La mise en scène du discours - Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable

Interagir

Je me demande ce que je ferais, tu vois, si on nous annonce qu’il y a une fin du monde qui

arrive. Il nous reste tous trois heures à vivre, la météorite va s’écraser. Qu’est-ce que tu fais de

tes trois heures ? Je sais pas ce que je ferais, moi. Y a des idées dans la salle ? Qu’est-ce que

vous feriez s’il vous reste trois heures à vivre ?

Un sondage facile auquel le public a plaisir à répondre. D’autant plus qu’on a tous déjà réfléchi à ce qu’on ferait en pareille circonstance. De même qu’on sait ce qu’on ferait si on gagnait plusieurs millions au Loto. Les réponses fusent donc : « Je fais l’amour à ma femme », « Je fais un barbecue », « Je prends l’apéro », « Je saute en parachute ». Haroun, qui a sûrement préparé certaines de ses répliques, rebondit sur chaque réponse, extrapolant la situation de manière caricaturale dans un mini-sketch de trente à quarante-cinq secondes : « “Moi, je fais l’amour à ma femme. – C’est mignon, mais tu fais quoi pendant les deux heures cinquante-cinq restantes ?” » Puis, lorsqu’il juge que c’est le bon moment, l’humoriste enclenche sa transition pour clore le chapitre de la fin du monde et passer à la suite de son spectacle.

J’aime bien discuter avec vous. J’adore discuter avec vous. Je suis toujours très surpris par les

réponses qu’on me donne. Y en a un, la dernière fois, qui a mis la barre très haut, quand même.

Il m’a dit : « Moi, pour la fin du monde, je fais les trois B. » Je lui dis : « C’est quoi les trois

B ? » Il m’a dit : « Boire. Baiser. Manger. » Hein ? Attends ! Fin du monde, fin de

l’orthographe, en fait ! « Comment tu t’appelles ? – Je m’appelle Jean-Marc, mais appelle-moi

J.-P. » Oh ! Eh bien, moi je te le dis, hein, ma fin du monde, je la passe avec lui.

Pense au stratagème de l’enquête pour mettre un peu d’animation dans tes discours, pour donner la parole au public et pour prendre du plaisir à improviser. Prévois l’introduction de l’enquête en posant le contexte, quelques reparties par rapport à des réponses attendues, et le retour en douceur à ton texte.

 

Interagir

 

L’intérêt d’interagir

Interagir avec le public est un excellent moyen de maintenir son attention. Cela rend le discours vivant et dynamique. En favorisant l’écoute de part et d’autre, l’interaction renforce la relation entre l’orateur et la salle. Elle te permet de mesurer en temps réel le niveau d’attention et d’engagement du public, et de réagir de manière adéquate pour éventuellement corriger le tir. C’est un précieux feedback sur ta prestation. L’interaction entretient la connexion tout au long du discours ; elle crée du lien. D’après John Medina, un être humain normal ne peut maintenir son

attention que pendant dix minutes consécutives 43. Au bout de ces dix minutes, son esprit s’attachera à un autre objet, sous ses yeux ou en rêverie, à moins qu’un événement ne le ramène au sujet. C’est là que l’interactivité joue tout son rôle. En marquant une rupture dans le discours, elle procède comme à une réinitialisation de la capacité d’attention de l’auditeur, prêt à repartir pour une nouvelle session de dix minutes. Lors de tes interventions, veille à changer de rythme toutes les dix minutes environ, par exemple en racontant une histoire, en variant le ton, mais surtout en interagissant avec le public. L’interaction est la plus puissante des ruptures, car dans celle-ci, l’auditeur devient acteur. Il n’a pas d’autres choix que d’être présent et attentif.

Les interactions sont possibles à tout moment : durant l’ouverture, pendant le développement, au début du finale. Elles peuvent être conçues à l’avance pour être placées à des phases clefs de ton discours ou improvisées au fil de l’eau en fonction de la disposition de l’auditoire. L’important est de toujours s’adapter. Mais attention, plus tu interagis, moins tu maîtrises le temps. Vérifie de temps à autre sur le chronomètre qu’il te reste assez de temps pour soigner ton finale comme tu l’as envisagé et obtenir les résultats escomptés.

Interagir suppose d’être attentif à tous les signaux qu’envoie inconsciemment le public : soupirs, regards perdus, conversations privées, manière d’être assis, qualité du silence. Si la moitié de ta salle a le nez plongé dans son smartphone, tu ne peux pas laisser la situation perdurer. Il te faut réagir par n’importe quel moyen. Parmi ces moyens, tu disposes de cinq formats d’interaction : la question rhétorique, la question fermée, la question ouverte, le vote et l’atelier.

Les cinq formats d’interaction

La question rhétorique

La question fermée

La question ouverte

Le vote

L’atelier

 

La question rhétorique

Une question rhétorique, encore appelée « question oratoire », est une question que pose l’orateur et pour laquelle il n’attend aucune réponse du public. C’est donc une fausse interaction. Mais il est intéressant d’en parler ici en tant que procédé de rupture.

Lorsqu’elle ne sert pas uniquement le style, la question rhétorique peut assumer plusieurs fonctions. La première est de marquer le plan. Par exemple, un orateur faisant un discours sur le fonctionnement des sociétés anonymes (SA) vient d’expliquer la structure du conseil de surveillance. Il poursuit par une question rhétorique : « À quoi sert le conseil de surveillance ? » Cela lui permet de lancer son chapitre suivant sur le rôle de cet organe. Ainsi, le public suit aisément le plan du discours. La question rhétorique est donc dans ce cas un outil pédagogique. Le deuxième objectif que peut servir la question rhétorique est d’insuffler le doute dans l’esprit des auditeurs : « N’est-il pas étrange qu’une telle décision ait été prise si rapidement ? Le processus prend habituellement deux ans. Et là, la validation s’est faite en moins de trois mois. » Sans attendre de réponse, l’orateur donne ensuite son interprétation des faits qui va éclairer les raisons occultes de la situation qu’il dénonce. Troisième fonction : anticiper les objections. « Cette mesure va-t-elle déboucher sur un surcroît de travail ? Faudra-t-il embaucher ? Y aura-t-il un surcoût ? Au contraire, nous allons faire des économies. Voici pourquoi… » Ce procédé permet à l’orateur de faire tout de suite barrage aux réticences avant même qu’elles ne s’expriment. Comme dans l’exemple, il peut même en rajouter avec une cascade de questions rhétoriques. Dans un autre recours, la question oratoire peut servir à émettre des suggestions : « Ne pourrait-on pas tout simplement reconnaître qu’on s’est trompé et revenir en arrière ? » L’orateur donne son point de vue maquillé en questionnement, comme s’il réfléchissait à haute voix. Par ce biais, il cherche à obtenir un accord tacite à sa proposition, avant de détailler sa solution.

Les fonctions de la question rhétorique

Assurer une transition

Faire douter l’auditoire

Anticiper les objections

Émettre des suggestions

 

La question fermée

Une question fermée est une question à laquelle on ne peut répondre que par oui ou par non. La question « Est-ce que vous êtes chauds ? » est fréquemment utilisée par les groupes de rock et les comédiens de stand-up en début de spectacle, et parfois en cours de prestation, pour mesurer le niveau d’engagement de leur public. Lorsque la réponse est timide, comme c’est souvent le cas, ils n’hésitent pas à réitérer leur question jusqu’à faire monter l’énergie à son maximum : « J’entends rien ! Est-ce que vous êtes chauds ? Faites du bruit ! »

C’est aussi dans cette optique qu’un orateur peut utiliser l’artifice, ainsi que pour obtenir l’adhésion de son auditoire. Arrange-toi toujours pour formuler tes questions de manière à obtenir un « oui ». Tu auras ainsi plus de chances d’aboutir à une réponse favorable au moment de l’appel à l’action, surtout si tu as déclenché plusieurs « oui » durant ton discours. Chaque « oui » obtenu rend plus probable une réponse positive à la question suivante. La question fermée permet aussi d’introduire une réflexion ou une anecdote : « Vous avez déjà vu un chien se gratter l’oreille avec sa patte arrière ? » Évidemment, tout le monde a déjà assisté à cette performance impossible pour un être humain. Le « oui » est forcément acquis. Et la question pique immanquablement la curiosité. Chacun attend de savoir où cela va mener : « Eh bien, j’ai un ami contorsionniste qui peut le faire aussi. Après, je ne sais pas comment il fait sa toilette intime ! Pour dix minutes de prestation dans son cabaret, il se prépare en faisant une heure trente d’étirements. En toute chose, une longue préparation est la clef du succès. » La question fermée a servi à ouvrir une anecdote dont l’orateur tire un enseignement universel.

La question ouverte

Une question ouverte est une question qui appelle une grande variété de réponses possibles dont la formulation est libre. Elle donne à plusieurs personnes la possibilité de s’exprimer, chacune à leur tour. Cela permet d’animer l’échange entre l’orateur et les participants. Ne choisis que des questions faciles ou pour lesquelles il n’y a pas de réponse meilleure qu’une autre. Évite à tout prix les questions difficiles avec une seule réponse possible, du genre : « Comment s’appelle l’os du bras ? » D’abord, parce que la plupart des gens, ayant oublié leur cours d’anatomie, confondent le bras et le membre supérieur. Et parce que ceux qui sont capables d’identifier le bras, par opposition à l’avant-bras, ont complètement oublié l’humérus, qui ne fait que très rarement l’objet de fracture. La règle est de ne jamais mettre les participants en difficulté. De même, ne commence pas ton discours par une question ouverte. Tu aurais l’air d’un professeur qui interroge ses élèves. Ce qui ne te rendrait pas sympathique du tout. Réserve plutôt ce genre de questions pour la fin de ton ouverture, afin de lancer le sujet par exemple, ou pour le développement. N’hésite pas à rendre tes questions ludiques, comme des devinettes.

La question ouverte est notamment utile pour dresser une liste avec la collaboration de tout le public. Tu avances ainsi dans ton discours en mode participatif en stimulant la créativité. De cette façon, tu introduis ton chapitre suivant en maintenant l’attention, en suscitant l’intérêt et en piquant la curiosité.

Qu’est-ce que vous pouvez me citer comme reptiles44 ? « Le serpent », oui. « Le crocodile »,

oui. « La belle-mère ? », ah ça, c’est pas gentil ! Pas la mienne, en tout cas. « L’iguane », très

bien… Ce soir, je vais vous parler d’un reptile que vous ne connaissez peut-être pas : l’anole

vert. C’est un saurien d’une vingtaine de centimètres qui possède un troisième œil fonctionnel.

Et je vous expliquerai pourquoi les scientifiques sont aujourd’hui convaincus que notre glande

pinéale est un vestige du troisième œil reptilien.

Profite d’une réponse saugrenue pour faire un peu d’humour. Il faut pour cela une bonne repartie. L’important est de ne surtout pas humilier ton interlocuteur. Un humoriste peut se permettre de bâcher un spectateur, rarement un orateur, à moins qu’il ne connaisse chaque participant, comme dans une réunion ou un mariage.

Le vote

Le vote est à utiliser lorsque la réponse verbale à la question posée aurait été : « Moi » ou « Pas moi ». C’est un sondage à deux choix (ou trois, si l’on veut compter les « sans opinion »). Le vote renseigne sur une connaissance : « Qui sait pourquoi on dit “merde” à un artiste avant un spectacle ? » Une réalisation : « Qui a déjà assisté à un opéra ? » Ou une opinion : « Qui pense que le changement climatique est d’origine anthropique ? »

Selon ce que tu veux souligner en rapport avec ton message ou selon le nombre de réponses obtenues, tu peux te contenter de la première version de la question : « Qui sait ce qu’est l’ordalie ? » Ou tu peux passer à la question inverse pour mieux évaluer le rapport de force : « Qui ne sait pas ce que c’est ? » Parfois, il est intéressant de finir par une troisième et dernière question pour laisser s’exprimer les indécis, les sans opinion et ceux qui ignorent de quoi tu parles : « Qui n’a jamais entendu ou lu ce mot ? » Dans le cas d’un sondage sur les connaissances, mieux vaut commencer par « Qui sait… » que par « Qui ignore… ». Les gens seront plus enclins à manifester leur savoir qu’à avouer publiquement leur ignorance.

Quatre formes de vote sont à ta disposition. Le plus simple et le plus couramment utilisé est le vote à main levée. Cela ne demande que peu d’efforts et donne tout de suite, à toi et à toute la salle, une appréciation visuelle du résultat, sans avoir à compter. On a donc une idée approximative, mais exploitable, de la répartition de la salle. Après avoir posé ta question, donne la consigne de vote : « Qui a déjà eu envie de ne pas aller travailler ? Levez la main, s’il vous plaît. Allez-y, votre patron n’est pas là ! » Et lève la main en même temps pour motiver les timides et ceux qui sont plus visuels qu’auditifs.

La tendance depuis quelque temps chez les comédiens de stand-up est d’utiliser le vote par applaudissements : « Par applaudissements, qui est pour la semaine de trente heures ? » L’avantage est que les applaudissements font monter l’énergie, réveillent les endormis et enthousiasment toute la salle. En plus, et ce n’est pas négligeable, ça te donne confiance et ça te fait plaisir, car depuis longtemps ton cerveau a enregistré qu’applaudissements égalent public content, et si public content, toi content. Dans le cas du vote par applaudissements, on s’en tient bien sûr à une seule version de la question. On ne pose pas la question inverse ; il ne faut pas abuser, quand même ! Attention, ce type de vote n’est pas adapté à toutes les questions. Il serait du plus mauvais goût de faire applaudir : « Qui a connu la perte d’un être cher à cause du Covid ? » Une troisième forme de vote, plus rare, mais très efficace, est utilisée lorsqu’il y a plus de deux choix et qu’on veut mettre en lumière graduellement des sous-ensembles de la salle. Ce vote existe en deux versions : le vote debout, je me lève pour voter, et le vote assis, tout le monde est debout et je vote en m’asseyant. Dans la majorité des cas, le vote assis est préférable, car il offrira des résultats plus proches de la réalité, sans être entaché par le biais de timidité. Les timides n’oseront pas se lever en premier, alors qu’ils n’hésiteront pas à s’asseoir, cachés par ceux restés debout.

Dans sa conférence TED de 2016, l’avocate Kimberlé Crenshaw utilise à bon escient le vote assis. Après avoir fait lever tout le monde, Kimberlé Crenshaw égrène les noms de personnes afro-américaines tuées au cours des deux années passées, invitant les participants à s’asseoir à chaque nom qu’ils ne connaissent pas. Après le premier groupe de quatre noms, Kimberlé Crenshaw observe que plus de la moitié de la salle est encore debout. À la fin du second groupe de quatre noms, seules quatre personnes ne se sont pas rassises. La différence entre les deux groupes est que le premier est constitué d’hommes tandis que le second est composé de femmes. Grâce au vote assis, l’avocate en droits civiques révèle que les gens qui se trouvent au croisement de plusieurs formes d’exclusion les subissent toutes en même temps. La démonstration n’aurait pas été aussi frappante avec un vote debout.

J’aimerais essayer quelque chose de nouveau. Ceux qui le peuvent, levez-vous, s’il vous plaît.

Je vais donner quelques noms. Quand vous ne reconnaissez pas le nom que j’ai dit, quand vous

ne pouvez rien en dire, j’aimerais que vous vous rasseyiez et que vous restiez assis. Nous

verrons ce que connaît la dernière personne debout, d’accord ? Très bien. Eric Garner. Mike

Brown. Tamir Rice. Freddie Gray. Pour ceux d’entre vous encore debout, j’aimerais que vous

regardiez autour de vous. Je dirais que plus de la moitié des gens sont encore debout.

Continuons. Michelle Cusseaux. Tanisha Anderson. Aura Rosser. Meagan Hockaday. Si vous

regardez autour, il y a encore environ quatre personnes debout et je ne vais pas aller plus loin.

Je dis cela pour encourager la transparence, vous pouvez vous asseoir 45.

Enfin, le vote électronique est une autre option. Il permet de répondre à une question à choix multiple. Plus contraignante, cette solution moderne présente de nombreux inconvénients. Le vote électronique nécessite la présence d’une application sur le téléphone mobile de chaque participant. Pour gagner du temps, il faut que les auditeurs l’aient téléchargée avant la conférence ou la réunion. Comment sont-ils mis au courant ? Par un e-mail envoyé quelques jours en avance, mais qu’ils n’auront pas forcément lu. Il faut aussi compter sur une bonne connexion dans la salle et disposer d’un écran pour afficher les résultats sous formes graphiques. Au bout du compte, certaines personnes ne pourront pas participer au vote, soit que leur forfait téléphonique ne leur permette plus de se connecter faute de crédit, soit qu’elles n’ont plus de place pour télécharger une appli, soit qu’elles n’ont pas sur elles leurs lunettes pour lire de près, soit, tout simplement, parce qu’elles ne sont pas suffisamment à l’aise avec les nouvelles technologies. Une partie de la salle se sentira alors exclue pendant tout le temps que durera l’opération. Si toutefois, tu parviens à dépasser tous ces obstacles, profite de cette solution esthétique et dans l’air du temps.

 

L’atelier

En plus d’être un outil d’interaction intéressant, l’atelier favorise la cohésion de la salle. Il s’agit de réunir les participants en petits groupes et de les faire travailler selon tes consignes. Certains orateurs utilisent l’atelier dès le début de leur conférence pour créer des connexions dans le public.

Tournez-vous vers une personne proche de vous que vous ne connaissez pas. Présentez-vous et

dites-lui pourquoi vous êtes là et ce que vous attendez de cette conférence. Faites la même

chose avec deux autres personnes.

Le format atelier te permet aussi d’organiser la salle en petits groupes de travail de deux à huit personnes pour mettre en pratique un précepte que tu viens d’édicter ou pour mener ensemble une réflexion sur un sujet que tu as distribué.

Les consignes que tu donnes avant l’exercice doivent alors être très claires. Indique le sujet, détaille les étapes, attribue éventuellement des rôles. Si une restitution est nécessaire, fais nommer un porte-parole dans chaque groupe. Et surtout, indique bien le temps accordé. Assure-toi que chacun a bien compris les consignes avant de commencer. Au besoin, répète-les, écris-les sur un paperboard ou affiche-les sur le grand écran. Lorsque tout le monde est prêt, donne le signal de départ et lance le chrono. Selon l’inertie du groupe, note qu’il te faudra jusqu’à deux minutes à la fin du temps imparti pour ramener l’attention de tout le monde vers toi. Suite au travail de groupe, il peut y avoir un échange entre toi et la salle, soit avec chacun des porte-parole, soit avec des auditeurs désireux de partager leurs conclusions ou leur ressenti. Libre à toi de faire monter chacun sur la scène pour s’exprimer face au public. Attention encore à la maîtrise du temps.