L'Indiscretion
Chapitre 34 · Sabine se tenait dans l'embrasure de la porte et n'en
croyait pas ses yeux. Elle ne comprenait pas pourquoi lord
Crosshaven était chez elle. Il devait pourtant savoir qu'il
n'était pas le bienvenu. C'est alors qu'un autre homme
s'avança et son cœur cessa de battre.
— Foye ? Souffla-t-elle.
Cela devait être quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'aussi grand
que lui. L'étranger sortit de la pénombre. Et tout le corps
de Sabine s'enflamma. Elle trembla de la tête aux pieds. Ce
n'était pas possible. Il était mort.
— Foye ? murmura-t-elle.
— Sabine.
C'était sa voix. Sa voix. Elle ne s'était jamais évanouie de
toute sa vie et n'allait pas le faire maintenant. Elle tendit
une main pour s'accrocher à quelque chose. Une porte, une
table, une chaise, quelque chose qui pourrait la soutenir
alors qu'elle sentait ses jambes sur le point de se dérober
et qu'un étourdissement la saisissait. Il y avait un guéridon
près de la porte, elle en sentit le rebord et posa une main
dessus pour se soutenir.
— C'est moi.
Il s'avança vers elle et elle se dit qu'elle devait rêver. Le
soleil entrait par la fenêtre qui se trouvait derrière lui et elle voyait en contre-jour cet homme qui ressemblait à
Foye. Elle n'arrivait pas à distinguer ses traits.
— Mon amour, je n'ai pas embarqué sur le Hecla.
Sabine tendit une main.
— C'est toi ? C'est vraiment toi ?
— Oui.
Il traversa la pièce, sortant de la lumière et la prit dans ses
bras. Elle n'arrivait pas à y croire, elle l'enlaça pourtant et
l'attira à elle. Leurs corps s'accordèrent comme elle s'en
souvenait. Parfaitement.
Elle fut vaguement consciente que lord Crosshaven aidait
un vieil homme frêle à se lever. Elle reconnut son beau-
père, elle l'avait vu à l'église. Depuis son arrivée, elle avait
fait la connaissance de toutes les personnes qui allaient à
l'église. Elle avait enduré toutes les présentations, même
celle de lord Crosshaven et de son épouse qu'elle
n'appréciait pas. Par principe au début, puis parce qu'elle
ne l'aimait pas, tout simplement.
Sabine s'avança, une main sur la manche de Foye, et arrêta
Crosshaven en posant l'autre main sur le bras du vieil
homme.
— Il voulait vous présenter ses hommages, lady Foye, fit
Crosshaven.
— Merci d'être venu, monsieur Prescott.
Il s'inclina, lentement, en s'appuyant lourdement sur le
bras de son beau-fils et dit d'une voix que l'âge avait
rendue chevrotante.
— C'est un homme honorable, Foye. Un homme honorable. — Nous viendrons vous rendre visite, monsieur Prescott, fit
Sabine. Si vous le voulez bien, lord Foye et moi-même.
Il eut un petit rire de gorge et lui tapota la main. Puis M.
Prescott sourit à Sabine et l'image de Godard refit surface.
Non pas parce que les deux hommes se ressemblaient, mais
en raison de son âge et de la manière dont lord Crosshaven
le soutenait. M. Prescott était plus âgé que Godard et elle
savait très bien ce qu'avait dû lui coûter ce déplacement,
combien il avait dû tenir à saluer la mémoire de Foye.
— Ce serait un grand plaisir, fit le vieil homme.
— Nous serons ravis de vous voir, monsieur, ajouta
Sabine.
Elle pressa sa main et se pencha pour l'embrasser sur la
joue.
— Vous m'avez porté chance, monsieur. Vous êtes venu me
rendre visite et m'avez ramené mon mari. Je ne l'oublierai
jamais.
— Venez, fit Crosshaven à son beau-père. Rentrons à la
maison et vous pourrez raconter à Rosaline comment vous
avez ramené Foye du royaume des morts.
Il regarda Sabine et lui dit à mi-voix :
— Merci.
Cross jeta un coup d'œil à Foye et lui adressa un signe de
tête.
— Bonne journée, monsieur.
— Je ne vous souhaite pas la même chose, répondit Foye.
— Foye, murmura Sabine. Ne sois pas mauvais.
— Non, mon amour, fit-il en baissant les yeux sur elle.
Quand Crosshaven et M. Prescott furent sortis, Sabine se
tourna vers Foye et l'enlaça, posa sa joue contre sa poitrine
et lui caressa le dos jusqu'à ce qu'elle ait cessé de trembler.
— Dis-le-moi, Foye. Dis-moi que je ne rêve pas.
Il la serra contre lui et lui caressa les cheveux. Les larmes
brûlaient les yeux de Sabine et elle ne put rien faire pour
les empêcher de couler.
— Tu ne rêves pas. J'ai voyagé aussi vite que je le pouvais
depuis Londres. Je ne pouvais pas arriver plus tôt.
Elle se mit sur la pointe des pieds pour prendre le visage de
son mari dans ses mains. Elle traça chacune des lignes
qu'elle rencontrait avec des doigts tremblants tandis que
Foye sortait un mouchoir pour essuyer ses larmes. Elle
regarda vers la porte et vit le majordome, la gouvernante et
plusieurs autres serviteurs.
— C'est lui, c'est bien lui, leur dit-elle à travers ses larmes.
Nous allons festoyer ce soir, n'est-ce pas ?
— Lady Foye et moi-même dînerons dans notre chambre ce
soir, intervint Foye. Si vous souhaitez célébrer mon retour,
faites-le, vous avez ma permission.
Il passa un bras autour de la taille de Sabine et la serra
contre lui.
— Nous ferons une fête pour tout le monde, demain.
— Monsieur.
Le majordome se retira en entraînant le reste du personnel.
Foye emmena Sabine dans sa chambre et regarda autour
de lui. Oui, elle s'était installée dans cette pièce et non dans la chambre réservée à la dame de la maison. Un
instant, elle se sentit gênée.
— Je me sentais plus proche de toi ici, Foye.
Le silence qui s'était installé l'horrifiait. Avait-il changé ?
N'était-il plus amoureux d'elle ?
— Ce n'est pas important.
Elle resta près de lui et garda la main sur son bras, et il la
laissa faire. Il se tourna vers elle et retira le chapeau
qu'elle portait. Un chapeau tout simple qu'elle avait acheté
chez la modiste de St. Ives et qu'elle avait teint en noir, ne
se souciant pas du tout de son apparence. Sa robe était
d'un vilain noir aussi. Et ses chaussures. Il resta debout au
centre de la pièce qu'elle avait faite sienne et passa les
doigts dans ses cheveux.
— Ils ont beaucoup repoussé depuis Alep, fit-il. Et ils sont
de nouveau dorés.
— Oui.
Elle toucha les boucles qui encadraient son visage.
— Elles me font penser à toi. Je ne savais pas que je les
avais. Avant, mes cheveux étaient trop longs pour boucler
ainsi.
— Brook m'a dit que tu attendais un enfant, Sabine. C'est
vrai ?
— J'ai vu le médecin, fit-elle en opinant.
— Tu es en deuil, fit-il. En grand deuil.
— Pour toi, Foye.
— Je ne t'aime pas en noir.
Il caressa ses cheveux, sa joue, et elle se pressa contre sa
paume.
— Je déteste particulièrement te voir porter des
vêtements démodés et peu attrayants.
Il contenait ses émotions autant qu'elle et elle ne savait pas
comment retrouver leur intimité. La Turquie était loin, très
loin, et après tout ce qui s'était passé, pouvaient-ils
vraiment vivre ensemble ?
Quel duo ils formaient.
— Te connaissant, ajouta-t-il, je présume que tu n'as rien
d'autre à mettre.
— Non.
— Je vais tacheter un nouveau trousseau. De toutes les
couleurs. Un arc-en-ciel si tu le souhaites. Je vais
t'emmener à Londres et dans toutes les boutiques du
monde.
— Ça ne m'intéresse pas, tout cela.
Elle lui toucha le visage, sa peau était fraîche sous ses
doigts. Elle trembla quand elle le toucha et il couvrit ses
mains des siennes.
— Je suis si heureuse que tu sois revenu, Foye.
Il inspira profondément et elle essaya d'anticiper ce qui
allait se passer. Si elle ne le savait pas ou n'arrivait pas à le
deviner, cela signifiait-il qu'ils étaient devenus des
étrangers l'un pour l'autre ?
— J'avoue, finit-il par dire, que je suis assez soulagé d'être
rentré.
Le sourire qui illumina son visage coupa le souffle de
Sabine.
— Tu me fais rire, Foye.
Elle glissa les mains jusqu'à toucher son torse. Elle les
laissa posées là afin de pouvoir sentir les battements de son
cœur. Il laissa ses mains glisser jusqu'à ses hanches. Elle
leva la tête.
— Je suis toujours amoureuse de toi.
— C'est vrai ?
— Oui.
Elle opina vigoureusement.
— J'ai beaucoup réfléchi à la question depuis que je suis
partie d'Iskenderun.
— Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire sur un bateau
— C'est vrai.
Il enserra ses poignets fins. Elle avait retiré ses gants
quand elle était rentrée et sa robe avait des manches
courtes, si bien que ses bras étaient nus depuis les coudes
jusqu'aux mains. Il laissa glisser ses doigts le long de sa
peau nue.
— Je rêve de ce moment depuis des mois. Te tenir dans mes
bras et t'entendre dire que tu m'aimes.
— Je t'aime, Foye. Combien de fois dois-je te le dire ? Une
dizaine, une centaine, un millier de fois ?
— Nous allons de nouveau nous marier et être bénis par
l'Église anglicane, Sabine. Où tu le souhaites. Ici, ou à
Londres, ou à Oxford, si c'est ce que tu préfères.
— Ici, fit-elle sans hésiter. L'église de St. Ives est jolie et
j'aime ton pasteur. Et puis, c'est chez nous.
— St. Ives, alors.
Elle déboutonna le premier bouton de sa redingote. Il reprit
ses poignets.
— Je t'avais dit que je ne pouvais pas quitter Godard, fit-
elle. Mais je n'ai pas eu l'occasion de te dire qu'une fois que
nous étions arrivés à Kilis, j'avais changé d'avis et que je
comptais lui annoncer que je le quittais. J'étais tellement
malheureuse et tout ce que je voulais, c'était être avec toi.
Il toucha sa joue.
— Je t'en prie, ne regrette pas d'être restée avec Godard.
Tu ne dois pas.
Elle sentit sa gorge se nouer et Foye serra les doigts un
instant.
— Je le voulais, Foye.
Elle se mit à parler d'une voix à peine audible et il dut
prêter l'oreille.
— Je voulais le quitter.
— J'avais compris que tu ne le pouvais pas.
— Tellement de choses se sont passées quand nous nous
rendions à Kilis.
Elle déboutonna un autre bouton de sa redingote.
— Je pensais que j'avais renoncé à toi pour toujours.
J'imaginais que tu retournerais en Angleterre et épouserais
une autre femme. Et puis...
— Sabine. Je comprends.
— Tu connais la suite et je ne pensais pas qu'il était
possible de t'aimer plus que je t'aimais. Mais quand nous
sommes arrivés à Iskenderun, je t'aimais plus encore. Et
plus. Et plus, Foye, et je ne trouvais pas les mots pour te le
dire comme je le ressentais.
Elle le regarda en fronçant les sourcils.
— Quand je suis arrivée à Oxford, j'avais un trou béant à
la place du cœur. Le manque de toi. Tu me manquais
cruellement. Je ne pensais qu'à une chose, le jour de ton
retour. Et mon bonheur quand tu serais enfin là.
Elle finit de déboutonner sa redingote. Quand elle leva les
mains pour la faire glisser de ses épaules, il la lâcha afin de
l'aider. Elle appuya la tête contre sa poitrine.
— Tu me manquais, Foye. Et je voulais te dire que je
t'aimais. Plus que tout, je voulais te le dire.
Il posa une main sur sa nuque et elle continua :
— Je n'ai pas dit à Godard des choses que j'aurais dû lui
dire. Des mots que nous aurions dû dire. Et puis, un jour, il
est mort, et je ne serai jamais en mesure de lui dire que je
l'aimais et l'admirais.
— Il le savait, Sabine.
— Donc, fit-elle avec force, j'ai décidé de te dire ce que je
ressens avant qu'il soit trop tard. Que tu es l'homme le plus
extraordinaire que j'ai jamais rencontré. Merveilleux et
généreux, et, oh, Foye, je voulais te dire à quel point je
pensais avoir de la chance de passer le reste de ma vie avec
toi, et j'aurais dû te le dire, j'aurais dû. Seulement...
Elle déglutit.
— Tu étais mort. Et quand j'ai cru que tu étais mort, une
partie de moi est morte elle aussi.
Oh, elle pleurait. C'était les larmes qui troublaient sa vue.
Elle s'essuya le visage. Foye posa un doigt sur sa joue.
— Ne pleure pas, mon amour. Je t'en prie, ne pleure pas.
— Je croyais que tu étais mort et cela m'a tuée. Cela m'a
tuée, Foye. Et maintenant, tu es là. Devant moi, vivant et je
ne laisserai pas une seule minute passer sans te dire que je
t'aime et que je sais déjà que je ne peux pas supporter
l'idée de vivre sans toi. Parce que, tu vois, je pensais devoir
le faire. Je vis sans toi depuis des semaines.
Elle agrippa le jabot de sa chemise.
— Et j'étais détruite.
Foye laissa glisser ses pouces le long de sa lèvre inférieure.
— Si tu m'aimes, Sabine, je peux te dire que je suis
l'homme le plus heureux du monde.
— Fais-moi l'amour, Foye.
Elle plongea ses yeux dans les siens.
— Je t'en prie, fais-moi l'amour.
— J'en serai ravi, fit-il avec un sourire.
Il ne leur fallut pas longtemps pour se dévêtir. Foye la
contempla tout en parcourant son corps du bout des doigts.
— Je ne t'ai jamais vue de la même couleur partout,
Sabine.
Elle se cambra, s'étira.
— Comment me trouves-tu, Foye, quand je ne suis que
Sabine ?
Elle sourit d'un air coquin.
— Délicieuse, madame.
Il caressa ses cheveux et, prenant une poignée de boucles,
il les embrassa.
— Tu sens la violette désormais, et non plus la rose.
— Foye, murmura-t-elle en l'attirant à elle. Maintenant. Je
te veux maintenant.
— Tes souhaits sont des ordres.
Il l'entraîna avec lui sur le lit et passa les mains sur son
ventre, puis l'embrassa là où était niché leur enfant.
Le voir faire la fit fondre de désir ; tout son corps cria en
silence qu'il la prenne, là, tout de suite. Elle inspira
profondément et tenta de dompter son excitation fiévreuse.
— Pourquoi n'es-tu pas en moi, Foye, où je veux tellement
que tu sois ?
Elle enfouit les doigts dans ses cheveux et se pressa contre
lui.
— Tu es à moi, mon seigneur. À moi, à moi, à moi, pour
l'éternité.
Il la pénétra et elle rejeta la tête en arrière. Elle resserra
les cuisses sur ses hanches, sentant son corps chaud et dur
se presser sur sa féminité déjà mouillée.
— Foye, murmura-t-elle, dis-moi que tu m'aimes. Dis-le-
moi encore une fois.
— Je t'aime, Sabine.
Il posa sa bouche contre son oreille et donna un coup de
reins pour s'enfoncer encore plus loin en elle.
— Je t'aime, répéta-t-il doucement.
Elle sentait qu'elle perdait pied, mais elle voulait faire
durer le plaisir. Elle voulait voir son visage et réussit à
accrocher son regard sauvage. Elle laissa ses mains glisser
le long de son dos.
— Non, Foye. Pas avec tendresse. Féroce, sauvage comme
tu es maintenant. Sauvage, comme je t'aime. Aimez-moi
sauvagement. Comme cela.
Et elle l'entraîna encore plus loin en elle.
Elle le regarda droit dans les yeux pendant qu'elle poussait
ses hanches vers les siennes, les jambes levées. Il ferma les
yeux et elle aussi. Elle se concentrait sur l'homme qui la
rendait folle de désir et d'amour. Il se retira presque
complètement d'elle, puis replongea. Elle réussit à se
maîtriser encore une fois.
— Foye, gémit-elle.
Elle rouvrit les yeux pour contempler l'homme le plus
parfait, enfiévré par la passion. Elle souleva sa tête pour
l'embrasser et il lui rendit chacun de ses baisers avec
autant de fougue.
Il se laissa aller, allant et venant en elle, de plus en plus
vite jusqu'à ce qu'elle ne réponde plus de rien. Elle gémit
avec lui et, quand elle entendit le halètement qui indiquait
qu'il allait jouir, elle ne retint plus rien et ce fut la plus belle
expérience de sa vie que de sentir Foye en elle, murmurant
qu'il l'aimait.
Tout son corps se contracta quand l'orgasme déferla et la
fit trembler d'un plaisir presque douloureux. Elle retomba rapidement dans un état de félicité qu'elle aurait voulu ne
jamais quitter.
Un peu plus tard, il passa la main sur son épaule nue.
— Foye ?
— Oui, mon amour ?
— Tu es lourd. Un vrai mastodonte, tu sais.
Il se redressa, l'embrassa sur le nez, puis se retira et
s'étendit à côté d'elle.
— Je t'aime, Sabine.
— Et je t'aime, Foye.
Elle se mit sur le côté et caressa son torse.
— Il va falloir que je te dessine de nouveau. Je n'ai plus
aucun dessin de toi.
— Bien sûr, quand tu veux.
Il la serra contre lui.
— Tu avais raison, tu sais, le jour de notre première
rencontre.
— J'ai souvent raison, fit-elle. À quoi fais-tu allusion ?
— Aux feuilles de thé.
— J'ai dit que c'était insensé, si mes souvenirs sont bons.
— Mais ça ne l'était pas.
— Est-ce que tu as perdu la raison, mon seigneur ?
Il lui souriait avec douceur et elle en eut la gorge nouée.
— Tu as prédit que je serais heureux en amour.
— On ne peut pas connaître son avenir en regardant des
feuilles de thé au fond d'une tasse, je pensais que tu étais
assez sensé pour le savoir.
— Mon amour, reprit Foye. Je ne suis pas d'accord. Tu as
fait preuve d'une étrange acuité quand tu m'as prédit mon
avenir.
Il l'embrassa.
— J'ai été heureux en amour. Plus que je ne le mérite.
— C'est moi qui ai de la chance. Tu es heureux, Foye ? fit-
elle en passant un doigt le long de son torse.
— Oui, Sabine, je le suis. Je n'ai jamais été aussi heureux de
ma vie. Et toi ? Es-tu heureuse ?
— Je crois que c'est mon avenir que je lisais dans tes
feuilles de thé, Foye.
— Tiens, tiens, vraiment ?
— Oh oui. Comme tu le sais, j'ai toujours raison quand je
lis les feuilles de thé. Et je suis très heureuse en amour.
Vous avez terminé L'Indiscretion
Carolyn Jewel
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