L'Indiscretion
Chapitre 20 · 2 juillet 1811
Une heure du matin environ. Un caravansérail dans la partie la plus ancienne d'Alep, Syrie. Une chambre partagée par lord Foye et Sabine. Pas un bruit dans la chambre. Foye est étendu sur un matelas trop court pour lui ; Sabine est recroquevillée sur un autre.
Sabine se réveilla et se sentit perdue l'espace d'un instant.
Elle était dans le noir le plus complet et l'environnement lui
était étranger, la chambre, l'odeur de la poussière, le lit de
fortune sur lequel elle était allongée, l'air et le poids de
tout ce qui lui était arrivé. Quelle heure était-il ? Le milieu
de la nuit sans aucun doute. Elle avait rêvé. Les détails
s'étaient estompés avant qu'elle ouvre les yeux, mais un
reste de peur et de chagrin s'accrochait à elle avec une
telle ténacité qu'elle peinait à retenir un sanglot.
Sa vie allait être un vrai désastre. Comment pouvait-il en
être autrement ? Elle était à des milliers de kilomètres de
chez elle. Godard était mort et sa sécurité avec lui. Elle
n'aurait jamais l'occasion de lui dire qu'elle l'aimait. Et
Foye... Mon Dieu, un moment elle était soulagée qu'il lui ait
tourné le dos et le moment suivant au bord des larmes,
convaincue qu'il ne l'aimait plus. Quant à ses sentiments à elle ? Lorsque Foye la regardait, elle le voulait, son corps le
désirait, désirait qu'il la touche ou l'embrasse.
Elle retint son souffle et se força à rester immobile, mais
elle ne put retenir ses larmes. Elle finit par devoir renifler.
Elle le fit lentement, essayant de donner l'illusion qu'elle
inspirait profondément dans son sommeil.
— Sabine ?
Ciel. Il était réveillé.
Elle s'essuya les yeux avec sa manche.
— Pardonnez-moi, fit-elle quand elle put parler sans
risquer de trahir son émotion. Je suis désolée de vous avoir
réveillé. Ce n'était pas mon intention.
— Tout va bien ?
Il s'exprimait lentement comme s'il était sur le point de se
rendormir.
Souhaitait-il vraiment connaître la réponse ? Pourquoi le
voudrait-il ? Elle l'entendit changer de position. Elle n'osait
pas bouger. Le moindre mouvement risquait de la trahir.
Elle n'était pas une femme faible, c'est du moins ce qu'elle
aimait penser. Elle avait besoin d'une minute pour se
reprendre. Juste une minute.
— Tout va bien, Foye. Rendormez-vous. Je ne voulais pas
vous déranger.
— Vous êtes sûre ?
— Je n'arrivais pas à dormir, c'est tout.
Elle devait parler d'une traite ou sa voix risquait de
trembler. Quand elle eut prononcé le dernier mot, elle avait
utilisé tout l'air qu'elle avait dans les poumons et n'arrivait pas à reprendre son souffle. Foye se rapprocha d'elle. Elle
bougea trop tard et ne put éviter son contact. Mais il ne fit
que presser un mouchoir, ou un morceau de tissu, contre sa
joue.
— Merci, murmura-t-elle.
— Ce n'est rien, Sabine.
— Vous ai-je remercié d'être venu me chercher ?
— J'aurais dû arriver plus tôt. J'aurais voulu arriver avant
la mort de votre oncle.
— Merci, Foye.
— Je suis profondément désolé.
— Moi aussi.
Ses doigts effleurèrent sa joue, un contact fortuit qui la fit
frissonner et augmenta inexplicablement son sentiment de
solitude.
— Il me manque. Il me manque terriblement.
— Je sais, mon amour, fit-il en continuant d'essuyer ses
larmes.
— Vous êtes probablement en train de retirer ma couleur,
fit-elle tandis que son cœur battait plus vite et que cette
chaleur déconcertante qu'il faisait naître en elle s'installait
entre ses cuisses.
— Je vous inspecterai demain matin, fit-il en riant.
Elle aimait tellement le son de sa voix.
— Ce serait avisé, je pense.
Comme ses yeux s'habituaient à l'obscurité, elle distingua
la silhouette de lord Foye, mais guère plus. Elle prit le
mouchoir qu'il tenait et pensa qu'il allait s'écarter, mais il n'en fit rien. Sa main s'attarda sur sa joue, ses doigts
glissèrent le long de ses tempes, sous ses yeux. Il voulait la
réconforter bien entendu, mais le frôlement la fit frissonner
tout entière.
— La mort de mon frère fut un choc, dit Foye. Je ne savais
même pas qu'il était malade. Je pensais qu'il vivrait
longtemps et engendrerait rapidement un ou deux héritiers
et que la lignée des Marrack se perpétuerait.
— Je suis désolée qu'il soit mort.
Il laissa échapper un soupir.
— Un jour, je rentrais chez moi - j'avais une demeure
plutôt modeste alors, à Hampstead Heath, que j'ai toujours
- et le notaire de la famille m'attendait dans le salon. Il s'est
levé quand je suis entré, je m'en souviens parfaitement, et
avant que je puisse le saluer, il s'est adressé à moi en disant
« mon seigneur ». Ce fut assez pour que je sache ce qui
s’était passé. Deux mots terribles, et je savais. Et pourtant,
je ne l'ai pas cru tout de suite. Son fils était mort l'année
précédente, et sa femme avait tout de suite attendu un
autre enfant. Une semaine avant sa mort, elle donna le jour
à une fille. Du jour au lendemain, il n'y eut plus qu'un
Marrack pour perpétuer le nom et les traditions.
— Vous ne vouliez pas du titre ?
— Mon Dieu, non.
Le timbre de sa voix était du velours.
— Quand cela impliquait que mon frère soit mort ? Non.
Mais quel choix avais-je ? Peu importait que je sois satisfait
de ma vie ou que j'eusse préféré que mon frère soit vivant.
— J'ai souvent regretté de ne pas avoir de frère ou de sœur.
— Ce n'est pas comme si nous étions chaque fois d'accord.
Mais il me manque toujours.
Il retira sa main et elle s'en trouva déçue.
— Il vous manquera toute votre vie. Comme Godard me
manquera.
— Oui, je crois. Et maintenant je suis le dernier Marrack.
Le silence se fit entre eux. Cette fois-ci, il n'était pas
pesant.
— Si je vous avais connu alors. Je vous aurais dit à quel
point j'étais désolée.
— Merci. Les mots aident.
Elle prit sa main dans la sienne et la serra.
— Pourquoi êtes-vous venu me chercher, Foye ?
— Pour vous, murmura-t-il.
Elle baisa ses doigts et il inspira profondément.
— Pourquoi ? reprit-il. Pour convaincre Godard...
— Qu'allons-nous devenir ?
Elle serra les doigts autour des siens.
— Que va-t-il se passer maintenant, Foye ? La vérité. Pas
de mensonges entre nous. Dites-moi la vérité. Je préfère la
connaître tout de suite. Avant qu'il ne soit trop tard pour
moi.
— Vous doutez de moi ? fit-il en se penchant sur elle.
— Non, s'exclama-t-elle sans lever le ton et en ravalant
péniblement un sanglot. Non, Foye. Je vous aime. Mais j'ai
des doutes sur mon avenir. M. Lucey a déclaré que vous ne
voulez pas vous marier. Il a dit qu'il pensait que vous aimiez toujours Rosaline. Je ne sais pas ce que je pense, Foye.
Parfois je me dis qu'il est impossible que vous puissiez
souhaiter m'épouser ou que vous le dites uniquement parce
que vous avez le sentiment que vous devez le dire. Parfois
je me dis que je mourrai si vous ne m'aimez pas, et d'autres
fois je suis persuadée que vous aimez toujours Rosaline.
— Je n'aime pas Rosaline.
Il se pencha et l'embrassa sur le front.
— Le fait est que vous ne me convenez pas du tout. Vous
avez lu mon avenir dans mes feuilles de thé, Sabine, ajouta-
t-il en riant. L'avez-vous oublié ? Alors laissez-moi vous dire
ce qui va nous arriver afin que vous soyez fixée sur votre
avenir avec moi. Nous allons rentrer en Angleterre et nous
marier dans la cathédrale St Paul. Votre bouquet nuptial
sera composé de fleurs d'oranger et de roses rouges et tout
le monde s'émerveillera de la chance que j'ai.
— J'ai toujours aimé les pivoines, nota-t-elle.
Son cœur bondissait, un tel bonheur ne lui semblait pas
possible.
— Puis-je avoir des pivoines dans mon bouquet ?
— Tout ce que vous voudrez, mon cœur. Nous passerons
notre lune de miel à Cornwall, et si vous le souhaitez, je
vous aiderai à terminer le livre de sir Henry.
— Oui, cela semble merveilleux, Foye.
— Et maintenant, mon amour, fermez les yeux et dormez.
— Oui, Foye.
Le silence se fit et il était aussi étrange que tout le reste.
Quelque part dans l'auberge, des hommes riaient et il n’était possible de discerner que la langue qu'ils parlaient
n'était pas l'anglais. Sabine se sentit de nouveau envahie
par un sentiment de solitude. Et si Foye n'était pas venu ?
Cette pensée la terrifia. Des scènes repassèrent dans sa
tête. Des scènes désagréables qu'elle ne pourrait jamais
oublier. Les avances du pacha. La maladie de Godard. Les
semaines qui avaient suivi les mensonges de Crosshaven
quand elle n'avait parlé à personne ou presque.
Elle s'assit sans faire de bruit et serra les bras autour de
ses genoux. Le poids familier de ses cheveux lui manquait.
Les vêtements qu'elle portait lui étaient étrangers. Elle
n'avait pas l'habitude de porter un vêtement qui lui
couvrait ainsi le corps et les jambes. Le fait même d'être
habillée en homme était inconvenant et scandaleux. Foye
était là, mais elle se sentait seule.
— Sabine.
Il tendit la main et trouva la sienne.
— Rendormez-vous, Foye.
Il s'assit.
— Je ne peux pas, pas quand vous êtes éveillée.
Elle tourna la tête vers lui, le menton sur les genoux.
Il s'était couché vêtu de son pantalon et d'une chemise. Pas
de gilet. Pas de redingote. Pas de foulard. La largeur de sa
poitrine sous le lin blanc était saisissante.
— Normalement, quand je n'arrive pas à dormir, je lis, fit-
elle parce qu'elle ne voulait pas que la pièce retombe dans
le silence.
Quand tout était silencieux, la peur revenait la hanter. Son
cœur se serra.
— Quelque chose d'ennuyeux quand je suis incapable de
dormir. Mais je n'ai pas de livres, ennuyeux ou non.
— Moi non plus. Et dessiner ? Est-ce que vous dessinez
parfois quand vous n'arrivez pas à dormir ?
— Oui, fit-elle. Mais je n'ai ni crayon, ni tablette pour
dessiner.
— Si vous en aviez, vous dessineriez ?
Sabine lui fit face, reconnaissante qu'il essaie de la
distraire.
— Ce soir ? Oui. Je vous dessinerai, si je pouvais. Je suis
résolue à saisir l'essence de votre être. Ne riez pas.
— Je ne ris pas.
— Menteur, fit-elle en surprenant le tressaillement de ses
lèvres.
— Pardon.
— Si je le pouvais, ajouta-t-elle, je vous dessinerais nu.
Foye cligna rapidement des yeux.
Sabine ferma les siens. Venait-elle vraiment de dire une
chose pareille ? Apparemment, son aptitude à s'humilier ne
connaissait aucune limite. C'était vrai, non ? Si elle le
pouvait, elle dessinerait Foye nu.
— En voilà une pensée, fit-il.
— Les artistes masculins dessinent ainsi les femmes.
Il y avait peu de chances qu'elle recouvre sa dignité à
présent.
— Dans le cadre de la formation d'un artiste, c'est même
une obligation.
— C'est parce que le corps féminin se prête à l'expression
artistique, souligna-t-il.
— Les Grecs n'omettaient pas le nu masculin, riposta-t-elle.
Parler avec Foye lui faisait oublier ses cauchemars.
— Et à moins que vous ne tentiez d'établir une distinction
entre la sculpture et une représentation en deux
dimensions de la forme humaine, permettez-moi de vous
dire que l'art reste l'art, quel que soit le médium utilisé.
D'autre part, j'ai vu des amphores grecques dépeignant des
nus.
— Votre oncle ne vous a pas suffisamment protégée.
— Probablement pas, répliqua-t-elle.
— Avez-vous déjà dessiné un nu ? demanda-t-il en
fourrageant dans l'une de ses sacoches.
— Si je vous réponds non, cela ne veut pas dire que je ne
devrais pas le faire.
— Vous pensez que c'est ce que je sous-entendais ?
Foye se retourna vers elle avec un crayon et un petit cahier
à la couverture souple recouverte de papier huilé. Il les lui
tendit, mais elle ne fit pas un geste. Il les posa sur le
matelas à côté d'elle.
— Je ne peux pas dessiner dans le noir.
Il se leva et alluma la lampe qu'il avait éteinte et augmenta
la lumière de l'autre. Pas beaucoup, mais assez pour qu'elle
puisse, si elle le décidait, dessiner.
— Fiat lux,fit-il.
Il tendit les deux mains, paumes tournées vers le haut.
— Que la lumière soit.
Il se recoucha sur son matelas, sur le côté, une main sous
la tête, les yeux rivés sur elle.
— Vous devriez vous rendormir, fit-elle.
— Je ne suis pas du tout fatigué.
Il tendit la main vers le carnet et l'ouvrit.
— Je ne suis pas très doué.
Elle baissa les yeux et posa un doigt sur l'une des pages.
C'était le dessin d'un bâtiment en ruine.
— Quel est ce château ?
Il se pencha.
— Maraat Al-Numan. Et quand j'étais là-bas, je n'ai pas
cessé de penser à vous.
— Godard et moi sommes allés à Serjillo avec Nazim Pasha.
Lorsque nous étions en route pour Kilis. Je n'arrêtais pas
d'imaginer qu'un ancien Romain rentrait chez lui et nous
demandait ce que nous faisions dans sa demeure.
Elle traça le contour de la porte ménagée dans une
muraille qui s'écroulait. Il avait plutôt bien saisi la
désolation du paysage. Les détails architecturaux étaient
particulièrement bien rendus. Elle tourna une page.
— Ces dessins sont très bons, Foye.
— Je n'ai pas votre talent, mais j'aime dessiner quand j'en
ai l'occasion.
Il s'assit, les genoux relevés sous les couvertures, les bras
posés négligemment dessus. Des boucles tombaient en désordre sur son front et l'inclinaison de sa tête soulignait
encore davantage l'angle de sa joue.
— Dessinez quelque chose.
Elle tourna encore une page ou deux. Il avait dessiné une
vue du souk de Constantinople. Sur une autre page, la
Grande mosquée. Elle saisit le crayon.
— Vous ?
— Si vous le souhaitez, fit-il sans la quitter des yeux. Ou
bien corrigez un des dessins que j'ai faits.
Elle choisit une page vierge et se mit à dessiner tout en
continuant à parler. Elle connaissait tellement mieux son
visage désormais.
— Je me suis mis à le haïr, fit-elle doucement. Mon oncle,
pas Crosshaven, pour m'emmener aussi loin alors que je
n'avais rien fait de mal. Et pourtant, ajouta-t-elle, j'étais
heureuse de ne plus être à Londres, ni en Angleterre. Les
calomnies étaient arrivées jusqu'à Oxford. Certains des
amis de Godard nous ont ostracisés. Après notre départ de
l'Angleterre, des jours pouvaient se passer sans que nous
échangions un mot si ce n'était pour dire « passez-moi le
sucre s'il vous plaît » ou « oui, c'est un exemple magnifique
de colonne ionique. »
— Vous me dessinez ?
Elle lui jeta un coup d'œil, puis retourna à son dessin.
— Cela vous dérange ?
— Je ne suis pas un Apollon, Sabine.
— Vous avez un visage noble.
La réponse le fit rire et elle le fixa. Son regard croisa celui
de Sabine, un de ces échanges fortuits qui survenaient
entre eux de temps à autre. Elle se sentit de nouveau
fiévreuse.
— Dois-je faire preuve de fermeté avec vous, Foye ? Je
vous préviens, vous n'allez pas trouver cela agréable.
— Non, je vous en prie, non, fit-il en souriant.
— Alors ne bougez pas.
Elle travailla sur la ligne de sa joue, puis commença à
dessiner ses yeux.
— Vous avez de très beaux yeux.
— Vous vous engagez sur un terrain glissant, Sabine. Vous
risquez de me faire tourner la tête en déclarant de telles
choses.
— J'en doute fort, répliqua-t-elle en riant.
Cette fois-ci, elle réussissait à attraper la puissance de ses
traits, mais son crayon s émoussait.
— Est-ce que vous avez un couteau de poche ou un crayon
qui soit plus pointu ?
Il fouilla dans sa sacoche et en sortit une boîte en bois qui
contenait tout un assortiment de crayons. Aucun n'était
aussi pointu qu'elle le souhaitait, mais elle en trouva un qui
ferait l'affaire et elle commença à travailler sur sa bouche. Sa lèvre inférieure était plus charnue que sa lèvre
supérieure et une tendresse y flottait, tapie dans la virilité
de sa mâchoire et de son menton.
— Vous êtes concentrée, fit-il.
Elle leva le carnet et lui montra la page.
— Si j'avais mes propres crayons, je pourrais faire mieux,
mais c'est une ressemblance acceptable, je crois. Mieux
que ce que j'avais fait avant.
Foye contempla le dessin pendant un moment assez long
avant de s'exprimer.
— Mon Dieu, murmura-t-il. C'est moi jusqu'à la ligne de
mon nez. Vous êtes une vraie artiste, Sabine.
Il toucha la page.
— Est-ce que Godard le savait ? Je sais qu'il ne vous
encourageait pas, mais comprenait-il l'étendue de votre
talent ?
— Il savait beaucoup de choses, Foye. Mais pas tout.
Maintenant, puisque vous n'allez pas me laisser vous
dessiner nu, je crois que nous avons fini. Nous allons enfin
dormir.
Mais Foye continuait de la regarder, avec intensité.
— Vous m'avez pris mon âme. Mon cœur.
Elle tendit la main et appuya le bout de ses doigts sur son
torse jusqu'à ce qu'elle sente les battements de son cœur.
— Votre cœur bat ici, Foye. Dans votre poitrine. Vous le
portez avec vous partout où vous allez.
— Et pourtant il vous appartient.
Elle pensa à Rosaline et combien Foye avait souffert. Elle était soulagée que Rosaline l'ait quitté. Désolée qu'il ait été
meurtri, mais soulagée toutefois.
— Je le garderai en sécurité pour vous, fit-elle. Ferez-vous
la même chose avec le mien ?
Il leva les bras et saisit le dos de sa chemise afin de la
retirer, puis ses mains disparurent sous sa couverture.
— Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle, même s'il
était évident qu'il retirait son pantalon.
En un instant, la tension s'installa de nouveau entre eux.
Elle avait conscience de sa force physique. Et consciente de
ce corps masculin qui l'appelait à lui.
Il repoussa la couverture du pied.
— Voilà, fit-il.
Il s'allongea sur le dos, un bras par-dessus la tête. L'autre
le long de son corps détendu. Le marquis de Foye était
totalement nu.