Fortune Academy : Troisième année (French Edition)

1. Dante

DANTE

 

J ’aurais donné n’importe quoi pour une nuit dans mon propre lit, sans être dérangé par qui que ce soit, et pouvoir penser à mon unique

mission : chasser et tuer des monstres.

C’était le sens de mon existence. Ou du moins, ça l’avait été.

J’avais rejoint la Fortune Academy, car j’avais passé toute ma vie à être

traqué par celles qui m’avaient engendré.

À présent, c’était à mon tour d’aller à leurs trousses.

J’étais une création des sorcières, mais hélas, les seules sorcières que

j’étais libre de pourchasser étaient celles qui se trouvaient en enfer. Les

pires des pires, celles qui avaient vendu leurs âmes en échange d’un pouvoir

incroyable. J’avais été un humain malchanceux, vendu dès l’enfance. Les

sorcières vendaient leurs âmes aux démons… mais les humains vendaient

leurs premiers-nés, ce qui selon moi, était bien plus répréhensible.

Mon destin était celui d’un sujet d’expérimentation, d’entraînement et

de test, pour voir si je survivrais ou non à ma transformation. Tant de magie

avait été infusée en moi durant les premiers jours de ma vie que le moindre

semblant de mon humanité avait été balayé et remplacé par l’amertume, la

colère… tant de colère, et un besoin éternel de déchaîner cette violence

contenue en moi.

Mes yeux orange me désignaient comme un chasseur.

Les sorcières ignoraient que je serais assez malin pour prendre ma

revanche. Plutôt que de devenir leur soldat décérébré comme elles

l’espéraient, mon intelligence avait grandi au point de dépasser celle de

quelconque humain. Mes talents pour la traque, le combat et la furtivité

avaient surpassé tout ce qu’elles avaient pu imaginer.

À présent que je savais que j’étais une Vertu de la troisième championne

de Calamity, peut-être avais-je trouvé la raison pour laquelle j’avais été

épargné. Si c’était le cas, je devais absolument tout à Lily.

Pourtant, une partie de moi la haïssait.

Il était insensé que je demeure si amer à son égard. Je saisis ma dague et

tailladai un morceau de bois, le sculptant en un pieu, au cas où je tomberais

face à un autre vampire. Le dernier que j’avais capturé s’était révélé être un

mage hybride, et, si je ne l’avais pas trouvé déjà affaibli et affamé, je

n’aurais probablement pas survécu après l’avoir maîtrisé.

Bon, il était donc temps d’ajouter des pieux en bois à mon arsenal bien

garni maintenant que les attaques de vampires se multipliaient.

De ce que je savais de ces créatures, elles préféraient ne pas se mêler

aux intrigues politiques des surnaturels, mais quelqu’un de haut placé dans

leurs rangs avait dû conclure un pacte avec l’enfer, car ils s’étaient battus

aux côtés de Lucifer et ses démons.

Ce qui signifiait que, s’ils avaient des liens avec l’enfer, ils seraient en

mesure de m’aider à trouver les sorcières qui m’avaient fait souffrir.

Ma dague glissa puis traça une fente sur mon doigt, et je sursautai de

douleur, cette pensée me distrayant de l’instant présent. Il était difficile pour

moi d’admettre ce qui me motivait, et il était hors de question que j’en parle

à Lily. J’avais été épargné par les pires amnésies qui s’étaient abattues sur

les surnaturels, car, au même moment, j’étais en transit entre deux mondes,

ce qui voulait dire que je possédais encore toute mon amertume et ma rage.

Je n’étais pas aidé par le fait que l’unique fois où j’avais trouvé un

passage vers les enfers, j’avais été distrait par Lily et par son emprise sur moi. Je souhaitais être sa Vertu et l’aider à accomplir son destin, mais que

serait-il advenu du mien ? J’avais fouillé les tunnels en quête des esprits des

sorcières qui se régalaient de ma propre énergie magique, mais je ne les

avais pas retrouvés durant notre descente dans la fosse.

Je devais y retourner, ce qui signifiait que je devais accepter le plan de

Lily pour capturer la doyenne dans l’Angepierre, et retourner en enfer. Elle

n’avait pas besoin de savoir que je planifiais en secret de suivre la doyenne

lorsque nous l’y jetterions. Les sorcières que je pourchassais avaient

conscience que j’étais à leurs trousses. C’était la seule manière d’expliquer

pourquoi elles s’étaient terrées dans les plus profonds recoins de l’enfer

qu’il était possible d’atteindre.

Ce qui voulait dire qu’il allait me falloir brûler en enfer aux côtés de la

doyenne damnée de la Fortune Academy afin de leur mettre la main dessus.

Je suçai ma plaie jusqu’à ce qu’elle se résorbe. Ma magie me conférait

en partie une impressionnante capacité de régénération, mais qui n’effaçait

pas les cicatrices. J’examinai mon doigt et remarquai la ligne lisse que

l’entaille y avait laissée.

— Encore en train de t’apitoyer ? se moqua une voix masculine en se

propageant dans la pièce à mesure que le Mage sombre passait allégrement

au milieu de mes runes protectrices.

— Laisse-moi, Hendrik, grognai-je.

Sa présence suffisait désormais à m’enrager. Il était de mèche avec la

doyenne au lieu de la combattre. Je comprenais son objectif. Celle-ci ne

devait se douter de rien le temps que Lily découvre la véritable étendue de

ses pouvoirs. L’immortelle ne devait pas être sous-estimée, et, bien que j’aie

accepté les rôles que nous jouions tous, cela ne signifiait pas que cela me

plaisait.

Hendrik émergea des ombres tout en retirant son manteau. Ses yeux

m’avaient toujours intrigué, le résultat d’une âme dévorée en échange des

pouvoirs de la doyenne. Une noirceur absolue s’étendait là où le blanc aurait dû se trouver, lui donnant une apparence irréelle, mais avec le temps,

je m’y étais habitué.

— J’aimerais bien une autre session, dit-il en souriant d’une oreille à

l’autre pour me proposer une joute au sens ambigu.

— La dernière fois, c’était une erreur, maugréai-je en me reconcentrant

sur mon pieu anti-vampire. (Je fis glisser la dague contre son bout, et des

copeaux de bois tombèrent au sol.) On est seulement influencés par ce

putain de démon.

— Ça ne me déplaît pas, admit-il en déplaçant ses doigts sur les armes

qui ornaient le mur. (Il tourna les yeux vers moi en s’emparant d’un court

bâton de combat.) Et toi ?

Nos regards se croisèrent, et je commençai à réfléchir sérieusement à la

question. Cole, un démon de rage et la dernière Vertu de Lily, celle qui

compléterait le cercle de compagnons, était demeuré un inconnu pendant

bien longtemps. Nous savions que Lily l’avait choisi avant même qu’elle ne

s’en rende compte et qu’elle n’agisse pour le sauver. Pour tous nous sauver.

Mais notre plan s’était retourné contre nous. Sa capture et son

emprisonnement dans les tunnels sous l’Arène des monstres lui avait permis

de lentement corrompre le campus grâce à sa rage. Peut-être était-ce à cause

de nous que Dean avait complètement perdu la tête. Il était trop tard pour

les regrets. À présent, nous ne pouvions plus que limiter les dégâts.

Hendrik fit passer l’arme d’une main à l’autre tout en marchant en rond

autour de moi. Je continuai de sculpter mon pieu, mais le Mage sombre

savait que j’aurais été susceptible de frapper à tout moment. Il était trop

malin pour baisser sa garde.

— Tu penses réussir à me battre, cette fois-ci ? me provoqua-t-il.

Nous luttions ensemble au moins une fois par semaine depuis plusieurs

mois, et à chaque fois, notre rage ne cessait de croître. Nous nous étions

vaincus l’un l’autre au point de presque nous entretuer, et Hendrik utilisait la douleur et la souffrance pour alimenter son offrande de sang, d’une part

pour lui et d’autre part pour le quota de la doyenne.

Des bleus sombres plus ou moins effacés recouvraient son corps

autrement musclé, les marques de la résistance dont j’avais témoigné lors

de notre dernier combat. Il ne se retenait jamais, et moi non plus.

J’attendis qu’il ait placé son poids sur son pied gauche, et je le fis

trébucher en me jetant sur lui pour l’attaquer. Je fonçai au travers de la

pièce et vins le frapper avec le bout plat de mon pieu, mais même dépourvu

d’un bon appui, le Mage sombre était prêt. Il avait un sort sur le bout de la

langue, et une décharge d’énergie sombre me propulsa en arrière avant que

mon coup ne puisse atterrir.

Tout l’oxygène quitta mon corps lorsque je percutai le mur, l’impact

éjectant toutes les armes au sol en un grand fracas. Je jetai le pieu en bois

pour saisir quelque chose de plus robuste.

Je bloquai le coup de Hendrik avec une longue lame, puis tranchai son

bâton en deux lorsqu’il visa ma tête. Si le coup m’avait touché, il m’aurait

explosé le crâne.

Un sourire se forma sur son visage en ressentant le frisson de la

violence le parcourir. Comme je le disais, il ne se retenait jamais.

Et, oui, ça me plaisait.

Couper son arme en deux ne servit qu’à lui offrir un bâton

supplémentaire avec lequel m’attaquer. Il murmura un autre sort, celui-ci lui

offrant un afflux de vitesse, et il m’asséna plusieurs frappes qui firent voler

mon épée.

Un brouillard sombre commença à se former dans la pièce, révélant

l’influence de Cole qui nous affectait. Si nous ne laissions pas échapper

notre colère, il aurait un pied d’appui dans nos esprits. Depuis quelque

temps, je n’étais plus qu’à une simple pensée de céder tout contrôle au

démon.

Si cela se produisait, je m’en serais pris à Lily. Le démon la voulait

morte, et il avait envie de la tuer de la pire manière possible : de la main de

ses propres compagnons.

Aucune putain de chance que je permette que ça se produise.

Avec un rugissement, j’acceptai ma rage afin que le démon ne soit pas

en mesure de s’en servir contre moi, et optai pour la force brute afin

d’affronter le Mage sombre. Je le percutai violemment, et il fut propulsé au

travers de sa pièce, sa tête heurtant le mur en briques avec un bruit sale.

N’attendant pas de voir si je l’avais assommé, je sprintai pour l’attaquer

de nouveau, mais c’était dans ces situations que le Mage sombre me

surpassait. En cas de blessure grave, sa magie prenait le relais, par réflexe,

et puisait dans sa souffrance pour le rendre encore plus fort. Une véritable

impasse, et je n’avais toujours pas déterminé comment remporter un combat

contre lui.

Un large sourire se forma sur son visage lorsqu’il me prit en une clé de

bras et fit volte-face pour m’écraser contre la paroi.

— Bien essayé, chasseur, se moqua-t-il en me privant de mon oxygène.

— Pas… juste, grognai-je en me débattant contre sa vigueur démesurée.

— Dixit le surnaturel capable de se régénérer, me railla-t-il avant que

son poing libre ne me frappe assez fort pour briser une de mes côtes.

Je lâchai un soupir et m’immobilisai, laissant l’os se reformer en un seul

morceau avant de me cambrer contre lui, mais il me repoussa et me coinça

contre le mur.

— Est-ce que tu le ressens ? demanda-t-il, son souffle chaud sur ma

joue tandis qu’il continuait de serrer.

— Je… ne vois pas de quoi tu parles, mentis-je.

Ma force avait ses limites, et le Mage sombre le savait. J’avais besoin

de temps, ou de magie, pour me régénérer. Je n’avais accès ni à l’un ni à

l’autre pour le moment. Il continua de m’épuiser, me forçant à lutter contre lui afin de saisir la moindre bouffée d’air qui me permettrait de rester

conscient.

— Abandonne, sinon je ne pourrai pas me retenir, m’avertit-il.

Le ton sinistre de sa voix m’indiqua qu’il avait besoin d’une chose ou

d’une autre. De tuer… ou de forniquer.

J’avais conscience que si je lui donnais ce dont il avait besoin, il

épargnerait Lily. Le démon aurait fait de même à son égard s’il avait réussi

à me contrôler.

Lorsque sa main vint à ma ceinture, je ne le retins pas.

Je me convainquis qu’il s’agissait là d’un sacrifice, mais ma queue était

déjà dure avant même qu’il ne me touche. Car je désirais cela tout autant

que lui. Nous possédions tous les deux des secrets obscurs, des regrets, et

des douleurs passées. Nous ne voulions pas faire souffrir Lily, mais il nous

fallait libérer cette violence.

Alors, nous nous servions l’un de l’autre.

Je poussai un petit cri lorsqu’il déchira mon pantalon pour enfoncer un

doigt dans mon cul. J’avais mal, mais cela ne contribuait qu’à ajouter à la

puissance avec laquelle il pouvait nourrir sa magie.

— J’ai gagné, se vanta-t-il. Tu connais les règles. Le perdant doit

s’agenouiller.

Il me tourna vers lui et grogna.

Je tombai à genoux et résistai à l’envie d’attraper une arme avec

laquelle le taillader. J’étais un chasseur, ce qui signifiait que j’avais un sens

de l’honneur. J’avais perdu, c’était indéniable.

À présent, je devais en payer le prix.

— Un de ces jours, je découvrirai ta faiblesse, et ce sera à ton tour

d’être à genoux devant moi, jurai-je tandis qu’il abaissait son pantalon.

Une lueur mauve brûlait dans ses yeux sombres. J’y reconnus le reflet

des flammes infernales de la fosse dans laquelle son âme devait se trouver.

— Ce jour n’est pas encore venu, dit-il, un sourire aux lèvres tandis

qu’il glissait sa queue dans ma gorge.

Je détestais aimer ça. Il avait le goût du feu et de la violence. Il grondait

tandis que j’accomplissais ma pénitence. Il baisa ma bouche, relâchant sa

rage d’une manière qui nous garderait tous les deux, ainsi que Lily, en vie.

Bien que j’aie accepté ma défaite, cela ne signifiait pas que je resterais

sa putain pour toujours. J’attendis qu’il baisse sa garde, appuyé contre le

mur. Je frappai le haut de sa hanche droite, à l’endroit d’un point de

pression grâce auquel je savais qu’il flancherait. Il s’effondra, pris par

surprise par la douleur soudaine.

Même s’il était capable de me dominer après m’avoir infligé assez de

dégâts, un point de pression ne propageait des signaux de douleur qu’au

cerveau, et n’endommageait pas le corps. Ce n’était pas suffisant pour le

vaincre dans un combat, mais, d’après ma théorie, cela m’aurait donné un

avantage suffisant pour prendre temporairement l’ascendant.

Et je savais comment l’immobiliser.

Je l’écrasai au sol et plaçai mon bras autour de son cou, pressant de tout

mon poids contre son dos.

— Tu aimes la douleur, pas vrai ? demandai-je en tirant ma dague pour

l’appuyer contre sa côte.

C’était la seule arme qu’il était incapable d’utiliser contre moi. Ma

dague avait été infusée de sa propre magie, et par conséquent, elle ne

pouvait pas lui en fournir. J’avais conscience que c’était de la triche, mais

ça m’était égal. C’était à mon tour de libérer un peu de ma rage.

Il resta figé. Un seul coup bien placé aurait suffi à le tuer si je l’avais

souhaité.

— C’est ça ton plan, chasseur ? Tu en as marre de perdre, alors tu joues

à la déloyale ?

Je fis courir la lame un peu plus bas, et tranchai sa ceinture, exposant

son cul.

— Je vais simplement te baiser, dis-je sans détour.

Il se raidit.

— Tu n’en as pas gagné le droit, m’avertit-il avant de bouger contre

moi.

Je gardai ma dague au même endroit, et il poussa un feulement lorsque

je l’enfonçai dans sa côte, mais je m’assurai de ne toucher aucun organe

vital.

— Ne me pousse pas à bout, Mage sombre, le menaçai-je avant de

cracher dans ma main. J’ai passé un mois entier à te sucer, et j’en ai marre

de cet échange à sens unique. Tu n’es pas le seul à avoir des problèmes de

colère à régler.

La brume noire s’épaissit autour de nous, et je ressentis le démon qui

s’intéressait à nos activités. Il était intrigué par les effets que le lien de

compagnon avait sur nous. Les mecs ne m’intéressaient pas, et je me

doutais qu’il en était de même pour Hendrik, mais être connectés de cette

manière changeait les choses. Le combattre et le baiser était devenu naturel,

et, si nous y gagnions tous les deux en évacuant notre rage, c’était encore

mieux.

Je le préparai avec un doigt, ne souhaitant pas lui offrir de la douleur

supplémentaire avec laquelle alimenter sa magie contre moi.

— Ne bouge pas, et on en aura bientôt fini, lui lançai-je.

Il rit.

— Donne-moi tout ce que tu as, chasseur. (Il me considéra par-dessus

son épaule.) Et prends ton temps.

Son regard lugubre était supposé m’intimider, mais j’étais habitué aux

ténèbres qui l’habitaient, et je voulais y goûter. J’entrai doucement en lui, et

grognai en sentant ses muscles serrés se contracter autour de moi. Il frappa

le sol de son poing, et je crus l’espace d’un instant que je lui avais fait mal,

mais il se mit ensuite à haleter.

Il aimait ça.

Je commençai par le baiser doucement, allant lentement pour explorer

cette impression de domination que j’avais sur le Mage sombre. Lorsque je

ressentis le démon dans ma tête, observant tout au travers de mes yeux,

ressentant ce que je ressentais, je savais que, s’il devait mettre la main sur

Lily, elle serait transformée à jamais.

Cette chose était tordue. Le démon aimait ce qu’il voyait, et en désirait

plus. Peut-être n’aurait-il pas tué Lily sur-le-champ, mais il l’aurait fait

souffrir. Il l’aurait baisée ainsi, violemment et avec domination.

Je ne pouvais pas le permettre.

La brume sombre grandit tout autour de nous, dansant jusqu’à mon nez

et menaçant d’envahir mon corps.

Te souviens-tu de la manière dont Lily t’a trahi ? Que crois-tu qu’elle

fera lorsqu’elle découvrira tout ceci ?

Lily n’en aurait cure, mais le démon souhaitait instiller le doute en moi.

Il voulait que je me souvienne de ce qu’elle m’avait infligé, qu’elle avait

failli me tuer la première fois que je l’avais amenée à la Fortune Academy,

et que j’étais malgré tout tombé amoureux d’elle, comme un idiot.

Tu devrais la haïr pour cela.

Non, c’était là l’influence du démon qui s’exprimait. Lily m’avait rendu

plus fort, m’avait rendu meilleur. Je ne pouvais pas me laisser emporter par

la rage, par l’amertume qu’il éveillait en moi.

— Tu apprécies le spectacle ? demandai-je en attrapant le Mage sombre

pour le baiser plus fort.

J’avais besoin qu’il m’aide à rejeter le démon. C’était la seule manière

dont nous arriverions à conserver nos esprits.

Le Mage sombre était aux prises avec ses propres conflits internes,

rendus évidents par ses yeux qui brillaient du feu d’enfer.

— Baise-moi plus fort, chasseur. Fais-moi mal.

Je ne me fis pas prier.

Mon tourment magique me rendait terriblement vigoureux, et, même

avec Lily, je m’étais toujours retenu.

Pas cette fois.

J’écrasai le Mage sombre au sol et libérai toute ma colère et ma

violence en lui. Il se mit à griffer le plancher tandis que je le prenais

fortement, me rapprochant de l’orgasme jusqu’à ce que je rugisse et libère

assez de puissance pour produire une onde de choc contre le brouillard

sombre qui tentait de s’emparer de nous et d’envahir nos esprits.

Une énergie rouge recouvrit le Mage sombre, et il se retourna contre

moi lorsque j’eus fini, avant de me pousser contre le mur et de saisir ma

queue dans sa main. Il avait découvert ma situation malheureuse qui me

forçait à rester dur même après un orgasme, et il me punit en me caressant,

ainsi que lui-même, passant sa main de moi à lui afin de nous stimuler tous

les deux.

— Tu vas recommencer, ordonna-t-il tandis que son pouvoir grandissait.

Le Mage sombre était capable de manipuler la douleur, et, alors que je

venais de libérer ma violence pure sur lui, il me la rendait au centuple, me

caressant sans répit et me poussant à projeter ma tête en arrière jusqu’à

m’amener à un nouvel orgasme auquel je n’étais pas préparé. Les sensations

me submergèrent, et je me tordis pour essayer de lui échapper.

— Ne bouge surtout pas, ordonna-t-il en m’enveloppant d’énergie

sombre, telles des chaînes invisibles qui me paralysaient pendant qu’il nous

caressait violemment.

Il accéléra ses va-et-vient jusqu’à ce que je jouisse de nouveau et qu’il

libère son orgasme sur moi, ses yeux noirs s’élargissant alors qu’une onde

de choc puissante émanait de nous deux, bannissant le démon pour de bon.

Nous nous effondrâmes tous les deux, pulsants et visqueux, mais en

possession de nos esprits. Le démon avait été repoussé dans sa cage.

Du moins… pour le moment.

 

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