No right to love you T3 : Kennedy
Chapitre 28
Ronan
Ses doigts glissent le long de mon sweat, s’incrustent sous la surface du tissu, puis remontent en sens inverse, en redessinant le contour de chacun de mes muscles. Je me consume sous ses caresses qui brûlent tout sur leur passage. Là, entre ses cuisses, nos lèvres en fusion, je rêve de l’allonger sur le matelas.
Toutefois, la partie de ma conscience la plus raisonnable me réfrène. Me désire-t-elle réellement ou bien a-t-elle juste besoin d’oublier qu’elle est en danger ? Je ne veux pas qu’on fasse l’amour pour de mauvaises raisons. Je flippe bien trop de la perdre une fois qu’elle aura repris ses esprits.
— C’est vraiment ce que tu veux ? Tu ne vas pas le regretter ?
Un sourire irrésistible apparaît sur ses lèvres. Alors que ses mains quittent mon épiderme, je me retrouve la trouille au ventre. Même si je souhaite aller à son rythme, elle me flinguerait en m’abandonnant maintenant.
Ouais, je suis contradictoire. Et alors ? Pas de ma faute. 90 % de mon cerveau a migré vers le sud et les 10 % restants sont sur le point de me déserter également.
Toujours munie de son sourire qui me rend fou, elle empoigne l’ourlet de mon sweat et se lève tout en le tirant vers le haut. Face à son ordre silencieux, je le retire sans perdre de temps. Ses paumes se plaquent sur mes pectoraux. Ses yeux emprisonnent les miens.
— Oui, c’est vraiment ce que je veux, m’assure-t-elle avec aplomb. J’ai
besoin de te retrouver, Mo shíorghrá[1].
En deux simples mots prononcés en gaélique, elle vient de foutre un coup de pied à tous mes doutes. Je perds la tête. Je deviens fou. Je fonds à nouveau sur ses lèvres, j’enroule ma langue autour de la sienne. À travers mon baiser passionné, je lui montre à quel point je raffole de ce surnom que je n’avais plus entendu depuis bien longtemps. Pas même durant l’été où nous étions ensemble. À l’époque, j’étais son chaton, son bébé, mais rien d’aussi merveilleux que ce qu’elle vient de prononcer. Peut-être qu’inconsciemment elle ressentait que je n’étais pas totalement libre. Qui sait ?
De caresse en caresse, j’atterris sur le lit, mon jean déboutonné. J’enroule mes doigts autour de son poignet pour l’attirer sur moi, mais elle se dégage de ma poigne. Un grondement sourd remonte le long de ma gorge.
— Mets-toi à l’aise, m’ordonne-t-elle.
Que me prépare-t-elle ? Aucune idée. Cependant, à la lueur lubrique qui illumine son regard, je pense que ça devrait me plaire. Alors, après avoir retiré mon jean, je m’installe au milieu du matelas et j’attends le spectacle qui ne tarde pas à arriver.
Les bras croisés derrière la nuque, le souffle de plus en plus court, je la mate sans vergogne alors qu’elle se déhanche sur une musique imaginaire. Une mélodie s’incruste dans ma tête. Aussi belle, sensuelle et douce que ma muse.
Avec une volupté qui me fait frémir, elle enlève son pull et offre une magnifique vision de ses seins recouverts de dentelle bleu nuit. Je déglutis difficilement et masse ma queue pour la soulager un peu de cette douleur qui la traverse.
Kennedy continue son show. Jamais je n’ai vu quelque chose d’aussi érotique. Était-elle déjà comme ça il y a trois ans ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n’arrive plus à réfléchir.
Une fois en sous-vêtement, elle grimpe à genoux sur le lit. Telle une tigresse, elle remonte avec lenteur entre mes cuisses. S’installe à califourchon sur ma trique. Son bassin ondule alors qu’elle dégrafe son soutif. Dès que sa poitrine me fait face, je porte mes mains sur cette divine tentation.
— Pas touche ! grogne-t-elle.
Je gronde de frustration.
— Tu veux me rendre barge.
En guise de réponse, elle presse ses lèvres contre les miennes. Je plaque ma paume sur son dos pour approfondir notre baiser. Seulement, elle a décidé de mener le jeu jusqu’au bout. Elle m’échappe donc et part embrasser ma mâchoire, mon cou, mes tétons… Sa descente langoureuse ne m’aide pas à contenir mes pulsions.
Pourtant, je n’ai encore rien vu. Je le comprends à l’instant où sa langue frôle mon gland qui dépasse de mon boxer. À présent, je n’ai plus qu’un seul rêve : la voir me gober dans mon entièreté.
Pas de chance pour moi, ce n’est pas son intention.
La voilà désormais à embrasser l’intérieur de mes cuisses.
— C’est un putain de calvaire, grogné-je.
Elle se redresse et me lance un foutu sourire espiègle avant de glisser ses doigts dans l’élastique de mon calbute. Sans se presser, elle le descend le long de mes jambes.
Elle va me tuer !
Mais au moins j’obtiens une partie de ma délivrance quand elle remonte vers moi. Sa langue lèche ma longueur. Joue avec mon point le plus sensible. M’avale.
— Bordel de merde ! Comment ai-je pu oublier à quel point tu es douée ?
Pendant qu’elle m’aspire, me suce, me lape, j’enroule ses cheveux autour de mon poing. Bien malgré moi, je donne des coups de bassin.
Je n’en peux plus !
Tout en elle, jusqu’à ses gémissements, me fait virer barge.
Au bord du précipice, je la repousse et l’allonge sur le dos.
À mon tour de la rendre folle. Je veux qu’elle prononce mon nom, me supplie de la prendre.
Ma bouche, ma langue, mes doigts partent à la redécouverte de ce corps que j’ai si souvent aimé. Je connais par cœur chacun de ses points sensibles. Comment l’oublier ?
Je me retrouve rapidement entre ses cuisses, mon nez plonge au cœur de sa féminité. Je me délecte de son odeur, de son goût. Elle se cambre, miaule pour mon plus grand bonheur. De mon index auquel je rajoute très vite mon majeur, je plonge en elle. Je me consume, littéralement, en découvrant combien elle est prête à me recevoir.
Putain de régal !
— Ronaaan…
Sa voix n’est que supplice. Seulement, elle a voulu jouer avec le feu qui brûle au creux de mes reins, qu’elle ne s’attende pas à ce que je sois coopérant sur le champ.
— Oui, ma puce ? demandé-je, en affichant un air taquin.
— Prends-moi.
Je secoue la tête.
— Pas encore.
Elle grogne, mais mes doigts et ma bouche lui font très vite oublier sa frustration. Sous les mouvements de plus en plus rapides de mon poignet et ma langue qui se déchaîne, ses muscles se contractent. La sentir jouir envoie une décharge électrique sur ma queue. Elle aussi voudrait bien connaître ce moment de félicité.
Je remonte vers Kennedy, l’embrasse à nouveau. Mon gland frotte contre sa moiteur.
Un éclair de génie me traverse le crâne juste avant que je m’enfonce en elle, mais…
— Merde ! Je n’ai pas de capotes.
— Je suis clean. Quand j’ai découvert que je n’avais pas été la seule… je… je me suis testée. Et j’ai un stérilet depuis… depuis la perte de notre bébé.
Sa douleur face à ses aveux ne m’échappe pas. Alors à travers mes yeux, je lui demande encore une fois de m’excuser.
— Ça va ? Tu veux qu’on arrête ?
— Non, n’arrête pas. J’ai vraiment envie de toi. On doit tourner cette page sur notre passé, une bonne fois pour toutes.
Je l’embrasse.
— Je suis clean aussi, lui avoué-je.
Elle hoche la tête.
En m’accordant sa confiance sur ce point, elle m’offre un magnifique cadeau.
— Qu’est-ce que tu attends pour venir, dans ce cas ?
Je souris.
Elle sourit.
Et je m’enfonce en elle d’un simple coup de reins.
Là, enfoui dans ses profondeurs, je retrouve enfin mon paradis. Je ferme un instant les yeux pour profiter de sa douce chaleur et, surtout, pour ne pas jouir de suite.
Quand je rouvre les paupières, je suis happé par son regard et cette myriade d’émotions qui le traverse. Toutes tellement plus belles les unes que les autres.
J’attrape ses mains, les hisse au-dessus de sa tête et, les yeux dans les yeux, je me retire pour mieux revenir l’instant suivant.
Une nouvelle mélodie s’immisce sous mon crâne. D’abord douce, lente et sensuelle. Nos corps sont les instruments avec lesquels j’exprime ces notes qui s’érigent devant mes yeux. Très vite le tempo s’enflamme, donnant à cette musique un air beaucoup plus torride. Nos voix s’élèvent à l’unisson dans un chant qui m’ensorcelle.
Mes va-et-vient se font de plus en plus désordonnés. Nos corps luisent de sueur.
Je suis sur le point d’écrire la dernière note quand Kennedy se contracte autour de mon membre. Un dernier vibrato et je jouis à mon tour.
Essoufflé, mais heureux, je m’effondre contre elle. Mon nez dans son cou, j’inspire profondément pour graver les notes de son parfum post-orgasmique dans ma mémoire olfactive.
Je suis bien, heureux d’avoir retrouvé mon véritable foyer.
Après quelques minutes, je me retourne afin de la libérer de mon poids. Aussitôt, elle se blottit contre moi, nos jambes enlacées, sa tête sur mon épaule. Je caresse son dos avec une infinie tendresse.
Trois coups contre la porte mettent un terme à ce moment de pur bonheur. Kennedy plonge son regard dans le mien et m’interroge en silence. Je lui réponds d’un haussement de sourcil. J’ignore qui peut venir nous emmerder. Puis…
— Merde ! On est dans la chambre de Malone !
Dans un même mouvement, nous nous relevons en panique et partons récupérer nos affaires. Nous nous empressons de nous rhabiller alors que l’intrus frappe à nouveau. Intrus dont je connais d’ores et déjà l’identité.
Je jette un œil sur son lit, témoin de nos retrouvailles très très chaudes.
Il va nous tuer.
La tronche furibarde de mon pote me traverse la cervelle. J’explose de rire. Étonnée, ma femme arque un sourcil. D’un mouvement de la tête, je lui désigne, tour à tour, le lit et la porte. Au moment où elle saisit la raison de mon hilarité, elle se marre à son tour.
Une fois décents, nous nous dirigeons vers la porte main dans la main.
— OK. Je ne vais pas vous demander ce que vous avez fait, mais on se casse dans dix minutes, nous informe Malone après que j’ai ouvert la porte.
Son regard sur mon sweat m’interpelle. Je baisse les yeux. Ouais, bon, je l’ai foutu à l’envers, on ne va pas en faire tout un plat.
— Pas de souci. On va juste prendre une douche et on arrive, répliqué-je en plantant mon regard dans le sien.
Il laisse sortir Kennedy, mais me bloque le passage.
— Tu joues à quoi ? râlé-je mécontent d’être séparé d’elle.
— À protéger votre derche et le sien en particulier, tête de gland !
Merde ! Perché sur mon petit nuage, j’ai oublié le danger qu’elle court.
— Heureusement que t’es là pour me rappeler à l’ordre, papounet.
Je tente l’humour pour me détendre, mais je fais chou blanc. L’angoisse qu’il arrive quelque chose à cause de moi à celle que j’aime plus que ma propre vie me tord les boyaux, comme tout à l’heure lorsque je l’attendais. Maintenant que je l’ai complètement retrouvée, je refuse catégoriquement de la perdre. Cette fois, j’en suis conscient, aucune autre femme ne pourra m’aider à me relever. Mon foyer, c’est elle et juste elle.
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