Mystères
Chapitre XXIII
Cette année au mois d’avril, tard dans la nuit. Dagny et Martha descendaient ensemble par la ville ; elles revenaient de soirée et rentraient chez elles. Il faisait sombre et il y avait, ça et là, de la glace dans les rues, aussi marchaient-elles très lentement.
— Je pense, dit Dagny, à tout ce qu’on a raconté de Na-gel ce soir. Beaucoup de choses étaient nouvelles pour moi.
— Je n’ai pas entendu, répondit Martha, j’étais sortie.
— Mais il y a une chose qu’ils ne savaient pas, continua Dagny. Nagel m’a dit dès l’été dernier que Minûte en vien-drait à mal finir. Je ne comprends pas comment il avait déjà pu voir cela. Il me l’a dit longtemps, longtemps avant que tu m’aies raconté ce que Minûte t’avait fait.
— Vraiment ?
— Oui.
Elles étaient arrivées dans le chemin du presbytère. La forêt s’étendait, sombre et silencieuse, autour d’elles, on n’entendait rien d’autre que leurs pas sur la route durcie.
Après un long silence, Dagny dit de nouveau :
— Il avait toujours coutume de se promener ici.
— Qui ? répondit Martha. C’est glissant, ne veux-tu pas prendre mon bras ?
— Si, mais prends plutôt le mien.
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Et elles continuèrent à marcher en silence, bras dessus bras dessous, étroitement serrées l’une contre l’autre.
FIN
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Knut Hamsun
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