Les Feuilles

dit Zo d'Axa Alphonse Gallaud de la Pérouse · Chapitre 28 sur 63

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Les Feuilles

Des Hommes

 

 

Alors s’agite le problème d’une représentation vérita-blement nationale. Mais quels hommes sont qualifiés ? Quels citoyens faut-il choisir ?

Je cherche parmi les plus grands.

Millevoye, Déroulède hésitent… Et Rochefort, moins folle-avoine, se consacre à la vie de famille.

Il y a bien Édouard Drumond, inflexible comme au jeune temps ; mais le Maître nous est ravi par des kabyles qui ne votent pas. Que n’est-il resté à Marseille où chantaient pour lui les poètes :

Tes disciples formés à l’école du Maître,

N’ignorent pas le dévouement ;

Sur eux aucun point noir ne pourra jamais naître :

Ils l’ont promis par un serment.

Ah ! cette promesse… Ah ! ces points noirs… Drumond est parti quand même vers d’inquiétantes Casbahs.

Déjà l’Afrique acclame le Maître dont toutes les femmes baisent la main. Mais sera-t-il député d’Alger ? C’est en arabe qu’on acclame, en espagnol, en maltais. Il y a des toasts italiens. Il y en a d’autres en petit nègre. On ne sait pas encore au juste ce que pensent les électeurs.

Toutefois on peut espérer. Le temps est beau. La phy-sionomie du Maître, sa figure caractéristique, impressionne favorablement les anti-juifs clairvoyants. Dès qu’il paraît, c’est une clameur : Mort aux Youpins !…

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L’écho répond : Vive Drumond !

Ce n’est que fleurs et que banquets, banquets en l’honneur du Maître. Les marabouts, familièrement, l’appellent Sidi Kouskous.

 

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