Fortune Academy : Troisième année (French Edition)
Chapitre 7
— livia me manque, grommelai-je en attrapant un autre oreiller de O
velours rouge pour le projeter au sol.
Il rebondit, me privant de la satisfaction du sentiment destructeur dont
j’avais besoin, et je fouillai donc la chambre d’hôte, à la recherche d’un
autre objet à torturer.
Je devais l’admettre, l’enfer était bien plus chic que je n’aurais pu
l’imaginer. Les enfants de démons m’avaient rattrapée dans les couloirs, et
m’avaient guidée vers une chambre tout au fond dont ils m’avaient assuré
qu’elle était réservée à la royauté et n’avait pas servi depuis la dernière
visite de la reine.
La chambre scintillait de la présence de rubis encastrés dans tout objet
capable d’en accueillir, mis en évidence par le gigantesque lustre, le miroir
ovale à côté de la salle de bain, et même le bois qui ornait la coiffeuse. Mais
l’élément le plus notable de la pièce était le lit. King size aurait été un
euphémisme. Double, voire triple king size aurait été plus approprié.
Puis je me souvins que cette chambre était réservée à la royauté, et ma
mère avait plusieurs partenaires, tout comme moi. Elle avait été la
championne du Premier Écho de Calamity, et avait affronté la même
situation. Je me demandai si les choses s’étaient passées ainsi pour elle. Si
tous ses compagnons avaient été si… compliqués.
En examinant la pièce, je découvris un orbe lisse décoratif qui trônait
sur le bureau.
Bingo.
Je le saisis et pris mon élan pour le balancer au sol. Je voulais casser
quelque chose, voir un objet se fracturer en un millier de petits morceaux
afin que je n’aie pas à penser à ce qui arrivait à mon cœur.
Mon bras fut tendu en arrière par quelqu’un qui m’avait attrapé le
poignet par-derrière, et j’aurais hurlé si une main ne s’était pas placée
aussitôt sur ma bouche.
La peur me gagna, mais l’arôme de sang et de rose m’enveloppa, suivi
d’un frisson familier tandis qu’une brume s’enroulait autour de mes
chevilles.
Eh bien, il semblait que mon Mage sombre avait décidé de se permettre
d’entrer.
Hendrik se pencha contre ma nuque et inspira profondément pour
inhaler mon parfum.
— J’éviterais de casser cet orbe, petit sbire. Tu ne voudrais pas libérer
les esprits qui s’y trouvent, pas vrai ?
— Qu’est-ce que tu fous ici, bordel ? crachai-je en me tortillant pour me
libérer de son emprise.
Un portail noir par lequel il avait pénétré ma chambre luisait dans l’air,
puis disparut. Un nouveau tour qu’il avait appris.
Hendrik me prit l’artefact des mains et le manipula comme s’il
s’agissait d’un engin explosif. Il le reposa délicatement sur le montant du
bureau.
— Je t’ai sauvée d’esprits de sorcières, apparemment. (Il afficha un
sourire orgueilleux.) Tu devrais vraiment être plus attentive en classe. C’est
un orbe de sorcière, petit sbire. Tu as conscience de ce que cela signifie, pas
vrai ?
En constatant mon regard perplexe, il soupira et commença à expliquer.
— Les démons établissent des pactes avec les sorcières, et lorsque l’une
d’entre elles meurt, son âme se retrouve en enfer. Ces démons aiment piéger
plusieurs esprits à l’intérieur d’objets, et s’en servent pour la divination, ou
pour lancer de puissants sorts.
— Alors, qu’est-ce que celui-ci fait là ? demandai-je en croisant les bras
et en m’enfonçant dans le rebord du lit.
Je n’avais pas l’énergie pour tenir tête à Hendrik à cet instant. Peut-être
que je perdais la boule, ou peut-être que je ne voulais simplement pas être
seule. Dans tous les cas, je me sentais simplement épuisée.
Il haussa les épaules et caressa l’orbe avant de me rejoindre et de
s’asseoir sur le lit. Il ne me toucha pas, et se contenta de me sourire avec un
air adorateur qui aurait presque été attendrissant s’il n’avait pas eu l’air
aussi prétentieux.
— Tu es une Princesse de l’Enfer. Est-ce que tu n’en es pas encore
complètement consciente ?
Ses yeux noirs me balayèrent, et, malgré tous les vêtements que je
portais, je me sentis aussitôt très nue. Mon pauvre uniforme avait souffert.
Ma chemise avait subi des trous de brûlures, et des filaments déchirés la
rendaient pratiquement transparente. Ma jupe remontait le long de mes
longues jambes et paraissait toujours un peu trop courte à cause de ma
taille. Il était presque impossible de trouver un uniforme qui m’aille
correctement. J’avais également abandonné l’idée de porter des sous-
vêtements après ma dernière session avec Kaito.
Et Logan… et Dante.
Mince, oui. J’avais vraiment besoin d’une douche.
Je soupirai.
— Je ne me sens pas comme une princesse, et franchement, ça m’est
égal. Je veux seulement me laver et aller au lit.
Hendrik sourit.
— Tes désirs sont mes ordres. (Il me tapota le nez.) On va faire ces deux
choses. Dans cet ordre-là.
Sans un autre mot, il glissa ses doigts entre les miens et me guida vers la
salle de bain. Le sol se transforma en une faïence de porcelaine, et j’eus le
souffle coupé lorsque nous passâmes un coin et découvrîmes le reste de la
suite. La pièce s’ouvrit sur une magnifique décoration et une longue
baignoire (digne d’être qualifiée de piscine) qui s’enfonçait dans le sol. Des
rubis scintillaient, donnant à la fine couche d’eau à son fond comme du
sang luisant.
Hendrik observa l’espace, puis se dirigea vers un panneau au mur. Il se
mit à le regarder d’un air pensif, et appuya sur l’un des plus gros boutons.
Un sifflement résonna dans les cloisons, et de l’eau commença à ruisseler
du plafond sur des pierres. Elle produisait de la vapeur en descendant
jusqu’à ce qu’elle entame doucement le remplissage du bassin.
Hendrik siffla.
— Eh bien, c’est clairement mieux que les sources chaudes. Un bain
chauffé au feu d’enfer est très tentant, maintenant.
Il retira sa tunique et commença à manipuler sa braguette.
Mes yeux s’élargirent.
— Qu’est-ce que tu es en train de faire ?
Il continua d’enlever ses vêtements, ne détachant jamais son regard de
moi tandis qu’il révélait ses muscles bien taillés, et sa peau superbe et
appétissante qui me faisait saliver.
— Tu as dit que tu voulais prendre un bain, et après aller au lit. (Il
esquissa un sourire.) Je suis l’une de tes Vertus, pas vrai ? Cela m’inclut
donc aussi.
Il n’attendit pas ma réponse. À la place, il se glissa dans la baignoire qui
était déjà à moitié pleine. Il laissa échapper un souffle.
— Oh, douces flammes, c’est incroyable !
Il balaya l’eau en un cercle, formant de petites vagues autour de lui sur
la surface rougeoyante.
— Viens, petit sbire. Ne résiste pas. Profites-en avec moi.
Incapable de me retenir, j’ôtai mes habits et les pliai élégamment dans
un coin. J’essayai de ne pas me concentrer sur Hendrik qui me reluquait
sans la moindre vergogne, mais il était dans le vrai sur un sujet. Il était l’une
de mes Vertus, et je n’avais pas de raison d’être mal à l’aise en étant nue
devant lui.
Mais l’excitation me parcourut lorsque je m’insinuai dans l’eau chaude.
Celle-ci remonta le long de mes jambes comme du velours, et m’enveloppa
de chaleur tandis que j’approchais du mage. Je ne pus m’empêcher de me
détendre, les eaux faisant tomber mes défenses.
Hendrik enveloppa ses bras autour de mon ventre et me guida vers l’un
des rebords, qui jouait le rôle de siège dans la baignoire. Il enroula mes
jambes autour de sa taille et me tira sur lui. Bien que sa queue soit déjà
prête et pressée contre ma peau délicate, il n’essaya pas de me pénétrer. À
la place, il saisit un savon (rouge, bien sûr) et le passa sur mes épaules, ma
poitrine, puis sourit tandis que je l’observais.
— Tu as dit que tu voulais être propre, alors je t’aide, petit sbire.
— Hmm, lâchai-je en me penchant contre lui pendant que mes
paupières s’affaissaient. Tu me vois toujours comme un sbire, hein ? Même
après tout ce que nous avons traversé ?
Mes griffes surgirent, et je déplaçai une serre aiguisée contre son cou.
— Peut-être que c’est toi qui es mon sbire, mon beau mage.
Ses yeux noirs me parcoururent, et une aura rouge se mit à éclore en lui,
lui donnant des iris délicats qui me permettaient enfin d’avoir la sensation
que nos regards se croisaient. J’étais peinée de voir le vide qui se lisait dans
ses yeux, un effet de son existence en tant que créature sans âme, mais
Hendrik possédait plus d’esprit que la plupart des surnaturels que je connaissais. Peut-être, un jour, aurais-je pu lui rendre son âme, comme je
l’avais fait pour Olivia.
— Peut-être, acquiesça-t-il en réponse à ma taquinerie.
Il tenait encore le pain de savon qu’il passait le long de mon échine,
atteignant mes fesses et me tirant contre lui. Sans rien pour retenir nos
corps, sa queue pressa fortement contre mon clitoris, m’arrachant un
gémissement. Hendrik esquissa un sourire.
— Mais cela ne change rien. Tu m’appartiens toujours, Lily.
Hendrik m’appelait rarement par mon nom, et à présent, il me rendait
absolument folle. Mon corps vrombissait d’un désir ravivé, non seulement
pour lui, mais pour toutes mes Vertus. Kaito avait vu juste : le lien qui nous
unissait tous devenait terriblement étroit, et enserrait mon corps comme un
étau. Je devais me libérer de cette pression qui s’accumulait en moi, et j’en
avais assez de voir mes Vertus prendre toutes les décisions.
— Ne sois pas prétentieux, dis-je en relevant mes hanches pour me
positionner au-dessus de lui.
Je le fis glisser en moi, décidée à affirmer qu’il était mien, et non
l’inverse. Je laissai échapper quelques souffles en m’abaissant, me
remplissant de toute sa largeur.
— Je te prends quand j’en ai envie, lui déclarai-je pendant que je me
donnai du plaisir grâce à sa queue et à ses muscles qui se tendaient contre
moi.
Je posai mes deux mains sur ses épaules, démontrant mon emprise sur
lui tout en caressant sa peau avec mes griffes, ce qui fit couler un peu de
sang.
— Et tu es mon sbire désormais, Hendrik. Un sbire qui a besoin d’être
dompté.
Je me soulevai et descendis de nouveau, l’incitant à se cambrer contre
moi tout en projetant sa tête en arrière.
Il me voulait pour lui seul, et je souhaitais lui donner une leçon de
partage. Je puisai dans le lien de compagnon et découvris toutes mes Vertus
qui nous écoutaient. Leur colère et leur jalousie s’infiltraient dans mon
esprit comme du poison, et je refusai de les tolérer. Nous étions un groupe,
une famille, et nous devions apprendre à mutualiser notre amour.
Des portails s’ouvrirent, similaires à celui de Hendrik, et je projetai des
volutes scintillantes d’énergie noire pour en appeler à chacune de mes
Vertus qui attendaient dans leurs chambres. Je les trouvai dans leurs lits,
déjà nus, leurs mains caressant leurs queues. Je les affectais, et quand je
faisais l’amour à l’un d’entre eux, ils le ressentaient tous. Il était hors de
question que je les abandonne ainsi.
— Venez à moi, ordonnai-je.
Et ils s’approchèrent des passages. Orion entra en premier, la magie
glissant sur sa peau dorée comme une délicate dentelle. Son corps puissant
et massif me rendait affamée. Sa queue était prête à être dévorée, et il ne me
la cachait pas, préférant se toucher pour moi tandis qu’il m’observait et
m’offrait l’un de ses sourires capables de faire fondre des sous-vêtements.
Si j’en avais porté, bien sûr.
— Oh, petite étoile ! Tu es telle une nymphe se baignant dans les eaux
de l’Olympe.
— Une nymphe, vraiment ? Est-ce qu’une nymphe pourrait faire ça ?
demandai-je en un souffle tout en m’agitant contre Hendrik.
Le Mage sombre sous moi grogna alors que je tendais une main vers le
reste de mes Vertus, les invitant à se joindre à nous.
Dante traversa le portail, et j’eus envie de parcourir chaque cicatrice sur
son corps avec ma langue. Comme toutes mes Vertus, sa magie sombre
n’avait cessé de devenir plus grande et plus puissante depuis notre arrivée
ici. Notamment à cet instant, alors que je m’unissais à Hendrik, le feu
d’enfer brûlait via nos liens et projetait des fils rouges au travers du corps de Dante, qui brillaient dans ses veines en lui donnant l’apparence d’un
chasseur électrifié que je voulais chevaucher.
Logan entra ensuite, sa bouche s’entrouvrant et ses narines frémissant.
Ses yeux bleus sauvages se fixèrent sur moi.
Kaito arriva en dernier. Confiant et réservé, son tatouage luisait d’une
aura métallique. Il opina du chef, comme s’il comprenait ce que cela
signifiait.
Pour la première fois, j’allais prendre toutes mes Vertus, et ils
m’imprégneraient du pouvoir dont nous avions besoin pour survivre à ce
qui suivrait.
Hendrik plongea ses doigts dans mes hanches.
— Tu es sûre d’être prête pour ça ? s’enquit-il de moi, sincèrement
inquiet.
Je souris, et pressai mes lèvres contre les siennes tout en me rabaissant,
appuyant mes hanches contre les siennes afin qu’il me remplisse
entièrement. Le plaisir me fit perdre la tête, et je devins à peine capable de
penser. Je parvins à répondre avec un long souffle.
— Oh, oui, je suis très prête !
Hendrik bougea si rapidement que je n’eus pas le temps de réagir. Il me
pencha par-dessus le bord de la baignoire et releva mon cul, puis s’enfonça
en moi par-derrière. De l’eau nous éclaboussa lorsqu’il effectua un nouveau
va-et-vient.
Je suppliai mes autres Vertus du regard, désirant leurs mains sur moi.
Dante vint à moi en premier et s’agenouilla pour que je cueille sa queue
avec ma bouche. Il poussa un gémissement, et nous échangeâmes notre
chaleur et notre pouvoir. Orion le suivit, puis Kaito, et je m’occupai d’eux
tour à tour, alternant entre chacun d’entre eux et me perdant dans l’échange
de puissance tandis que Hendrik continuait de me prendre par-derrière. Il se
mit à bouger de plus en plus vite jusqu’à lâcher un rugissement qui me
conduisit à agripper le rebord comme si ma vie en dépendait.
Il s’affaissa sur moi, mais je sus que ce n’était que le début de notre
session. Je n’avais pas encore atteint mon orgasme, et je ne comptais pas y
parvenir avant d’être prête à tomber dans le néant.
Logan ne nous avait toujours pas rejoints, et je le considérai, son air
penaud m’arrachant un sourire.
— Es-tu timide, mon alpha ? le taquinai-je.
Il commença à marcher et à grogner en affichant ses dents.
— Je n’aime pas… l’eau.
Je ricanai et me penchai contre Hendrik tandis qu’il me tirait contre lui.
— Je crois que le loup a besoin d’un bain, dit le Mage sombre, à bout de
souffle et extatique après s’être libéré en moi.
J’avais conscience que ce ne serait pas la dernière fois, et ma peau
frissonna d’excitation.
Les autres se redressèrent et s’approchèrent de Logan qui recula d’un
pas.
— N’y pensez même pas, putain.
— Désolé, Logan, exprima-t-il en riant à gorge déployée. Pas de chiens
galeux dans mon lit.
J’intimai l’ordre avec un geste du poignet, et trois de mes Vertus
bondirent sur l’animal sauvage, pour l’attraper et le jeter dans le bassin. Il
hurla durant son vol avant de heurter l’eau et de se débattre dans les vagues
qui se rabattaient sur lui. Il se remit aussitôt sur ses pieds, et l’eau lui
arrivait à la taille. Son corps tout entier se raidit, et il grogna.
— Vous êtes tous tellement morts, putain.
— À moi ! annonça Orion qui plongea comme un boulet de canon dans
la baignoire et projeta une vague sur mon pauvre loup.
Je tendis les bras et couinai lorsque les flots me heurtèrent, puis ris
lorsque Dante et Kaito se joignirent à nous et dirigèrent leurs mains vers
mon ventre.
Je croisai le regard de mon mentor et soupirai.
— Qu’est-ce qui leur a fait changer d’avis ? lui demandai-je,
m’interrogeant sur la façon dont nous étions arrivés aussi loin.
— Rien que toi, Koneko-chan, murmura-t-il en blottissant son nez
contre ma nuque avant d’y poser un léger baiser. Lorsque tu as accepté
Hendrik et que tu nous as appelés à toi, tu nous as montré que tu ne ferais
jamais passer l’un d’entre nous avant les autres. Ton amour est équitable et
pur, et nous pouvons t’adorer sans inquiétude.
Dante remonta sa main le long de ma cuisse, me coupant le souffle
quand ses doigts explorèrent mes recoins et taquinèrent ma boule de nerfs à
vif.
— Comme d’habitude, Kaito a raison.
Il eut un sourire, un sourire sincère qui me fit fondre lorsque ses
pommettes apparurent. Il se pencha et attrapa l’autre côté de ma nuque, puis
m’embrassa tout en m’obligeant à glisser vers le bord pour écarter mes
jambes.
Oh, je souhaitais vraiment aller au lit maintenant !
— Vous devez vraiment vous dépêcher de vous laver afin qu’on fasse
l’amour.
Le sexe dans le bain, c’était amusant, mais je commençais à devenir
engourdie.
Kaito gloussa tout en se joignant aux inspections de Dante, et plaça ses
doigts plus bas pour les plonger en moi. Je poussai un petit cri en les sentant
m’explorer tous les deux, m’amenant au bord d’un puissant orgasme auquel
je n’étais pas prête.
— Une fois qu’Orion se sera assuré que le loup est propre, nous irons
tous au lit. Ensemble.
Je parvins à ouvrir les yeux pour voir ce qu’il voulait dire, et ne pus
m’empêcher de rire, malgré le plaisir brut qui me traversait. Orion tenait
Logan par la peau du cou et le plongeait dans l’eau.
— Si je suis sur le point de partager notre lien avec quelqu’un comme
toi, loup, je refuse que tu sentes le chien mouillé. Tu as compris ?
Logan cherchait désespérément de l’air en se jetant vers la surface. Il
saisit la main d’Orion sur sa nuque, mais il ne pouvait pas se libérer. Il
afficha ses dents.
— Oh, tu es tellement mort, espèce d’ampoule sur pattes !
Je ricanai, puis gémis lorsque Dante commença à former des cercles sur
ma peau sensible, évitant l’endroit où je le désirais le plus.
— Dante, me plaignis-je. S’il te plaît.
Il esquissa un sourire.
— Hendrik. Emmène-la au lit pendant que nous autres finissons.
— Quelle générosité de ta part, chasseur, le taquina Hendrik avec un
sourire malicieux.
Kaito et Dante reculèrent tandis qu’il me soulevait dans ses bras, et
l’absence de contact m’arracha un gémissement plaintif.
— Vite, les pressai-je.
Je regardai par-dessus mon épaule tandis qu’il me transportait hors de la
pièce en attrapant une serviette au passage. Dante et Kaito se frictionnaient,
se débarrassant de la suie et de la crasse infernale qui les recouvraient tandis
qu’Orion libérait enfin Logan qui bondit hors de la baignoire, complètement
trempé. Il secoua la tête, ses poils projetant des gouttes d’eau dans toutes les
directions.
Tout était si irréel, et si naturel. D’une certaine façon, j’avais la
sensation que nous étions déjà une famille, et que chaque journée aurait pu
ressembler à celle-ci.
— Tu es heureuse, commenta Hendrik en me déposant au bord du lit
avant de me sécher avec une serviette.
Il murmura un sort qui fit courir une vague de chaleur dans mes
cheveux, séchant immédiatement mes mèches.
— Je le suis, acquiesçai-je, lui permettant de me glisser plus
profondément dans le nid d’oreillers.
Je soupirais tout en m’y enfonçant.
Il s’assit tandis que les autres gars entraient, et attendit qu’ils s’essuient.
Il n’utilisa pas sa magie pour les sécher, à mon grand plaisir. J’aimais
regarder l’eau couler sur leurs traits musclés et leurs queues rigides.
Tous mes hommes me rejoignirent en formant un cercle autour de moi,
et je les observai, émerveillée.
— Nous allons te prendre, m’informa Kaito. Mais c’est toi qui choisiras
comment ça se passera.
Il m’était impossible de décider, et ma bouche s’ouvrit et se referma
successivement sans qu’un mot en sorte. Dante gloussa et me tira sur lui. Il
retomba sur le lit, et mes cheveux se déployèrent sur ses épaules.
— Laisse-nous seulement t’aimer, bébé, dit-il en saisissant ma joue et
en m’offrant un baiser.
Mon corps se mit à bouger de lui-même, et je l’accueillis en moi tandis
que je haletais contre sa bouche. Il me répondit par un grognement et me
mordit assez fort pour faire couler du sang.
Ce geste éveilla quelque chose en moi, quelque chose de violent et brut.
Je fis résonner mon désir au travers du cercle de compagnons, ce qui affecta
toutes mes Vertus qui soupirèrent à l’unisson.
Logan grogna et poussa les autres gars hors de son chemin tout en
déplaçant ses doigts sur mon cul.
— Vous avez intérêt à me laisser entrer après votre numéro avec le bain,
bande de salauds.
Il agita son doigt en moi, faisant pétiller du plaisir dans mon cerveau. Il
continua de me préparer tout en se penchant, et m’offrit un profond
grondement qui traversa tous mes points sensibles, alors même que Dante
me remplissait. Je me figeai, soudainement submergée par toutes les
sensations.
— Continue de le baiser, Princesse, et, dès que tu seras prête, je me
joindrai à vous.
Tout ceci semblait trop beau pour être vrai. Kaito et Orion se
positionnèrent à mes côtés, et mes mains se posèrent sur leurs queues.
Hendrik observa la scène tout en se caressant, et recommença à durcir.
C’était un problème auquel je n’avais pas pensé. Avec tant de Vertus,
j’étais incapable de les toucher tous en même temps.
— Hendrik, dis-je d’une voix peinée.
Il esquissa un sourire tout en continuant de se donner du plaisir.
— Oh, mais tu peux toujours me caresser, petit sbire ! Plonge dans le
lien. (Son regard me parcourut tout du long.) Et en te voyant ainsi… je
prends bien plus mon pied que je ne l’aurais imaginé.
Je suivis ses instructions et fermai les yeux. Chacune de mes Vertus
brûlait à l’intérieur de mon lien, et notre connexion devenait de plus en plus
ardente à mesure que je me concentrais dessus. Le pouvoir et la chaleur
vrombissaient au travers de chacun de nous, passant de l’un à l’autre et
grandissant tandis que nous nous unissions pour faire franchir au lien un
nouveau niveau.
J’avais également conscience de Hendrik, même si sa peau ne touchait
pas la mienne à cet instant. Nous étions tous reliés, et j’eus le souffle coupé
en les discernant tous sur ma peau et en sentant leur désir, leur besoin et
leur amour croissants courir dans mes veines. Ils avaient accepté leur place
à mes côtés, et une nouvelle relation était née entre nous tous, nous
connectant les uns aux autres au travers d’innombrables strates de confiance
et de loyauté qui nous rassemblaient, en plus de toutes les peines de cœur et
de la souffrance que nous nous étions infligées mutuellement.
Nous réparions ensemble ce qui avait été brisé.
Mes yeux s’ouvrirent subitement lorsque le lien se figea, et je projetai
ma magie, mon désir et ma chaleur pour envelopper la queue de Hendrik
afin qu’il se joigne à notre extase. Il grogna et se libéra en moi tout en enfonçant ses doigts dans les draps. Une lumière intense s’enroula autour de
son membre et le parcourut de caresses tandis que j’infusais mon pouvoir
en lui.
— Bordel de merde, dit-il en un souffle. Ça… c’est différent.
— À ton tour, Logan, ordonnai-je à mon loup. Baise-moi.
Logan obéit, s’enfonçant dans mon cul avec un grognement alors que
Dante ne bougeait pas. Je n’avais jamais fait l’amour ainsi, mais bordel de
merde, c’était incroyable.
J’envoyai mon pouvoir au travers de mes doigts tout en caressant Kaito
et Orion. Leurs gémissements se joignirent au chœur de plaisir, et je me
perdis dans le cercle de compagnons. Dante bougea ses hanches en tandem
avec Logan tandis que nous ne devenions qu’un.
Tant de jouissance. Tant de puissance.
Je pensais presque que j’allais mourir tandis que j’atteignais de
nouveaux sommets. Kaito palpait un de mes seins, et Orion l’imitait avec
l’autre. Je les cajolai avec mes poings sur le même rythme que les
mouvements de Dante et de Logan, et copiai le geste grâce à mon pouvoir
sur Hendrik.
C’est alors que je ressentis le lien manquant de notre cercle de
compagnons, alors que j’atteignais l’apogée de mon orgasme. Je poussai un
cri en y parvenant, et hurlai son nom.
Nous avions besoin de lui si nous souhaitions combattre Calamity, finir
ce que nous avions commencé, et combler cette dernière pièce manquante
de mon cœur.
Cole.
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