No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 20 sur 34

Pages du PDF

No right to love you T3 : Kennedy

Chapitre 19

 

Ronan

En appui d’une main sur la faïence, j’empoigne ma queue de l’autre, tandis que les jets d’eau s’abattent sur ma nuque. J’ai besoin de ce moment, aussi fugace soit-il, pour faire redescendre la pression. Faute de quoi, je ne parviendrai pas à me contenir devant ma sirène.

Sirène ?

Un sourire niais recourbe mes lèvres alors que je la revois s’agiter devant moi en véritable petite tigresse pour connaître la signification de ce surnom.

Mes doigts s’activent un peu plus le long de ma verge. Un râle quitte ma gorge.

Je ressens à nouveau ses formes, que son paréo couvrait à peine, pressées contre mon buste. Mon excitation croît en flèche. La jouissance n’est pas loin, elle brûle mes reins. Me coupe le souffle.

Plus d’un mois que je n’ai pas touché une femme. Je ne vais pas mentir, je suis clairement en manque. Toutefois, j’ai bien conscience qu’il n’y en a qu’une seule pour laquelle je bande. Les autres ne me font plus aucun effet.

Les souvenirs de nos corps à corps torrides se mêlent à la partie. Je me revois la surplomber, recouvrir ses magnifiques jambes de tendres baisers. Alanguie sous mes caresses, elle se cambre, gémit. Sous ses ahanements, je perds la tête, je deviens fou. 

Au moment où je me visualise m’enfoncer au cœur de sa féminité, si étroite, tellement parfaite pour moi, je resserre ma prise et accélère la cadence. Mes râles retentissent contre les parois de la douche. De plus en plus rapprochés. Mon rythme cardiaque frise la tachycardie, mon souffle se raréfie. Tous mes muscles se crispent. Un dernier mouvement du poignet et un orgasme me terrasse.

J’ouvre les paupières et observe mon sperme s’écouler le long de ma main.

Ce n’est que lorsque l’eau chasse ce dernier que j’arrive à rassembler mes esprits pour m’activer. Je ne vais tout de même pas faire attendre ma douce sirène. Ma muse.

Je nettoie les traces de mon plaisir, me rince à la hâte.

Bien plus léger, prêt à affronter celle à l’origine de ce petit moment terrassant, je me sèche et pars m’habiller dans la chambre.

Après avoir enfilé un bermuda et une chemisette, je récupère ma casquette, ainsi que mes lunettes de soleil, puis descends à la réception. Kennedy n’est pas arrivée. Alors, je patiente, même si ce n’est pas mon fort. Mais pour elle, juste pour passer un instant en sa compagnie, seul à seule, aussi court soit-il, je suis prêt à lutter contre mes pires défauts. Elle le mérite. Vraiment.

Malone m’intercepte pendant que je fais toujours le pied de grue. Avant de monter dans ma chambre, je l’ai informé que je sortais avec Kennedy.

— Steven vous attend. J’ai fait mettre une voiture à votre disposition.

J’aurais aimé être vraiment seul avec Kennie. Seulement, je suppose qu’après ce qu’il s’est passé à l’aéroport on n’est jamais trop prudent. Avoir un garde du corps est donc préférable, voire essentiel, pour assurer la protection de la chanteuse des OC3.

— Merci.

— Bon, je te laisse. Faut que j’aille… Faut que j’aille faire un truc.

Mon pote qui semble perdre ses mots devant moi… Plutôt étonnant.

D’un sourcil arqué, je l’interroge.

— C’est important, m’annonce-t-il, les joues rosies, avant de se précipiter loin de moi.

Je le suis des yeux, en me posant des questions sur ses réactions.

Blue ? Probablement.

Mais alors, pourquoi ne nous en parle-t-il pas ? Aucun de nous ne lui reprochera d’être tombé amoureux, même si c’est du guitariste principal du groupe.

Après quatre ans d’absence, je ne pourrai jamais me dire que je suis le numéro un. Kenan et Kane auront beau me le rabâcher à tout bout de champ, ça ne changera pas ma façon de penser. J’ai perdu cette place. Et, franchement, je ne désire même pas la retrouver. Je mérite d’être refourgué au second rang. Sans compter que Blue est un excellent soliste.

Des frissons parsèment ma peau. Je ressens la présence de Kennedy avant même de l’apercevoir. Je fixe mon attention en direction des ascenseurs, quasi certain de la trouver là-bas.

J’ai raison, elle est bien là. Sublime dans son short minimaliste et sa chemise sans manches qu’elle a nouée au-dessus de son nombril.

Un bout de langue coincée entre les incisives, je me régale de chacune de ses courbes, en remontant lentement de ses jambes si bien galbées vers son visage, m’attardant un instant de trop sur sa poitrine parfaite pour mes mains.

— Mes yeux sont plus hauts, Byrne ! rouspète-t-elle.

— Je sais, mais j’aime le spectacle que ton corps m’offre. Si tu ne voulais pas que je te reluque, fallait te couvrir un peu plus.

Je relève la tête. À ses joues rougissantes, je réalise qu’elle apprécie tout particulièrement mon regard sur elle.

Qu’elle me raconte ce qui lui chante, je sais que je viens de marquer un point supplémentaire. Comme chaque fois que je titille son désir.

— Et crever de chaud ! s’offusque-t-elle, faussement outrée (j’ai envie de l’interpréter comme ça), en croisant les bras sous sa poitrine qui remonte, malgré elle.

À court de mots, je ne réponds pas, incapable de me focaliser sur autre chose que sur ses deux globes qui débordent et attisent mon appétit.

— Combien de fois vais-je devoir te demander de relever la tête, Byrne ?

Je me gifle mentalement pour me remettre la cervelle à l’endroit. Ma libido doit cesser sur le champ de dicter ma conduite. Ce n’est pas en laissant parler mes plus bas instincts qu’elle reviendra vers moi.

— Si tu veux que je me concentre ailleurs que sur tes courbes, arrête tout de suite de les afficher sous mon nez, répliqué-je avec sarcasme.

Interloquée, elle dénoue ses bras, serre les poings et me fusille de ses sublimes mirettes, la bouche entrouverte.

Ouais, j’ai osé. Un problème avec ma mauvaise foi, ma puce ?

— Si tu veux m’en foutre une, n’hésite pas, petite sirène, mais je ne te promets pas d’être sage si tu me touches.

Nouveau regard noir. Elle secoue la tête.

— T’es un gros taré ! Puis, arrête avec ce surnom stupide que tu me colles depuis tout à l’heure !

— Il n’est pas stupide, il te représente très bien. Ton chant est aussi envoûtant que celui des sirènes de la mythologie.

Son ricanement amer me colle des frissons déplaisants.

— Je répète tu es vraiment taré. Je dirais même que tu es carrément fou.

— De toi ? Sans aucun doute. Je l’ai toujours été depuis notre première rencontre.

Ma repartie la déstabilise. Je le vois à son teint qui perd subitement quelques couleurs et à ce pas en arrière qu’elle effectue. Elle déglutit difficilement pendant que je me morigène. J’aurais mieux fait de me mordre la langue plutôt que de laisser mon cœur s’exprimer. Ça a été juste plus fort que moi, elle m’a tendu la perche.

— Menteur ! Si tu es aussi fou de moi que ce que tu le prétends, pourquoi l’as-tu choisie, elle ?

— Sûrement parce que j’étais trop con pour comprendre que tu étais la seule dont j’avais besoin. Un froussard également.

— Par pitié, cesse tes balivernes !

— Je sais que tu m’en veux, mais…

— Le mot est faible ! me coupe-t-elle, mordante.

Je hausse les épaules.

— Ouais, je m’en doute. Mais je te promets de tout mettre en œuvre pour te faire oublier l’existence de Lauren.

Elle étouffe un rire, ce qui me contrarie, mais je ne relève pas.

— S’il n’y avait qu’elle… marmonne-t-elle.

— Et de te faire oublier que je ne suis qu’un putain de connard qui prend la fuite chaque fois que son palpitant bat un peu trop vite.

Devant son air affligé, j’ai l’impression de manquer d’un élément important. Un élément qui me permettrait de comprendre ses ressentiments à mon égard.

Que me caches-tu, ma puce ? De quoi m’accables-tu ?

— Rêve, Byrne. Rêve bien. Tu n’obtiendras jamais mon pardon.

Sans plus attendre, elle se dirige droit vers la sortie. Je cogite quelques secondes à cette discussion où je me suis ouvert bien malgré moi, puis lui emboîte le pas.

Quand je la rattrape, en bas des marches de l’hôtel, ma respiration se bloque quelque part entre mes poumons et ma trachée, tandis qu’une rage sourde gronde dans tout mon être, face à ce que je découvre. Le garde qui doit nous accompagner durant toute la journée lui adresse un sourire qui n’a rien d’innocent alors qu’elle minaude devant lui.

N’attise pas ma jalousie, ma belle, tu le regretterais.

— Prêts pour votre balade ? demande Steven en réalisant ma présence.

J’acquiesce, tout en le menaçant du regard.

Ne t’approche pas trop près d’elle. Personne ne sait comment je pourrais réagir si tu titilles un peu trop ce sentiment vicieux, pas même moi.

Si la dernière fois, je me suis barré sans demander mon reste, ça n’a pas été le cas la toute première fois. Je replonge dans cet épisode douloureux. Kennie avait dix-sept ans. Devant mon manque de réaction, face à tous les signaux qu’elle m’envoyait, elle s’était trouvé un mec. J’avais rongé mon frein longtemps pour ne pas me faire griller par ses frères, alors que je n’avais qu’une seule envie, crever les yeux de ce gars qui ne me revenait pas, jusqu’au jour où…

 

La fête bat son plein, mais je ne m’éclate pas vraiment. Les filles ont beau me chauffer, j’ai la tête ailleurs. Car je sais que Kennie et son mec sont là aussi. Je déteste les voir ensemble. Ça fait un mal de chien.

Pourquoi n’est-elle pas restée célibataire ? Après tout, elle était bien toute seule, non ? Pourquoi s’affiche-t-elle avec ce type ? En plus, je ne peux pas le blairer. Il a un je-ne-sais-quoi qui ne me revient pas. J’en ai parlé à Malone, qui s’est juste foutu de ma tronche. Pour lui, je suis jaloux… Là-dessus, il n’a pas tort. Hors de question que je les perde juste pour un sentiment qui me dépasse.

— Ça va ? me demande d’ailleurs Kane. T’as pas l’air dans ton assiette.

— J’ai juste soif. Je vais me chercher un verre, t’en veux un ?

— Je veux bien. Le mien est vide.

Je dégage la nana sur mes genoux. Un vrai pot de colle qui cherche à ce que je la baise avant la fin de la soirée. Pas de bol pour elle, je ne suis pas d’humeur à m’envoyer en l’air ce soir.

Je joue des coudes pour traverser le salon et me rendre dans la cuisine. Avant même que j’y parvienne, je tombe sur Alyena qui serre contre elle la fille de tous mes fantasmes. Je sens très vite qu’il y a un gros problème.

— Qu’est-ce qui se passe ? demandé-je.

Lèvres pincées, Aly lève un regard vers moi alors que sa copine détourne la tête pour sécher ses larmes.

La première chose qui me traverse l’esprit, c’est que quelqu’un a pu abuser d’elle. Les gars, dans ce genre de soirée, où l’alcool coule à flots, ne sont pas toujours bien nets.

— Kennie ? Quelqu’un t’a fait du mal ?

Elle secoue la tête.

— Tu sais, tu peux lui dire. Ronie n’est pas l’un de tes frères.

Si elle n’a pas envie d’en parler à ses frangins, alors… Ouais, je ne dois pas être très loin de la vérité. Quelqu’un lui a fait du mal et ça, je ne le supporte pas.

Mon sang se glace dans mes veines. Je vais retrouver le salopard qui s’en est pris à la fille que je kiffe. C’est clair qu’il va dérouiller, le fils de pute. Je déteste déjà tous ceux qui abusent de leur force sur les plus faibles, mais alors quand il s’agit d’elle, c’est encore pire.

— Il va le tuer si je lui dis, sanglote Kennie.

— Si tu ne lui dis pas, c’est moi qui le fais. Ce connard mérite de s’en prendre une. Ce qu’il t’a fait est dégueulasse. Alors, je te laisse le choix, ma belle : Ronie ou tes jumeaux.

Kennie lève son regard éploré vers moi. La voir si triste me retourne l’estomac, j’ai mal pour elle. Est-ce que je peux la prendre dans mes bras même si ses frangins ne sont pas loin ? Avant, quand nous nous retrouvions au bord de notre rivière, je ne me gênais pas, mais nous y étions seuls sans personne pour m’en empêcher.

— C’est… C’est Duncan.

Duncan ? Son mec ? Que lui a fait ce moins que rien ?

Ma jalousie attise un peu plus mes foudres.

Voilà l’occasion en or pour le dégommer.

Je repousse Aly et me place devant Kennie. Son menton entre mes doigts, je la force à me regarder.

— Il t’a fait quoi ?

Devant ma voix caverneuse, elle sursaute légèrement. Ses joues rosissent. Elle cherche à fuir mon regard, mais je l’en empêche.

Son explication me parvient fractionnée. J’inspire profondément pour ne pas m’emporter, même si ce que j’arrive à comprendre me rend furax. Elle a offert sa virginité à cette ordure, pas plus tard qu’il y a dix minutes, et depuis il l’ignore totalement. Pire, il s’éclate même avec une autre. Je savais bien qu’il était louche, putain de bordel de merde !

— Reste là, je reviens, lui assuré-je en tentant de garder un calme apparent devant elle, même si à l’intérieur, je ne suis plus qu’une arme de destruction massive.

Je vais me le faire !

Je jure que je vais me le faire.

Peu de temps après, je trouve cette crevure dans la cuisine, une blonde accrochée à son cou.

— Eh, Byrne ! Ça va, mon pote ? Tout roule ?

Je le flingue du regard.

— À ton avis ? grondé-je.

Il me scrute.

— Ne me dis pas que t’es furax à cause d’O’Connor ?

Il est moins con que ce que je croyais, c’est parfait. Je ne vais pas avoir besoin de m’attarder dans des explications avant de lui péter le nez.

— Kennedy ? Il s’est passé quoi entre vous ? simulé-je l’innocence.

Il se rapproche de moi, glisse un bras autour de mes épaules et me confie :

— Je t’ai préparé le terrain. Maintenant, elle est toute à toi.

— À moi, hein ?

Duncan se replace devant moi, mort de rire.

— Ne me prends pas pour un con, vieux. Il faudrait être aussi aveugle que ses frangins pour ne pas voir que tu en pinces pour elle. J’ai pensé que tu n’osais pas, parce qu’elle était vierge, alors je t’ai rendu service en la déflorant.

Cette fois, je n’écoute plus que ma jalousie et cette rage qui brûle mes veines. Un premier coup part, suivi d’un second. Puis un troisième. La blonde hurle. Seulement plus rien ne me retient. Ce mec doit saigner pour le mal qu’il a fait à Kennedy.

 

— Où est-ce que je vous conduis ?

Cette question me ramène à la réalité. Je réalise que Kennie et moi sommes assis dans la voiture. Depuis quand y suis-je ? Aucune idée.

— Au théâtre chinois, réponds-je aussitôt.

C’est un truc que je rêve de voir, même si ce n’est pas le premier sur ma liste des sites à visiter aux États-Unis. Depuis que je sais que notre tournée démarre dans ce pays, mon rêve est de me rendre sur la tombe de Jimi Hendrix. Seulement pour cela, je vais devoir attendre que nous nous posions à Seattle.

— Le théâtre chinois ? s’étonne Kennie. Tu rêves, Byrne !

— Tu te souviens que je m’appelle Ronan ?

Elle me dévisage, avant de hocher légèrement la tête.

— Bien sûr que je le sais. Comment aurais-je pu l’oublier ? Cependant, je préfère garder nos distances. Donc, ton nom me convient très bien.

— Tu veux garder les distances ? Parfait. Dans ce cas, ajoute « monsieur » devant mon patronyme.

Elle souffle et lève les yeux au ciel. Je l’agace. Je m’en fous. Au moins, elle ne m’ignore pas.

— T’es qu’un con, Byrne ! Steven, tu peux nous amener à Rodeo Drive, s’il te plaît ?

— Rodeo Drive ? T’es sérieuse ? Tu veux qu’on aille faire les boutiques ? Tu sais que je…

— Déteste ça ? finit-elle à ma place. Oui, je m’en souviens très bien.

— Du coup, pourquoi tiens-tu à aller là-bas ?

Certes, je souhaitais lui rendre son sourire, mais pas à n’importe quel prix non plus.

— Histoire de te faire chier. Tu crois vraiment que c’est une partie de plaisir pour moi que de passer ma journée avec toi ?

Putain de réplique cinglante.

Furieux, je me retourne vers elle.

— Tu sais, quoi ? Si ça te dégoûte tant que ça, tu peux toujours sortir de cette bagnole. Je peux très bien visiter cette ville tout seul. Ta présence n’est pas nécessaire. Au contraire, je serai sûrement même mieux sans toi ! rétorqué-je, acide.

— Pour que les filles me prennent le chou ? Non, merci, lâche-t-elle en plantant un regard dédaigneux dans le mien.

— Et moi, je n’ai pas envie de me taper une nana qui va me mépriser toute la journée.

— Si seulement, il n’y avait qu’aujourd’hui…

— Bon, ce n’est pas tout ça, intervient Steven, mais je vais devoir bouger la voiture avant que quelqu’un m’oblige à le faire. Puisque vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord, je propose de vous conduire à Hollywood… ou bien à Disneyland ?

— Disneyland, tu es sérieux ?!

Steven se retourne et dévisage Kennedy.

— Oui, très. J’ai l’impression que tu as besoin de te détendre.

Leur familiarité m’échappe. La seule chose dont je suis sûre, c’est qu’il n’y a rien de professionnel dans leur échange.

Kennie se penche en avant, afin de poser ses avant-bras sur le siège de notre bodyguard de la journée.

— Je connais une tout autre façon de me détendre. Tu pourrais me rejoindre dans ma chambre tout à l’heure, qu’en dis-tu ?

D’accord. Ils couchent ensemble. Qu’est-ce que je croyais ? Qu’elle m’avait attendu durant trois ans ? Qu’elle était devenue nonne, peut-être ?

— J’ai une copine, maintenant, et je suis fidèle.

— OK, je comprends. T’es un type bien, Steven. Ce n’est pas le cas de tout le monde dans cette voiture.

Elle porte un regard plein de morgue sur moi. Un combat visuel s’insinue entre nous.

Tu crois quoi, puce, que je n’ai pas compris ta référence ?

— T’as l’intention de me rabâcher encore longtemps mes erreurs, O’Connor ?

— Aussi longtemps que tu me tourneras autour, Byrne.

Je tends le bras vers elle et, sans la quitter des yeux, je remonte mon index le long du sien. Son épiderme frémit à mon contact. Ses joues rosissent. Il ne m’en faut pas plus pour que je me penche vers elle et chuchote :

— Tant que ton corps répondra à mes appels, ne compte pas sur moi pour abandonner. Je te l’ai déjà dit, mais je préfère te le répéter : ici (comme tout à l’heure, je guide sa main sur mon cœur), tu es ma femme.

Elle agrippe mon tee-shirt, tout en plongeant un regard fiévreux dans le mien. Ma respiration s’accélère, au même titre que la sienne. Soudain, tout change. Elle arbore un sourire ironique alors que sa main descend sensuellement le long de mon torse jusqu’à atterrir sur le haut de ma cuisse. Malgré mes fringues, son contact est un véritable délice. Mes neurones grillent. Je durcis.

— Conduis-nous à Disneyland, ordonne-t-elle à Steven. Et ne regarde surtout pas derrière.

Steven acquiesce et démarre alors que je tergiverse sur ce qu’elle vient de dire.

Ma sirène devient, tout à coup, féline. Ses doigts remontent vers mon entrejambe. Au moment où elle presse mes bourses, je perds toute logique. La toile de mon bermuda se tend un peu plus. Si elle n’arrête pas immédiatement, je me jette sur elle sans même demander son autorisation. Après tout, puisqu’elle me cherche, elle pourrait très bien me trouver. Encore plus maintenant qu’elle caresse ma longueur.

— À quoi tu joues ? réussis-je à grogner, fou de désir.

Elle rit.

Pas d’un petit rire qui me prouverait que ma question la déroute, non du genre de rire de celui qui va vous la jouer à l’envers sous peu.

J’en ai vite confirmation quand elle se penche vers moi et me murmure :

— Garde-la bien derrière l’oreille, Byrne. Tu n’en obtiendras pas plus de ma part. J’ai déjà bien trop donné. Rien que de penser à m’envoyer en l’air avec toi me file de l’acné.

Je déglutis.

Garce !

OceanofPDF.com