La mise en scène du discours - Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable

La sortie

Ne digresse pas ! Garde absolument tes auditeurs dans l’entonnoir. Si tu veux les voir passer à l’action, suis méthodiquement chacune des étapes du finale, sans jamais t’écarter de la voie d’un iota. En cet instant, toute digression créerait la confusion. Et la confusion tue la décision. Ne bâcle pas la fin ! La tentation peut être grande, voyant le temps imparti presque écoulé, d’écourter ton finale. N’en fais rien. Si tu es dans le besoin d’abréger, sacrifie de préférence une partie de ton développement. Mais maintiens ton finale intègre, afin qu’il garde toute sa force et son efficacité. Ne t’excuse pas ! Ne t’excuse pas d’avoir été trop long. Ne t’excuse pas de ne pas avoir eu le temps. Ne t’excuse pas de ne pas avoir tout dit. Tes derniers mots resteront plus que tous les autres dans les mémoires. Tiens-tu vraiment à ce que tes auditeurs gardent de toi l’image d’un orateur faisant pénitence ?

Ne parle plus après ! À moins qu’une séance de questions-réponses soit prévue, n’ajoute rien après ton dernier mot. Laisse résonner dans les esprits ton ultime punchline savamment polie, et ne viens pas estomper ses feux d’une parole sans relief.

Après un beau discours, il serait dommage de trébucher dans les derniers instants. Garde-toi de commettre ces erreurs et tes paroles auront toutes les chances de rester dans les mémoires. Tes auditeurs passeront plus facilement à l’action, trouvant dans tes propositions des solutions à leurs problèmes.

Les sept erreurs du finale

1. Improviser

2. Hésiter

3. En rajouter

4. Digresser

5. Bâcler

6. S’excuser

7. Parler après

 

La sortie

Point final

Ta prestation n’est pas terminée tant que tu es sur scène. Il te reste encore à réussir ta sortie, car si la première impression est importante, la dernière ne l’est pas moins. Tant que tu n’es pas en coulisse, reste en contrôle de tes gestes. La sortie de scène a lieu soit à la fin du discours, soit après la session de questions-réponses, toujours après les applaudissements. Alors que ta dernière phrase, qui marque la toute fin de ton discours, résonne encore, reste silencieux. Accueille les applaudissements avec le sourire, debout au centre de la scène. Remercie d’un geste ou de la voix et rejoins tranquillement les coulisses ou ta place. Ne parle pas après les applaudissements, sauf éventuellement pour remercier (le public et l’organisation). Ne vaut-il pas mieux que l’auditoire retienne le finale que tu as savamment composé plutôt que les quelques mots banals que tu vas bredouiller juste avant de sortir ?

 

Applaudissements

Dans certains cas, des applaudissements sont censés suivre le discours. Et si les applaudissements ne viennent pas ? (moment d’anxiété). C’est que tu n’as pas usé de signaux assez forts pour indiquer la fin de ton discours, ou alors que tu as été mauvais, mais ça, ce n’est pas possible en ayant lu ce livre. Tu vas devoir, lourdement, dire « Merci ! », en t’inclinant ou en faisant un pas en arrière, pour bien faire comprendre que tu en as terminé. Par pitié, évite de dire : « Voilà ! » C’est un mot proscrit dans l’art oratoire, presque autant que le mot « lapin » dans la marine. Il arrive aussi que les applaudissements arrivent quelques secondes avant ta fin. Sans doute parce que tu as lâché une phrase puissante. Demande-toi alors si tu as mieux à servir à ton public après ça. Si la réponse est oui, continue et termine en apothéose. Si la réponse est non, restes-en là comme si c’était prévu ainsi, pour ne pas décevoir l’auditoire et faire redescendre l’énergie chèrement accumulée.

Si tu es déçu ou mécontent de ta prestation, ne laisse rien transparaître de tes sentiments. Ne laisse même pas voir que tu es soulagé d’en avoir fini. Tant que tu es sur les planches, tu es scruté. Reste dans ta posture d’orateur jusqu’à ton arrivée en coulisse.