Gustalin

Marcel Aymé · Chapitre 11 sur 18

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Gustalin

Chapitre XI

 

Après avoir délaissé pendant plus d’un mois la chienne de chez Chantremain, Museau rêva d’elle un après-midi qu’il dormait dans l’ombre de la margelle du puits. Couché sur le flanc, il croyait courir dans un sentier dangereux que rien ne défendait contre le regard de Marthe et il se sentait si nu, si exposé, qu’il allait de toutes ses forces. Endormi, ses pattes de devant marchaient, sans trouver d’appui, à une cadence pressée. Parfois, rêvant qu’il était fatigué, il poussait un très long soupir, ses pattes ramaient plus lentement et finissaient par s’arrêter. Le sentier lui était inconnu et semblait ne mener nulle part. Museau craignait d’être égaré sur une terre sans maisons, sans pays, sans fin, lorsqu’il fut ému d’une odeur qu’il reconnut aussitôt pour être celle de Follette Chantremain. Il prit le vent, ne sentit plus rien et demeura immobile, plein d’incertitude, le ventre à l’amour, la tête au

 

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mystère. D’anxiété, il cessa de ronfler et se mit à gémir, d’abord à petits coups, et de plus en plus fort.

« Viens-t’en avec moi, grand capucin, non pas de pialer on ne sait pas pourquoi », dit Marthe, et du pied, elle lui toucha l’arrière-train.

Museau s’éveilla et se dressa sur ses quatre pattes aussitôt, la gueule levée vers sa maîtresse. Une seconde leurs regards s’appuyèrent l’un à l’autre et celui du chien vacilla un peu. Depuis quelque temps, il lui semblait que Marthe lui accordât plus d’importance, comme cherchant à supprimer la distance qui les séparait d’habitude, et il en était bouleversé. Baissant la tête non pas servilement, mais en adoration, il se poussa dans ses jambes, se frotta à elle de tout son poil, lui lécha un pied, une main. Elle le laissa faire et, ce qui n’était jamais arrivé, le caressa. Il perdit la tête et se mit à japper, sautant après elle et la bousculant.

« Finis de pousser, sale carne », dit-elle d’une voix déjà irritée.

Derrière la maison, dans le pré, Hyacinthe et

 

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les deux enfants étendaient le regain dont l’odeur violente venait jusqu’à Marthe. Lucien apportait à son père presque l’aide d’un homme, travaillant sans distraction. Pour Marie-Louise, c’était plutôt un jeu sérieux, assez amusant pour qu’elle eût refusé à sa mère de l’accompagner en commission. On lui avait donné un semblant de fourche, taillée dans une branche de frêne et durcie au feu. Elle était moins vive que le garçon, mais sur la qualité du travail, il n’y avait guère à redire. De temps à autre, Hyacinthe se retournait pour jeter un coup d’œil sur ses enfants et apprécier leurs efforts. Il les entretenait gravement, comme des compagnons sur lesquels il eût compté pour la récolte, et non pas comme des bénévoles. À de grandes personnes, il n’eût point parlé d’un autre ton. Son attitude n’avait du reste rien d’étudié, c’était celle qu’il adoptait ordinairement avec Lucien et Marie-Louise sans même y penser.

Marthe, déjà sur la route, s’arrêta pour regarder son mari et ses deux enfants qu’elle pouvait apercevoir au fond du pré. Tout à l’heure, elle travaillait avec eux et, songeant à un achat

 

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qui ne pouvait se remettre, elle avait laissé la fourche pour un moment. Il s’agissait d’aller chez Taille choisir de la tresse, certaines espèces de boutons, et d’autres accessoires dont elle avait besoin pour travailler au trousseau de Lucien, car le garçon entrait au collège en octobre. À l’instant de quitter le pré, elle avait proposé à Marie-Louise de l’accompagner et la fillette répondait non, avec un regard vers son père, qui semblait lui faire hommage de sa bonne volonté. Sur le coup, Marthe en avait eu un pincement au cœur. Depuis, elle n’avait presque pas cessé d’y penser. Le refus de Marie-Louise, qu’elle eût trouvé naturel en un autre temps, lui faisait d’autant plus mal qu’il lui arrivait maintenant de faire des confidences à l’enfant. L’abandon, la trahison, lui semblaient gagner autour d’elle comme une peste. Chaque jour, sa solitude devenait plus sourde. Au bout du pré, elle vit les enfants s’approcher du père, lui parler, et le tableau de cette intimité la fit souffrir. Elle se détourna, les cils battants, et songea : « Voilà que je suis jalouse d’eux, maintenant. » Museau, qui s’était arrêté, reprit le départ avec une certaine

 

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exubérance, car son rêve de tout à l’heure revenait l’inviter.

« Tranquille, charogne ! ne viens pas commencer ! » cria-t-elle.

Museau, honteux, prit le pas de compagnie, marchant de front avec sa maîtresse. Elle l’avait déjà oublié, toute aux sombres jouissances de remâcher sa peine, de compter ses plaies : en quelques jours, les deux vieux Jouquier étaient devenus ses ennemis. Lucien la quittait pour aller au collège. Marie-Louise lui tournait le dos, lasse d’une mère malheureuse. Hyacinthe l’ignorait, montrant même parfois une indifférence hostile. Rien qu’en faisant le tour de la famille, Marthe pouvait se saouler de tristesse. Et dans le village, elle n’était ni moins seule ni moins perdue que parmi les siens. Depuis plus de quinze ans qu’elle vivait sur la plaine, elle n’y avait recherché l’amitié de personne et s’était au contraire complu à l’idée de n’être à Chesnevailles qu’un hôte de passage.

Assise devant chez Taille, tante Sarah vidait une canette de bière avec la Léontine Granvalet.

 

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À la vue de Marthe, elle tendit les mains et s’écria :

« Chérie, quelle bonne surprise ! Mais venez donc vous asseoir, il fait si chaud !

– Je vous remercie, dit Marthe. Mais j’ai du travail qui m’attend.

– C’est vrai, fit tante Sarah, nous sommes brouillées. Je n’y pensais déjà plus. »

Elle rit et ajouta pour la femme de Granvalet :

« Vous ne savez donc pas que notre petite écervelée avait projeté de quitter le pays avec Hyacinthe et toute la famille pour aller vivre en ville ? et que moi, bien plus folle encore, j’ai cru bon de l’y encourager, jusqu’au jour où, naturellement, je me suis reprise... »

Elle parlait sur un ton d’aimable papotage, comme à un thé.

« Depuis ce jour-là, dit-elle encore, on m’en veut ! Ah oui, on m’en veut... »

La femme de Granvalet se mit à rire, par politesse. Marthe, les joues empourprées, resta un moment sans voix. Pour se donner une

 

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contenance, elle appela Museau et, tournant la tête, s’aperçut que le chien n’était plus là.

« Tiens, il est parti, balbutia-t-elle.

– Ne vous inquiétez pas, mon enfant. Il aura encore couru chez Chantremain. Vous allez le retrouver.

– Je vais faire mes commissions. »

Marthe entra dans l’épicerie et se fit présenter par Taille des cartes de boutons. Rouge encore de colère et de confusion, elle les prenait dans ses mains sans les voir et, contractée, revivait la scène de la minute passée, essayant de s’imaginer la figure qu’elle y avait faite. À dessein, elle fit traîner les achats, car elle avait besoin de méditer ce qu’elle dirait à tante Sarah en s’en allant. Elle ne voulait pas être aimable et souhaitait pourtant que son attitude ne parût pas trop singulière à Léontine Granvalet.

Son cœur battait avec violence lorsqu’elle repassa devant la table. Marquant un simple temps d’arrêt, elle dit d’une voix unie, sans trouble apparent :

 

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« L’ouvrage me presse d’aller, je vous dis au revoir.

– Allez, mon enfant, allez », répondit tante Sarah avec un soupir, et, Marthe s’éloignant déjà, elle ajouta d’une voix qui montait à mesure qu’augmentait la distance :

« J’espère que vous n’allez pas bouder toujours, dites ? Comprenez donc que vous n’avez pas d’amie plus sûre que moi... »

Marthe s’éloigna sans se retourner, ni répondre. Maintenant délivrée du souci de se composer un visage, elle put se laisser aller à son indignation des bavardages de tante Sarah. En pensant qu’une ambition encore secrète, dont elle avait fait si grand mystère pendant tant d’années, venait d’être livrée ainsi à la curiosité de la femme de Granvalet, autant dire de tout le village, Marthe sentit les larmes lui monter aux yeux. Tante Sarah et le vieux Jouquier ne seraient plus seuls à rire de sa naïveté et, bientôt, elle ne pourrait plus traverser Chesnevailles sans entendre ricaner sur son passage. Tout en marchant, Marthe faisait des rêves de vengeance.

 

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D’abord, elle se suicidait en laissant une lettre très dure pour la tante Sarah et l’oncle Victor. Les deux vieux en avaient tant de honte qu’ils se suicidaient à leur tour en laissant aussi une lettre. Sur ces entrefaites, arrivait un médecin habile qui la ranimait, la ressuscitait, mais qui ne pouvait rien faire pour les vieillards. En revenant à la vie, Marthe pardonnait à la mémoire des deux défunts et leur faisait faire des funérailles honorables. Ou bien elle rêvait qu’elle était seule à tenir un bureau de tabac à cent kilomètres à la ronde. L’oncle Victor venait dans son magasin et disait d’une voix sèche : « Un paquet de cigarettes jaunes. » À quoi elle répondait : « Des cigarettes jaunes, il n’y en a plus. » Et lui : « Comment, et tous ces paquets, là-bas au fond ? » Marthe : « Tout est retenu. » Alors l’oncle commençait à comprendre qu’il fallait parler d’un autre ton. Il demandait poliment, il priait, il suppliait. Elle était comme un roc. L’oncle se mettait à genoux. Non, non, non. Il lui baisait un pied. Touchée, elle ouvrait un paquet, y prenait une cigarette, la lui jetait sur le plancher. Il avait un bon regard de reconnaissance, et chaque fois qu’il avait envie

 

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de fumer, il se jetait ainsi à ses pieds ou bien y envoyait sa femme.

De toute la journée, Gustalin n’avait pas pu travailler car, aux premières lueurs du matin, il avait vu passer sur la route, d’abord une file de onze camions et peu après quatorze voitures se succédant à intervalles irréguliers. Pendant vingt minutes, une bonne odeur de pétrole et d’huile de ricin avait flotté sur la maison et sur les jardins. L’un des camions était conduit par une femme habillée en blanc et l’une des voitures avait un klaxon inoubliable. Gustalin se demandait quel remous, quel caprice cosmique avait poussé, dans l’aube d’un matin de septembre, ces vingt-cinq véhicules automobiles sur la route départementale. Pareille chose ne s’était pas vue, même pendant la guerre. Depuis que la dernière voiture avait disparu de l’autre côté du village, il errait dans la cour et les environs, troublé, fiévreux, cherchant des signes sur la route et dans le ciel. Il arrêtait les passants ou les poursuivait pour les entretenir du prodige : « J’étais au lit, que je venais seulement de m’éveiller et je dis par un coup à la femme : j’en entends des drôles du

 

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côté de la montée, en allant sur Dôle, passé le pont. Mais la femme, tu sais comme elle est. Ce n’est pas celle à s’intéresser à rien. C’est bon, moi je me lève, me voilà que j’enfile ma culotte. Le bruit montait, le bruit montait, tu croyais entendre rouler des orages sur les bois d’en haut... »

En compagnie de Museau qu’il avait surpris filant chez Chantremain et auquel il avait attaché sa roue de bicyclette autour du cou, il put parler longuement de ce défilé matinal et faire plusieurs suppositions intéressantes. Le chien, qui songeait avec un retour d’inquiétude à l’humeur étrange de sa maîtresse, se montrait d’ailleurs plus agité qu’à l’ordinaire et traînait sa roue presque sans repos au travers de la cour. Gustalin le suivait dans ses allées et venues et parfois en courant pour lui faire part d’une impression.

Quand Marthe fut en vue, Museau fila au fond du garage se cacher. Gustalin se disposait à recommencer le récit de son épopée, mais il la vit si pâle et si bouleversée qu’il n’y pensa plus. Elle fit bonjour d’un signe de tête et demanda, les

 

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dents serrées, il semblait, par la colère :

« Museau ? »

Pensant qu’elle en eût uniquement au chien et craignant pour lui, il voulut donner à Marthe le temps de se calmer et commença d’une voix musarde :

« Il n’y a pas bien du mal. Comme je disais à Chantremain tout à l’heure, un chien, il faut savoir se mettre à sa place. Surtout qu’il n’a pas la raison... »

Mais elle ne l’entendait pas et marchait au garage. Il la suivit en silence. Sur le seuil, elle appela « Museau ! » d’une voix sans accent, effrayante.

Au fond du garage, dans la pénombre, il y eut un bruit de caisses remuées, mais rien n’en sortit. « Museau ! » dit-elle encore. Elle était devenue un peu plus pâle, ses narines se pinçaient, tous les traits de son visage se tiraient. Museau se montra enfin et, le derrière resserré, réduit à rien, la tête basse, le ventre par terre, il s’avança à travers le garage en traînant sa roue de bécane. Gustalin le

 

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montra à sa maîtresse avec un mouvement de compassion, mais elle eut une façon de l’ignorer qui le glaça. Le regard fixe, elle suivait l’approche de Museau avec une sorte de fureur réglée, patiente. Terrifié par ce silence et cette immobilité, le chien rampait, sinuait, se tortillait. Marthe le laissa venir jusqu’à ses pieds et, sans une parole de reproche, se mit à le battre. Elle frappait sur la tête, sur le ventre, au hasard, parfois même heurtant la roue de bécane, accrochée au collier. Les gémissements de la bête ne l’arrêtaient pas et, au contraire, l’animaient à ces violences. À la fin, Gustalin osa intervenir. Comme il lui prenait les mains, elle les lui abandonna sans résister et fondit en larmes. Museau, qui n’avait plus rien à craindre, s’était assis à quelques pas, derrière sa maîtresse dont il regardait la silhouette avec vénération. Gustalin resta un moment muet devant ce chagrin qu’il croyait comprendre. Quand les sanglots s’espacèrent, il risqua :

« On se croit souvent plus malheureux qu’on n’est. Hyacinthe sera toujours le garçon sérieux, il aura beau faire... il te voit toujours aussi jolie

 

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femme. »

Marthe, les yeux rougis et meurtris, regardait distraitement, dans le cadre de la baie, la descente du village ensoleillé.

« Hyacinthe est comme les autres, répondit-elle d’une voix fatiguée. Comme son oncle, comme sa tante, comme tous ceux d’ici, d’accord contre moi. En plus de ça, la culture, la terre, le fumier, il se plaît là-dedans, il ne veut rien savoir d’autre part. »

À ces derniers mots, Gustalin la regarda avec une vive curiosité, Hyacinthe ne lui ayant jamais laissé soupçonner qu’elle fût lasse de la vie paysanne. Il essaya de l’inciter aux confidences.

« C’est vrai qu’ils sont bien de la terre, tous d’ici. Ils ne comprennent pas que pour bien des natures, c’est surtout l’idéal qui compte. »

Marthe ne répondit pas à l’invitation et se contenta de hocher la tête.

« Je vois bien ce que c’est avec la femme, poursuivit Gustalin. C’est toujours la dispute à propos du pareil au même. La raison, c’est

 

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qu’elle ne comprendra jamais. La Flavie, comme je dis souvent, ce ne serait pas la mauvaise femme, mais sitôt sortie de son fumier, ce n’est plus personne, voilà ce qu’il faut voir. Non pas que de gueuler avec elle, des fois j’essaye de la raisonner. Je lui explique ce que c’est qu’un garage, le fonctionnement, et la technique, la manière de gagner l’argent, je lui montre les preuves de tout. Eh bien, si je te disais pourtant qu’elle me répond avec des mots. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas compris. Seulement, à la fin, il arrive une chose, c’est qu’on se lasse de tout, surtout moi. La Flavie, comme je lui ai dit, un jour qu’elle m’aura mal causé, je m’en irai d’ici pour toujours. L’autre semaine, ç’a été bien près. Un peu de plus, je partais monter une affaire, à Besançon ou n’importe où. D’après ce que j’en sais, je n’aurais pas de mal. Un bon garage que j’amortis en cinq ou dix ans, sans me passer de bien vivre à côté. Avec seulement soixante voitures à quatre-vingts francs, j’ai déjà mes cinq mille par mois rien que de location et sans me déranger. Et je ne parle pas des réparations, ni de la clientèle volante, ni de la

 

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vente des voitures, tout ce qui rapporte le plus. Une fois installé, si je ne fais pas dix mille par mois, c’est que je ne veux pas m’en occuper. Surtout que j’ai facile de frauder l’impôt. Ah ! la femme commence à se mordre les doigts, je te garantis, et à se dire comme ça : ‶Mon Dieu, mon Jésus, si j’avais donc su.″ Mais, n’est-ce pas, c’est tant pis pour elle. Je la laisse où elle est, avec ses bestiaux. »

Gustalin parut considérer avec satisfaction le dépit de la Flavie, puis il se prit à sourire et ajouta en haussant les épaules :

« Je dis ça, mais je la fais venir quand même. »

Marthe, qui semblait s’intéresser beaucoup au projet, le reprit vivement avec une lueur de colère au fond des yeux :

« Mais non, laisse-la donc où elle est. La faire venir c’est de la bêtise. »

 

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