Divorcer d'un manipulateur

Christel Petitcollin · Chapitre 34 sur 40

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Divorcer d'un manipulateur

Bien choisir son avocat

 

Le droit est une matière noble et sérieuse. Nous n’aimerions pas que la justice se rende dans une ambiance de pétaudière. Une certaine solennité doit présider aux séances. Le decorum, les robes, les rituels d’entrée de la cour, le défilement des témoins, les prises de paroles des avocats y participent. On ne doit pas déranger la justice pour rien. En matière pénale, la sanction prononcée doit avoir un impact dissuasif sur le contrevenant, et réparateur sur les victimes. C’est pourquoi il est important que les justiciables soient impressionnés quand ils entrent dans un palais de justice.

Baignant tous les jours dans cette solennité, les avocats sont volontiers condescendants et imposants. Une étudiante en droit m’a raconté qu’une blague circule dans les facultés de droit : « Laissez-moi passer. Je suis juriste ! » Cette plaisanterie résume bien ce petit travers des hommes de loi. Mais quelquefois, il s’agit d’un gros travers.

Une de mes clientes, elle-même médecin spécialiste et habituée à avoir la position haute en consultation, m’a dit halluciner devant l’attitude paternaliste, méprisante et écrasante de son avocat. Elle a fini par le remettre à sa place en lui rappelant qu’elle était à bac + 8, donc capable de comprendre ce qu’on lui dit sans qu’on lui parle comme à une débile mentale.

Mais la plupart des victimes qui consultent un avocat manquent d’assurance. Elles sortent d’années d’emprise, de soumission, et sont encore conditionnées à obéir aveuglement. En état de stress intense, se noyant dans leur détresse, les victimes se cramponnent à leur avocat comme à un tronc d’arbre au milieu du torrent qui les emporte. Son paternalisme les mystifie et leur fait attendre une prise en charge totale.

Ensuite, elles viennent me dire amèrement :« Mon avocat n’a rien fait pour me défendre ! » Effectivement, il n’a rien fait de la part de travail qui leur incombait à elles. Pour éviter bien des déconvenues, remettons clairement les données en place. Pour bien choisir votre avocat, il faut avant tout vous faire une idée très objective du rôle qu’il doit jouer à vos côtés, et sortir de vos naïvetés.

Voici tout ce que n’est surtout pas un avocat :

— un super parent protecteur, qui va vous prendre en charge de A à Z et s’occuper de tout ;

— un rat d’archives sur qui vous pouvez déverser en vrac toutes vos paperasses et qui prendra les jours et les nuits nécessaires pour éplucher minutieusement chaque morceau de papier gribouillé, vos mails, post-it, textos, lettres de la cousine Berthe et votre journal personnel, pour y dénicher l’argument qui vous sauverait ;

— un Zorro bénévole et dévoué 24 heures sur 24, qui décroche toujours le téléphone et qui répond à la seconde à toute question que vous auriez brusquement besoin ou envie de lui poser ;

— un psy ou un confident auprès de qui se plaindre et s’épancher ;

— une assistante sociale ;

— un paratonnerre pour décharger votre stress,aussi intense soit-il ;

— quelqu’un qui réfléchit à votre place.

Je pense que les avocats recevant des victimes auraient tout intérêt à faire cette mise au point dès le premier rendez-vous. Cela éviterait bien des malentendus et des frustrations de part et d’autre par la suite.

Un avocat n’est qu’un conseiller à vos côtés. Il connaît bien les lois et il peut les utiliser en votre faveur. Il vous proposera les angles d’approche sous lesquels votre affaire est plaidable. Ne vous laissez pas intimider par sa prestance. Appréciez-la, elle sera utile au moment de la plaidoirie ! Mais ne lui donnez pas carte blanche pour autant, car c’est la consistance de votre dossier qui vous donnera la meilleure chance de réussite. Tout doit se décider dans la concertation. En cas de divergence de vue, vous devez garder le contrôle de votre dossier et avoir le dernier mot. C’est votre affaire et votre dossier. C’est votre vie qui se joue dans cette procédure, pas la sienne. C’est donc à vous d’avoir le dernier mot.

Ce sera également à vous de constituer le dossier. Une avocate résume les choses ainsi : « J’ai le fusil, mais vous devez me fournir les cartouches. Mon fusil ne servira à rien en audience si vous ne m’avez pas donné de munitions. »

Beaucoup d’avocats sont de bonne composition et accepteront occasionnellement de rédiger une lettre pour régler un litige avec votre plombier indélicat ou de vous conseiller pour un bail de location, mais n’en abusez pas ! N’attendez pas de votre avocat qu’il vous conseille dans tous les domaines à la fois, qu’il fasse pour vous des courriers ou des procédures pour des points qui ne sont pas directement liés à votre affaire. Par exemple, une fois le divorce rendu, le travail de votre avocat est accompli. Si vous avez à nouveau besoin de conseils, si vous voulez recadrer votre ex par un courrier ou signaler des maltraitances, c’est un nouveau travail que vous lui demandez, qui mérite rémunération.

Enfin sachez que même si vous avez l’impression de lui verser des honoraires exorbitants et d’être un cas intéressant, vous n’êtes pas le client idéal pour un avocat. C’est cynique, mais objectif : les avocats ont plutôt intérêt à défendre les coupables que les innocents. Les coupables s’attendent à perdre et sont soulagés quand leur avocat réduit leur peine. Ils clameront partout qu’ils ont un avocat génial. Les innocents trouvent normal de gagner, donc n’iront pas spécialement chanter les louanges de leur avocat : il n’a fait que son travail. En revanche s’ils perdent, ils s’en indignent vigoureusement et font alors une contre-publicité fâcheuse à leur conseil. Donc mathématiquement, un coupable dira toujours plus de bien de son avocat qu’un innocent. Imaginez la poisse pour un avocat de récupérer en clientèle un innocent sans preuves et qui va donc forcément perdre ! Vous pouvez maintenant comprendre certains de ses agacements.

Cela posé, il reste encore d’autres critères sur lesquels choisir son avocat. Les voici classés par ordre d’importance :

— Tout d’abord, choisissez-le avant tout au feeling. Si pour quelque raison que ce soit, vous ne sentez pas cette personne à la première consultation, ne passez pas outre votre ressenti. Il existe des manipulateurs chez les avocats, comme dans toutes les couches de la population. Un mauvais feeling instinctif au premier contact peut être le signe que c’en est un.

— Puis écoutez son discours : vous devez y trouver clarté, cohérence, bon sens et pédagogie. Sait-il mettre son savoir à votre portée ? Vérifiez aussi la qualité de son écoute, mais attention : votre avocat ne sera pas votre psy. Un peu de compassion et de bienveillance de sa part sont les bienvenues, mais son écoute doit concerner avant tout l’aspect juridique de votre affaire. J’invite les avocats à le dire simplement à leurs clients : « Écoutez, je sais bien que tout cela vous fait beaucoup souffrir, mais pour l’aspect psychologique, faites-vous suivre. Moi je ne peux m’occuper que de l’aspect juridique de votre affaire. »

— Ensuite, vérifiez la transparence de votre conseil sur le montant de ses honoraires. Il ne s’agit pas de connaître tout de suite le chiffre exact de ce que vous lui devrez au total, car la procédure sera longue et il y aura sûrement des aléas. Le montant dépend sûrement du volume de pages à traiter, du nombre de courriers à écrire et de procédures à engager. De plus, votre avocat peut fonctionner avec des forfaits ou à l’heure de travail. Néanmoins, il doit pouvoir vous fournir une explication claire sur la façon dont il effectue ce calcul. Oui, les montants d’honoraires d’avocats sont conséquents. Ces chiffres paniquent souvent les gens qui n’ont jamais eu affaire à la justice. C’est pourquoi en général les avocats ne les annoncent pas d’emblée. Le choc de la révélation se produit plus tard, en cours de procédure, quand il est trop tard pour reculer ou comparer les prix.

Moi je pense qu’il faut dès le début se comporter en adulte responsable qui sait faire face à ses dépenses. Vous forcerez le respect de votre avocat en acceptant de savoir le coût. De plus, il vaut mieux que vous ayez toutes les informations utiles pour pouvoir anticiper, budgéter et échelonner. Avant le premier rendez-vous, prenez le temps de vous renseigner sur ce qui se pratique en général. Demandez à votre avocat de vous indiquer ses coûts moyens pour ce type de procédure, plus une fourchette en ce qui vous concerne, afin que vous puissiez avoir une première estimation. Vous saurez ainsi si votre avocat est cher ou non. Une fois le montant cerné et accepté, au lieu de vous désespérer sur le coût de ce divorce, dites vous que c’est le prix de votre libération.

Si vos revenus sont vraiment trop bas pour que vous puissiez régler des honoraires d’avocats, vous avez la possibilité de demander l’aide juridictionnelle. Certains avocats accepteront de vous défendre à ce prix malgré la lourdeur de votre dossier.

— Enfin, dernier critère et non des moindres : connaît-il bien les manipulateurs ? Comprend-il leur mode de fonctionnement ? Sait-il à quoi il doit s’attendre ? A-t-il déjà eu ce genre de cas dans sa clientèle ?

Si votre avocat vous assène, péremptoire, que la manipulation mentale n’existe pas et que n’est manipulable que celui qui veut bien se laisser manipuler, levez-vous et mettez fin à l’entretien. Cet avocat vous emmène directement au désastre. De même, un avocat qui accueille cette notion tièdement, poliment, mais avec doutes et suspicions, ne sera pas non plus à la hauteur.

À l’opposé de ces ignorants, vous avez les avocats « spécialisés » dans l’aide aux victimes de pervers et investis dans les associations de défense. Ça semble être l’idéal dans votre cas. Pourtant ce n’est pas si simple. Là encore, je vous invite à la méfiance. Dans toutes les associations, on trouve des loups dans la bergerie. L’aide aux victimes de violences psychologiques ne fait pas exception à la règle. Quel extraordinaire camouflage pour un manipulateur que de se faire labelliser « chasseur de pervers » ! J’ai régulièrement eu connaissance de cas de victimes plumées et harcelées par l’avocat labellisé qui était censé les défendre. Soyez très vigilante, utilisez vos antennes, faites fonctionner le bouche-à-oreille pour trouver LA perle.

En tenant compte de ces précautions, l’avocat expérimenté dans l’aide aux victimes, et non pervers lui-même, reste la meilleure des solutions. C’est alors un plaisir, ou presque, vu les circonstances, de travailler avec ces professionnels. Ils sont vraiment pointus et très compétents. Leur connaissance de l’adversaire vous évitera bien des ennuis.

N’en attendez pas des miracles pour autant. Vous commencez à le comprendre : si vous arrivez dans leur bureau avec une situation déjà fortement dégradée et si vous ne leur fournissez pas les bonnes armes, ils ne pourront pas faire grand-chose pour vous.

Entre ces extrêmes, il existent des avocats compétents, ouverts, prêts à se documenter, acceptant de lire des ouvrages sur le thème de la manipulation et ayant peut-être déjà vu des pervers à l’œuvre. Leur écoute, leur capacité à tenir compte de vos intuitions et de vos mises en garde seront précieuses. Leur capacité à admettre modestement leurs propres limites et à déléguer certains aspects techniques du dossier sera aussi déterminante. Quand on se bat contre un manipulateur, il faudrait souvent être spécialiste en tout : en droit de la famille, en droit fiscal, en droit du travail, en droit bancaire, en droit pénal, en droit immobilier, mais aussi en psychopathologie !

 

Un avocat aussi réalistement parano que vous

 

Vérifiez que votre avocat a bien compris qu’un divorce avec un manipulateur n’est pas une procédure ordinaire avec un adversaire normal. Ce divorce va être une guerre meurtrière et la partie adverse va s’autoriser tous les coups, même les plus bas, les plus abjects, les plus énormes. L’escroquerie, la calomnie, le mensonge et la dissimulation, les faux témoignages, les documents falsifiés, rien ne l’arrêtera. Le manipulateur fera flèche de tout bois. Par exemple,si vous avez fait un séjour de 48 heures en hôpital psychiatrique à l’âge de 18 ans à cause d’un chagrin d’amour, votre manipulateur ressortira l’incident des archives pour prouver que vous êtes fragile,dépressive et instable, vingt ans après.

Le plus difficile à faire admettre à un avocat peu aguerri en manipulation mentale, c’est l’extrême malveillance de votre adversaire, surtout si vous ne l’avez pas admise vous-même. Normalement, nous avons tous des limites. Notre éthique d’abord, nos intérêts ensuite. Les manipulateurs, non. Ce sont des jusqu’au-boutistes absolus. Rappelez-vous le con d’Audiard : il ose tout !

Il n’est pas dans la culture des avocats d’envisager que quelqu’un puisse choisir de jeter de l’huile sur le feu et aille délibérément à l’encontre de ses propres intérêts. Pourtant, je vous l’ai dit, les choix des manipulateurs sont irrationnels : ils se sabordent pour vous couler,se tirent une balle dans le pied pour vous atteindre, se ruinent pour vous endetter et surtout enlisent et enveniment la situation pour la faire durer. Sous n’importe quel prétexte, ils font reporter les dates d’audience, une fois, deux fois, trois fois… Aucun des protocoles d’entente amiable, obtenu après d’interminables palabres, ne sera validé. Ils promettent, promènent, gagnent du temps et se dérobent à la dernière minute. Tout est à recommencer. Dès qu’un jugement est rendu, ils en font appel. Ils multiplient les procédures pour tout, pour rien, et attaquent tous vos soutiens.

Je travaille parfois en collaboration avec des avocats dépassés par la violence et l’absurdité du conflit. « De toute ma carrière, je n’avais jamais vu ça ! » me disent-ils. « Mais qu’est-ce qu’il cherche, ce type ? Il est fou ! » Et oui.

Dans une affaire judiciaire, celui qui lance la procédure, c’est-à-dire celui qui « attaque » (le demandeur), doit communiquer ses conclusions et les pièces étayant son argumentation à son adversaire le premier. C’est la règle. L’attaqué (le défendeur) consulte les pièces, organise sa riposte et fait parvenir sa réponse et ses pièces en retour à son adversaire avant l’audience. Celui qui répond a tout intérêt à donner ses conclusions et les pièces de son dossier le plus tard possible. Ainsi le demandeur n’a plus beaucoup de temps pour rectifier le tir.

De même, lors de l’audience, l’avocat du demandeur parle en premier, et l’avocat du défendeur en dernier. Si le deuxième avocat dit des horreurs et des contre-vérités, le premier ne peut plus reprendre la parole pour rectifier.

Or il est extrêmement rare qu’un manipulateur prenne l’initiative de la procédure de divorce. La victime sera donc quasiment toujours le demandeur. C’est-à-dire qu’elle devra dévoiler son jeu la première, laisser son avocat parler en premier et qu’elle ne pourra pas rectifier les inepties de la partie adverse à l’audience. C’est pourquoi votre avocat doit être suffisamment habile pour deviner et torpiller d’avance ce qui pourrait être dit ensuite.

Beaucoup d’avocats refusent de s’éparpiller et d’extrapoler. Ils veulent traiter les choses une par une, dans l’ordre et en temps utile. Inutile de s’agiter. Tant que l’adversaire n’a pas répondu et qu’on ne sait pas sa ligne de défense, on ne peut rien faire de plus que d’attendre. Cette position est sage dans la majorité des procédures engagées. Elle devient problématique dans le cas d’un procès face à un manipulateur. Sa réponse va être sidérante : il va déplacer le problème, accuser en retour au lieu de se défendre, rendre des conclusions fausses,aberrantes,truffées decontre-vérités,vous refiler un volume de pièces à vous noyer dedans, et le tout à la dernière minute… Si vous n’avez rien prévu de ce qui vous tombe dessus, vous êtes cuit. Bien sûr si sa remise de conclusions est trop tardive, vous pouvez demander un report d’audience, mais c’est ce que souhaite le manipulateur : faire durer la procédure le plus longtemps possible. C’et pourquoi il est impératif de savoir anticiper. Il faut aussi savoir prendre du recul pour ne pas foncer tête baissée dans les pièges qui vous sont tendus.

Anne est au bout du rouleau. Je lui recommande de se reposer avant l’audience qui aura lieu dans quelques jours. « Impossible, je ne suis pas près d’être couchée ce soir ! me dit-elle. Je dois encore retourner toutes mes archives pour retrouver mon diplôme du brevet des collèges pour mon divorce ! » Sincèrement étonnée, je lui demande quel est le rapport entre son brevet et le divorce. « Mon mari prétend que je mens quand je dis que j’ai eu mon brevet avec mention. Alors mon avocat veut que je produise la preuve que je l’ai bien eu avec mention. » L’avocat d’Anne est typiquement en train de se faire avoir par la partie adverse. Il essaie de répondre point par point à ce fatras d’accusations stupides et déplacées. Mieux vaudrait qu’il souligne globalement à l’audience le volume et l’inadéquation des récriminations de Monsieur, preuves de sa malveillance à l’égard de son épouse, plutôt que de descendre à son niveau de cour de récré.

Face à un manipulateur, il faut développer à l’extrême son esprit de synthèse et son esprit d’analyse pour pouvoir trier le bon grain de l’ivraie. Il ne faut rien louper d’important, certes, mais savoir balayer efficacement d’un revers de manche de robe ce qui ne sert qu’à détourner l’attention du juge.

Voici un mail reçu récemment par une de mes clientes de la part de son ex qui cherche ouvertement à lui faire ôter la garde des enfants :

« Sylvie,

Je suis très triste de devoir te répondre et de devoir noter tout ceci par écrit, tant seul le bonheur de mes enfants est important ainsi que leur relation à leurs parents. Tes harcèlements et énormes grossières allégations m’insupportent,ce qui est d’autant plus inadmissible que la relation mère enfant semble très déficiente, ce que je DÉPLORE, malgré tous mes efforts ; relis mon courrier du 6 mars 2012 (copies au tribunal…) !!! Connais-tu l’autisme généralisé ? Tu trouveras tant de réponses ici :rien de plus que ce que les enfants t’ont probablement déjà exprimé. Tu sembles n’avoir d’autre but que celui d’alimenter d’ALLÉGATIONS la procédure de divorce, alors que tu sembles SCIEMMENT être toujours plus démissionnaire de ton rôle de mère :

— ÉDUCATIF : Encore la semaine impaire passée, tu n’es pas parvenue à demander à Rose de travailler son violon pour l’examen de demain mardi 6 mai 2012 !!!!!!!!!!!!!!!

Rose redoublera ou fera de l’équitation… Dois-je rappeler que tu as déjà sciemment laissé Rose partir à l’école sans avoir fait ses devoirs, “pour qu’elle apprenne“, ce qui fut écrit, ce qui ne t’a pas empêché de lui (9 ans) demander de laver ta voiture,à la place !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Dois-je rappeler que Rose manque plutôt un cours de danse sur 3 avec toi et ô combien elle est capricieuse y compris avec la baby-sitter chez toi… Pardonne-moi stp pour ma basique psychologie.

— SANITAIRE : Encore la complète semaine impaire passée, Madame Sylvie Marie Ferrier “Durand“n’a pas même remarqué que Thomas n’avait pas ses lunettes que je lui ai amenées ce matin !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! J’ai aussi dû amener à Thomas ses affaires de tennis, quelques partitions imprimées et leurs livres hebdomadaires de 300 à 600 pages (cela fait 13 semaines que c’est comme) !!!! mercredi matin (alors que les enfants étaient avec toi depuis lundi soir…), des tee-shirts et quelques vêtements, les affaires de piscine un lundi matin alors que tu avais toute la semaine pour t’en occuper…toujours en exemple non exhaustif… Tu as laissé Thomas marcher avec des baskets trouées sur plusieurs cm toute la semaine dernière, de pluie…que tu habilles (trop souvent) Rose avec des vêtements pour 6 ans… que j’avoue discrètement faire disparaître lorsque les enfants reviennent avec,et les remplace par des vêtements, chaussures… qu’ils peuvent garder à ton domicile, radinerie sur le repassage pour économiser 20 € par mois,radinerie pour placer les enfants à la garderie plutôt qu’avec la nounou pour 7,5 € par mois d’économie…J’oublie le coiffeur dont je suis l’unique pourvoyeur à raison de 70 € par mois, et ne m’en plains pas, ni eux.

Au-delà de ta chère radinerie retrouvée et à l’opposé de ce qui semble indispensable dans ta profession, je me demande si tu ne négliges pas simplement “un peu“les enfants ?

— AFFECTIF : Concernant le téléphone, il suffit d’interroger les enfants ou de lire le compte-rendu du psy sur leur relation à leur mère et à leur père pour entendre un cinglant démenti de tes propos résumés par “tout va très bien mère-enfants depuis des mois !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!“

Enfin je lis (toujours) que tu t’es autoproclamée ultime Kalif des Kalifs des potentiels créneaux d’affection des enfants envers leur père !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! piétinant sciemment l’ordonnance de non-conciliation sur ce point précis, alors selon eux que tu passes tesjournées à texter ; bof.

— Tendancieuse forme procédurière de tes deux messages envoyés à 17H50 et 17H53, aujourd’hui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Pour terminer sur une note qui te rassurera, les enfants sortent d’une nouvelle semaine “bof “avec toi (et c’est un extraordinaire mieux comparativement au passé et pour lequel je te baise les pieds en allégeance,par reconnaissance…), pour une “excellente“semaine paire, selon leurs dires. Rien de neuf… tu t’enferres, héréditaire orgueil, donc procédure et/pour de l’argent, obligent.

Tu m’as donc encore fait perdre environ 2H ; je ne t’en remercie pas.

C’est si triste, pour nos enfants, si simplement factuel, pour tout ce qu’ils manquent de leur excellentissime maman, toi Sylvie…

Jules. (As-tu vu comme je suis “écrit“petit ?). Lire, lire, relire, rererererererererererererelirerelirerelirerererelirrrrr ! »

Je n’ai changé que les noms évidemment, mais le reste est parfaitement authentique. Ce genre de courrier est typique des pervers.

On y trouve :

— des mots en majuscule ou triplement soulignés ;

— un ton dramatisant et culpabilisant ;

— des points d’exclamation rageurs et accusateurs ;

— un mépris suffoquant et une haine non dissimulée ;

— un pilonnage d’accusations graves, ordonnées, listées, organisées pour être lues et comprises par un juge ;

— d’énormes mensonges tricotés d’un peu de vérité (Thomas, sachant ce que son père attend de lui, refuse systématiquement que sa mère lui achète des baskets ou qu’elle l’emmène chez le coiffeur en disant : « Je verrai avec Papa ») ;

— des sarcasmes ;

— de superbes amalgames et coq-à-l’âne ;

— un procès à charge de la mère ;

— aucune ouverture vers des solutions, ou de tentative de conciliation ;

— un retournement de la situation, accusant sa femme de faire ce qu’il fait lui-même ;

— et bien sûr, aucune remise en question personnelle.

Enfin en donnant à Sylvie l’ordre de « lire, lire, relire, rererererererererererererelirerelirerelirerererelirrrrr ! » Jules voudrait qu’elle effectue toute seule le matraquage qu’il effectuait autrefois de vive voix pour bien la convaincre qu’elle est nulle.

Les mères reçoivent ce genre de mail comme une volée de coups. Elles sont abasourdies, hébétées, complètement sonnées. Le peu de vérités que contient le mail les culpabilise. L’injustice des mensonges les révolte. Leur réaction première est de se justifier maladroitement ou d’accuser en retour, aggravant leur cas quoi qu’elles fassent. Je pense que même en n’étant pas l’épouse de Jules, vous avez senti toute la violence contenue dans ce mail. Rares sont les victimes à réaliser que le mail est écrit avant tout pour être produit en justice.

Voici maintenant un exemple de la façon dont votre avocat peut gérer ces avalanches d’accusations et de mises au pilori sans entrer dans le détail des accusations. Ces phrases sont tirées des conclusions d’un avocat défendant un père contre la vindicte de son ex-femme. Comme Jules, cette femme faisait sans cesse l’inventaire de pseudo-déficiences paternelles.

« Il convient en premier lieu de dénoncer les allégations proprement outrageantes de Mme X., qui dans le cadre de ses nouvelles conclusions n’a de cesse que de faire passer M. Y. pour un père incapable et indigne, alors qu’il est manifestement animé du souhait de passer plus de temps avec Corentin.

Chacun des propos de la mère sera critiqué, cependant la Cour comprendra qu’il est difficile de croire que cette mère adopte avec son fils une attitude qui n’aurait pour but que l’intérêt de ce dernier, et qu’en réalité Mme X. entretient à l’égard du père une rancœur profonde qu’elle laisse inévitablement transparaître dans ses rapports à son enfant. C’est Corentin avant tout qui en souffre.

Il est inutile à Mme X. de donner des leçons à autrui et d’accuser le père de régler ses comptes ave celle à travers la procédure,alors que précisément, c’est elle qui agit ainsi, travestissant la vérité à foison ou s’autorisant de nombreux petits arrangements avec cette vérité.

C’est également dans cette même optique que Mme X. n’a eu de cesse que de harceler les proches de M. Y. via des SMS et des mails dénigrants… »

Les victimes habituées à se faire submerger par les incessantes agressions de leur manipulateur ont perdu tout esprit de synthèse et tout recul. Elles réagissent à toutes les banderilles et foncent dans tous les chiffons rouges que leur manipulateur leur agite sous le nez. C’est pourquoi elles aussi noient leur avocat et le juge sous un flot de détails aussi insignifiants qu’exaspérants.

Après un mail comme celui qu’a reçu Sylvie, la victime en panique va appeler son avocat et déverser son stress sans discernement. Le travail de l’avocat est d’apaiser, de dédramatiser, de relativiser et d’extraire de cette avalanche les éléments réellement importants. Je vous assure, chères victimes, vos avocats sont méritants !

Un manipulateur utilisera toujours les failles d’un jugement : oublis, imprécisions, erreurs…seront autant de moyens de tarabuster leur ex. Ensuite, les mères passent leur vie au téléphone à essayer de voir avec leur avocat comment interpréter ce qui n’est pas écrit et contrer le jeu du manipulateur. Ces vides juridiques alimentent la polémique. Les mères excédées se tournent vers la justice et lui demandent de statuer sur les trous dans lesquels le père s’engouffre systématiquement. Mais ce sont elles qui passent pour pinailleuses d’entrer autant dans les détails.

Alors là aussi, autant anticiper et faire les propositions les plus détaillées et les plus verrouillées possibles. L’avocat doit oser verbaliser les choses en audience : pour avoir pratiqué l’adversaire pendant des années, sa cliente sait qu’il chipotera sur tout ce qui resterait flou dans le jugement. C’est pourquoi nous avons souhaité vous adresser des propositions les plus claires, les plus précises et les plus détaillées possibles. Cela évitera bien des disputes par la suite. Les lieux, les horaires, les exceptions, qui fait quoi, qui paye quoi… Comment se répartissent les charges exceptionnelles qui vont forcément survenir un jour et qui ne peuvent être imputées sur la pension alimentaire : orthodontie, téléphone mobile, voyage scolaire, école privée, ordinateur…

C’est aussi dans cette capacité à prévoir tous ces détails de l’après que l’expérience de votre avocat fera la différence.

Une autre habitude de certains avocats est de vouloir se montrer conciliants et débonnaires dans un premier temps et de garder des pièces et des arguments en réserve pour le cas où les choses s’aggraveraient. Bien sûr, il faut cacher son jeu le temps que l’adversaire se dévoile, mais avec des manipulateurs, quand vous voulez vous défendre efficacement, il faut taper fort et tout de suite.

Il vaut mieux dire, redire et marteler la même chose à chaque audience, que de commencer doucement et d’évoluer vers d’autres arguments. Utilisez toutes vos munitions dès le départ. Vous y gagnerez en cohérence. Par exemple, si votre conjoint boit, s’il est violent, s’il est dangereux en voiture, dites-le (et surtout prouvez-le) tout de suite. N’attendez pas qu’il ait obtenu la garde des enfants pour sortir votre botte secrète. Du reste, en appel le juge se demanderait à juste titre pourquoi vous aviez caché des éléments aussi importants en première audience.

Il est impératif d’apprendre :

— à rester centré sur les vrais problèmes (ceux qui sont plaidables en justice, pas ceux qui font mal émotionnellement, à réserver à son psy) ;

— à relever les points importants et à zapper les inutiles ;

— à échafauder une stratégie et à articuler sa défense autour ;

— à ne fournir que les attestations qui vont dans le sens de ce qu’il est important de prouver ;

— à rester le plus factuel possible ;

— à être et rester cohérent tout au long de la procédure.

Nous verrons tout cela dans l’art de constituer son dossier.

Vous avez maintenant de solides critères pour choisir votre avocat. Sachez anticiper. Ne vous laissez pas acculer à devoir vous décider dans l’urgence. Faites ce choix calmement, posément, en prenant le temps de rencontrer plusieurs personnes. Il est très important de bien choisir son avocat dès le début. En effet, changer d’avocat à la veille de l’audience peut être mal perçu par les juges.

De la même façon, prenez le temps de définir votre stratégie pour ne plus avoir à en changer. Cela aussi est mal vu. Ces revirements passent pour de l’incohérence et de la manipulation. En justice, on attend de vous une cohérence absolue. Que plaidez-vous ? Votre manipulateur, lui, saura avoir cette cohérence. Par exemple, en apparence, il sera le pauvre mari aimant abandonné par une femme immature et dépressive qui fait sa crise d’adolescence à retardement, et le pauvre père dévoué qu’on veut priver de ses enfants qu’il aime tant. Derrière son masque, il sera tout aussi cohérent : son but est de vous détruire et de vous faire payer chèrement votre désertion.

Enfin dernier critère : à chacun son avocat. Sous prétexte de faire des économies, votre manipulateur va évidemment vous proposer de prendre le même avocat. Il faut refuser catégoriquement. Très vite, cet avocat commun ne serait plus que le sien et ne pourrait plus défendre votre cause.

 

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