La mise en scène du discours - Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable

Avant d'entrer en scène

Les sons de la nature

Les sons isochrones

La coque psychique

 

Avant d’entrer en scène

 

Changement de durée

Il peut arriver que, l’événement ayant pris du retard, l’organisateur te prie d’écourter ton allocution. Le risque s’accroît au fur et à mesure des passages.

Avant d’entrer, fais-toi confirmer par l’organisateur ou le maître de cérémonie le temps dont tu disposes. Si tu as lu La Mécanique du discours, tu as scrupuleusement préparé deux versions courtes, l’une à 75 %, l’autre à 50 %, et tu les as sur toi. En cas de changement, tu es donc serein, même si tu es sûrement un peu frustré. Au moins, as-tu anticipé cette éventualité. La structure de ton discours restera solide et tu feras passer l’essentiel de ton message, sans précipitation. Relis rapidement le plan de la version de secours adaptée et détends-toi. Tout est pour le mieux.

Trois versions possibles

Version intégrale

Version légère (75 %)

Version condensée (50 %)

 

Un peu de cohérence

Si tu sens la pression monter au point de perdre tes moyens, respire profondément ou, mieux, prends le temps d’une cohérence cardiaque. La cohérence cardiaque est une pratique facile, rapide et toujours disponible qui permet de gérer le stress et l’anxiété.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre cœur n’est pas régulier. Lorsqu’il bat, par exemple à 72 pulsations par minute, en réalité, l’espace entre chaque battement n’est pas constant, même au repos. Mais les différences sont imperceptibles, car elles sont de l’ordre de la milliseconde. Quand on inspire, le cœur a tendance à accélérer et quand on expire, il ralentit et jamais de la même façon.

En temps normal, on note, sur un relevé d’électrocardiogramme, que l’écart entre la fréquence cardiaque la plus haute et la fréquence cardiaque la plus basse qui suit est chaotique. C’est ce qui caractérise l’adaptabilité du cœur à notre environnement. Si l’on respire volontairement de façon ample au rythme de six respirations par minute, alors la fréquence cardiaque devient cohérente (d’où le nom de cohérence cardiaque), plus ample et sa variabilité se synchronise sur la respiration. La courbe de l’électrocardiogramme apparaît harmonieuse.

La pratique de la cohérence cardiaque procure un apaisement immédiat. Le cerveau se met en ondes alpha, une gamme de fréquences caractéristique de la relaxation, qui favorise la concentration et la mémorisation. En plus du calme qu’elle procure, la cohérence cardiaque t’offre donc d’excellents atouts pour ta prise de parole. Par ailleurs, elle stimule la production de deux neurotransmetteurs parmi les plus importants : la dopamine (qui augmente le plaisir) et la sérotonine (qui réduit l’anxiété). D’après le HeartMath Institute, centre de recherche sur l’intelligence du cœur, avec une pratique de seulement cinq minutes, tu peux espérer des effets pendant

quatre à six heures33. Dans certains cas, tu pourras donc pratiquer tranquillement chez toi avant de partir. Et rien ne t’empêche de le faire à la maison et sur place.

Isole-toi durant une à cinq minutes dans un endroit calme. Pratique de préférence en position assise, le dos bien droit, les yeux ouverts ou fermés, à ta guise. Concentre-toi sur ta respiration ; l’exercice doit se faire en pleine conscience. Inspire profondément par le nez pendant cinq secondes, idéalement en respiration abdominale ou complète. Expire ensuite pendant cinq secondes. Chaque respiration dure ainsi dix secondes ; ce qui fait six respirations par minute. Continue à ce rythme pendant cinq minutes. Tu es alors prêt à gérer la situation avec distance et discernement. Si tu n’es pas sûr de compter les secondes au bon tempo, sache qu’il existe de nombreuses vidéos et applis qui peuvent t’aider à te caler.

La cohérence cardiaque

Assis, les yeux fermés

Inspire pendant 5 secondes

Expire pendant 5 secondes

Respire pendant 5 minutes

 

Réactive ton intention

C’est le moment de repenser à ton intention34, celle que tu as posée quand tu as entamé la conception de ton discours. Que veux-tu que tes auditeurs fassent ou sachent à la fin de ton intervention ? Où veux-tu les emmener ? Es-tu là pour les instruire, pour les divertir, pour les persuader, pour les inspirer ? L’intention est ta destination. Il est primordial que tu l’aies en tête du début à la fin de ton discours, et même pendant la session de questions-réponses, pour être sûr de garder le cap.

Selon la définition qu’en donne Marilyn Schlitz, directrice de l’Institut des

sciences noétiques35 (Petaluma, Californie), l’intention est « la projection de la conscience, de manière délibérée et efficace, en vue d’atteindre un

objectif ou un résultat donné 36 ». Durant la phase de conception, le fait d’avoir posé ton intention a guidé la construction de ton discours puis sa rédaction. Aujourd’hui, c’est ce qui va te permettre de mener ton public à bon port. La pensée a le pouvoir d’influencer les événements. Ne serait-ce pas, en fin de compte, de la manipulation ? Cela ne dépend que de toi. La manipulation est le côté obscur de l’influence ; la persuasion en est le côté lumineux. Manipuler quelqu’un, c’est l’inciter à agir pour tes intérêts uniquement, en lui faisant croire qu’il agit pour les siens. Persuader, c’est faire en sorte qu’une personne agisse pour son propre bien, ce qui éventuellement peut être aussi en ta faveur. Garde-toi, en toutes occasions, d’œuvrer du côté obscur de l’influence.

Réactive ton intention

Que veux-tu que tes auditeurs sachent ?

Que veux-tu qu’ils pensent ?

Que veux-tu qu’ils fassent ?

 

Est-ce bien utile ?

Si l’intérêt de réactiver son intention s’entend parfaitement dans le cas d’une improvisation préparée, est-ce vraiment indispensable pour un discours entièrement rédigé ? Est-ce qu’avoir une intention peut vraiment changer quelque chose ?

Dans les années 1980, le docteur René Peoc’h, en exploitant le phénomène

d’empreinte filiale37, conditionne pendant quelques jours des poussins afin qu’ils prennent pour leur mère un petit robot de la taille d’une canette de soda se déplaçant de façon totalement aléatoire. Ensuite, un par un, les poussins sont isolés pendant plusieurs minutes dans une petite cage en verre, en présence du robot dont les mouvements sont tracés sur une feuille blanche. L’expérience, répétée avec 2 500 poussins, montre que le robot a passé en moyenne 2,5 fois plus de temps à proximité de la cage en verre

plutôt qu’à l’écart 38. Une pensée orientée peut créer une réalité. Si un poussin de moins d’une semaine peut influencer la matière, ne pourrais-tu pas, toi aussi, par ta simple intention, influer sur le cours des choses ?

Le pouvoir de l’intention

L’intention peut influencer la matière

L’intention peut influencer les gens

 

Détermination et conviction

Pour que ton intention porte ses fruits, il est mieux qu’elle soit accompagnée d’une détermination sans faille. Ne pouvant lui-même s’approcher de sa « maman », le petit poussin enfermé dans sa cage en verre « pioupioute » de toutes ses forces avec la ferme intention de faire venir sa « mère ». Il s’agit pour lui d’une question de vie ou de mort. La perte de la mère nourricière n’est pas envisageable. C’est donc cette inflexibilité de l’oisillon qui brise le schéma aléatoire de la machine. Comme le poussin, montre-toi déterminé à faire aboutir ton intention, sois inflexible. Et surtout, sois convaincu du succès de ton entreprise. Pour donner corps à ton intention, pour l’incarner totalement, je te suggère de te concentrer dessus tout en pratiquant la cohérence cardiaque. En à peine cinq minutes, ton intention sera parfaitement affûtée.

 

Juste avant

Tu es concentré, dans les starting-blocks. Tu attends le signal, calme ou fébrile. Pour les dernières secondes de préparation, il y a deux écoles : celle du dynamisme et celle de la sérénité. Les orateurs de l’école du dynamisme font monter l’énergie en faisant des exercices physiques : ils sautent, « boxent l’air », font des pompes, crient, plaisantent. Ceux de l’école de la sérénité respirent, méditent, créent leur bulle, font le vide, restent dans le silence. Les deux approches sont efficaces pour évacuer le stress, se mettre en confiance et se glisser dans le costume de l’orateur. Tout dépend de ton tempérament et de l’état d’esprit avec lequel tu veux entrer sur scène. Si tu adhères à la première école, veille à ne pas être essoufflé au moment de prendre la parole. Si tu choisis la seconde, fais en sorte de parler d’une voix puissante dès tes premiers mots.

Avant d’entrer

Actualise la durée de ton intervention

Pratique la cohérence cardiaque

Réactive ton intention

Sois déterminé

Mets-toi en condition

 

OceanofPDF.com