La mise en scène du discours - Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable
L'entrée en scène
Sur scène, l’orateur met son corps au service d’un message. Il maîtrise sa posture, droite, tout en autorité. Il contrôle ses gestes à l’appui de ses mots, vifs ou doux… rapides, lents. Avec science, il organise ses déplacements. L’émotion toujours le guide. Le discours est aussi dans la chorégraphie. Et l’émotion n’est pas que dans les mots. Elle est également dans le regard et dans la voix. Par le contact visuel, l’orateur est soudé à son public ; les confidences d’une âme à une autre. Au ton du regard se mêle la voix parfaitement accordée, la voix qui embarque, qui fait rire ou pleurer, la voix qui décrit par les accents et par le timbre. La voix qui peint. La voix qui sait se taire aussi, dégageant une clairière, pour laisser la réflexion se déployer ou l’émotion se dilater. Le silence est un fil ténu, entre deux phrases, entre deux mots, dosé au trébuchet. L’orateur sait jouer de l’expressivité de ses silences pour en dire parfois plus que les mots. La posture, le regard, la voix et ses silences caractérisent le flot du discours. Telle une rivière, il est tantôt calme, tantôt agité, tumultueux, jusqu’à sortir de son lit, jusqu’à se faire torrent. Charriant le message de l’orateur, il nourrit les esprits de connaissance, abreuve les cœurs d’inspiration. Il transporte.
Et puis il faut savoir finir. Quand vient le moment, l’orateur excite les passions et pousse à l’action. Par des mots forts, des phrases chocs, il donne ses derniers feux dont l’éclat encore longtemps luira dans les esprits. De l’impact du finale dépendent les suites que l’auditoire donnera au discours. Un dernier exercice avant de quitter la scène a lieu parfois, comme une reprise de feu : le jeu des questions-réponses, un autre moyen, plus personnalisé, plus intime, d’emporter l’adhésion du public. Une dernière occasion de convaincre.
L’entrée en scène Dernières vérifications
Dans les dernières minutes qui précèdent ton entrée, fais-toi assister pour les ultimes vérifications et pour te faire éventuellement équiper du micro. Dans l’état de stress ou de concentration dans lequel tu seras, tu ne penseras peut-être pas à tout.
Demande donc à quelqu’un d’inspecter ta tenue. Qu’il vérifie que tu n’as pas boutonné dimanche avec lundi, que ta cravate est droite, que tu as ôté ta pince à vélo, que ta jupe n’est pas remontée dans ta culotte, que ta braguette est fermée, etc. Comment veux-tu qu’un auditeur t’écoute sérieusement s’il note un détail insolite dans ta tenue ? La moindre incongruité dans ta mise attirera irrésistiblement l’attention de ton public au détriment de ta parole. Bien ! Tes cheveux sont matifiés, ton maquillage est allumé, ton micro est bien peigné… Houlala ! C’est le stress qui monte… Une fois passé à l’inspection, bois un dernier verre pour éclaircir ta voix (surtout pas de boisson gazeuse, tu devines pourquoi, plutôt de l’eau chaude). Vide tes poches, d’une part pour t’affranchir du « cling-cling » des pièces de monnaie et des clefs, d’autre part pour éviter la bosse disgracieuse du portefeuille, du paquet de cigarettes ou du téléphone. Si tu tiens malgré tout à emporter ton téléphone sur scène parce qu’il contient tes notes, pense à sélectionner le mode avion ou le filtre.
Dernières vérifications
Vêtements irréprochables
Cheveux en ordre
Maquillage impeccable
Micro allumé
Poches vidées
Téléphone éteint
Jusqu’au centre C’est à ton tour d’entrer. Prends une grande inspiration. Marche ou cours en conquérant, plein de confiance, jusqu’au centre de la zone prévue pour ta prise de parole. Si c’est une estrade, approche-toi du bord. Arrête-toi. Le dos bien droit, les épaules relâchées, bras le long du corps, les pieds écartés de la largeur du bassin, poids également réparti. Respire tranquillement, l’air calme et détendu. Garde le silence et affiche un sourire accueillant de tout ton corps. À cet instant, tu es dans la première phase de ton éthos, la phase silencieuse.