Fortune Academy : Troisième année (French Edition)
Chapitre 15
O livia avait découvert quelques nouveaux tours pendant mon absence. Il n’y avait aucun cours pour devenir une Mage de
lumière, et elle devait donc se former en autodidacte. Elle avait appris seule
comment manipuler les souvenirs des autres, ce qui lui avait permis de se
mettre la doyenne dans la poche et d’effacer mon ardoise. Du moins, pour
le moment.
Elle s’était également intéressée au don de clairvoyance, un talent pour
lequel peu de mages accumulaient suffisamment d’énergie pour en être
capables. Hendrik avait subi des visions pour le bien de son clan, mais je
savais que cela impliquait un paquet d’offrandes de sang et de combats
illégaux dans l’Arène des monstres.
Olivia, en revanche, avait largement assez de puissance à sa disposition
depuis qu’elle avait regagné son âme. Elle était désormais en mesure de se
nourrir d’elle-même. Elle prétendait avoir suffisamment de pouvoir pour ne
plus avoir à se mettre en danger, mais je lui fis promettre de ne plus avoir de
vision, et de ne pas utiliser une quantité de magie qui pourrait l’épuiser
davantage. Si elle perdait de nouveau son âme, juste après l’avoir retrouvée,
je la tuerais moi-même.
La vision ne fut pas aussi utile que je l’aurais espéré. Olivia aperçut
plusieurs futurs différents. Dans certains, nous finissions en train de brûler dans les flammes de l’enfer, et dans d’autres, je mourais aux mains d’un
démon. Rien de très rassurant.
Mais il y en avait une dans laquelle nous survivions. Elle repartit de ce
point, et nous découvrit en train de dispenser des cours, ce qui signifiait que
je devais être son mentor. Horrible.
Dans la dernière vision qui lui vint, celle qui mit tout le processus en
mouvement, elle avait distingué une vampire, une jeune femme qui ne
portait pas d’uniforme, ainsi que du sang.
Tout ceci me donnait mal à la tête, et je décidai donc que la meilleure
manière d’aborder le problème était de profiter d’un repos bien mérité. Je
me blottis donc sous les draps de mon lit, dans les dortoirs des nouveaux
étudiants, lesquels commençaient à devenir comme mon chez-moi.
J’étais heureuse de pouvoir dormir dans mon propre lit, même si mes
Vertus n’étaient pas là. J’étais rassurée de parvenir à les ressentir dans ma
tête, à tout instant, et à l’écoute de mon humeur du moment.
En me laissant emporter par le sommeil, je m’autorisai à parcourir les
liens qui fermaient le cercle de compagnons, l’imaginant comme une
longue route, avec une corde que je devais faire courir entre mes doigts. Je
tombai le long d’un chemin qui m’emplit des émotions de mon loup. Il
vivait dans le présent et ne se souciait pas du futur, et c’était quelque chose
que j’adorais à son sujet. Son côté animal avait tendance à vouloir prendre
le contrôle pour jouer, mordre et s’accoupler jusqu’à ce que la lune se
couche et laisse place au soleil.
Logan pensait à moi, lui aussi, et il était tenté de s’aventurer par cette
entrée secrète près de la fenêtre, en tant que son loup, mais il devait
s’occuper de sa propre meute. Même s’ils ne pouvaient pas se souvenir de
lui, leurs instincts le reconnaissaient comme leur alpha. Il ne me l’aurait
jamais admis, mais ils lui avaient manqué, et j’étais heureuse qu’il ait une
chance d’être de nouveau un loup parmi les siens, même si ce n’était que
temporaire. J’ignorais à quoi ressembleraient nos vies une fois toute cette histoire terminée, et mon cerveau ne me laissait pas réfléchir aussi loin.
D’abord, il fallait survivre à la fin du monde. On s’occuperait du reste
après.
J’avais acquis mon instinct de survie grâce à mon chasseur. Songer à lui
me guida le long d’un nouveau chemin, un chemin sur lequel une ombre
tombait à mes pieds, et les cris de l’une de ses victimes résonnaient au loin,
mais je n’avais pas peur. C’était l’esprit de mon chasseur. Il était tout aussi
sombre que le mien.
Dante avait l’habitude de travailler en solo, mais regagner sa tanière
sous l’Arène des monstres allait se révéler difficile. Je le perçus, au milieu
des ténèbres, en train de fouiller le bureau de Kaito, dans le bâtiment des
conseillers, à la recherche d’une solution à notre problème, de la moindre
faiblesse de la doyenne que nous serions en mesure d’exploiter, mais je
doutais qu’il trouve quoi que ce soit, et lui aussi. Il avait simplement besoin
de rester occupé, de continuer de bouger, et je comprenais ce sentiment.
Je caressai son esprit avec encouragement, lui rappelant qu’il n’était pas
seul, avant de sombrer dans un sommeil plus profond, et je ne cessais
d’explorer ma connexion avec mes compagnons. Le soleil effleura mon
visage lorsque je suivis un autre sentier. Je me léchai les lèvres, goûtant la
douce addiction qui parcourait l’air en pensant à mon demi-dieu.
Orion était revenu parmi les Demis, et avait été accueilli par les siens,
surtout par Ally. J’aurais dû éprouver une pointe de jalousie, mais la
manière dont Orion l’avait prise dans ses bras ressemblait plus à la façon
dont un frère embrasserait sa sœur. Il était fier d’elle, de chacun d’entre eux,
d’avoir appris comment briller sans son aura pour les guider. Ils
grandissaient tous, et Orion était heureux de savoir que tout irait bien pour
eux quand le temps viendrait de partir.
Satisfaite, je m’aventurai en quête de Hendrik et Kaito, mais ne fit que
heurter un mur.
Foutu Mage sombre.
Je plaçai ma paume sur la barrière d’onyx lisse, ressentant Hendrik de
l’autre côté. Je perçus un changement dans l’atmosphère lorsqu’il remarqua
ma présence.
Toquant contre la barrière, je tentai d’attirer son attention.
— Hendrik ? Tout va bien là-dedans ?
Silence.
— OK… on dirait que tu n’as pas envie de parler pour le moment. Finis
rapidement de te morfondre, car je reviendrai prendre de tes nouvelles plus
tard.
Une légère brise portant le parfum des roses et du sang fut la seule
indication qu’il m’avait entendue.
— Abruti de tête de mule, grommelai-je en faisant courir mes doigts le
long du mur.
Je comprenais qu’il avait besoin d’espace pour le moment, et je le lui
accorderais, mais pas pour toujours, car, que cela lui plaise ou non, il était
mon compagnon, et je me souciais de lui. Le Mage sombre avait perdu son
rôle au sein de son clan, et je savais à quel point ses mages étaient
importants à ses yeux. Contrairement à Logan, la seule famille qu’il ait
jamais connue ne reconnaîtrait pas immédiatement sa position hiérarchique
dans le groupe, et encore moins les sacrifices qu’il avait accomplis pour eux
au cours des ans. Et s’ils avaient appris à aller de l’avant sans lui, ils
auraient pu décider qu’ils n’avaient pas besoin de lui en tant que chef, qu’ils
croient à son histoire ou non. Je soupçonnais que c’était probablement ce
qui le dérangeait le plus.
En m’approchant du chemin final qui prenait la forme d’une route
poussiéreuse, je cherchai du regard mon mentor japonais. Je m’aventurai
plus profondément dans la brume qui s’enveloppait autour de mes chevilles,
et un frisson glacé parcourut mes jambes.
Un silence assourdissant m’entourait, me faisant me sentir séparée de
mon cercle de compagnons, tandis que je pénétrais plus profondément dans ce néant irréel, mais Kaito devait s’y trouver, quelque part. Une grimace se
forma au coin de mes lèvres lorsque je commençai à chercher sa chaleur
familière et son aura mystérieuse qui avaient toujours été présentes au sein
du cénacle. À présent que j’avais conscience de ce qu’était Kaito, je savais
quoi guetter. Ses pouvoirs puisaient leur source dans le même éternel
chagrin qui formait un nœud permanent dans mon estomac. Les pouvoirs de
l’enfer puisaient leur source dans le poids du péché lui-même, de la
souffrance qu’il apportait sur ceux qui tombaient dans son piège, ainsi que
de toutes les émotions qui l’accompagnaient. Apprendre à utiliser cette
faculté me poussa à me rendre dans des parts de moi-même que je n’étais
pas encore tout à fait prête à explorer, mais avec mon cercle de compagnons
pour ancre, qu’importe à quel point j’étais susceptible de couler, je n’aurais
jamais eu à craindre de toucher le fond, car ils seraient toujours prêts à me
repêcher.
C’était ce que je devais désormais faire pour mes partenaires. En
particulier Kaito. Le martyr avait été capturé, et il n’aurait pas eu intérêt à
mourir, ou bien je l’aurais retrouvé moi-même en enfer et l’aurais ressuscité
afin de pouvoir le tuer moi-même.
Néanmoins, je continuai de parcourir la brume obscure de mes rêves, à
sa recherche. Après avoir pris un virage particulièrement sombre, je
ressentis toutes mes Vertus qui me tiraient mentalement en arrière,
m’avertissant de ne pas aller plus loin, mais j’étais préoccupée par l’idée
que Kaito soit dans un lieu que je n’étais pas en mesure d’atteindre. Je
devais savoir où il se cachait.
— Qui es-tu ? demanda une voix d’homme teintée d’un grondement
sexy qui me poussa à bondir.
— Qui est là ? répliquai-je à la brume sombre en tournant en rond et en
la faisant tourbillonner autour de mes chevilles.
Une présence menaçante au loin m’obligea à me figer, et un frisson de
crainte parcourut mon échine. Le lien qui me connectait au reste de mes compagnons s’amenuisait et était affaibli par l’aura écrasante qui provenait
de cette… créature.
De longues ailes de chauve-souris se déployèrent autour de l’homme, et
ce dernier s’extirpa du brouillard, révélant le visage d’un démon
diaboliquement beau et des yeux rouges dans lesquels dansaient les
flammes de l’enfer lui-même.
Du pouvoir émanait de son être et chassait la brume autour de nos pieds.
Il pencha la tête à la façon d’un prédateur, et son regard me balaya de haut
en bas.
Comprenant que j’étais entièrement nue (car mes rêves adoraient me
faire des blagues cruelles), je me couvris autant que je le pouvais grâce à
mes mains.
— Et toi, qui es-tu ? rétorquai-je. Un genre de démon voyeur ?
Il ricana, et le son de son rire traversa directement mon corps, vibrant
dans ma poitrine comme si je m’étais trop approchée d’une enceinte à un
concert.
— C’est toi qui m’as invoqué, Lilith.
Je sursautai à la manière dont il avait prononcé mon nom, comme s’il
savait exactement qui et ce que j’étais.
— Mon nom est Lily, le contrai-je.
Il esquissa un sourire et s’avança d’un pas. Je tentai de reculer, mais
mon cul trouva un mur qui était absent un peu plus tôt. Ce n’était pas
comme la barrière de Hendrik. Celle-ci irradiait une chaleur et réchauffait
rapidement tout mon être. Je me détendis aussitôt, malgré le démon qui se
rapprochait de plus en plus.
Il continua de se diriger vers moi et me piégea lentement entre ses
larges ailes tandis que ses bras m’encerclaient de chaque côté. Un
grincement retentit à mesure que les serres qui se trouvaient sur les arcs de
ses ailes grattaient le mur derrière moi, formant une menace non prononcée qui m’indiquait que le moindre faux mouvement de ma part aurait mené à
une mort certaine.
— Je ne veux pas savoir qui tu es, Lilith, j’en sais déjà assez, dit-il de sa
voix délicieusement suave qui me faisait trembler sous sa présence. Je
souhaite savoir qui tu penses être. Je suis un démon de la rage.
Il déplaça ses doigts le long de mon torse et les referma autour de mon
cou. Je déglutis fortement avant qu’il ne me bloque la respiration.
— Et toi, Lilith, tu pousses ma patience à bout.
Mes pensées se mirent à fuser dans ma tête tandis que des points noirs
commençaient à consteller ma vision. J’ignorais comment ce démon avait
réussi à me paralyser aussi facilement. Peut-être était-ce parce qu’il
s’agissait d’un rêve, ou peut-être ne m’attendais-je simplement pas à ce
qu’une de mes Vertus me fasse sérieusement du mal. Je n’avais en effet
aucun doute quant à son identité.
— Cole, prononçai-je, parvenant à laisser échapper son nom d’une voix
rauque au travers de sa poigne étouffante.
Il fronça les sourcils, comme irrité à l’idée que je sois consciente de qui
il était. Son étreinte se resserra.
Il voulait être un connard ? Très bien.
Je me remémorai ma leçon en « gestion d’immortels », et lui assénai un
coup de pied dans les couilles.
Il recula soudainement en relâchant juste assez son emprise autour de
mon cou pour me permettre de me glisser sous lui et de fuir.
— Reviens ici ! rugit-il.
Mais je sprintais déjà à toute vitesse sur le chemin par lequel j’étais
arrivée, et fuyais ce vide destructeur d’esprit dans lequel Cole régnait en
maître. Lorsque je l’affronterais de nouveau, ce serait selon mes règles.
— C’est mon rêve, enfoiré ! hurlai-je par-dessus mon épaule.
J’avais ma super-force, ainsi qu’une détermination de fer de ne pas
vouloir me faire tuer dans ma propre tête.
Un rire bas et vrombissant parcourut la brume noire qui se refermait
autour de mon corps, et je passai le reste de la nuit à fuir une Vertu qui allait
représenter mon plus grand défi.
— SALUT, la marmotte, dit Olivia en me réveillant tout en tenant du café
sous mon nez.
Toujours piégée dans ma quête désespérée pour fuir mon démon de
minuit sexy, mais insupportable, je me débattis, renversant presque la tasse
qu’Olivia essayait de m’offrir.
— Frappe cet enfoiré dans les couilles ! hurlai-je, ma vision passant de
claire à floue tandis que je tentais de me forcer à reprendre conscience.
Olivia se redressa, ce qui évita de m’asperger de café, et plaça une main
contre sa poitrine.
— Merde, Lils ! Ne m’effraie pas comme ça.
Après m’être calmée, elle me regarda d’un air perplexe.
— Désolée, grommelai-je, mauvais rêve.
Elle gloussa.
— Oui, je vois ça. (Elle me proposa de nouveau son café en le faisant
flotter sous mon nez.) Bon, j’espérais te réveiller de manière paisible parce
qu’il a accepté, mais il y a une petite condition à respecter.
— Qui a accepté quoi ? grommelai-je en enveloppant la tasse entre mes
doigts avant de me redresser.
Je pris quelques gorgées de la délicieuse boisson, et mes yeux se
refermèrent de plaisir.
— Par les dieux. Qui t’a appris à faire du café comme ça ?
Olivia esquissa un sourire.
— Trevor. Il utilise l’eau de l’Olympe.
J’ouvris une paupière et recrachai le café dans la tasse avant de la lui
rendre.
— Euh, beurk.
Si je savais quelque chose au sujet de l’Olympe, c’était que les nymphes
s’y baignaient nues.
— Oh, voyons ! (Elle reposa le café au bord de la table.) Beaucoup de
choses ont changé pendant ton absence. Et est-ce que je dois te rappeler que
tu sors avec cinq mecs, y compris un qui essaie de me tuer ?
— Hendrik n’a pas essayé de te tuer, rétorquai-je. Il ne se soucie peut-
être pas de beaucoup de gens, mais son clan est toute sa vie. À la seconde
où tu as fait ton Éveil en tant que Mage sombre, tu es devenue une partie
intégrante de sa famille, et il n’aurait jamais laissé quoi que ce soit t’arriver.
Elle croisa les bras.
— Eh bien, il s’est très bien débrouillé pour nous manipuler en me
menaçant de mort, qu’il ait souhaité accomplir sa menace ou non. Je ne
compte pas le lui pardonner, dit-elle en plissant ses yeux dorés vers moi. Je
ne vais pas fricoter avec lui, alors ton esprit doit être embrumé.
— Ah, vraiment ? demandai-je en me rasseyant. Et ton esprit n’est pas
embrumé par Trevor ? Je ne compte pas excuser cette face de truite d’avoir
manipulé Orion contre moi, ajoutai-je en haussant les épaules. Je suppose
qu’on est quittes.
Elle soupira et fouilla dans son sac.
— Enfin, j’espérais te réchauffer avec du café, mais comme ça n’a pas
marché, je vais devoir te plonger dans le bain directement.
— Comme un poisson, suggérai-je avec un rictus.
Elle leva les yeux au ciel et sortit de son sac un bracelet doré orné de
gemmes rouges qu’elle me tendit.
— Lucifer a accepté, mais uniquement si tu portes ceci. C’est la
condition de notre plan.
Elle le retourna et désigna chacune des six pierres.
— C’est une minuterie. Une fois que tu l’auras enfilé, les gemmes
s’illumineront, une pour chaque mois passé. Tu seras incapable de l’enlever
avant que le temps soit écoulé.
— Qu’est-ce qui arrivera lorsque toutes les pierres brilleront ? la
questionnai-je en saisissant le bracelet puis en le retournant.
Mes doigts furent réchauffés par l’étrange chaleur qui parcourait le
métal.
— Tu seras envoyée en enfer.
— Merde, murmurai-je avec un petit sifflement. Et ensuite ?
Elle se mâchouilla la lèvre inférieure.
— Eh bien, Yuri n’a pas été en mesure de me donner plus de détails,
mais je suppose que tu affronteras Luc sur son territoire, et je doute que le
combat sera loyal. Tu n’auras pas le droit d’amener qui que ce soit avec toi,
et nous ne savons même pas s’il existe un moyen de te reconduire ici. (Elle
saisit mon bras.) Tu n’es pas obligée de faire ça, Lily. Nous pourrions
trouver une autre méthode.
— Qu’est-ce qui arrive si je refuse ? demandai-je en la regardant dans
les yeux. Il enverra toute son armée, pas vrai ? Ensuite, la doyenne
s’assurera qu’aucun d’entre nous n’entre dans l’Arène des monstres. Je ne
reverrai jamais Kaito, et je ne rallierai pas Cole à mon côté, si nous
parvenons seulement à survivre.
Je me penchai vers elle.
— Dis-moi la vérité. Les choses se sont dégradées à quel point depuis
que les attaques de Lucifer ont commencé ?
— Beaucoup, admit-elle. Mais cela ne signifie pas que tu dois…
J’enfilai le bracelet qui se referma d’un coup sec avant de commencer à
trop réfléchir. Un grognement m’échappa en sentant la brûlure atroce
parcourir mon corps, se répandre dans mon bras et traverser mon sang
jusqu’à ce que je croie m’embraser.
Olivia sursauta en voyant ma peau devenir écarlate.
— Merde !
Je haletai, laissant le feu d’enfer courir au travers de mon organisme.
J’étais en partie enfant de démon et Princesse de l’Enfer, ce qui signifiait
que je pouvais survivre à tout ce que Lucifer serait susceptible de mettre en
travers de mon chemin. C’était, en tout cas, ma théorie.
Ne fais pas de combustion spontanée, Lils. Tu peux y arriver.
Il me fallut trois longues et profondes inspirations avant que la douleur
ne s’apaise. Prise de vertige, je fis tourner le bracelet autour de mon
poignet, cherchant un mécanisme au cas où j’aurais souhaité le retirer, mais
il était devenu comme un ruban solide à mon bras.
— Ne m’effraie pas comme ça, me gronda Olivia tout en me prenant
dans ses bras. Tu es tellement imprudente.
— Je ne voulais pas que tu m’en dissuades, avouai-je. Je dois mettre la
main sur Kaito et Cole, et j’ai besoin de temps pour y parvenir. Maintenant,
nous avons six mois.
Je serrai ma meilleure amie dans mes bras, rassurée par l’idée de ne pas
avoir à traverser cette épreuve seule.
— On trouvera une solution, je te le promets.
Elle m’étreignit plus fort.
— On a intérêt.
J’espérais ne pas avoir fait une promesse que je ne pouvais pas tenir, car
il était hors de question que je déçoive de nouveau quelqu’un à qui je tenais.
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