No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 26 sur 34

Pages du PDF

No right to love you T3 : Kennedy

Chapitre 25

 

Ronan

Seattle, la ville de mes rêves.

Nous venons tout juste de nous y poser que je bous d’impatience de me rendre sur la tombe de l’un des plus grands guitaristes à mes yeux. Mais avant toute chose, je vais devoir accompagner les autres à l’hôtel pour prendre possession de la suite qui m’attend. Après je serai libre comme l’air. Du moins pendant les trois heures suivantes. Quant au reste de la journée… elle me fatigue d’avance rien que d’y penser. Entre l’interview prévue sur une chaîne locale, les balances et le concert, nous n’aurons plus une minute à nous. Heureusement que nous avons décollé très tôt de notre dernière destination sinon je n’aurais eu le temps de me rendre jusqu’à la sépulture de Jimi Hendrix.

Mon sac sur mon épaule, je ferme la marche en descendant du jet après les autres. Mes yeux s’attardent un moment sur ma femme et mon cœur s’emballe. J’accélère le pas et je la rejoins alors qu’elle discute tranquillement avec ses belles-sœurs. Ma main la frôle comme chaque fois que nous nous trouvons côte à côte. J’adorerais enrouler mes doigts autour des siens, mais Malone nous a suggéré de rester discret sur notre relation pour l’instant. J’ai bien vu que quelque chose le tracassait, cependant il a refusé de s’étendre sur le sujet. Du coup, personne n’est vraiment au courant que nous nous sommes retrouvés. De toute façon, ni elle ni moi ne souhaitons le révéler aux autres. Nous souhaitons prendre notre temps, réapprendre à nous connaître avant d’étaler notre amour aux yeux de tous.

Parfois, souvent même, je rêve de hurler à la face du monde que cette femme m’appartient. Comme avant-hier soir, par exemple, alors que nous nous trouvions en boîte. J’ai bien cru que j’allais défoncer deux, trois mâchoires en apercevant des requins rôder un peu trop près de Kennedy. Heureusement pour ces mecs et pour mes nerfs (surtout pour mes nerfs), Steven les a fait dégager. En même temps, quel genre de mouche avait bien pu la piquer pour qu’elle aille se mêler à la foule ? Faut vraiment être barge ou inconsciente… ou encore éméchée. Ce qu’elle était par ailleurs.

J’insiste sur mes frôlements. J’ai besoin qu’elle lâche un peu ses copines et qu’elle me regarde. Je n’ai pas plongé dans ses yeux depuis bien trop d’heures à mon goût. Dire que ça me manque est un euphémisme.

Comme sa discussion semble bien plus intéressante que moi, j’effleure carrément son petit cul ultra-bandant.

Enfin ! Voilà la réaction que j’attendais. Elle se tourne vers moi, un sourire, qui me donne envie de me jeter sur sa bouche, accroché sur ses lèvres. Cependant, passer mes doigts au-dessus de son fessier parfaitement rebondi entraîne une tout autre conséquence que j’aurais préféré éviter à cet instant. Bander quand ses frangins ne sont pas très loin, ça ne le fait pas trop. Alors, pour faire redescendre la pression, je pense à la beigne que pourrait me balancer Kane s’il s’apercevait de la bosse sous mon futal. Kenan, peut-être aussi ? Je ne me souviens plus vraiment de sa réaction au bar. Je suppose qu’il n’a pas dû trop m’en vouloir, puisque ma gueule était indemne le lendemain.

Tôt ou tard, je devrais leur parler et surtout leur démontrer que je suis sérieux avec leur jumelle. Fuir n’est plus une option. Peu importent les risques que je prends, je ne veux plus jamais être ce lâche qui m’a caractérisé pendant bien trop d’années.

Nous grimpons dans le van qui nous attend pour nous conduire à l’hôtel. Pas de chance pour moi, les filles me séparent de ma femme. Pas grave dans quelques minutes, je ne l’aurai rien que pour moi. J’ai la ferme intention de lui demander de m’accompagner pour ma petite balade. Et qui sait si après, nous n’aurons pas le temps de faire l’amour ? Ça, j’en rêve. Nos baisers me transcendent, mais j’ai besoin de plus. De retrouver ce corps sans lequel je me sens toujours aussi incomplet. Néanmoins, malgré la faim qui me tenaille, je vais à son rythme. Je refuse de lui imposer mes pulsions même si ça me rend dingue. Comme elle me l’a si bien rabâché, nous devons rétablir notre confiance mutuelle avant tout.

Un pas après l’autre. Ne surtout pas brusquer les choses.

Voilà ce que je me répète sans arrêt pour ne pas franchir cette ligne rouge. La perdre à cause d’une nouvelle erreur de ma part n’est pas admis.

— Tu sais qu’on a atterri ? Non, parce que j’ai l’impression que t’es encore au milieu des nuages, raille Kane, en me filant un coup de genou pour que je capte bien que c’est à moi qu’il s’adresse.

Qu’est-ce qui m’a pris de m’asseoir à côté de lui ? Sans ça, j’aurais pu ignorer sa pique.

— On est bien au milieu des nuages, non ? rétorqué-je en adoptant le même ton taquin que lui.

— Ça dépend avec qui tu t’y trouves.

Il porte son regard sur la future mère de son gamin.

— Seul, c’est pas mal non plus.

Il se penche vers moi et me confie dans un murmure :

— Ne me prends pas pour un con. Kenan et moi, on sait que tu t’es rapproché de notre frangine. Ça se voit à votre complicité lors des sound checks et des concerts. Vous avez repris vos jeux de scène. Je ne vais rien dire, juste te donner un conseil : fais-lui du mal encore une seule fois, et t’es mort. Compris ?

Je me tourne vers lui et plonge un regard sincère dans le sien afin qu’il pige que je suis on ne peut plus sérieux.

— Même si je ne suis pas fiancé ni futur papa, ce que je ressens pour elle est la même chose que ce que tu éprouves pour Aly, lui déclaré-je sur le ton de la confidence. Alors, mêle-toi de tes oignons. Je n’ai pas besoin de tes conseils.

****

Après m’être rafraîchi sous une douche rapide, je troque mon survêt contre un jean et un sweat. J’enfile une casquette à l’envers que je remettrai dans le bon sens lorsque nous quitterons l’hôtel. Je passe un coup de fil à Steven pour être certain qu’il soit toujours dispo pour nous accompagner.

 

— C’est bon, m’assure-t-il. 

Sa réponse obtenue, je quitte ma suite. D’un rapide coup d’œil, je m’assure que personne n’est présent dans le couloir. Une fois certain, je pars frapper à la porte derrière laquelle je suis sûr de trouver ma sirène. Je n’ai pas le temps de compter jusqu’à dix qu’elle m’ouvre.

À son tour, elle vérifie que la voie est libre en jetant un œil par-dessus mes épaules et m’agrippe par le poignet pour m’entraîner à l’intérieur. À peine la porte refermée, elle enroule ses bras autour de ma nuque et se hisse sur la pointe des pieds. Sa manière de me réclamer un baiser, avec ce sourire de séductrice née, me rend dingue. Je plaque mes paumes sur ses fesses, la rapproche de moi et fonds sur cette bouche irrésistible.

Nos lèvres se goûtent.

Nos langues se savourent.

Mon sang s’enflamme.

Mes mains deviennent de plus en plus avides de redécouvrir ce corps.

J’enroule mon poing autour de ses longs cheveux qu’elle a laissés libres, penche sa tête en arrière afin d’approfondir notre baiser. Ces heures sans vraiment la toucher m’ont rendu totalement affamé. Cependant, je dois à tout prix me réfréner si je tiens à pouvoir m’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Mais…

Juste encore un peu, après je stoppe tout, promis.

Enfin plus facile à dire qu’à faire. Encore plus quand ses doigts glissent sous mon sweat. Mes abdos se contractent alors qu’elle en redessine les contours. C’est un putain de calvaire. Je grogne contre ses lèvres tandis qu’elle gémit contre les miennes.

Fou d’un désir que je ne peux plus contenir, je plaque mes paumes sous ses cuisses et la hisse dans mes bras. Ses jambes s’enroulent autour de mes hanches. Son intimité appuie sur ma queue qui supplie qu’on la soulage au plus vite.

Stoooooop ! me hurle ma conscience.

Sauf que je n’y arrive pas. J’ai trop besoin d’elle.

J’embrasse alors sa mâchoire, lèche son cou qu’elle m’offre en penchant un peu plus la tête en arrière. Mes lèvres atterrissent à la naissance de ses seins. Pas de ma faute, mais celle à ce débardeur décolleté si tentant ! Ouais, je suis de mauvaise foi, je l’avoue.

Mon téléphone sonne une première fois.

Puis une deuxième.

Et encore une autre.

Mais je m’en fous, j’ai plus passionnant à faire que de répondre à un appel.

— Tu devrais peut-être décrocher. Si la personne insiste, c’est sûrement important, me dit-elle, haletante.

Je grogne de frustration, puis je la repose. Celui qui nous a interrompus par sa persistance va entendre parler du pays.

J’attrape mon portable dans la poche arrière de mon jean. En découvrant qu’il s’agit de Steven, je tilte. Merde, je l’avais complètement zappé. Je le rappelle aussitôt.

— Désolé, Steven, j’étais un peu occupé.

— Ne dis rien, je n’ai aucune envie d’apprendre ce que vous étiez en train de faire pour être aussi essoufflé. Tout ce qui m’intéresse, c’est de savoir si je dois toujours vous conduire au mémorial.

Je jette un œil sur Kennedy qui, assise sur son lit, patiente que je raccroche. Ses lèvres rougies par notre baiser font dérailler mon organe le plus vital. Elle est tellement belle.

— Oui, c’est bon, on arrive.

— Bien. Je vous attends alors.

Je raccroche et range mon téléphone.

Kennedy m’interroge du regard.

— C’était Steven. Il veut qu’on rapplique.

— Comment ça ? s’étonne-t-elle. Où est-ce qu’on va ?

— Je veux me rendre sur la sépulture de Jimi Hendrix. Et, en fait, j’étais venu te demander si tu voulais m’accompagner.

Elle sourit.

Je souris.

Ai-je un jour été aussi heureux ? Oui, durant les quelques mois que j’ai passés à ses côtés, sinon jamais. Il n’y a qu’elle pour faire mon bonheur. Comment n’ai-je pas pu le réaliser avant ?

— Tu veux bien venir avec moi ?

— Bien sûr. Laisse-moi le temps d’enfiler autre chose. Il fait un peu frais ici pour sortir avec un simple débardeur et en short. J’en ai pour deux minutes.

Sans perdre de temps, elle récupère des fringues dans son sac qui, au même titre que moi, n’a pas été défait. Elle enfile alors un sweat de la même couleur que le mien, avant d’enlever son short sous mes yeux.

Bordel ! Sous mes yeux, quoi !

La bouche asséchée, il m’est impossible de détourner le regard. Je vais crever de chaud ou me jeter sur elle si elle ne se magne pas de mettre son futal. Et pourquoi se dandine-t-elle maintenant ? Je déglutis difficilement devant ce spectacle qu’elle m’offre et replace ma queue devenue à l’étroit sous mon jean. Si j’avais su, j’aurais gardé mon jogging, bien plus confortable dans ce genre de cas.

— C’est bon, je suis prête. On peut y aller, maintenant, m’annonce-t-elle en se retournant.

— Je ne sais pas. J’ai bien envie de te kidnapper et de te faire jouir.

Ses joues rosissent.

— Chaque chose en son temps, monsieur Byrne.

Je m’approche d’elle et enroule mon bras autour de son corps divin.

— Dans ce cas, ne m’offrez plus jamais ce genre de spectacle, mademoiselle O’Connor, faute de quoi je vous promets de ne plus vous laisser partir jusqu’à ce que je le décide.

Une lueur de désir passe dans son regard.

— Accorde-moi encore juste un peu de temps, Ronan.

— Même si c’est de plus en plus difficile, que je crève d’impatience, c’est toi qui me guides.

Mon pouce caresse ses lèvres et je lui vole un baiser.

****

Main dans la main, nous nous recueillons devant la tombe de cette légende. Partager cet instant avec la femme de ma vie est un moment que je graverai pour toujours et à jamais au fond de ma mémoire.

À cette heure matinale, peu de personnes se trouvent dans le cimetière. Toutefois, par prudence, nous gardons nos casquettes enfoncées sur nos crânes. Malone me tuerait si nos tronches venaient à apparaître dans la presse à scandale.

Au bout de je ne sais combien de minutes, d’heures peut-être, nous retournons sur nos pas.

Alors que nous venons de franchir le portail, Kennie me force à m’arrêter. Surpris, j’arque un sourcil. Je m’étonne encore plus lorsqu’elle retire nos casquettes.

— Ce n’est pas prudent, lui rappelé-je.

— Regarde, il n’y a personne, fait-elle en désignant l’espace autour de nous d’un vague signe de la main (elle n’a pas tort, nous sommes seuls). J’ai juste envie que tu m’embrasses, ajoute-t-elle en glissant ses pouces dans les passants de mon jean pour m’attirer contre elle.

Comment résister quand c’est si gentiment demandé ? De toute façon, même si elle me l’interdisait, je n’y arriverais pas. Je suis bien trop accro.

Alors j’encadre son visage de mes doigts rugueux et je fonds sur sa bouche. À travers ce nouveau baiser, plein de tendresse, je lui transmets la force de mes sentiments.

Encore une fois, mon téléphone sonne au mauvais moment. Je grogne contre les lèvres de ma femme et me recule. Ça commence vraiment à me pomper d’être interrompu dès que je partage un bel instant avec elle !

— Putain, mais vous êtes devenus tarés ! gueule Steven à l’autre bout de la ligne. Malone est hors de lui. Je…

— De quoi tu parles ?

— De vous embrasser en public. Une photo circule déjà sur les réseaux.

Quoi ? Comment ça ? Notre baiser n’a pas duré une éternité, si ? Qui a eu le temps de nous surprendre et de nous photographier ?

Je me redresse légèrement et tombe sur la responsable. Une gamine de seize ou dix-sept ans max nous observe, à quelques pas de là, un large sourire sur les lèvres. Voilà la coupable.

Fait chier !

— Magnez-vous de me rejoindre, m’enjoint notre garde du corps.

— Ouais, on arrive.

Je sais parfaitement que cette fuite pourrait attirer tout un tas de badauds et créer une émeute. Ce n’est donc pas le moment de traîner. Je dois mettre à tout prix ma femme à l’abri.

Avant même qu’elle comprenne ce qui se passe, j’attrape sa main et la force à courir en direction de la bagnole dans laquelle nous attend Steven.

— Tu m’expliques ? me demande-t-elle une fois que nous sommes assis.

— Une photo de nous circule sur les réseaux. Putain, je savais bien que c’était risqué.

Penaude, elle baisse la tête.

— Je suis désolée. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de vouloir t’embrasser.

J’attrape son visage entre mes mains et l’oblige à plonger ses yeux dans les miens.

— Ne sois jamais désolée de vouloir m’embrasser. Nous sommes tous les deux responsables de ce qui s’est passé. J’aurais dû te repousser, mais je n’ai pas réussi. Tu es trop tentante, petite sirène.

— En attendant, vous êtes dans la merde. Malone va vous tuer, intervient Steven.

 

OceanofPDF.com