Marée - Tome 3

Amanda Hocking · Chapitre 41 sur 41

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Marée - Tome 3

CHAPITRE 41 - Révélations

CHAPITRE 41

 

Révélations

 

C —

e n’était réellement pas si terrible, insista Daniel pour la centième fois,

minimisant ses blessures.

— Tu n’arrêtes pas de le dire, mais ça ne fait pas que je te croie

davantage, dit Harper.

Il s’appuya contre le comptoir de la cuisine de Harper, les bras étendus

devant lui alors que Harper nettoya les morsures laissées par Lexi. La

coupure au-dessus de son sourcil avait déjà été nettoyée et était couverte de

quelques pansements adhésifs.

Harper avait presque atteint Capri quand Gemma lui avait téléphoné pour

lui dire que tout allait bien, mais elle n’avait pas donné de détails. Harper

arriva à la maison au moment où Marcy déposait Gemma et Daniel, alors

elle avait exactement vu dans quel état ils étaient en arrivant.

Alors que Gemma paraissait aller bien, sa robe était couverte de sang au

dos et le tissu était déchiré aux épaules. Daniel n’avait pas le pouvoir de

guérison de Gemma, alors il avait l’air d’une loque.

Ils donnèrent un compte-rendu abrégé à Harper de ce qui s’était passé

avec les sirènes. Elle savait qu’ils essayaient de minimiser à quel point tout

cela avait été périlleux. Quand ils eurent terminé, Gemma monta pour se

doucher, faire disparaître le sang et passer des vêtements secs.

Daniel n’avait pas de vêtements de rechange dans cette maison, alors il

permit à Harper de prendre soin de ses blessures. Quand elle versa de

l’alcool sur les trous de son bras, il tressaillit.

— Désolée, mais je dois les nettoyer, dit Harper. Tu ne sais pas où la

bouche de Lexi a traîné.

— Je comprends. L’alcool brûle un peu.

— La plupart de ces trous passent directement au travers.

Elle lui tourna le bras, afin de mieux voir.

— Tu devrais réellement aller voir le médecin.

— Ça ira.

Elle lui lança un regard sévère.

— Daniel.

Il voulut paraître aussi sérieux, mais sourit en coin.

— Harper.

Elle roula les yeux et continua de nettoyer son bras à l’aide d’essuie-tout

imbibé d’alcool.

— Tu es couvert de boue séchée, et tes vêtements sont trempés. Tu

devrais vraiment prendre une douche et mettre des vêtements secs.

Il l’observa en train de lui nettoyer le bras et grimaça lorsqu’elle toucha

un trou.

— Retournes-tu à l’école ce soir ?

— Non. Après ce qui s’est passé ce soir, je ne sais pas si je vais jamais y

retourner.

— Harper.

Il libéra son bras, afin qu’elle lève les yeux vers lui.

— S’il y a bien une chose que nous avons prouvée ce soir, c’est que nous

pouvons gérer les choses sans toi.

— Regarde-toi, Daniel !

Elle fit un geste vers sa chemise déchirée et couverte de sang.

— Tu es transpercé et tu a failli mourir !

— Mais je ne suis pas mort, dit-il sur un ton raisonnable. Je vais bien,

Gemma va bien. Nous avons survécu.

Harper pouffa.

— Tout juste.

— Les choses seront plus calmes pour un moment.

— Comment sais-tu ça ? demanda-t-elle, sceptique.

— Avec la mort de Lexi, je crois que ce sera plus tranquille.

— Tu es certain qu’elle est morte ? s’enquit Harper.

— Lexi ? Ouais.

Il hocha la tête.

— Elle est morte.

— Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pourquoi Penn a-t-elle tué Lexi pour te

sauver ?

Harper le fixa, observant sa réponse.

Daniel baissa les yeux.

— Je ne sais pas.

— Y a-t-il quelque chose que tu ne me dis pas ? fit Harper, et elle eut la

même étrange sensation qu’elle avait déjà eue, soit que Daniel s’éloignait et

lui dissimulait quelque chose.

Il parut hésiter avant de répondre.

— Non.

— Daniel.

Elle s’approcha de lui et plaça doucement les mains sur sa poitrine,

sentant sa chemise trempée.

— S’il y a quelque chose qui se passe, je dois le savoir. Peu importe ce

que c’est, tu peux me le dire. Nous sommes ensemble là-dedans.

— Je sais.

Il lui sourit, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, quelque chose de

sombre, qu’il tentait de masquer.

— Et je te le dirais.

— Bien, dit Harper, ne sachant pas comment en savoir davantage.

S’il insistait sur le fait que rien d’autre n’allait pas, elle devait lui faire

confiance. Elle tenait à lui, et il ne lui avait jamais donné de raison pour

qu’elle doute de lui.

— Je t’aime.

La porte s’ouvrit avec fracas, et elle entendit les lourdes bottes de travail

de Brian faire un bruit sourd alors qu’il les enleva. Elle jeta un regard vers

le micro-ondes et vit qu’il était plus de seize heures, ce qui signifiait qu’il

entrait à la maison après sa journée de travail.

— Oh, merde. Mon père est là, lâcha Harper, réalisant qu’elle n’avait

aucune idée sur la manière de lui expliquer la situation.

Elle s’était éloignée de Daniel avant que son père se tienne dans

l’embrasure de la porte de la cuisine. Ses cheveux et sa salopette étaient

trempés par l’orage, et il ne paraissait pas heureux de les voir.

— Hé, papa, lança Harper le plus joyeusement qu’elle put.

— Bonjour, M. Fisher, dit Daniel.

Il se redressa et tenta d’avoir l’air présentable.

— Que se passe-t-il ici ? Y a-t-il eu un accident ? voulut savoir Brian en

observant Daniel.

— Heu, ouais. En quelque sorte, fit Harper. Daniel a quelques ennuis.

— Que fais-tu à la maison ?

Brian tourna son attention vers elle.

— Ne devrais-tu pas être à l’école ?

— Ouais, j’ai juste…

Elle se frotta la nuque.

— Daniel m’a téléphonée et m’a parlé de l’accident, alors je me suis dit

que j’allais venir et… aider.

— Un accident ?

Brian s’avança dans la cuisine, afin de mieux voir Daniel.

— Quel genre d’accident laisse des trous dans les bras ?

— C’est une longue histoire, M. Fisher, dit Daniel.

Brian croisa les bras.

— Tu es en train d’avoir des points de suture dans ma cuisine. On dirait

que tu as le temps.

— Bon point.

Daniel parut embarrassé pendant une seconde, puis se tourna vers Harper.

— Hum, Harper, veux-tu expliquer à ton père ce qui s’est passé ? Tu es

tellement plus éloquente que moi.

Elle lui sourit faiblement, puis commença.

— Eh bien, Daniel était… il était sur son île et…

— Tu sais que je suis conscient que ce ne sont que des foutaises, n’est-ce

pas ? demanda Brian. Tu n’essaies même pas de le cacher.

— Papa, certaines choses sont…

Elle soupira.

— Je n’ai pas à tout te dire.

— Quand tu es dans ma maison, oui, riposta Brian.

— Je n’ai pas seize ans, papa.

Harper croisa les bras et tenta d’avoir l’air rebelle.

— Et techniquement je n’habite plus ici.

— Techniquement, oui, dit Brian. Harper, cesse tes conneries. Il y a

quelque chose qui se passe depuis longtemps. Et pas seulement ceci, mais

avec ta sœur et Alex. Quelque chose se passe, et il est grand temps que

quelqu’un m’explique ce que c’est réellement.

— Papa…

Harper laissa sa phrase en suspens, essayant de trouver une manière

d’expliquer à son père sans que ça ait l’air complètement insensé.

— Je suis une sirène, dit Gemma, et Harper et Brian se tournèrent et la

virent dans l’embrasure.

Harper fut horrifiée.

— Gemma !

— Il sait qu’il se passe quelque chose, Harper.

Elle haussa les épaules.

— Tous ces mensonges, ça devient stupide, et j’en ai assez de vous cacher

des choses. Alors, je mets tout sur la table.

— Tu es une sirène ?

Brian se tourna, afin de lui faire face.

— Ces femmes poissons qui chantent ?

— Il y a plus, mais ouais, c’est l’idée générale, dit Gemma.

Brian la fixa, ne disant rien. Harper l’observa nerveusement alors qu’il

fronça les sourcils et plissa les yeux en regardant Gemma.

— Papa, elle dit la vérité.

Harper brisa le silence, espérant donner un peu de crédibilité à la

révélation de sa sœur.

— Je chanterais bien pour toi, mais je ne veux pas te faire de mal, fit

Gemma. J’ai amoché Alex et je ne veux plus faire cela à personne.

— Bernie me disait toujours d’être à l’affût des sirènes, finit par lâcher

Brian.

— Quoi ? dirent Harper et Gemma à l’unisson.

— Il disait que les sirènes finiraient par venir et que je devais me méfier

d’elles.

Brian secoua la tête.

— J’ai toujours pris ça pour une excentricité, mais je suppose que j’aurais

dû faire plus attention. Mais je n’aurais jamais suspecté ma fille.

— Papa, de quoi parles-tu ? demanda Harper.

Un cognement à la porte interrompit la discussion, mais l’attention de

Harper ne se détourna pas de son père.

— J’y vais, lança Gemma en se précipitant pour répondre à la porte.

Harper était sur le point de presser son père pour plus d’information

quand elle entendit Gemma à la porte.

— Thea. Que fais-tu ici ?

Dès qu’elle entendit le nom de Thea, Harper fonça hors de la cuisine. Elle

voulait repousser Gemma et dire à Thea de se casser, mais elle demeura un

peu en retrait, attendant de voir ce que Thea voulait avant de s’en mêler.

— J’ai rapporté la voiture de ton petit ami pour toi, dit Thea.

Elle se tenait sur le pas de la porte et fit un geste derrière elle vers la

Cougar couverte de boue d’Alex stationnée dans l’allée.

— Je me suis dit que c’était la moindre chose que je puisse faire après la

journée que tu as eue.

— Merci, dit Gemma. Est-ce que Penn est réellement furieuse ?

— Pas réellement. Je crois qu’elle cherchait une excuse pour se

débarrasser de Lexi, expliqua Thea.

— Donc tu es simplement venue rapporter la voiture ? demanda Gemma,

puisque Thea était toujours là sous la pluie torrentielle.

— Non.

Thea fouilla dans un grand sac qu’elle portait sur l’épaule et en sortit un

tube beige roulé.

— Je suis venue te donner ceci.

— Est-ce que c’est…

Gemma le prit et fixa le vieux papyrus.

— C’est le rouleau.

Elle le regarda bouche bée, puis leva les yeux vers Thea.

— Pourquoi me donnes-tu ça ?

— Tu le cherchais, n’est-ce pas ? demanda ironiquement Thea.

— Ouais, mais…

Gemma soupira.

— Si je le détruis, tu mourras aussi.

— Ouais, probablement, acquiesça Thea d’un air désolé.

Elle détourna le regard de Gemma et scruta la pluie.

— J’ai observé Penn tuer trois de mes sœurs de ses mains nues. Lexi, ça

ne me dérange pas tellement, mais Gia et Aggie…

Elle ne termina pas sa phrase et déglutit avec peine.

— Aggie voulait détruire le rouleau.

Thea se retourna, afin de croiser le regard de Gemma.

— C’est pour cette raison que Penn l’a tuée. Aggie croyait que nous

avions suffisamment vécu, que nous avions suffisamment de sang sur nos

mains.

Elle fit une pause.

— Je commence enfin à prendre conscience qu’elle avait raison.

— Merci, répondit doucement Gemma.

— Ouais, eh bien, je ne sais pas comment le détruire, et cette maudite

chose ne m’a jamais été bénéfique.

Thea fit un geste vers le rouleau.

— Mais peut-être auras-tu plus de chance.

Puis, elle se détourna et s’éloigna sous la pluie, laissant Gemma et Harper

sur le pas de la porte.

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