Divorcer d'un manipulateur
Introduction
« Bonjour Madame,
Je viens de terminer votre livre Échapper aux manipulateurs et deux impressions s’imposent à moi :
— Ce livre m’est personnellement destiné tant il est le reflet de ma vie depuis des années.
— Le sujet de ce livre est mon ex-mari, tant sa description correspond à la virgule près. C’est lui à 250 % !!!
Je suis divorcée et depuis 10 ans, il a mis au point une machine de guerre pour me détruire. Pour ce faire, il a utilisé tous les stratagèmes possibles mais je n’ai jamais plié d’un pouce. Alors, il a décidé d’enlever mes (nos) enfants, dont les deux derniers sont mineurs. Au préalable, il les a manipulés depuis notre divorce et s’est assuré de leur loyauté en les faisant participer au pillage financier d’associations d’aide aux victimes qu’il a créées. L’intérêt pour eux étant double : l’argent coule à flot et à discrétion, et une totale liberté (entendez : plus de règles, plus d’adulte pour les éduquer. Ils sont livrés à eux-mêmes).
Mon ex-mari n’a jamais payé un centime de la pension pour l’éducation des enfants (aujourd’hui, le montant s’élève à 60000 euros d’impayés). Ce qui me sidère dans cette histoire, c’est que, malgré la dizaine de plaintes déposées à son encontre (abandon de famille, soustraction de mineurs, non restitution d’enfants….), il n’a jamais été inquiété.
Dernièrement, le JAF vient d’entériner le changement de domicile des enfants mineurs à son bénéfice, au prétexte que le juge a entendu les enfants, qu’il les trouve non perturbés et capables de décider, alors même que j’alertais simultanément les instances sur leur comportement et les déviances et machinations manichéennes de leur père avec preuves à l’appui : trois ans de discussions par mail que je viens de découvrir, dans lesquelles il leur explique comment il va les enlever et quelles pressions ils devront faire sur moi pour que j’enlève mes plaintes.
Mes enfants sont tous de brillants élèves. L’aîné a été déscolarisé par son père à 16 ans (en catimini), les deux autres, en 1ère et en Terminale, commencent déjà à descendre en flèche. Bilan des opérations : le juge ayant statué sur un droit de visite libre pour les enfants, je n’ai plus aucune nouvelle et ne les ai pas revus depuis plus de six mois, alors qu’ils ne m’avaient jamais quittée.
La justice reste sourde, les enquêtes sont extrêmement longues. Comment puis-je faire reconnaître le danger et l’intérêt de mes enfants ? Lorsque je parle de manipulation, on me répond que cela est subjectif alors que j’ai des preuves accablantes.
J’assiste impuissante à la chute des enfants dans ce même état, de mensonge et de mauvaise foi, alors que je tente vainement de leur ouvrir les yeux : ils se moquent bien de moi et m’évitent. Je sais qu’ils sont tous atteints du syndrome de Stockholm avec d’autres symptômes physiques comme des pelades et de l’eczéma et qu’ils vouent une admiration sans bornes à ce père qui n’en porte que le nom. Merci de me dire comment aider mes enfants.
Recevez, Madame, l’assurance de toute ma considération. »
J’ai reçu ce mail tout récemment. Ce qui est troublant à sa lecture, c’est que son contenu aurait pu être écrit par une majorité de mes clientes. Tout ce qu’elles vivent dans le cadre d’un divorce avec un manipulateur y est décrit :
— une guerre totale avec une volonté d’anéantir la fugitive ;
— la punition par l’enlèvement et l’aliénation des enfants ;
— l’implication du manipulateur dans des actions caritatives (ou cercles prestigieux, sphères d’influence, clubs sélects, réseaux de connivence, conseils d’ordre, etc.) qui lui donnent une impunité certaine et surtout une image irréprochable ;
— la malhonnêteté et le non-paiement des pensions alimentaires ;
— le lavage de cerveau des enfants ;
— la permissivité du parent manipulateur : enfants livrés à eux-mêmes, incités à la paresse (arrêt des études) et à la perversité (implication de ses propres enfants dans des mensonges et des escroqueries) ;
— la lenteur, la lourdeur et l’incompréhension du système judiciaire ;
— l’impression que les plaintes n’ont aucun impact ;
— la souffrance d’une mère qui assiste impuissante à la destruction de ses enfants ;
— l’impossibilité de faire comprendre à l’entourage la nature du piège qui est en train de la broyer ;
— et enfin « tous les stratagèmes possibles » : l’expression résume bien toutes les mesquineries, méchancetés, bassesses, tracasseries,complications créées par le manipulateur et que chacune de mes clientes pourrait illustrer d’une centaine d’exemples aussi personnels qu’universels.
Cela fait des années que j’entends ce récit, toujours le même à de très faibles variantes près. Dans mon bureau, les victimes confient sincèrement tout ce qu’elles vivent dans le huis clos conjugal. Je suis donc quotidiennement le témoin de ce qui se passe loin de tout observateur, dans le dos des juges, des policiers et des intervenants sociaux. Elles me racontent des faits graves, sordides, odieux, dont leur famille et leurs amis (quand il leur en reste !) ne soupçonnent même pas l’existence. Avec moi, les victimes analysent les situations et finissent par découvrir les chausse-trappes de leur conjoint. Par exemple, elles réalisent que leur manipulateur leur décoche des flèches empoisonnées, juste quelques secondes avant de se retrouver face au juge ou au pédopsychiatre, de façon à les bouleverser et les amener à se discréditer « toutes seules ». Dans mon bureau, en l’espace d’une consultation, j’entends souvent vibrer trente fois de suite le téléphone portable d’une de mes clientes, qui devient de plus en plus nerveuse. À la fin de la consultation, elle me fait écouter les messages pressants, menaçants, et de plus en plus angoissants, que son manipulateur a laissés à chaque appel. Le surnom qu’il lui donne est faussement affectueux et surtout débile et infantilisant. Le ton est impérieux et lugubre : « Bébé, t’es où ? Décroche ! », « Bébé, qu’est-ce que tu fous ? Rappelle-moi tout de suite ! », « Bébé, merde ! Je m’inquiète, t’as intérêt à rappeler au plus vite ! », etc. Elles me font lire les lettres, les mails, les textos. Elles me rapportent les anecdotes, les menaces et les représailles qu’elles subissent. Ces attaques sont tellement stupides, mesquines et puériles que les gens « sérieux » ne peuvent accepter de les entendre et refusent de leur accorder la moindre crédibilité. Comment concevoir qu’un conjoint adulte puisse s’abaisser à de tels comportements infantiles ? Cette victime débloque ! Elle invente forcément des horreurs pour discréditer son conjoint ! J’assiste quotidiennement à la descente aux enfers de ces victimes, à la destruction de leurs enfants, broyés par des procédures judiciaires que le manipulateur orchestre avec délectation.
À ce jour, nous sommes encore si peu nombreux à croire les victimes lorsqu’elles témoignent, à les comprendre, à savoir ce qu’elles vivent ! Pourtant, lorsqu’ils sont sensibilisés au problème de la violence psychologique, mes confrères et consœurs entendent et relatent exactement les mêmes faits que moi. Par exemple, le docteur Geneviève Pagnard
raconte dans son livre Les Relations toxiques1 que plusieurs des victimes qu’elle suit lui ont raconté la scène suivante : lors d’un trajet en voiture, parce qu’elles l’ont contrarié (souvent à propos d’une broutille), leur manipulateur a effectué le simulacre de jeter la voiture pleine d’enfants sous un camion, pour les terroriser. Moi aussi, j’ai entendu cette histoire tant de fois dans la bouche de mes clientes !
Bien que les manipulateurs existent depuis la nuit des temps, bien que leurs comportements soient totalement stéréotypés, je suis toujours surprise de constater à quel point ces sinistres individus restent mal connus :
— mal connus du grand public qui pourtant les côtoie quotidiennement ;
— mal connus des institutions dont ils encombrent pourtant l’appareil judiciaire ;
— mal connus des experts qui leur apportent encore trop souvent leur caution ;
— mal connus des médecins et des psys dont ils saturent pourtant les cabinets avec les plaintes de leurs victimes ;
— mal connus des victimes elles-mêmes, qui se réveillent en général trop tard, quand le piège a fonctionné et qu’il s’est refermé sur elles et sur leurs enfants.
Alors j’ai eu envie de mettre tout ce matériel amassé en vingt ans de pratique à la disposition de qui voudra enfin savoir, comprendre, guérir et si possible, enfin prévenir.
Ce livre est également la suite de Échapper aux manipulateurs. Il répond à la demande de toutes ces mères qui, après sa lecture, m’ont fait part de leurs interrogations sur la suite à donner : « Grâce à votre livre, j’ai bien compris qui il était et j’ai pu divorcer. Merci ! Ouf, je suis libre et je revis. Enfin presque, parce que la procédure s’éternise. Il fait tout pour empêcher la vente de la maison. Il multiplie les procès et les demandes d’expertise et maintenant, en plus, il s’en prend aux enfants ! Il les manipule, les monte contre moi et les oblige à demander eux-mêmes la garde alternée. Bref, il continue à me pourrir la vie, il m’épuise. On est tout le temps en rendez-vous avec des médiateurs, des experts, des enquêteurs sociaux. Je dois faire une collecte d’attestations de toutes parts. Il me ruine en frais d’avocat. Je n’en vois pas le bout. C’est un boulot à plein temps de divorcer ! Dites-moi comment je peux faire ? »
J’ai donc choisi de faire de ce livre :
— un fil d’Ariane pour permettre aux victimes de s’évader du labyrinthe mental et juridique sans se faire détruire par leur Minotaure personnel. Puissent-elles toutes lire ces pages avant même d’entamer toute démarche de séparation !
Ce qui vous attend est sinistrement stéréotypé. Je suis lasse d’entendre mes clientes me dire, évidemment lorsqu’il est trop tard pour rattraper le coup : « C’est dingue, il a fait exactement ce que vous aviez prédit. Je n’aurais jamais cru que le père de mes enfants puisse un jour… » Grâce au témoignage de toutes celles qui sont passées par là avant vous, je voudrais vous prévenir, vous outiller et autant que faire se peut, baliser et déminer le terrain sur lequel vous allez devoir vous engager.
Parce qu’elle l’atteint dans son narcissisme et dans sa toute-puissance pathologique, la séparation attise la haine de votre manipulateur. Son esprit de vengeance, son envie de vous blesser et son besoin de vous punir vont rapidement dériver vers la volonté de vous détruire. Non, sa colère ne se calmera pas. Que vous le vouliez ou non, il vous fera une guerre totale, sans merci. Il vous faudra renoncer à l’apaiser et oser enfin l’affronter, ce que vous auriez dû faire dès le début. Puis vous devrez apprendre à deviner et à anticiper toutes les chausse-trappes qu’il vous tendra, apprendre à vous protéger, à vous défendre, et à vous battre. Il vous faudra aussi apprendre à pratiquer l’affirmation tranquille de vous, pour pouvoir rasséréner et protéger vos enfants.
— un trou de serrure pour permettre aux instances juridiques et sociales d’avoir accès à ce qui se passe dans leur dos ;
Les expertises sont faussées par le double visage du pervers. Lors des enquêtes sociales, les manipulateurs brouillent les cartes. Flatteurs, voire enjôleurs, ils savent lapider leur compagne avec un air faussement bienveillant. « Ma femme n’est pas très maternelle », dit-il d’un air contrit. « Ce n’est pas de sa faute, elle a eu une enfance difficile. Elle ne sait pas y faire avec les enfants, c’est pour ça qu’elle s’énerve tout le temps. Surtout quand elle a bu… Alcoolique ? Non, je ne dirais pas cela. Elle a juste un fond dépressif ! » Voilà l’épouse habillée pour l’hiver et n’ayant aucun moyen de rétablir la vérité. D’abord parce qu’elle ignore ce qu’il a dit sur son compte. Ensuite parce qu’elle est conditionnée à protéger loyalement l’image de son compagnon. Et comme elle présente les signes de dépression qu’il a énoncés, la version du mari semble crédible. Il ne reste plus à l’épouse naïve qu’à proposer un apéritif à son visiteur pour que son alcoolisme soit établi.
En justice, les victimes se défendent très mal et se présentent sous leur pire jour. Les tentatives de médiation sont l’apothéose du processus. Sachant que ce qui se dit au cours de cette médiation restera inconnu du juge, donc n’aura pas d’impact judiciaire, le manipulateur prend un plaisir aigu à jouer avec les médiateurs, à les promener et finalement les attacher à sa cause. En parallèle, ces rencontres sont l’occasion de continuer le harcèlement de sa victime. Même avec un bon coaching et du soutien en parallèle, les victimes ressortent laminées et dévastées de ces séances de médiation. Pourtant, certains signes devraient être devenus caractéristiques pour tous les intervenants judiciaires : la victime semble hystérique et déstructurée (une vraie folle !) ou complètement naïve et absente, alors que le conjoint, lui, est tellement calme et posé. De même,une mère qui accepte sans broncher la garde alternée pour un enfant trop jeune, qui valide un partage de biens très inéquitable ou qui demande une pension dérisoire, est probablement sous l’emprise de la terreur et cela devrait attirer l’attention des juges.
— une alarme pour réveiller la société en train de se faire manipuler et endoctriner par une poignée d’individus haineux et destructeurs.
J’ai longtemps cru qu’il s’agissait juste d’une méconnaissance du problème et qu’il suffisait de faire évoluer les mentalités. Mais je me rends compte aujourd’hui que le problème est plus grave que cela. Les croyances et les principes de base des manipulateurs sont en train de gangrener l’inconscient collectif. Leurs discours sont maintenant repris candidement par des gens de bonne volonté, sans recul ni réflexion.
Par exemple, les manipulateurs sont profondément misogynes. Ils haïssent les femmes et règlent avec leur épouse les problèmes qu’ils n’ont pas réglés avec leur mère. Pour eux, toutes les mères sont abusives, surprotectrices, dans le déni du père et dans une fusion malsaine avec leur enfant. De même, les manipulateurs nient la spécificité de l’enfance et traitent les tout-petits comme des minis adultes. À les entendre, les mères sont inutiles, interchangeables et peuvent être remplacées par le père ou sa copine du moment. Ce discours fait son chemin. Qui se souvient aujourd’hui qu’un enfant de moins de six ans est un petit mammifère qui a besoin d’un maternage de haute qualité, donc d’une maman proche de son enfant, protectrice et affectueuse ? Qui va envisager qu’une résidence alternée sur un enfant si petit va le dévaster psychiquement ?
Enfin, les manipulateurs savent se placer en victimes pour qu’on les plaigne. Les pères pervers sont de grands braillards. Ils théâtralisent leur atroce souffrance d’être séparés de leurs enfants et cela marche. La cause de ces pauvres pères privés de leurs enfants prime de plus en plus sur les besoins fondamentaux des enfants : avoir un lieu de vie stable et une maman pour les border. Seules les mères savent que ces pères en apparence désespérés ne se sont jamais occupés de leurs enfants avant la séparation, et que dès qu’ils en auront obtenu la garde, ils les fourgueront comme des paquets encombrants à leur compagne du moment ou… à leur mère !
Des hommes ou des femmes ?
Dans mon précédent livre sur ce thème de la manipulation mentale, j’avais choisi de parler à égalité des cas de manipulations provenant de femmes ou d’hommes. Dans la vie de tous les jours, dans le cadre du travail, du voisinage ou de la famille, les manipulatrices semblent être aussi nombreuses que les manipulateurs. Le chiffre le plus souvent avancé est de 4 % de la population, avec une petite dominance des hommes sur les femmes. Mais comment compter avec précision des gens sournois avançant masqués ?
Dans Femmes sous emprise2, Marie-France Hirigoyen confirme que le pourcentage de violences conjugales reste le même dans les couples lesbiens et homosexuels. Il ne s’agirait donc pas d’une domination masculine imposée aux femmes, mais d’une frange de la population, hommes et femmes confondus, qui exerce une toute-puissance pathologique et perverse sur leur conjoint. Les hommes seraient donc statistiquement aussi nombreux à être aux prises avec une manipulatrice. Mais où sont-ils ? 98 % des cas de violence conjugale recensés concernent des femmes.
C’est pourquoi dans le cadre de l’écriture de ce livre, cette volonté d’équité entre les deux sexes me pose un problème éthique. Sans doute les hommes manipulés existent-ils, sans doute sont-ils aussi malheureux que leurs sœurs d’infortune, mais je les connais à peine. En vingt ans de pratique, j’ai eu très peu de cas où l’homme était victime d’une manipulatrice, alors qu’au cours de toutes ces années, j’ai vu défiler dans mon bureau un nombre incalculable de femmes aux histoires étrangement similaires. Je chiffrerais aussi à environ 2 % le nombre d’hommes qui me consultent pour échapper à une conjointe manipulatrice. Ceux qui me consultent endurent les mêmes violences, aussi stéréotypées, que celles que subissent les femmes. Ils se font le même souci pour leurs enfants, qu’ils savent aux prises avec une folle. Ils me disent qu’ils sont blessés que la plupart des livres sur la manipulation mentale s’adressent aux femmes victimes et nient quasiment l’existence des hommes harcelés. Mais la proportion d’hommes victimes par rapport aux femmes victimes est objectivement très déséquilibrée, en tout cas dans ma pratique. Alors, dois-je m’adresser à des absents ?
De ce fait, lors de l’écriture de ce nouveau livre, j’ai pris le parti d’adopter majoritairement le point de vue des femmes victimes d’hommes manipulateurs. Au risque de froisser quelques susceptibilités masculines,je refuse de masquer dans une illusion de réciprocité ce phénomène alarmant qui touche essentiellement les mères et leurs enfants. Du reste, cette exigence de parité parfaite est justement une des façons de noyer le poisson cher aux manipulateurs. De plus, même si l’emprise psychologique est une domination qui peut être exercée indifféremment par les deux sexes, il y a néanmoins au niveau de la société un mépris des femmes et une domination masculine qui aggravent ce processus de violences conjugales.
Oui, il existe indéniablement des hommes qui vivent aussi ces violences. Je donnerai quelques exemples relatés par les rares hommes qui m’en ont parlé. Mais statistiquement,ce sont surtout les femmes qui endurent les violences conjugales et qui en meurent. Formatées par leur éducation à être trop compréhensives et maternantes, elles sont objectivement les plus exposées et les principales victimes, ainsi que leurs enfants. Alors, occupons-nous déjà de mettre les femmes et les enfants à l’abri. Ensuite, quand ils se manifesteront en nombre, on s’occupera aussi des hommes victimes.
Ce livre dénonce statistiquement 2 % des hommes et 20 % des divorces. Je supplie les hommes sympas (98 % donc), les papas adorables, les divorcés normaux, de ne pas se sentir visés par le contenu de ce livre, mais au contraire de soutenir leurs amies, leurs sœurs, leurs filles, aux prises avec de tels salauds. Il y va de l’honneur masculin de ne pas cautionner activement ou passivement les comportements de quelques hommes déviants.
Enfin, dans mon précédent livre, j’avais eu à cœur de démystifier les pervers et de dédramatiser les agissements des manipulateurs. Ce sont des gens lâches et sournois qui deviennent inoffensifs quand on les cadre fermement. Je reste convaincue que ces individus n’ont de pouvoir sur nous que par la peur qu’ils nous inspirent, et que si on les diabolise, on sert leur cause. Mais dans le cadre d’un divorce avec enfants, c’est l’inverse. À mon avis, les épouses n’ont pas assez peur ou en tout cas, elles ne se défendent pas de manière réaliste. Elles n’imaginent pas ce qui les attend. Elles sont naïvement persuadées qu’il est « juste fâché » par la rupture et qu’il va se calmer avec le temps. Elles croient qu’un père ne peut qu’aimer ses enfants et respecter leur mère, donc qu’il se comportera civilement pendant la procédure. Or il n’en sera rien. Ces hommes sont sans affect. Ils haïssent les mères et jalousent les enfants heureux, y compris et surtout les leurs. Pour atteindre leur ex, ils n’hésiteront pas à faire du mal à leurs propres enfants, j’en donne beaucoup d’exemples véridiques dans ce livre.
Cette fois, parce qu’il s’agit de la protection des mineurs et qu’il faut réveiller les mères avant qu’il ne soit trop tard, je ne minimiserai pas le danger. Ces manipulateurs, dans le cadre familial, sont particulièrement dangereux. Ce sont des pervers narcissiques, des manipulateurs destructeurs. Leurs conjointes et leurs enfants sont bien des victimes. Victimes d’une escroquerie mentale, d’un rapt psychologique, victimes d’un lavage de cerveau, victimes d’une destruction organisée de leur intégrité physique et morale.
Dans Échapper aux manipulateurs, j’apportais cette précision à propos des exemples que je relatais dans ce livre : « Les premiers lecteurs de mon manuscrit m’ont conseillé de préciser que tous les exemples que je cite dans ce livre sont authentiques. Ils les trouvaient parfois tellement énormes et caricaturaux qu’ils ont pensé que j’exagérais. Il n’en est rien. Je vous confirme donc que je n’ai rien inventé et que tous les exemples que je donne sont directement issus du vécu de ma clientèle. Je n’ai changé que les prénoms des protagonistes pour préserver leur anonymat. Cependant, ceux qui vivent ces situations au quotidien auront sûrement leur propre lot d’exemples aussi incroyables à raconter et sauront déjà que je n’exagère pas » Cette précision vaut également pour cet ouvrage-ci : les situations que je cite sont encore plus dramatiques et les exemples pourront paraître encore plus énormes, mais ils sont tous authentiques. En entrant chaque jour plus avant dans l’intimité de ces couples dysfonctionnants, j’ai eu accès à la noirceur de l’âme des manipulateurs, à leur sadisme, mais aussi à leur niveau de stupidité. Je sais jusqu’où ils sont capables d’aller. Je veux que vous le sachiez aussi.
Enfin, comme je consulte par Skype et par téléphone sur le monde entier, les exemples que je donne concernent toutes les régions de France. Certains cas sont même hors frontières. Je ne voudrais surtout pas que les acteurs de la justice de ma région se sentent directement visés !
Maintenant, commençons par le commencement : il était une fois un homme et une femme… ou plus précisément, un prédateur déguisé en prince charmant et sa future victime…
1 Voir bibliographie.
2 Voir bibliographie.
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