Sommes-nous tous des criminels ?
11 – La télévision, les jeux vidéo, Internet et les autres médias sont-ils criminogènes ?
11 – La télévision, les jeux
vidéo, Internet et les autres
médias sont-ils criminogènes ?
Cette question fait l’objet d’un grand nombre d’études et il existe
plusieurs théories sur le sujet. Certains chercheurs mentionnent qu’il y
aurait un effet d’apprentissage et que la télévision, les jeux vidéo, ainsi que
les autres médias(47), seraient susceptibles d’augmenter les comportements
violents des utilisateurs(48). Cependant, d’autres criminologues affirment
que la violence visionnée éviterait à l’auteur potentiel d’avoir à agir par lui-
même, diminuant ainsi sa propension à la violence, par catharsis. Entre ces
deux extrêmes, d’autres théories soutiennent par exemple que l’effet
d’imitation existe et que la manière de commettre un acte violent serait
influencée par ce que l’on voit dans les médias, mais que ce sont d’autres
facteurs qui influencent le passage à l’acte lui-même ; ou encore que la
violence visionnée n’augmente pas à proprement parler la violence du
spectateur, mais le renforce dans ses attitudes violentes et le désinhibe par
rapport à des comportements agressifs banalisés par les médias.
Dans l’ensemble, bon nombre de recherches concluent que, plus on est
confronté à la violence dans les médias – et à la télévision en particulier –
plus on est soi-même violent. Il ne suffit toutefois pas de démontrer qu’il
existe un lien entre la violence visionnée et les comportements violents des
individus pour savoir dans quel sens va la relation causale. En d’autres
termes, devient-on violent parce que l’on regarde des images violentes, ou
regarde-t-on des images violentes parce que l’on est soi-même déjà violent
et qu’on aime voir cela ? Les recherches qui se penchent sur le sens de cette
causalité ne sont malheureusement pas unanimes quant à leurs résultats(49).
Nous n’avons donc pas de réponse définitive à offrir aux lecteurs sur cette
question ! Toutefois, il faut admettre qu’en dehors de l’armée, il n’existe
pas, à notre connaissance, de soutien plus fort que celui qui est apporté par le cinéma, la télévision et les jeux vidéo à l’idée que la violence serait un
mode adéquat de résolution des conflits dans notre société…
Dans le domaine des jeux vidéo, il a par ailleurs pu être démontré que les
adeptes réguliers de jeux de courses automobiles s’avèrent être de plus
piètres conducteurs dans la réalité que les personnes qui ne jouent pas à ce
genre de jeux. Là encore, l’existence d’une corrélation ne dit rien sur le sens
de la causalité, même si, dans ce cas, l’hypothèse de joueur qui conduit
moins bien est probablement plus logique que celle du “mauvais”
conducteur attiré par les jeux de conduite automobile.
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