No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 13 sur 34

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No right to love you T3 : Kennedy

Chapitre 12

 

Ronan

Va te faire foutre !

Bien trop fixé sur Kennedy, je ne rate pas son insulte. Que s’est-il passé à l’arrière de la maison pour qu’elle me balance toute sa haine à la gueule comme ça ? Que lui a dit Lauren ?

Concentré à allumer le feu, je ne les ai pas vues partir toutes les deux. Si ça avait été le cas, je serais intervenu avant même qu’elles s’isolent. C’est Kane qui m’en a informé, en me mettant en garde contre ce que pourrait faire ma copine à sa jumelle. Si Lauren lui fait le moindre mal, il m’en tiendra pour responsable. Selon lui, c’est à moi de la mater pour qu’elle ne gâche pas la soirée barbecue.

Il en a de bien bonnes, lui ! Si j’interviens avec un peu trop de virulence, il y a de fortes chances que Lauren me grille. Hors de question qu’elle attire les embrouilles sur moi. Hors de question, également, que je la perde.

Mais ça ne m’empêche pas de me renseigner sur ce qui a bien pu se passer. D’ailleurs, la voilà de retour. Ça tombe bien, les gars n’ont pas vraiment besoin de moi pour cuire la viande. Sur ce point, ils se sont toujours plutôt bien débrouillés.

Je jette un dernier regard sur Kennie.

Erreur.

Grosse erreur.

Son mec l’embrasse avec tendresse sur la tempe. La jalousie (putain de poison !) me saisit à la gorge. Ébranlé par ce sentiment vicieux, je flingue du regard ce couple qui m’exècre.

Si je me le permettais, je hurlerais devant tous ces témoins que Kennie est à moi depuis toujours. Qu’aucune main ni lèvre, hormis les miennes, ne sont en droit de se poser sur elle. Ouais, je pourrais être un véritable salaud, un homme des cavernes qui revendiquerait ce qui lui appartient.

Excepté qu’elle ne m’appartient pas, j’ai fait ce choix, il y a trois ans. Je dois continuer à m’y conformer, même si ça me rend fou de rage de la voir dans les bras d’un autre. Dire que je ne le supporte pas est clairement un euphémisme. Ça fait mal. Très mal. Sincèrement, je ne pensais pas connaître à nouveau cette douleur qui m’a broyé le cœur le jour où je me suis barré sans aucune explication. Parce que, ouais, faut pas croire, j’ai mis du temps à me remettre de notre rupture, bien que je sois celui qui l’ait occasionnée.

Égaré quelque part dans ma colère et sous le poids de ma jalousie, je ne remarque le retour de Lauren qu’à l’instant où elle accroche son bras au mien. En mode pilote automatique, je porte lentement mon attention sur elle. Malgré le brouillard qui m’entoure toujours, j’aperçois son sourire goguenard alors qu’elle fixe Kennie. Avec la lenteur d’un escargot, je vire mes iris vers cette dernière. La tête haute, elle soutient le regard de Lauren. Son mec lui parle à l’oreille. Que peut-il bien lui dire ? Une chose est sûre, elle s’en fiche totalement. Ma brune s’est transformée en guerrière, prête à affronter l’ennemie qui se trouve contre moi.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? demandé-je à Lauren en me penchant vers elle.

Elle relève légèrement la tête pour accrocher mes prunelles avant d’afficher un air de pétasse que je ne lui connais absolument pas.

— Oh, mille fois rien ! Je lui ai juste confié que j’étais au courant de tout.

— Sois plus précise. Que lui as-tu dit exactement ?

— Que je savais que vous avez couché ensemble et que je savais aussi que depuis elle te harcèle…

Je n’écoute pas le reste. Ce que je viens d’entendre me suffit amplement pour piger pourquoi Kennie est en colère après moi. Je lui ai fait porter le chapeau de mes erreurs et elle se l’est pris en pleine tronche.

— T’étais vraiment obligée de lui parler ? demandé-je, acide. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, elle a un mec. Ce que je t’ai dit n’est donc plus d’actualité.

Lauren se détache de mon bras pour venir se placer juste devant moi.

— Me prendrais-tu pour une conne ?

— Je ne vois absolument pas en quoi.

Un rire sinistre s’échappe de sa gorge.

— Crois-tu que je n’ai pas remarqué la manière dont elle t’a reluqué quand vous vous êtes salués ? Elle est encore accro à toi, c’est certain. Donc, oui, j’étais vraiment obligée de lui parler. Au moins, elle évitera de se faire des films.

Depuis qu’elle a balancé que Kennie en pinçait encore pour moi, mon palpitant a déraillé. Il bat de façon anarchique. J’ignore si la brune de mes rêves se fait des films, comme vient de le suggérer Lauren, mais là, c’est moi qui imagine tout un tas de scénarios pour virer son mec et revenir dans sa vie.

Et si avant tout ça, tu commençais par larguer Lauren.

Cette part de sagesse en moi n’a pas tort, c’est ce que je devrais faire. Or, j’en suis incapable. Lauren est mon foyer, le seul que je connais sur le bout des doigts depuis toutes ces années. Me retrouver à nouveau orphelin, sans famille, est inenvisageable, tout comme me retrouver sans toit au-dessus de la tête. Ça fait sûrement encore de moi un beau salaud. Mais n’est-ce pas de cette manière que je ne cesse de me voir depuis que j’ai revu Kennedy ? Ça ne change donc rien à mon état d’esprit.

— Ronan ? À quoi penses-tu ?

Ses questions sont un rappel à l’ordre qui me ramène à ici et maintenant. Je frotte mon visage avec énergie, histoire de chasser les bribes de pensées qui me collent encore à l’esprit.

— À rien qui ne te regarde, répliqué-je, en la jaugeant de toute ma taille.

Elle secoue la tête.

— Tu es vraiment bizarre depuis quelque temps. Je me demande si je n’ai pas raison sur toute la ligne… si elle n’est pas ton ex.

Ça, ma belle, tu ne le sauras jamais.

— C’est quand vous voulez pour nous rejoindre, les amoureux, nous lance je ne sais quel mec.

Sûrement Kenan. Du moins, c’est ce que je pense en voyant qu’il nous observe, un sourcil arqué.

— Ouais, on arrive.

J’attrape la main de Lauren et la guide jusqu’à la table. Le regard venimeux de Kennie ne m’échappe pas. En même temps, comment pourrais-je ne pas le remarquer alors qu’elle se trouve pile dans mon point de mire ? Je lui adresse un sourire contrit. Un sourire dans lequel je place toutes les excuses que je lui dois. Pas seulement pour le mensonge que j’ai déblatéré à Lauren et qui lui est retombé dans les oreilles. Non, je m’excuse pour tout. Pour ne pas avoir été assez fort face à ses frères. Pour ma fuite alors qu’elle me rendait heureux. Pour l’idiot que je suis aussi.

En guise de réponse, j’ai droit à un discret doigt d’honneur. Bien mérité, je ne peux pas dire le contraire.

Désormais assis, Lauren à ma droite, je me retrouve face à mon unique amour. Le repas va être long. Très long. Pas question que je porte une seule fois mon attention sur elle. Lauren va me passer au radar toute la soirée, j’en ai d’ores et déjà conscience. Elle va s’attendre au moindre faux pas de ma part. Et ensuite, quoi ? M’éjectera-t-elle sans somnation ? Bien probable.

Alors pour ne pas me retrouver dans de sales draps, je discute avec Malone, qui se trouve à ma gauche, et avec Aaron. Ce mec s’avère super sympa, malheureusement. Bien qu’à plus d’une reprise, je réalise qu’il ne me porte pas dans son cœur. Que sait-il exactement sur Kennie et moi ? Que nous avons passé tout un été à nous aimer comme des fous ? Qu’elle l’a trompé plusieurs fois ?

— … c’est quand j’ai compris que Lou n’était pas ma sœur, entends-je Kenan prononcer. Et puis le jour où elle m’a dit « oui ».

J’ignore le sujet de la conversation qu’il entretient avec Blue et son double, mais, curieux, je tends l’oreille.

— Moi, c’est lorsqu’Aly est revenue dans ma vie, même si j’étais trop con pour le comprendre aussi sec. Et enfin, comme toi, quand elle a accepté ma demande.

Je finis par comprendre qu’il raconte les plus beaux moments de leur histoire.

— Et toi, Ronan ? C’est quoi le plus beau moment que tu as vécu avec Lauren ?

Cette question aurait pu m’être posée par n’importe quelle personne assise autour de cette table, mais non, il a fallu qu’elle sorte de la bouche de celle qui me fait face.

Pourquoi me poser cette question, ma puce ? Que cherches-tu ?

Le pire, c’est que je vais être obligé d’y répondre. Sous le regard de Lauren, je n’ai pas vraiment le choix. Alors, je ferme les yeux et fouille dans ma mémoire.

Le plus beau moment que j’ai vécu n’est malheureusement pas avec ma copine actuelle. Kennie venait de me contacter, après plus d’un mois de silence. Elle était épuisée de sa tournée et des montagnes russes que Kane lui avait fait traverser. Elle m’avait quasiment supplié de la rejoindre à notre lieu de rencard habituel. Alors que j’étais déjà avec Lauren, je n’ai pas réfléchi des lustres avant d’accepter. Pour moi, c’est le plus beau moment, car c’est celui qui a marqué le début de notre couple. Le début de ces mois magiques.

Je sens mes zygomatiques s’étirer alors que je me revois tomber dans la rivière. Puis me coller à Kennie qui, surprise par le froid de mes vêtements mouillés, a poussé un petit hurlement. Ensuite, tout s’est enchaîné. Mes lèvres sur les siennes. Nos langues enlacées. Nos mains qui réclamaient de redécouvrir le corps de l’autre avec le même feu caractéristique que celui qui nous a toujours enflammés. Mon corps imbriqué au sien.

— C’était avec qui ? Avec moi, tu n’es jamais tombé dans une rivière ! me ramène à la réalité Lauren en braillant un peu trop fort à mes oreilles.

Encore un peu déconnecté, j’observe ma copine sans vraiment la voir. Des rires fusent sur ma gauche.

— Un vrai boulet, se marre Malone.

Je me tourne vers lui. Qu’ai-je donc bien pu raconter ? Mon souvenir ? À haute voix ?

Bordel !

— Réponds Ronan ! Qui est la femme de ta vie ?

La femme de ma vie ? Ai-je prononcé ces termes ? Vu comme Lauren gueule, je suppose que oui.

Je jette un coup d’œil sur Kennedy. Je sais que je ne devrais pas, parce que celle qui partage ma vie va s’en apercevoir. Seulement, je ne peux pas faire autrement, c’est plus fort que moi.

— C’est elle ? C’est ça ?

Ma gorge est sèche, je me suis fait griller. Suis-je encore capable de balancer un bobard pour me sortir de cette situation ? Non, impossible. Pas devant celle qui m’a toujours fait vibrer. Alors, je garde la bouche fermée.

— Oh, ma pauvre !

À son timbre, je constate que Kennedy plaint faussement Lauren.

— Tu croyais quoi ? Que Ronie avait été sincère quand il t’a raconté que je le harcelais ? C’est dur, hein, de se rendre compte que ce n’est qu’un menteur ? Tu sais, moi aussi, j’ai cru en ses belles paroles. Tous ses « je…

Alerté par ce que je pressens comme une bombe qui risque de faire beaucoup trop de dégâts à cette table, je me racle la gorge bruyamment pour attirer l’attention de Kennedy sur moi. Mes iris accrochés aux siens, je la supplie en silence de se taire. Elle arque un sourcil interrogatif, avant de secouer sa magnifique chevelure dans laquelle je rêve de glisser à nouveau mes doigts.

Maintenant qu’elle est lancée, plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Le résultat, sûrement, de toutes ces années où elle n’a pas pu me dire ce qu’elle pensait de l’acte du lâche que je suis.

Ses sublimes iris m’échappent pour fixer Lauren et elle reprend :

— Je disais donc que tous ses « je t’aime », j’y ai cru dur comme fer. Pourtant ça ne l’a pas empêché de…

— Tu lui as dit « je t’aime » ? la coupe Lauren pour me poser la question.

Les yeux de cette dernière ne sont plus que deux fentes. Deux armes létales prêtes à m’ôter mon dernier souffle.

— Oui et pas qu’une fois, m’achève Kennie, en plantant un regard plein de dédain dans le mien.

Lauren bondit sur ses pieds. Sa chaise se renverse dans un fracas assourdissant alors que je reste à soutenir le regard noisette de Kennedy. Elle ne croit plus en mes déclarations qui ont pourtant toujours été sincères. C’est ce que je tente de lui faire comprendre à travers mes iris.

— Malone, tu peux me reconduire chez moi ? demande Lauren.

Cela n’aurait dû être qu’une simple question, néanmoins ça sonne comme un ordre. Ce qui a le don de me ramener vers les autres. Mon pote m’interroge d’un simple coup d’œil et je secoue la tête.

— Si tu veux rentrer, on rentre, déclaré-je en me levant à mon tour.

— Je ne veux surtout plus te voir ! Tu peux toujours me raccompagner, mais après tu sors définitivement de ma vie. Et dire que je t’ai cru quand tu disais être incapable de prononcer ces trois mots à cause de ton passé. T’es qu’un putain de sale menteur.

— C’est ce que j’ai dit, non ? se croit bon d’intervenir Kennie.

Sur le coup, je suis trop sur les nerfs pour supporter sa voix. Tout est ma faute, j’en ai conscience, mais si elle n’en avait pas ajouté une couche, j’aurais pu rattraper ma boulette. Là, je vais perdre mon foyer.

— Toi, tu te la fermes ! gueulé-je en pointant mon index sur Kennedy.

Aussitôt, son mec se tend.

— À moins que tu aies envie que je lui raconte comment on s’est éclaté tous les deux ?

— Pas besoin. Je suis déjà au courant de tout. Même de certaines choses que toi, tu ignores.

Vraiment ? Ça, ça m’étonnerait beaucoup !

— Nous, en revanche, on aimerait bien savoir, intervient Kenan, un peu trop placide à mon goût.

Putain de bordel de merde !

Si mes meilleurs potes s’en mêlent, je suis cuit.

Je braque mon regard sur lui et réalise que les doubles sont crispés dans la même position, prêt à me faire avaler la poussière.

Putain de soirée ! Je savais bien que nous inviter elle et moi, en la présence de Lauren qui plus est, était une très très mauvaise idée.

— C’est entre eux, t’en mêles pas. Ni toi, Kane, réplique sa femme, en soutenant leur regard tour à tour.

— Ouais, il a de la chance que je sois fou de toi. Je ne dirai rien pour ce soir, mais tôt ou tard il crachera le morceau.

— Bon, Byrne, dois-je appeler un taxi, vu qu’aucun de tes potes ne me ramènera sans ton accord, ou tu vas te décider à te bouger ? grogne Lauren qui a déjà récupéré son sac.

— J’arrive.

 

Le trajet de retour se fait dans un silence insoutenable. Lauren est totalement crispée sur son siège. À plus d’une reprise, je tente de prendre la parole, mais elle me ferme à chaque fois le bec en émettant des grognements sourds.

J’aimerais tellement remonter le temps, putain. Ne pas me souvenir de cet épisode qui a marqué le début de la meilleure période de ma vie.

Une fois ma bagnole sur sa place de parking, Lauren n’attend pas que je coupe le contact pour quitter l’habitacle et se précipiter vers l’ascenseur. Pas la peine de lui courir après. Au contraire, la laisser seule quelques minutes me paraît une bonne idée. Elle aura ainsi le temps de se calmer. Je pourrais ensuite discuter avec elle. Alors, je traîne un peu des pieds, le temps qu’elle regagne notre appart.

Quand j’en passe la porte d’entrée, elle balance durement mon sac de voyage contre mon torse.

— Fais tes valises et dégage de ma vie, sale connard ! vocifère-t-elle.

— Écoute, Lau’, on pourrait peut-être en discuter avant, non ? demandé-je sur un ton qui pourrait laisser penser que je viens d’être condamné à mort.

— Discuter de quoi ? s’emporte-t-elle, en agitant ses bras dans tous les sens, tellement elle est furax.

L’apaiser va être costaud, mais je suis prêt à me relever les manches pour ne pas la perdre. Ou du moins, ne pas perdre ce foyer que je me suis construit à ses côtés.

— De ce qui vient de se passer.

— Tu es prêt à me dire qu’elle a menti sur toute la ligne ?

Je pince les lèvres et secoue la tête. Non, je ne dirai rien de tel. Je ne peux pas. Je refuse d’accuser Kennie encore une fois, même si cela me semble la solution de facilité.

— Non, elle n’a pas menti. Tu avais raison, c’est bien mon ex. Entre nous, c’est une longue histoire. Mais une histoire impossible.

— Donc t’es avec moi, parce que tu ne peux pas être avec elle ? Bon sang, j’y crois pas. Je suis quoi pour toi ? Une simple roue de secours ?

— Non, ce n’est pas ça, fais-je en avançant d’un pas.

Elle lève sa paume devant moi pour m’empêcher d’en effectuer un second.

— Mais nous sommes ensemble depuis quatre ans, Lauren. Tu ne peux pas tout foutre en l’air, juste parce que je lui ai dit « je t’aime » ! m’énervé-je à mon tour.

— Juste parce que…

Le reste de ses mots meurent sur ses lèvres. Elle semble totalement dépassée.

Un lourd silence s’abat à nouveau entre nous. Mes neurones s’activent, je tente de trouver à toute allure une solution pour nous sortir de ce conflit. Malheureusement, je crois qu’il n’y en a pas. Nous avons atteint le point de non-retour.

Échec et mat, mon gars.

— Dis-moi juste : est-ce que tu l’aimes encore ?

Je perçois dans son timbre une sorte de supplique.

— Si je te dis que non, tu m’accorderas une autre chance ?

Elle me sonde, longtemps… trop longtemps. Puis hoche la tête.

L’espoir revient.

Mais ai-je encore envie de mentir ?

— Seulement, je veux la vérité, cette fois, Ronan, lance-t-elle comme si elle avait cerné ma question muette.

Je ferme les yeux. Le visage de Kennedy m’apparaît aussitôt. J’aime cette femme, plus que ma propre vie. Je l’ai toujours aimée. C’est une évidence.

Fort de ce constat, je me dirige vers mon armoire, sans un mot, et balance mes affaires à l’intérieur du sac que je n’ai pas lâché.

— Ronan ? m’interroge Lauren d’une voix tremblante.

Je la regarde par-dessus mon épaule, en affichant un air affligé. Elle pleure. Un élan de tendresse me pousse à désirer la serrer dans mes bras, mais ce serait nous donner de faux espoirs.

— Je suis désolé. Je n’ai plus envie de mentir… À personne, m’excusé-je.

Elle accepte mon choix d’un hochement de la tête, puis se rend dans le salon sans un mot de plus.

Le cœur lourd, je récupère le maximum de vêtements. Mon sac plein, je le ferme et quitte la pièce. Je traverse ce salon, témoin de tant de beaux moments entre Lauren et moi, toujours sans émettre le moindre son. Ce n’est qu’une fois devant la porte d’entrée que je me décide à prendre la parole.

— Je reviendrai chercher le reste de mes affaires dès que je saurai où crécher.

Et sans plus un mot de ma part ni de la sienne, je pars. Définitivement.

L’enfant en moi s’insurge. Le voilà à nouveau orphelin, sans foyer.

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