Les Feuilles

dit Zo d'Axa Alphonse Gallaud de la Pérouse · Chapitre 29 sur 63

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Les Feuilles

Le plus Digne

 

 

La conquête de quelques fiefs électoraux par tels ou tels chefs de partis serait d’ailleurs insuffisante pour modifier la situation. On rêve plutôt d’une sorte de boulangisme qui permettrait aux honnêtes gens de manifester à la fois, et sans la moindre ambiguïté, sur toute la surface du pays. On vou-drait qu’un cri populaire résumât les aspirations, les colères, ou, tout au moins, les mépris d’une nation qu’on a trop ber-née…

C’est pénétré de cette pensée que nous sommes allé, dans sa retraite, trouver un Maître auquel personne n’avait songé, un modeste dont personne pourtant ne niera la signi-fication précise.

Aujourd’hui, l’honneur m’échoit de présenter ce maître au peuple.

On l’appelle Maître Aliboron. Ceci soit pris en bonne part. L’âne pour lequel je sollicite le suffrage de mes conci-toyens est un compère des plus charmants, un âne loyal et bien ferré. Poil soyeux et fin jarret, belle voix.

Un âne, vous dis-je – quatre pattes et deux grandes oreilles. Un âne qui brait et doit penser, en voyant grouiller les bipèdes,

… les juges, les huissiers,

Les clercs, les procureurs, les sergens, les greffiers ;

Ma foi, non plus que nous, l’homme n’est qu’une bête !

 

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Un âne pas trop savant, un sage qui ne boit que de l’eau et reculerait devant un pot de vin.

À cela près, le type accompli d’un député majoritard.

 

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