No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 1 sur 34

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No right to love you T3 : Kennedy

Prologue

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Copyright : ©Dana L. 2023

Cover : Lydasa

Images : Adobe Stock

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute

ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le

consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (alinéa 1er de l’article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.

 

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Table des matières

 

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Épilogue

 

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Prologue

 

Dix ans plus tôt

Ronan

Débarquer en plein milieu d’année dans un nouveau bahut n’aide en rien à se faire des potes. C’est un triste constat, mais je ne vais pas m’en plaindre. De toute façon, je n’avais pas trop le choix. C’était soit ça, soit rester auprès de ma dernière famille d’accueil et de leurs délires. D’ailleurs, ils n’ont rien à foutre là, dans mes pensées, pendant que j’erre dans les couloirs du lycée.

Carrer les épaules.

Sourire.

C’est tout ce que je dois faire.

Ouais, mais ça fait quand même mal. Pendant dix-huit mois, j’y ai cru à ce semblant de famille. Elle n’était pas idéale, c’est vrai, néanmoins j’avais réussi à me trouver un nouveau point d’ancrage. J’avais même une frangine. Leana. Un peu casse-burnes, mais je me suis attaché très fort à elle, malgré tout. Du haut de ses cinq ans, elle illuminait mon monde. Un véritable rayon de soleil.

Elle me manque tellement.

Du jour au lendemain, les services sociaux ont débarqué et ça a été la fin de cette parenthèse. J’ai dû faire mes adieux à celle que je considérais comme ma petite sœur. Elle a été replacée directement, alors que moi, j’ai été ramené en foyer. Personne ne veut d’un môme de mon âge. À dix-sept ans, je suis trop vieux pour tous ces bourges en mal d’amour. Même la famille de Leana a refusé de m’accueillir.

Le père Noël a cessé d’exister à mes yeux depuis longtemps. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais me mettre à y croire. Y ai-je cru au moins un jour ? Pas dans mes souvenirs. Comment l’aurais-je pu, moi le gosse qui a perdu ses parents à six ans à peine ?

Bref, changeons de sujet. Faute de quoi, le spleen risque de me coller à la peau durant les prochaines heures.

Un gars me fonce dessus. Je m’écarte d’un pas et percute une petite blonde.

— Tu ne peux pas faire gaffe ! grogne-t-elle.

Seulement, je suis incapable de rétorquer quoi que ce soit. Sa copine, une brune au look grunge, parfaitement assorti au mien, m’a scotché à l’instant où mes yeux se sont posés sur elle.

La bouche entrouverte, je la dévisage, infoutu d’autre chose à cet instant. Je souris timidement. Drôle de sensation après tous ces jours passés sans que mon visage ne se déride. Elle me sourit en retour et je me sens le mec le plus heureux de la terre. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être, parce qu’elle ne me fuit pas, contrairement à la majorité des autres lycéens, bien trop coincés pour accepter un mec tel que moi parmi eux. Je ne me fais pas d’illusions. Je sais ce que tout le monde pense de moi. Je suis le marginal du coin avec qui il ne vaut mieux pas trop traîner. Je ne dis pas que j’ai toujours marché droit, c’est impossible dans mon cas, mais je ne suis pas non plus comme ils le prétendent. Leur jugement ne s’appuie que sur du vent lié à mon apparence.

Des doigts se matérialisent entre nous et leur propriétaire les claque sous nos yeux. Je reviens à la réalité avant ma belle inconnue.

— Désolé, m’excusé-je auprès de la blonde.

— Pas grave, t’inquiète. Mais si tu pouvais retirer le sort que t’as lancé à ma copine, ce serait cool. Non, parce que tu vois, elle risque de se faire déglinguer par ses frangins si elle ne se magne pas un peu d’aller coller l’affiche qu’ils lui ont donnée.

Ses frères… Mon cœur loupe un battement alors que je repense au petit bout que j’ai laissé derrière moi. Je me jure à cet instant que je ferai tout pour la retrouver, quitte à fouiller dans la paperasse de la direction afin d’obtenir l’adresse de sa famille d’accueil. Ou d’adoption, qui sait.

— Oh, Kennie ! Atterris ! Les doubles t’attendent.

Kennie ? Est-ce un diminutif ? En tout cas, il lui va super bien à cette jolie brune, qui comme moi semble difficilement se remettre de notre rencontre. Une chose est sûre, c’est que ça me plaît de la voir dans cet état à cause de moi. Si sa pote n’était pas si pressée, je crois que je tenterais d’engager la conversation avec elle. Qui sait où cela nous mènerait ? On pourrait sortir ensemble… Ouais, ça serait sympa. Au moins, je me sentirais moins seul.

Sans trop réaliser ce que je fous, je replace une mèche derrière son oreille. Ses joues se colorent d’une jolie teinte rosée tandis que ses cils papillonnent.

— Pas sûre que ce soit très efficace ce que tu viens de faire, se marre la blonde.

Peut-être…

Peut-être pas.

Qu’est-ce que j’en sais ? C’est la première fois que j’agis de cette manière avec une nana. D’habitude, je sors ma gratte et elles me bouffent dans la main, voire la queue pour les plus chaudasses. Pas besoin de parler ou de me montrer tendre. Jouer quelques accords suffit amplement.

Kennie regarde sa copine, puis moi et encore sa copine, avant de me fixer une nouvelle fois. Un petit rire qui prouve que je la trouble émane de ses lèvres pulpeuses. Je m’y accroche durant plusieurs secondes en rêvant de leur douceur contre les miennes.

T’es en plein délire cosmique, là, mon gars !

Sûrement beaucoup.

— Ah, vous êtes là ! Ça fait un bail qu’on poireaute. C’est bon, Kennie ? T’as accroché l’affiche ? demande une voix masculine.

— C’est qui lui ? ajoute une seconde.

Je me tourne aussitôt vers les gars en question. Pendant un instant, j’ai la sensation de voir double, avant de réaliser que des jumeaux me reluquent comme si j’étais l’ennemi numéro un. Celui à abattre. Soit ces mecs sont ses frangins et le message est limpide : « t’approche pas de notre frangine ou on te dégomme. » Soit l’un deux est son mec, ce qui ne change pas vraiment la donne.

— Non. Pas encore, répond-elle en fixant l’un des jumeaux. Et je vous présente…

Elle se tourne vers moi et m’interroge du regard.

— Ronan, complété-je pour elle.

Mon prénom paraît lui plaire, vu son sourire. Ou c’est ma voix, je ne sais pas trop.

Rêve pas, Ronie. Les deux t’ont fait comprendre que si tu tentais quoi que ce soit, ça se terminerait mal pour toi.

Pas faux !

Ça ne fait même pas un mois que j’ai débarqué ici, ce serait con de créer déjà des problèmes. 

— Bon, les gars. Vous avez trouvé la perle rare ? questionne un nouveau type roux qui vient de rejoindre ce qui ressemble à une bande de potes.

Tous secouent la tête.

— Putain, vous faites chier ! Je vous ai déniché votre toute première scène. Elle aura lieu dans un mois, mais ce serait vraiment cool que vous ayez un guitariste.

— Vous cherchez un guitariste ?

— Ouep. Pourquoi t’en connais un ? demande l’un des jumeaux, en me balayant du regard.

Je hoche la tête.

— Vas-y, balance-nous son nom. On le contacte comment ? m’interroge le nouvel arrivant.

— Pas besoin. Il est devant vous.

— T’es guitariste, toi ?

J’acquiesce.

— Oh, génial ! s’écrie la petite blonde en tapant dans ses mains.

Mon regard s’accroche une nouvelle fois à sa copine qui sourit, visiblement heureuse. Je n’ai pas le temps de lui rendre son sublime sourire qu’on m’entraîne à l’écart, un bras par-dessus mon épaule afin que je ne me dérobe pas.

— Si ce que tu dis est vrai, ce serait vraiment cool, me déclare l’un des doubles.

— Mais avant, il nous faut la preuve que tu ne balances pas une craque juste pour les beaux yeux de notre jumelle, ajoute le second.

Donc ces gars sont bien ses frères. Des triplés, d’après ce que je pige. Du coup, je suppose donc qu’ils sont tous les trois très très proches.

— Votre sœur est en effet canon, mais je vous confirme que ce n’est pas un plan foireux. Je suis vraiment guitariste.

Autant être franc.

— D’accord. Alors, on veut bien faire un essai. Si ça colle, tu feras partie du groupe.

— Par contre, bas les pattes. Notre frangine est intouchable, OK ?

— C’est quoi, votre délire ? Une sorte de bro code ?

Les deux se gaussent.

— Ouais, quelque chose comme ça. Faut que tu sois conscient que si tu intègres notre groupe, c’est comme si tu devenais un membre à part entière de notre famille.

— T’imagines ? Sortir avec sa sœur. Pouah ! fait l’un des deux en mimant l’action de gerber.

— Ouais. Ce serait gore… Au fait, moi, c’est Kane.

— Et moi, Kenan.

— Alors, tu marches avec nous ?

Je jette un œil par-dessus mon épaule vers Kennie. Ses iris noisette qui tirent vers la couleur du miel accrochent les miens, aussi bleus que ma gratte. Je perds la notion du temps alors qu’elle me sourit à nouveau.

— On est très protecteur. Alors, cesse de la mater si tu ne veux pas qu’on t’arrache le crâne.

Les mots prononcés par l’un de ses frères me ramènent à la réalité un peu trop durement. Je pèse le pour et le contre. D’un côté, d’après leurs paroles, on me propose de faire partie d’un groupe, d’une famille. De l’autre, il y a elle, si belle. Irrésistible. Craquante.

J’hésite.

Vraiment.

Seulement, mon fourbe d’esprit se mêle à la partie, me rappelant que je suis jeune et que j’ai toute la vie devant moi pour trouver une autre fille entièrement à mon goût. Par contre, il y a peu de chances que j’aie à nouveau la possibilité d’intégrer une fratrie. Le gamin abandonné depuis bien trop longtemps saute sur cette occasion sans perdre de temps. Il emprisonne mon organe vital derrière une porte blindée afin que celui-ci ne batte plus jamais pour cette jolie sorcière.

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