No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 28 sur 34

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No right to love you T3 : Kennedy

Chapitre 27

 

 

Kennedy

Je sors tout juste de la douche quand mon téléphone sonne. Enroulée dans une serviette, je me précipite vers lui et décroche sans prêter attention au nom de l’interlocuteur. Au fond de moi, j’espère bien qu’il s’agit de mon homme. Même s’il ne s’est absenté que depuis quelques minutes, il me manque déjà.

Une voix modifiée et traînante s’élève au bout de la ligne.

— Tu.Es.À.Moi.

Un frisson de terreur remonte le long de mon échine. Mes membres se mettent à trembler alors que ma respiration s’accélère.

— Qui êtes-vous ? Comment avez-vous eu mon numéro ?

— Le seul que tu n’aurais pas dû oublier.

Bien qu’effrayée, je tente de ne pas flancher pour ne pas lui montrer qu’il m’atteint. Avec ce genre d’énergumène, il faut savoir garder la tête sur les épaules pour essayer d’en apprendre davantage.

— Qui ? réitéré-je en maitrisant ma peur autant que possible.

Il ricane, mauvais, avant de me raccrocher au nez.

Pendant plusieurs secondes, je fixe ce téléphone, totalement hagarde. Ce qui m’inquiète le plus, c’est de savoir comment cet homme au timbre méconnaissable a bien pu avoir mon numéro. Seuls mes proches le connaissent et la majorité d’entre eux se trouvent avec moi. Puis, qu’a-t-il voulu dire par « le seul que tu n’aurais pas dû oublier » ? Est-ce que je le connais ? Suis-je déjà sorti avec lui ? Ou bien ai-je couché avec lui ?

Ma main vibre. Une mélodie emplit la pièce. Toujours aussi à l’ouest, je ne reconnais pas aussitôt ma sonnerie. Quand je prends conscience qu’on cherche à me joindre, je pose mon smartphone sur la coiffeuse et pars m’habiller. Je n’écouterai pas deux fois cet hurluberlu.

Pourtant à la quatrième sonnerie, j’ose jeter un coup d’œil sur l’écran. Pas de numéro inconnu cette fois, juste Aaron. Alors je décroche.

— Je suis désolé d’avoir insisté, mais j’avais trop besoin de te parler !

À l’engouement que je perçois, je sais que ce qu’il a à dire est d’une extrême importance.

— Je t’écoute.

— Ça va, toi ? Qu’est-ce qui se passe ?

Mon ton morne ne lui a pas échappé et, dorénavant, il s’attend à ce que je lui raconte ce qui me tracasse. Seulement pour le moment, les mots se coincent dans ma gorge.

— Parle-moi d’abord. Qu’est-ce qu’il t’arrive pour être aussi enthousiaste ?

— C’est ma fille. Je vais enfin pouvoir passer du temps avec elle.

— Ton avocat a réussi à persuader sa mère ?

— Pas vraiment… Disons que je l’ai plus ou moins convaincue tout seul et qu’il est possible qu’on forme une famille tous les trois. Enfin, je ne veux pas mettre la charrue avant les bœufs, mais…

— Tu es sérieux ? Après ce qu’elle t’a fait, tu es prêt à lui donner une nouvelle chance ?

— Ça t’étonne ? Après ce que j’ai vu sur les réseaux, je ne crois pas être le seul à accorder une seconde chance.

Merde ! La photo est visiblement devenue virale.

— Tu sais qu’entre Ronan et moi, ça a toujours été une longue histoire.

— Eh bien, je vais t’apprendre que c’est un peu pareil avec la mère de ma gamine. Sa vieille, une férue de religion, l’avait envoyée très loin de moi. T’imagines ce que ça représente pour cette bonne femme un môme hors mariage, avec un mec qui ne croit qu’en la valeur des chiffres… Bref, je vais profiter de ma fille et je verrai bien ce que ça donne avec Mary. Si l’autre folle ne nous colle pas, ça pourrait peut-être fonctionner entre elle et moi… Bref… On verra bien… Mais toi, alors ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi t’avais l’air à côté de la plaque ? Ça se passe mal avec ton mec ? La photo est pourtant récente, non ?

J’inspire profondément et lui raconte absolument tout. Des retrouvailles avec Ronan, plus ou moins orchestrées par Malone, à cette fameuse photo prise à notre insu, en passant par ce type qui m’a foutu les boules.

— Merde ! Et tu ne vois pas du tout qui ça peut être ? Le gars qui s’est jeté sur toi à l’aéroport, peut-être, t’en penses quoi ?

Je hausse les épaules, même si j’ai conscience que ce geste est totalement futile, puisque nous ne sommes pas en visio.

— J’en sais rien. Il a modifié sa voix, donc même si je l’avais déjà rencontré, je n’aurais pas pu le reconnaître juste comme ça. Et, dans le cas où il s’agirait du mec de L.A., ça ne m’aiderait pas plus. Quand il m’a sauté dessus, j’étais tellement sous le choc que je n’ai pas eu le temps d’imprimer ses traits. Puis tel que je te l’ai dit la dernière fois, Ronan est intervenu si vite que…

Un ange passe. J’imagine mon meilleur ami en train de frotter sa barbe pour analyser mes propos, à la recherche d’une solution qui me permettrait de débusquer le coupable de ma frayeur.

Mon téléphone me fait sursauter en vibrant dans ma main. Tremblante, je le porte devant mes yeux pour découvrir l’expéditeur du message.

Ronan : [Retrouve-moi dans la suite de Malone. Il faut qu’on parle.]

Un sentiment d’angoisse me pétrifie sur place. Je déteste ce genre d’annonce, ça ne sent jamais très bon. Et d’ailleurs, pourquoi dans la chambre de Malone ? Qu’est-ce que notre manager et ami à avoir dans l’histoire ?

— Kennie ? T’es toujours là, Kennie ? entends-je Aaron.

Je ramène le téléphone vers mon oreille dans une extrême lenteur.

— Oui. Je vais devoir te laisser. Ronan souhaite que je le rejoigne.

— OK. Je comprends. Je vais raccrocher alors. File faire des cochonneries de ton corps, se bidonne cet imbécile heureux.

— Il veut juste me parler.

— C’est ça, c’est ça. N’oublie pas que, comme des milliers de personnes, j’ai vu la photo. Je ne dirais pas que c’était bouillant entre vous, mais ce n’en était pas loin.

Je souffle, dépitée.

— Bon, plus sérieusement, je vais essayer de réfléchir à ce que tu m’as dit. Peut-être qu’un détail concernant un des mecs que tu as ramenés ici me reviendra. Je te laisse, ma belle.

Quelques minutes après avoir raccroché, je retrouve Ronan au milieu du couloir, devant la porte de la chambre de Malone. D’un signe de tête, il me presse de le rejoindre. Ce que je fais sans me faire prier. J’ai toujours autant besoin de sentir ses lèvres sur les miennes, son corps contre le mien. Et si je m’écoutais, il serait nu d’ici cinq minutes.

Seulement, mes désirs, je vais pouvoir les envoyer bouler. Dès que j’arrive à sa hauteur, Ronan m’esquive et se dirige vers la porte. Super !

Le cœur serré, je le suis, malgré tout.

Ne devrais-je pas repartir en arrière ? Après tout, depuis quelques minutes, le cours de ma vie m’échappe complètement. Sauf que je ne suis pas une fuyarde. Alors, tout en triturant mes doigts, je franchis la porte.

Je n’ai pas fait un pas dans la pièce que Ronan referme la porte et me plaque contre le mur. Un large sourire étire ses lèvres avant qu’il ne fonde sur ma bouche. Sous son baiser ardent, j’en oublie toutes mes craintes. Ses mains partent à l’assaut de mon corps tandis que je tire sur ses cheveux pour le rapprocher de moi. Plus rien n’existe si ce n’est lui, moi et ce désir avec lequel nous jouons depuis beaucoup trop de jours.

De plus en plus enflammée, je glisse mes doigts sous sa ceinture. 

Il bloque aussitôt mon poignet et se recule.

— Attends, lâche-t-il complètement essoufflé.

Frustrée, je lui jette un regard noir.

— J’ai envie de toi, OK ? Ne va pas t’imaginer n’importe quoi. Il faut juste qu’on parle… C’est important, ajoute-t-il devant ma grimace.

— Vas-y, je t’écoute, fais-je en croisant les bras sous ma poitrine.

Poitrine qu’il reluque sans vergogne désormais en mordillant sa lèvre.

— Ronan ! le rappelé-je à l’ordre.

Il se redresse et me lance un sourire espiègle, tout en glissant ses doigts dans ses cheveux. Son sweat se relève et laisse apparaître un bout de peau. Cette fois, c’est moi qui ne peux m’empêcher de le mater, la salive au bord des lèvres.

— Kennedy… Ce n’est pas comme ça que je vais réussir à te parler.

Je rassemble mes esprits pour revenir à la conversation que nous devons avoir. Du moins, selon lui, car moi je rêve de tout autre chose.

— Viens t’asseoir, m’invite-t-il à le suivre en me tendant la main pour me conduire jusqu’au lit.

Je m’installe à ses côtés. Nos genoux se touchent. Ma peau s’embrase. Des milliers de picotements parcourent mon épiderme. Au moment où il replace son érection, je réalise que je ne suis pas la seule au bord de la combustion spontanée.

— Je crois que je vais m’éloigner un peu, sinon je ne vais jamais réussir à te parler, alors que c’est super important.

À mon plus grand dépit, il joint le geste à la parole.

— Voilà. Malone m’a informé que tu reçois des lettres de menaces depuis deux ans. Visiblement ça se serait calmé avant le début de la tournée, mais depuis que nous sommes arrivés ici, ça a repris de plus belle. C’est pour ça qu’il vaudrait mieux qu’on s’éloigne l’un de l’autre. Mais…

Le sang quitte mes veines. Je repense à cet inconnu à la voix robotique qui m’a appelée.

— Pardon ?! m’étranglé-je.

Ronan se rapproche de moi à la vitesse de la lumière et attrape mes mains qui tremblent.

— Ce n’est pas ce que je veux, d’accord ? Je ne souhaite plus te fuir, je te l’ai dit. J’ai juste énoncé ce qui ce serait le mieux, mais je ne pourrai plus jamais m’éloigner de toi.

— Je ne parlais pas de ça, mais des lettres (je le repousse et me lève pour arpenter la pièce) ! Que disaient-elles ? Qui les envoie ?

— Ce connard dit que tu es à lui. Pour le reste, Malone l’ignore.

À nouveau, j’ai l’impression que mon sang quitte mon corps. La tête me tourne. Je suis sur le point de chuter, mais deux bras puissants me rattrapent juste à temps. Ronan me blottit contre lui et m’aide à me rasseoir sur le lit. Puis il s’accroupit devant moi, dégage les mèches qui barrent mon visage et plonge ses yeux dans les miens.

— Il… il m’a appelée, balbutié-je. Je suis sûre que c’est lui.

Une lueur de fureur zèbre son regard. Toutefois, il se reprend très vite. Probablement pour me rassurer.

— Je ne le laisserai pas nous séparer et encore moins te toucher, d’accord ?

Je hoche imperceptiblement la tête.

— Et on va lui prouver que nous deux, nous sommes plus forts que lui. Que rien ne peut nous ébranler. On a traversé trop de tempêtes pour qu’un fils de pute s’immisce entre nous. En attendant, on va s’en tenir au plan de Malone.

— Le plan de Malone ? répété-je, intriguée.

— Ouep. On ne se montre pas en public que ce soit à l’hôtel, dehors ou n’importe où. Par contre, dans sa chambre, on est libres.

— Libres ? Tu trouves qu’on est libres, toi ?! Pendant des années, on s’est planqués pour que mes frères ne te tombent pas dessus et maintenant qu’ils acceptent, nous sommes encore obligés de nous cacher. Alors, excuse-moi…

Il pose son index sur mes lèvres pour m’intimer le silence.

— Hier encore, tu refusais qu’on en parle à qui que ce soit. Dis-toi que rien n’a changé. On avisera au fur et à mesure en voyant jusqu’où ce type est capable d’aller.

Il se penche sur moi et s’empare à nouveau de mes lèvres. Son nouveau baiser, plein de promesses, a un goût de paradis. J’empoigne son sweat et l’attire un peu plus entre mes jambes. J’ai besoin d’oublier tout ce qui nous tombe dessus, mais aussi de ressentir son amour en unissant nos corps et nos âmes.

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