No right to love you T3 : Kennedy

Dana L. · Chapitre 5 sur 34

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No right to love you T3 : Kennedy

Chapitre 4

 

 

Kennedy

Revoir Ronan m’a ébranlée. Apprendre qu’il a une copine depuis presque quatre ans m’a littéralement tuée. Comment a-t-il pu me faire croire durant trois mois que j’étais la femme de sa vie alors qu’il menait une double vie ? Et dire que j’y ai cru. Dire que je pensais qu’il acceptait enfin de se libérer des chaînes qui le liaient à mes frères.

Du moins… jusqu’à ce matin-là où il a disparu sans me fournir la moindre explication, me laissant juste un cadeau, magnifique sur le coup, qui s’est très vite avéré empoisonné. C’était le lendemain du mariage de Kenan, je m’en souviendrai toute ma vie.

Pourtant, j’aurais dû voir clair dans son jeu. Maintenant que j’y repense, je me dis que j’ai vraiment été conne. Les signes de son infidélité étaient évidents. Combien de nuits n’est-il pas resté à mes côtés, en me fournissant des prétextes que je trouve désormais bidon ? Sans compter que le jour du mariage, il n’a pas eu un seul geste tendre envers moi. Sur le coup, j’ai cru qu’il craignait la réaction de mes frangins. Qu’il avait encore besoin d’un peu de temps pour les affronter et leur annoncer que nous étions ensemble ! À bien y réfléchir, je prends pleinement conscience que ça n’avait rien à voir avec eux. Il voulait tout simplement ne pas être pris en flagrant délit d’infidélité. Après tout, Kenan avait invité plusieurs personnes du label qui devaient connaître la bassiste des Flying Woman.

Va rôtir en enfer, je te hais !

Vu ce que je pense, dorénavant de ce sale connard, il est hors de question que j’approuve la décision de Rob. Qui accepterait de bosser avec son pire ennemi ? Pas moi en tout cas. Et ce n’est pas la discussion que je viens d’avoir avec Kenan qui changera quoi que ce soit à mon état d’esprit. À choisir, je préfère largement mettre un terme à ma carrière plutôt que de supporter la présence de Ronan. Que je ne supporterai pas, d’ailleurs ! Mes sentiments pour lui sont encore bien trop vifs, même si je le déteste tout autant. Il suffit que je me rappelle ce que j’ai ressenti, quand cette fille a annoncé à mes frères être sa copine (depuis bientôt quatre ans, bordel !), pour que je saisisse la teneur de ce que j’éprouve pour lui. J’ai cru que j’allais commettre un meurtre, sans savoir à qui j’allais arracher les yeux en premier.

Assise derrière le volant de ma voiture, j’appuie sur le bouton de la télécommande qui ouvre le portail de ma demeure. Voilà deux ans que j’en ai fait l’acquisition. Située dans la banlieue de Dublin, elle a été un immense coup de cœur dès que je l’ai vue. Cette maison d’architecte est cachée au reste du monde par un haut grillage dans lequel se mêle une végétation dense. Une véritable pépite… Un havre de paix quand je reviens de tournée.

Après avoir garé ma voiture à sa place, je rejoins l’intérieur. River, mon chien, un magnifique berger australien, me saute dessus à peine ai-je franchi la porte. Au moins lui, il est fidèle. Jamais il ne me trahira. Je m’accroupis et le serre contre moi. Il profite de ma position pour me lécher partout sur le visage.

— Alors ? Tout s’est bien passé avec ton producteur ?

Quand j’entends la voix d’Aaron, je plonge mon nez dans la fourrure de River. J’ai besoin d’encore un peu de temps avec mon chien, avant de déballer tout ce qui me pèse sur la poitrine depuis que j’ai quitté le bureau de Rob.

Au bout de quelques secondes supplémentaires, je finis par relever les yeux vers lui.

— Houla ! Toi, je crois que tu as pas mal de choses à me raconter.

Je hoche la tête, tout en me relevant. De toute façon, je ne pourrai pas lui mentir. Nous nous connaissons depuis trop longtemps maintenant pour que j’arrive à lui cacher des choses. Tous les deux, nous nous sommes rencontrés peu de temps après ma première nuit avec Ronan. J’étais encore à Trinity College et Aaron aussi. C’était un soir en boîte. Lou, la femme de Kenan, et l’une de mes meilleures amies, avait besoin d’oublier combien elle aimait ce dernier.

Je ne vais pas me replonger dans leur histoire, de toute manière, c’est du passé. Aujourd’hui, ils sont heureux tous les deux.

Bref.

J’en étais où, moi ?

Ah oui… J’ai donc rencontré Aaron en boîte. Nous sommes sortis ensemble jusqu’à ce que je réalise qu’il n’y avait qu’une très forte amitié entre nous. Normal, puisque je ne serai jamais capable d’aimer aussi fort un autre type que celui que je déteste le plus. Je sais, c’est totalement contradictoire.

Par la suite, Aaron est parti finir ses études en France, avant de revenir en Irlande.

Quand j’ai acquis la maison, je lui ai suggéré de s’installer avec moi. Ayant vécu avec mes frères pendant près de vingt ans, je ne me voyais pas m’y trouver seule. J’avais besoin de la compagnie de quelqu’un et qui de mieux que mon meilleur ami. Le proposer à Lou qui vivait déjà avec mon frangin ou à Aly qui habitait à New York me paraissait plus que débile.

— Allez, viens, me raconter tes malheurs, fait-il en glissant son bras sur mes épaules.

Sans que je puisse protester, il m’entraîne sur le canapé.

— Assieds-toi, je vais te chercher un remontant.

À savoir un pot de glace à la vanille dans lequel je plongerai une cuillère avec avidité avant de l’engloutir dans ma bouche, en poussant des gémissements de bonheur, comme chaque fois que j’ai un coup de cafard. J’ignore pourquoi ce parfum m’apporte ce genre de réconfort.

J’observe Aaron par-dessus mon épaule alors qu’il se rend jusqu’au congélateur. Mes yeux coulissent jusqu’à ses fesses parfaitement rebondies et fermes. Bien qu’elles ne le soient pas autant que celles de…

Quelqu’un plante un poignard dans mon cœur. Une fois… deux fois… mille fois.

Les larmes abondent dans mon regard. Je me mords la joue et lève les yeux pour éviter de pleurer. J’ai assez versé de larmes après avoir quitté mon frère. Je ne sais même pas comment j’ai réussi à rentrer sans avoir d’accident.

— Tiens ! fait Aaron en me tendant le pot de glace dans lequel la cuillère est déjà enfoncée.

Je le récupère, le remercie et porte une première bouchée à mes lèvres. Dès que le froid entre en contact avec mon épiderme, j’oublie tout. Quand la vanille se diffuse sur mes papilles, je ne peux contenir mon gémissement. Drôle de réaction, mais ça a toujours été comme ça.

Le regard d’Aaron pèse sur moi alors que je m’empiffre. Il attend avec patience et sagesse que je me sois suffisamment rassasiée pour me poser les questions qui lui brûlent certainement les lèvres. Quand il pense être dans le bon timing, il ouvre la bouche pour prendre la parole. Je lève une main devant lui pour lui demander encore quelques secondes. Ce que j’ai vécu durant les quelques minutes passées dans le bureau de Rob nécessite une ration plus importante que les autres fois.

— Les chiffres sont si mauvais que ça ? demande-t-il, malgré tout, complètement ironique.

Je le crucifie d’un regard noir. N’a-t-il pas compris que j’ai encore besoin d’une ou deux bouchées, voire trois, avant de pouvoir me confier ?

— D’accord. D’accord. Je me tais, énonce-t-il en levant les mains en signe de reddition.

Je le remercie d’un simple sourire, avant de retourner à la seule occupation dont j’ai besoin.

River vient s’installer à mes pieds alors que j’enfourne la dernière cuillère. Si je continue, je risque de vomir.

— C’est bon, cette fois ? Je la range ?

Ce mec est un amour. Un vrai type en or. Je ne dirais pas que c’est un frangin, mais il n’en est pas loin. Pour que je puisse le considérer comme tel, il faudrait qu’il existe entre nous un lien identique à celui qui me relie à Kenan et Kane. Ce qui ne sera jamais possible.

Munie d’un large sourire qui contraste avec mon chagrin intérieur, je lui tends le pot, dont il s’empare aussitôt.

Ce n’est qu’une fois revenu à mes côtés qu’il envisage sérieusement de disséquer ce qui se trame dans ma tête. Oui, tout à l’heure, ce n’était que pour tâter le terrain.

— Bon, alors, ce problème de chiffres ? Ça craint vraiment ?

Déduction logique d’un trader. Si le producteur nous a convoqués, à ses yeux, cela ne peut être qu’en raison d’un problème financier.

— C’est pire que ça.

— Quoi ? Comment ça ? Votre dernière chanson ne peut pas être un fiasco au point de faire couler le label.

— Tu sais que tout ne tourne pas autour du fric ?

— Oui, je sais. J’essayais juste de te dérider un peu… Bon, je l’avoue, j’ai un humour de merde.

— Là-dessus, tu n’as pas tort.

Aaron est vraiment génial, mais son sens de l’humour est complètement à revoir.

— Je l’ai revu, déclaré-je.

Il fronce les sourcils. Pour le moment, il semble à mille lieues de savoir de qui je parle. Puis son cerveau fait tilt, je le réalise à sa main qu’il tend vers mon ventre. Ventre qui a porté la vie trop peu de temps.

Quand je l’ai perdu, j’ai souffert comme jamais. La seule chose qui me reliait encore à l’homme de mes rêves m’avait été retirée par un foutu coup du sort. Maintenant que je connais sa double vie, je n’éprouve plus les mêmes ressentiments vis-à-vis du destin. Finalement, ce n’est pas plus mal comme ça.

— Oui. J’ai revu Ronan.

— Vous vous êtes parlé ? Il t’a dit quoi ? Tu lui as dit qu’il s’était barré après t’avoir mise enceinte ?

De tous mes amis, il est le seul à connaître cette grossesse. Il m’avait retrouvée dévastée par le silence de Ronan, face à mes nombreux messages pour l’informer que j’attendais son enfant. Mon ami a su me tirer les vers du nez et c’est ainsi qu’il a découvert ce que je cachais si précieusement. Par la suite, il m’a poussé à en parler avec mes amies ou mes jumeaux. Mais je n’ai jamais réussi à me confier à elles, encore moins à mes frères. Tous les deux se doutaient pourtant que je leur cachais quelque chose. Ils ont insisté, mais je leur ai tenu tête comme jamais. Après les confidences de Ronan sur son passé, je ne voulais pas que Kenan et Kane se disputent avec lui. Finalement, n’aurais-je pas dû déposer un peu de ce fardeau entre leurs mains pour qu’ils règlent mes problèmes à ma place ? Problèmes qui, d’ailleurs, n’ont jamais été résolus.

— Mollo sur les questions, l’apaisé-je en tapant mes paumes doucement dans le vide.

Je sais combien il déteste ce que j’ai vécu à l’époque où j’ai tout perdu et que, en général, il a tendance à s’énerver dès que ce sujet revient sur la sellette. Au même titre que mes frères, Aaron veut mon bonheur. Il est même prêt à dégommer quiconque me fera du mal. Heureusement qu’il n’a jamais rencontré Ronan au cours de ces trois dernières années, sinon je n’aurais pas donné cher de sa vie.

— OK. Mais parle.

J’opine du chef et me lance dans un monologue au cours duquel je lui relate tout au sujet de cette réunion dans le bureau de notre producteur. À plus d’une reprise, Aaron affiche diverses grimaces.

— Donc, tu vas démissionner ? Parce que si tu veux mon avis, Rob ne va pas lâcher comme ça.

— J’en sais rien. J’ai discuté avec Kenan et il aimerait vraiment que Ronan revienne parmi nous. Seulement, je ne crois pas avoir la force de supporter de le voir tous les jours… Encore moins avec sa copine… T’imagines, presque quatre ans !

Il pose sa main sur la mienne pour me réconforter.

— Et sans elle, tu accepterais ?

Sa question me prend au dépourvu. Moi, tout ce que j’ai vu quand j’ai refusé, c’est qu’ils seraient tous les deux, ensemble, à afficher leur amour sous mes yeux. Ça, clairement, je ne pourrai jamais le supporter. Aurais-je accepté s’il n’y avait eu que Ronan ? Oui… peut-être… Non. Je n’en sais rien. Sa disparition m’a mis une claque magistrale, mais j’aurais pu prendre sur moi et toléré sa présence, même si ça avait été contrecœur.

— Je vais t’aider à me répondre. Tu m’as dit que ton manager avait mis en avant leur claviériste et l’autre connard, mais rien au sujet de la seconde nana. Donc, on peut supposer qu’elle n’est pas indispensable, n’est-ce pas ?

Je hausse les épaules. En vérité, je n’en ai aucune idée.

— Toi, ton plus gros problème, c’est que tu es toujours dingue de ce type, malgré ce qu’il t’a fait, et que face au couple qu’il forme avec l’autre, tu crèves de jalousie. Du coup, imagine que tu revives cette scène, mais cette fille ne fait plus partie du décor. Tu le revois. Ton regard se remplit de paillettes. Tu lui fais les yeux doux, il te répond d’un sourire en coin qui affole ton cœur. Et là, fin de la magie, Rob et Malone vous annoncent que les deux intrus présents dans son bureau ont accepté la proposition et que vous devez signer les nouveaux contrats. Toi, vu que t’es pas au courant (merci à mon téléphone de m’avoir lâchée au plus mauvais moment et à mes frangins de n’avoir rien dit ! Grrr !), tu demandes qu’on t’éclaircisse les idées. C’est bon, tu visualises bien la scène, avec tes hormones en ébullition et tout ?

Dépitée, je secoue la tête.

— Tu crois vraiment que je peux avoir les hormones en ébullition alors qu’il s’est cassé après m’avoir mise enceinte.

— Objection, votre horreur ! fait-il, taquin, en levant son index tandis que mes billes roulent dans leur orbite devant son lapsus volontaire. Il n’a jamais été au courant de ta grossesse.

— Normal, puisqu’il avait disparu. T’as l’intention de te faire l’avocat du diable ou quoi ?

— Non, absolument pas. Je sais qu’il t’a vraiment blessée et, pour ça, il mérite un bon ravalement de façade. J’essaie juste de trouver une solution à ton problème encore plus épineux que la bourse, que je maîtrise parfaitement au passage. Alors, maintenant, tu m’écoutes et tu visualises la scène que je t’ai décrite.

— OK, soufflé-je, excédée.

Je ferme les yeux et tente de faire abstraction de la présence de cette fille qui me file des boutons. Je n’aurais pas regardé Ronan. Je me serais contentée d’attendre que Rob nous explique les raisons qui l’avaient poussé à nous convoquer…

— Tu oublies qu’il a une copine depuis longtemps, qu’il t’a donc menti sur toute la ligne et tu donnes la réponse à ton producteur. Au cas où ce ne serait pas assez clair pour toi, je joue son rôle.

… J’aurais soufflé, puis acquiescé. Je ne suis pas une chieuse, encore moins une diva comme a pu le croire l’autre. Quand bien même il m’arrive de donner mon avis, je n’en fais pas des caisses s’il n’est pas écouté. J’ai passé l’âge des caprices depuis longtemps.

— Je me serais contentée de suivre le mouvement, confessé-je, en ouvrant à nouveau les paupières pour plonger mes yeux dans ceux d’Aaron.

— Dans ce cas, contacte Rob et dis-lui que tu acceptes à la condition qu’elle ne fasse pas partie du paysage.

— Oui, mais, maintenant, je sais. Alors, j’ignore si j’arriverai à bosser avec lui.

— Tu sais, il ne revient qu’à toi de lui faire payer. Déjà tu pourrais commencer par lui parler de cette grossesse.

Je le dévisage. Pourquoi s’entête-t-il avec ma grossesse ? Après tout, c’est du passé et en plus elle s’est soldée par une fausse couche à deux mois.

— Qu’est-ce que tu me caches, beau gosse ?

— Moi ? feint-il l’étonnement.

— Oui, toi, répliqué-je en pointant son index sur son torse.

Juste avant qu’il détourne la tête, j’aperçois un léger trouble dans son regard.

Quelques secondes s’écoulent dans le plus grand silence. Je m’inquiète pour lui, ça ne lui ressemble pas de se montrer si taciturne.

— J’ai un deal. Tu acceptes que Ronan réintègre votre groupe et je te parle de ce qui me tracasse.

— De toute façon, je ne crois pas avoir vraiment le choix. Même si ça m’emmerde, même si je dois supporter Ronan et sa copine va me faire souffrir, je ne peux pas renoncer au groupe. Mes frères ne me le pardonneraient pas. C’est toute leur vie.

— Sage décision, mais pense à dire à Rob que tu es d’accord, sauf pour elle.

J’acquiesce et change de sujet.

— Bon, maintenant à toi, beau gosse. Depuis tout à l’heure, tu insistes sur la grossesse, quelque chose à me cacher ?

Il porte son regard sur un point imaginaire sur la cheminée.

— J’ai appris que j’étais papa.

— Oh, mais… félicitations ! m’exclamé-je en l’entourant de mes bras.

— Je crois que tu n’as pas très bien compris. Je viens de te dire que j’avais appris que j’étais papa et non pas que j’allais être papa. Ce n’est même pas elle qui me l’a annoncé, mais sa mère, en me traitant de tous les noms. Putain, t’imagines, je me suis fait incendier alors que j’ignorais l’existence de ma gamine !

Cette révélation me coupe le souffle. Comment une femme peut-elle cacher son enfant à un homme ? Quelle sorte de garce est-elle ? Moi, je n’avais pas cette possibilité, c’est différent. Si j’avais su où se planquait Ronan, je le lui aurais dit. Bon, d’accord, j’aurais pu l’apprendre en passant par l’un de mes frères, ce que je n’ai pas fait. Cependant, j’avais encore besoin d’avaler qu’il m’avait larguée sans un mot. J’avais vraiment prévu de le faire, mais plus tard. De toute façon, tôt ou tard, j’aurais bien dû révéler aux doubles le nom du père du bébé que j’attendais. Mon ventre aurait fini par se voir. Chose qui ne s’est jamais produite.

— T’imagines, elle a huit ans et elle ne sait même pas que j’existe. Pourquoi sa mère ne m’en a jamais parlé ? Merde, j’ai un bon boulot qui paie super bien, je pourrais subvenir à ses besoins. J’aimerais tellement la rencontrer. C’est ma fille, quoi !

D’un coup, mes problèmes de cœur me paraissent dérisoires face à ce qu’il traverse.

— On va trouver une solution, lui promets-je en le prenant dans mes bras.

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