Marée - Tome 3

Amanda Hocking · Chapitre 36 sur 41

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Marée - Tome 3

CHAPITRE 36 - Appréhension

CHAPITRE 36

 

Appréhension

 

L iv avait indiqué à Harper où toutes ses salles de classe se trouvaient

selon son horaire. Liv venait d’une ville avoisinante dans le Delaware, mais

elle avait aménagé à la résidence universitaire une semaine plus tôt. Ce

temps supplémentaire et la séance d’intégration avaient donné à Liv une

très bonne idée d’où tout se trouvait et de comment l’université

fonctionnait.

Alors que Liv était incroyablement serviable et gentille, il y avait quelque

chose en elle de presque trop gentille. Si Harper racontait une blague, peu

importe si elle était nulle, Liv riait très fort. Elle avait aussi dit à Harper

qu’elle était jolie et intelligente une bonne centaine de fois.

L’autre chose étrange était que Liv ne cessait de faire de vagues

références à ces « super adorables » nouvelles amies. C’était comme si elle

essayait d’impressionner Harper, mais chaque fois qu’elle lui posait

davantage de questions à leur sujet, Liv se refermait aussitôt et changeait de

sujet.

Tout de même, Liv avait été bonne pour la distraire, évitant à Harper

d’appeler Gemma ou Daniel un million de fois. Mais elle leur avait envoyé

des textos à quelques reprises, afin de s’assurer que tout allait bien, et les

deux avaient affirmé que oui.

Même si Liv avait pris le temps de lui indiquer chacune de ses salles de

classe, Harper était si préoccupée qu’elle avait oublié tout ce qu’elle lui

avait montré. Elle arriva en retard à ses deux premiers cours, et l’unique

raison pour laquelle elle n’arriva pas en retard au troisième était parce qu’il

était avec Liv et que celle-ci la guida physiquement vers la salle de classe.

Elles s’étaient assises l’une à côté de l’autre, et quand le professeur

distribua son plan de cours, Harper fut à la fois surprise et soulagée de constater qu’elle avait déjà lu certains des textes au lycée. La journée

commença à prendre une meilleure tournure, mais Harper se mit à ressentir

une étrange douleur dans la poitrine.

Elle prit une profonde respiration, espérant que cela diminuerait, mais la

douleur s’intensifia. Sa poitrine se contracta, et une nausée l’envahit. Puis,

la terreur la frappa. Elle était intense et constante, et l’adrénaline déferla en

elle.

D’autres personnes auraient pensé qu’il s’agissait d’une crise de panique,

et c’est possiblement ce qu’un médecin aurait diagnostiqué. Mais c’était

différent. Dès que la peur l’atteignit et qu’une douleur lancinante lui

traversa la poitrine, Harper sut de quoi il s’agissait.

— Gemma, chuchota-t-elle.

— Harper ? demanda Liv en s’inclinant vers elle. Est-ce que ça va ? Tu

n’as pas l’air très bien.

— Non, je dois…

Elle prit une profonde respiration.

— Je dois y aller.

Elle se leva prestement, renversant ses livres sur le plancher dans un

grand fracas. Tout le monde se tourna pour l’observer, et elle marmonna

une excuse et s’évertua à ramasser ses choses. Le professeur lui demanda si

tout allait bien, mais elle ne répondit pas.

Harper se précipita hors de la salle de classe aussi rapidement que ses

jambes purent la supporter. Dans le couloir, elle dut s’arrêter et s’appuyer

contre le mur. La terreur et la douleur étaient trop fortes, et elles la

projetèrent presque sur les genoux.

— Harper ? demanda Liv.

Elle l’avait suivie. Elle s’avança vers elle, afin de voir si elle allait bien.

— Que se passe-t-il ?

— Je dois aller à ma voiture, dit Harper. Je dois rentrer chez moi.

— Je ne crois pas que tu sois en état de conduire, fit remarquer Liv.

— S’il te plaît.

Elle leva les yeux vers elle, la suppliant.

— Aide-moi à me rendre à ma voiture. Je dois me rendre chez moi.

Maintenant.

— D’accord.

Liv hocha la tête, puis enroula le bras autour de la taille de Harper, afin de

la stabiliser.

En marchant, Harper mit la main dans sa poche et sortit son portable. Le

nom de Gemma était en tête de sa liste de contacts, et elle appuya sur la

touche d’appel. Le téléphone sonna et sonna, mais Harper n’obtint que sa

boîte vocale.

Elles sortirent de l’édifice sous une pluie diluvienne. Harper était entrée

en classe seulement quelques minutes plus tôt, et il ne pleuvait pas, à ce

moment. Maintenant, la pluie tombait si dru qu’elle y voyait à peine.

Mais cela ne la dissuada pas de composer le numéro sur son portable. Elle

continua d’appeler encore et encore. Mais Gemma ne répondit jamais.

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