Les Feuilles

dit Zo d'Axa Alphonse Gallaud de la Pérouse · Chapitre 19 sur 63

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Les Feuilles

Améric Vespuce de Prison

 

 

Pendant ce temps d’autres pionniers découvraient les prisons de la Seine.

Tous ces messieurs du Panama, à peine au sortir de la geôle, au lendemain de leur acquittement, signaient une lettre collective où ils indiquaient que la prison est un séjour peu cordial.

Ils ajoutaient leur mépris pour l’instruction obligatoire à la mode Le Poittevine.

Et, dans le passage que je guillemette, ils se rendaient compte, enfin ! de quelques vérités élémentaires :

« Au milieu de tous les chagrins, de toutes les souf-frances que nous avons dû subir, une pensée nous console. C’est que le spectacle écœurant auquel nous venons d’assister n’aura pas été complètement inutile. Quelle admi-rable leçon de choses, de nature à montrer aux yeux de tous ce que c’est que la magistrature, combien elle appelle des ré-formes profondes et quelles dérisoires garanties elle présente aux citoyens !

« Que reste-t-il du sentiment de la justice ? Quelle pro-tection peuvent attendre les faibles ?

« Si, au lieu d’hommes publics, habitués à la parole et soutenus par d’admirables défenseurs, il s’était agi d’humbles citoyens, qui peut dire ce qui serait advenu ? »

Oh ! c’est facile. Nous pouvons le dire. Là aussi, il y a des tarifs.

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Voler une chaussure, un pain : prison.

Pas de domicile, vagabondage : prison.

Prison, prison, relégation, c’est pour les petits, c’est pour les faibles, les sans-gîte, les malchanceux, prison, pri-son, maison centrale.

Quant aux chéquards, aux marchands de vote – s’il y en avait jamais en France – je parie qu’on les acquitterait.

Baïhaut, pour se faire condamner, dut fomenter de basses intrigues.

 

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