraie peur... C’est que ça crée des pouvoirs qu’on n’aurait pas imaginés. Au-delà des capacités psychiques de base, je veux dire. Et comme on n’a jamais pu tester en labo, on ne sait rien.

— Et je suis le cobaye...

Pearl hocha lentement la tête.

En fait, avoir de nouveaux pouvoirs psychiques n’était pas si mal. Ça ne paraissait pas si mal. Mais James avait le sentiment de n’imaginer qu’une petite partie des possibilités. Disons que... C’était moins pire que ce à quoi il s’attendait.

— Il... L’implant marchait mieux dans un mâle homosexuel. Une femme pourrait l’intégrer, mais un homme hétéro aurait du mal.

James haussa un sourcil et obtint un petit sourire triste en réponse.

— Ça a un rapport avec la taille du corps calleux. Il est plus gros chez les femmes et les hommes homos. Ça marchait bien pour nous, à cause de la manière qu’a l’implant d’interagir avec le cerveau. C’était plus... plus sûr. Pour l’individu avec l’implant.

— Et puisque je suis gay, j’ai probablement ton implant, c’est ça ?

— Probablement.

— Ça pourrait être une coïncidence.

Elle sourit à nouveau, tristement.

— Il y a douze pour cent d’homosexuels dans la population. Le fait que le premier soldat ‘implanté’ sur qui je tombe soit homosexuel m’incite quand même à croire que c’est celui que j’ai aidé à créer. Ça pourrait être une coïncidence, oui. Mais je ne crois pas.

James se redressa un peu.

— Je connais au moins un des autres gars implantés. Gay aussi.

— Tu connais d’autres soldats implantés ?

Pearl avait l’air abasourdie. Puis excitée.

— Tu peux me donner leurs noms ? Non, en fait, pas à moi. À Anaïs. Elle est meilleure pour ces choses-là. Je ne veux pas me faire choper par le GRI.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, sa voix semblait grandir et Matt se colla tout contre le flanc de James. Qui n’avait pas l’air de partager l’excitation de Pearl.

— C’est de la discrimination positive...

Au grognement de Matt, il sut que sa voix s’était faite dure.

— Quoi ?

— Discrimination positive. C’est comme ça qu’on appelle le fait de préférer une minorité spécifique. Même si, dans ce cas précis, je ne suis pas sûr que préférer soit bien exact.

Il sentit la culpabilité revenir au grand galop.

— Oh mon Dieu, murmura Pearl, enfouissant sa tête dans ses mains. Je me sens... de pire en pire.

Elle ne l’avait pas dit juste pour être gentille. James était presque sûr qu’elle n’avait même pas conscience de l’avoir dit. Et il sentait Matt contre lui, immobile, trop rigide pour être naturel.

— Pearl... Je ne peux pas tout te pardonner. Mais je crois que tu ne l’as pas fait pour blesser des homosexuels.

C’était le mieux qu’il pouvait faire. C’était peut-être pompeux, mais c’était vrai. Matt se détendit un peu.

— Hé, Pearl... dit-il rudement.

James sentait que Matt lui en voulait, mais qu’il la croyait sincère. Déjà ça de pris.

Pearl fit un petit sourire piteux et hocha la tête.

— Il y a autre chose dont il faut parler avant le rapport de cette nuit, James.

— On a un rapport cette nuit ? demanda Matt en bâillant.

Il s’étira, sachant parfaitement que James regardait chacun des muscles de son dos se contracter. Et ses fesses qui remontaient. Il avait toujours la couverture sur le bas du corps, mais de là où il était, James pouvait voir pas mal de centimètres carrés du bronzage de Matt. Et tous ses muscles jouer sous sa peau qu’il avait caressée et léchée il y a peu.

James se demanda s’il pourrait parcourir toute la colonne vertébrale de Matt avec sa langue, jusqu’en bas, entre ses deux fesses... avant de réaliser que son ami attendait une réponse. Il regarda Matt. Qui, inévitablement, le regardait avec un sourire en coin.

— Oui. On, euh... 23h45.

Il savait que Matt adorerait cette heure-là.

— On doit partir vers 23h pour être sûrs d’avoir le téléphone à temps. Et tu vas encore devoir te déguiser, j’en ai peur.

— Téléphone ?

Matt avait les yeux ronds.

— Tu verras, répondit James en souriant.

— Il faut que tu sortes de l’armée, les coupa Pearl.

James et Matt la regardèrent, étonnés.

— Tu es en danger tant que tu y es. Ils vont vouloir forcer ton implant à établir de nouvelles connections. Et je ne pense pas que ce soit sûr. Ils vont vouloir voir jusqu’où on peut pousser les limites de ton implant.

— Merde ! Tu ne lui as rien dit, James ?!

Matt avait l’air horrifié, maintenant. James secoua la tête et regarda le plafond, gêné.

— Pearl, ils ont fait quelque chose à James en rééducation...

— C’est bon, je peux le dire moi-même, le coupa James. Ils m’ont fait quelque chose en rééducation... Je... Je ne sais pas vraiment quoi. Je suis allé chez le ‘docteur’, qui m’a fait regarder une vidéo, et je me suis réveillé deux heures plus tard. Et ça a continué jusqu’à ce que je sorte de là. Ils m’emmenaient dans son cabinet et je m’évanouissais. Peut-être... dix ou douze fois ?

Tout le monde dans l’armée était briefé un jour ou l’autre sur les procédures de rééducation des Rouges, et personnes n’avait jamais mentionné de vidéo qui endormait les gens. Et James s’en était étonné un moment, en se demandant comment il présenterait ça en rentrant. Si jamais il rentrait. Et puis il ne s’en était plus inquiété. Mais dans cette pièce, il sentait Pearl penser.

— Tu sais ce qu’il y avait sur ces vidéos ?

— Non.

Les vidéos étaient un standard de la rééducation Rouge. Mais il ne se souvenait d’aucune. James avala péniblement sa salive.

— On sait que les vidéos permettent un lavage de cerveau, mais sans exemple concret, on ne sait pas comment ça marche. Peut-être un peu d’hypnose, d’autosuggestion. Peut-être qu’il a réagi avec ton implant. Tu peux me dire ce qui a changé ?

— J’ai, euh... J’ai une plus grande portée, en terrain découvert, tant qu’il n’y a pas de barrière physique entre la cible et moi. Parfois je comprends un mot ou deux, alors que je n’ai jamais pu avant. Je peux... influencer les gens, je crois. S’ils pensent à quelque chose mais qu’ils refusent l’idée, je peux les pousser à le faire ou le dire.

Pearl avait hoché la tête jusqu’au dernier des arguments. Ses yeux s’écarquillèrent, mais elle ne dit rien.

— Et tu parles aux animaux, dit Matt platement.

— Oui, ça aussi, murmura-t-il.

— Tu veux dire que tu peux communiquer avec eux, dans les deux sens, par télépathie ?

Il pouvait sentir l’intérêt professionnel de Pearl prendre le dessus sur ses intérêts moraux. Elle ne voulait pas, mais ces nouvelles informations semblaient la passionner.

— Oui...

En baissant les yeux, il vit Matt sourire. Il lui rendrait ce sourire plus tard, à ce petit con. Il lui lança un regard noir. Auquel répondit un sourire encore plus grand.

Pearl resta silencieuse un long moment, avant de finir par dire :

— Apparemment, tu développes des moyens de communication à double sens que nous n’avions jamais imaginés ni programmés. Le reste, la perception des pensées, la portée, tout ça, c’est juste une amélioration des données de base. D’après moi, ton implant a dépassé les fonctionnalités pour lesquelles on l’avait programmé. Si c’est bien le programme auquel je pense.

— C’est... mauvais ?

James préférait ignorer la possibilité que l’implant ne soit pas celui de Pearl. Pour le moment.

— Oui. Ça veut dire qu’il faut vraiment qu’on t’enlève ça, James. L’implant a commencé à s’intégrer pleinement à ton système neural, peut-être même à des zones qu’on ne comprend pas complètement. Ça a été soudain, ou lent, le développement de ces nouvelles capacités ?

— Lent. Elles se développent encore. J’ai découvert aujourd’hui que je pouvais sentir les ondes à travers une porte, même fermée, si le sujet n’est pas loin.

Pearl soupira.

— Ce n’est pas bon. Ça n’est pas la progression logique d’une communication à double sens. C’est comme si tu développais un troisième sous-programme. Que ce soit lent, c’est à la fois bon et mauvais. C’est bon parce que ça veut dire qu’on laisse du temps à ton cerveau pour assimiler de manière naturelle l’implant, qu’on n’a pas forcé. Et c’est mauvais parce qu’on ne sait pas comment il va encore se développer. Est-ce que tu crois qu’ils se sont doutés de quelque chose en rééducation ?

James jeta un regard à Matt qui avait l’air inquiet, et peut-être effrayé. Mais il se rendait toujours ‘visible’ à James, ce qu’il appréciait beaucoup.

— Oui. Ils savaient.

James se racla la gorge, sans cesser de regarder Matt qui semblait avoir compris que James ne voulait pas continuer à parler et prit le relais.

— Ils lui ont rajouté un traqueur, et ils tenaient à l’œil son biorythme, et peut-être ses ondes cérébrales. Et puis ils ont bien dû se rendre compte que tu tombais dans les pommes ?

James hocha la tête.

— Après la première session, je suis toujours arrivé attaché à un lit, avec une espèce de scan cérébral. Je m’évanouissais et je me réveillais beaucoup plus tard, une fois sorti, sans le scan.

— Ils le surveillaient de près. Oh, et puis ! Tu pouvais faire quelque chose aux signaux de ta puce aussi, tu te souviens ?

— Oui.

James acquiesça et se rendit soudain compte que, de sa main droite, il pressait la main de Matt. Est-ce qu’il avait déjà tenu la main d’un homme avant ?

— C’est probablement normal, intervint Pearl. Les puces envoient des signaux, qui ne diffèrent pas fondamentalement des ondes cérébrales. C’est quelque chose qu’on avait envisagé. Est-ce que c’était déjà le cas avant ?

James fit signe que non.

Soudain, un coup à la porte les fit sursauter. Pearl s’approcha sur la pointe des pieds, la main disparaissant dans sa robe, probablement pour chercher une arme. James haussa un sourcil et regarda Matt. Est-ce qu’il se doutait que la nonne était armée ?

— C’est Carmella, dit-il à Pearl.

Il en était sûr. Matt lui fit un petit sourire amusé et lui tira la langue. Avant de la passer sur ses lèvres. Bon Dieu, quel...

Carmella entra avec une grande boîte dans les bras.

— Le repas. J’ai fait attention à ce que Maligna ne crache pas dedans pendant qu’elle préparait ça.

Elle sourit. Clairement, elle adorait torturer la jeune nonne. Le dernier repas de Matt ne remontait pas à deux heures, mais il se sentait mort de faim. C’était du poulet rôti, élevé dans le couvent. Bien mieux que toutes les rations du SEH. James mangea sa part en la dégustant, mais Matt se jeta sur sa ration.

Pearl mit Carmella au courant des dernières nouvelles et elles discutèrent avec James des options qui s’offraient à eux.

— Tu ne peux pas rester dans l’armée, annonça Carmella à la fin de l’exposé.

Matt grommela quelque chose à travers une bouchée, inondant les draps de miettes de pain frais. James sentait qu’il était d’accord avec Carmella et qu’il se foutait d’eux. Une nouvelle volée de miettes ponctua son sentiment.

— Pah-don, dit Matt en tentant de s’essuyer la bouche, les joues encore gonflées de nourriture et James renifla.

— Je pense que Lance et Anaïs pourraient te faire sortir pour raisons médicales, proposa Carmella.

— Et les Bleus me laisseraient partir avec une technologie super-secrète dans la tête ? Ça m’étonnerait.

— De toute façon, sinon, qu’est-ce qu’on fait ? demanda Matt qui avait enfin réussi à avaler sa bouchée.

Tout le monde le regarda. James attendait que Matt comprenne.

— Putain, non ! On partira, James. Au Canada, quelque part où ils n’ont pas d’extradition. Je ne vais pas les laisser... tu sais...

James sentait Matt plus que jamais. Il posa la tête contre le mur, les yeux tournés vers le plafond pour ne pas pleurer. Matt le pensait vraiment. Il partirait avec lui, le mettrait à l’abri. Il voulait le faire. Ils partageaient tous les deux ce désir, cette envie.

Pearl se leva et fit un signe à Carmella.

— Je viendrais avec vous ce soir, il faut que je parle à Lance et Anaïs moi aussi. Histoire de se sortir de là.

Personne ne dit plus rien. Quand Carmella et Pearl furent sorties de la chambre, Matt entrelaça ses doigts avec ceux de James à nouveau, l’attirant vers lui. James se laissa aller dans ses bras, contre sa poitrine. En évitant ses pansements.

James éteignit son cerveau. Il arrêta de penser et se laissa ressentir. Il sentait les doigts de Matt dans ses cheveux. Il sentait ses muscles sous sa tête, alors qu’il bougeait le bras. Il sentait l’autre main de Matt dans son dos, qui le pressait. Il sentait les lèvres de Matt sur son front.

James, les yeux fermés, soupira, et se laissa aller au sentiment de confort. Il sentait l’inquiétude de Matt, ses peurs. C’était bon, d’être comme ça. Pas les émotions, ni les sentiments. Mais que quelqu’un – Matt – ressente ça pour lui. James. Tant pis si Matt le rendait câlin. Ou trop amoureux. James le garderait. Et avec un peu de chance, Matt voudrait garder James aussi.

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