Divorcer d'un manipulateur

Christel Petitcollin · Chapitre 16 sur 40

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Divorcer d'un manipulateur

Le complexe de Cendrillon : un facteur aggravant

 

La Belle et la Bête

 

On reproche souvent aux femmes subissant des violences d’être sottes et maso. C’est à elles de refuser les vexations et de se faire respecter. Pourtant dans l’éducation des filles, tout est fait pour que les femmes deviennent douces, patientes, aimantes et conciliantes en toutes circonstances. Dès le plus jeune âge, le mythe de la femme fragile qui attend le prince charmant en se faisant belle est inculqué aux fillettes. On les encourage à se déguiser en princesses à Mardi gras ou aux anniversaires et à rêver au prince charmant. C’est pour cela que le tout premier fantasme des femmes, que certaines garderont toute leur vie, c’est d’être une princesse.

Dans les contes de fées, les princesses sont d’une passivité consternante et acceptent sans broncher les mauvais sorts, les brimades des marâtres et les tâches ménagères. Elles en sont toujours récompensées. De même, dans les comédies romantiques, les scénarios montrent des femmes molestées tout le film et récompensées à la toute fin par la rédemption du mufle qui tombe finalement éperdument amoureux. C’est la trame de La Belle et la Bête, que l’on cuisine à toutes les sauces.

Voici deux exemples de films véhiculant des programmations handicapantes pour les femmes.

 

Pretty Woman

 

Pretty Woman est un film culte pour plusieurs générations de filles. Edward Lewis (Richard Gere) paye Vivian ( Julia Roberts) pour avoir des relations sexuelles avec elle. À quelques minutes de la fin du film, il n’envisage encore que de l’installer dans une garçonnière à New York. C’est-à-dire qu’il la considère clairement comme une prostituée et rien d’autre. Pourtant le scénario fait dire à une Vivian énamourée : « C’est la première fois qu’un homme me respecte. » Il est important aussi de noter qu’à la fin du film, Vivian a bien failli reprendre des études pour avoir enfin un travail honnête, mais ouf ! Elle n’en a finalement pas eu besoin, Edward qui est riche, va finalement l’épouser.