La magie de nos différences (French Edition)

Jessy E.M · Chapitre 32 sur 43

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La magie de nos différences (French Edition)

Chapitre 32

Neïssa

 

J’ouvre difficilement les yeux, une vive douleur dans mon flanc me fait grimacer, et m’oblige à rester allongée. Je papillonne des yeux, m’adaptant peu à peu à la luminosité qui m’enveloppe. Je me sens épuisée et pourtant, j’ai l’impression d’avoir dormi des jours…

Neïssa, m’appelle doucement une voix non loin.

Je tourne la tête et découvre Lise, assise à mes côtés. Elle place son index sur sa bouche pour me faire comprendre de ne pas faire de bruit et tourne les yeux vers un coin de la pièce. Je suis son regard et je le vois. Il est roulé en boule sur un petit matelas, un doudou serré contre lui, il dort. Lucas… Un sourire se dessine sur mes lèvres. Il va bien. Je souffle de soulagement et ce simple mouvement me tire une nouvelle grimace.

Doucement, tu dois encore te reposer, me dit mon amie.

Que s’est-il passé ? Je…

Ma mémoire revient d’un coup, m’envoyant des flashs de mes derniers souvenirs. La bataille face aux loups, la peine que j’ai eu à rejoindre la voiture, mes blessures, le sang… Une larme roule sur ma joue en repensant à la douleur que j’ai ressenti, intense, brûlante. Mes yeux se ferment à nouveau et la suite des événements afflue dans ma tête. La peur, l’angoisse, la voiture au loin puis… Alex.

Alex ? Kiara ? ne puis-je m’empêcher de demander faiblement.

Ils vont bien. Je vais les chercher, dit-elle en se levant pour quitter

la pièce.

Mon regard se pose à nouveau sur ce petit être qui se repose non loin de moi. Il m’a sauvé, j’en suis certaine. Jamais je n’aurais eu l’idée de prendre la forme d’un ours face aux loups, s’il ne m’avait pas soufflé un animal aussi imposant, les blessures auraient été plus importantes. Je lui dois sûrement la vie…

Je ferme les yeux et prends conscience que je suis encore là, vivante. Je ne sais pas par quel miracle mais le calme m’envahit soudainement, me laissant la sensation de flotter. Sans comprendre ce qu’il m’arrive, je sens la fatigue m’emporter et la laisse me prendre dans ses bras avant de retomber dans un sommeil profond.

Lorsque mes yeux s’ouvrent à nouveau, ce n’est plus Lise qui est assise sur la chaise placée à côté de mon lit, mais Kiara.

Salut la fainéante ! plaisante-t-elle doucement.

Je souris faiblement même si je me sens beaucoup mieux.

L’accueil de Lise tout à l’heure était plus chaleureux, dis-je à mon

tour.

Tout à l’heure ? s’étonne-t-elle.

Elle ne semble pas au courant que je me suis réveillée quelques minutes, peut-être quelques heures, plus tôt.

J’ai parlé à Lise tout à l’heure, insisté-je.

Ce n’est pas possible Neïssa.

Mais je… commencé-je avant qu’elle me coupe.

Lise est partie depuis hier midi, elle ne rentrera que ce soir.

Quoi ? Mais… Alors, j’ai dû lui parler hier, murmuré-je.

Neïssa, la dernière fois que tu as parlé à Lise, c’est quand tu t’es

réveillée quelques secondes il y a trois jours.

Je reste interdite. Trois jours ? Ça fait trois jours que je dors ?

Tu étais très mal en point. Les blessures dont tu souffrais avaient

besoin de temps pour guérir et ton corps puisait tellement d'énergie que tu ne te réveillais pas.

Trois jours, répété-je.

Tu as dormi pendant quatre jours, tu t’es réveillée, quand tu as

parlé à Lise, puis tu t’es rendormie pendant trois jours. Ça va faire une semaine que nous sommes là.

Une… Une semaine ! paniqué-je.

Neïssa, calme-toi. Tout va bien, on est en sécurité, tente-t-elle de

me rassurer.

Je dois rester auprès de Lucas et d’Alex, je dois les protéger.

Dans ton état, tu ne feras pas grand chose, rit-elle.

Je grogne. Elle a raison mais je refuse de montrer la moindre faiblesse. Je me redresse lentement pour ne pas grimacer et réalise qu’en effet, mon corps a soigné mes blessures. Une légère gêne se fait encore sentir mais ce n’est plus aussi douloureux qu’avant. Je souris à ma sœur et me lève doucement. Ma tête tourne légèrement et Kiara me retient, m’invitant à prendre appui sur elle. Je fais quelques pas et, voyant que ça va mieux, elle se décide enfin à me lâcher.

Où sommes-nous ? demandé-je.

Je t’expliquerai tout après. La priorité, ce serait que tu prennes une

douche et que tu manges quelque chose. En tout cas, je suis contente que tu sois revenue parmi nous, mais uniquement parce que je n’aurais plus besoin de te faire ta toilette, plaisante-t-elle.

Grognant à nouveau, ce qui déclenche son hilarité, je lui demande où est la salle de bain. Après m’avoir donné des vêtements propres, elle m’y conduit et m’ordonne de ne pas fermer le verrou au cas où je me sentirais mal. Docile, je lui obéis et laisse même la porte entrouverte. Elle a raison, une bonne douche me fera le plus grand bien.

 

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