Le Roman d’un spahi
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Le bruit s’apaise, se perd dans l’éloignement ; il s’élève encore, plus voilé, d’un autre point de l’horizon, puis il s’éteint, et tout retombe dans le silence.
Sur les eaux dormantes, les vapeurs blanches s’épaississent à l’approche du matin, on se sent pénétré et transi par l’humidité glacée des marais.
Sensation étrange : dans ce pays, il fait froid. La rosée tombe. La lune peu à peu s’abaisse à l’occident, se voile et s’éteint. La solitude serre le cœur.
Et puis enfin, là-bas à l’horizon, apparaissent des pointes de chaume, le village de Dialamban, où, au petit jour, les spahis doivent camper.
XXV
Le pays était désert aux environs du campement de Dialamban ; de grands marais d’eaux mortes qui n’en finissaient plus, ou bien de plaines de sable aride, où croissaient des mimosas rabougris.
Jean y faisait de longues promenades solitaires, avec son fusil sur l’épaule, – chassant ou rêvant, – toujours ses vagues rêveries de montagnard.
Il aimait aussi à remonter en pirogue les berges du fleuve aux eaux jaunes, ou à s’enfoncer dans le dédale des marigots sénégalais.
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