Les Feuilles

dit Zo d'Axa Alphonse Gallaud de la Pérouse · Chapitre 24 sur 63

Pages du PDF

Les Feuilles

Le Candidat de « la Feuille »

 

 

Aux urnes !

 

La période électorale est ouverte : steeple et concert, phrases et phraseurs – la période ! – période ronflante où roulent tous les airs connus.

Les notes graves des contrebasses opportunistes, la voix des fifres socialistes, le chapeau-chinois des radicaux qu’on joue des pieds et des mains, mènent le tapage raccrocheur qui fait renouveler les mandats.

C’est le prélude à grand orchestre – chant et chantage, boniments… On joue du Triangle et de la Croix.

Toutes les promesses sonnent au champ, et le tambour bat en ville. La peau d’âne antisémite rallie les enfants de la patrie : enfants de troupe et enfants de chœur.

Dans les collèges électoraux, boîtes à musique, conser-vatoires, l’accord est plus déconcertant : quand Marcel Sem-bat donne le La, André Vervoort lance le Do.

Bien que troublés, les électeurs s’apprêtent à reprendre au refrain. Sous la baguette des chefs d’orchestre, tous les votards donneront de la voix. Tant pis, s’ils ne chantent pas juste. Candidats ! à vos trombones. Peuple souverain ! atten-tion… Nous rénoverons le parlement. Une, deux ! une, deux ! Peuple ! aux urnes !… Gauche, droite ! c’est pour la Répu-blique ! Une, deux ! gauche, droite ! En mesure…

– 95 –

Et vous, les abstentionnistes ! ceux qu’on ne fait point marcher au pas, au doigt, à l’œil et au bâton – attention ! la mesure est pour rien…

 

– 96 –