Fortune Academy : Troisième année (French Edition)

Chapitre 21

 

N ous rencontrâmes quelques esclaves écervelés en chemin vers l’Arène des monstres, mais Dante prit l’initiative et parvint à les

convaincre que la doyenne lui avait donné une tâche à accomplir concernant

les monstres qu’il avait ramenés, même s’il n’aurait jamais pu entrer sans

l’autorisation directe de la doyenne et le sang que j’avais récolté.

Heureusement, les esclaves n’étaient pas très brillants.

— Nous n’avons pas beaucoup de temps, nous avertit Dante tandis qu’il

attendait à la porte. (Je sortis le mouchoir, et celle-ci se déverrouilla, nous

laissant passer.) Ils feront leur rapport auprès de Melinda, et elle sait que

nous ne sommes pas censés être ici.

— Tout ira bien, dis-je en commençant à courir doucement pour

atteindre l’arène qui se trouvait au loin. Une fois que nous aurons libéré

Cole, le démon sera sorti de sa boîte de toute façon.

Je baissai les yeux en ressentant une pointe brûlante le long de mon

poignet. J’avais presque oublié la dernière gemme sur mon bracelet qui

s’apprêtait à m’informer que mon heure était presque venue.

C’était maintenant ou jamais.

— Par-là, lança Dante tout en se faufilant autour du bâtiment. Il y a une

entrée pour les tunnels à l’arrière, là où je fais entrer les monstres. (Il adressa un regard à Orion.) Cela risque d’être serré pour toi. Je rêve, ou est-

ce que tu as « grandi » ces six derniers mois ?

Orion sourit et tendit les muscles de son immense bras.

— Oui. Entre toute cette énergie à avaler sur le campus et le temps

passé avec ma petite étoile, je déborde de puissance.

Il m’attrapa et m’offrit un profond baiser qui m’emplit de chaleur de

soleil.

— Un cadeau que je rembourserai pour toujours par mon adoration.

— Rembourse-le en nous gardant tous en vie, rétorquai-je en le

poussant en direction de la trappe.

J’agitai le mouchoir, et elle s’ouvrit, mais je remarquai qu’une partie du

sang que j’avais récolté avait commencé à disparaître du morceau de tissu.

Chaque porte consumerait l’essence du sang de la fondatrice. Je me mordis

la lèvre et commençai à espérer qu’il n’y ait pas trop de portes entre nous et

mes Vertus emprisonnées.

Orion sourit et m’adressa un autre baiser.

— Comme tu le souhaites. Plus vite nous sauverons le monde, plus vite

je pourrai te ravoir dans mon lit.

Par les dieux. Pouvait-il penser à autre chose qu’au sexe ?

Mon immense demi-dieu s’inséra tête la première dans la trappe et

parvint par miracle à entrer en se tortillant. Dante le suivit, se déplaçant et

disparaissant comme une ombre, et je m’engouffrai derrière lui.

Orion fournit une vive source de lumière une fois que nous fûmes tous

dans les tunnels, même si je n’en avais pas besoin. Je préférais les ténèbres,

mais au moins, cela aidait Orion à savoir où il marchait.

Dante s’arrêta et regarda tout autour de lui.

— Je ne suis pas sûr de savoir où elle garde Kaito. Je ne suis pas venu

ici depuis longtemps.

Bien que le lien de compagnon ait souffert, je tentai de rechercher la

présence de mon conseiller scolaire sexy, à présent que j’étais non loin de lui.

Je fermai les yeux et me concentrai. Il me fallut du temps, mais je

ressentis un murmure de son énergie. Kaito émettait toujours une aura de

mystère et de ténèbres, avec juste une once de chaleur dont je savais

désormais qu’elle provenait de ses origines de démon japonais issues de

l’une des strates les plus profondes de l’enfer.

— Par là, indiquai-je en pointant du doigt l’un des chemins. Espérant

simplement qu’elle ne garde pas Cole trop loin, car je ne le ressens pas du

tout.

Des volutes d’ombre absorbaient la lumière qu’émettait Orion,

trahissant le fait que Cole était sans le moindre doute ici, et qu’il ne voulait

pas être retrouvé. Peut-être changerait-il d’avis en apprenant que je venais

le sauver.

Je suivis mon cœur et marchai le long de cages qui contenaient bien

plus de personnes que dans mes souvenirs de ma dernière visite. Je brandis

le tissu couvert de sang avant de me raviser.

— Celles-ci ne sont peut-être pas protégées par des runes, suggéra

Orion en remarquant mes intentions.

Libérant mes griffes, je mis à l’épreuve l’un des verrous. Il résista, me

réprimandant d’une décharge magique.

Refusant d’être mise en échec par un stupide loquet, j’accomplis la

première chose qui me traversa l’esprit. Si le sang de fondatrice m’accordait

l’accès à n’importe quelle porte dans l’Académie, le mien contiendrait assez

de magie pour me faire entrer dans une petite cage de prisonnier.

Je traçai une ligne sur mon bras, grimaçant en sentant le sang noir

recouvrir mes griffes.

Dante et Orion m’observèrent tous les deux d’un air inquiet, mais

n’essayèrent pas de m’arrêter. Je frappai de nouveau le mécanisme de mes

griffes, et le tranchai comme du beurre.

Bingo.

Je longeais la longue rangée de geôles et brisais les verrous sur mon

chemin, laissant les prisonniers assoupis comprendre d’eux-mêmes qu’ils

avaient été libérés.

— Tu es sûre que c’est une bonne idée ? me questionna Dante tandis

que je sectionnai un autre cadenas.

— Je ne vais pas laisser ces gens pourrir ici, lui murmurai-je en retour.

Je les avais déjà abandonnés par le passé. Je ne comptais pas

recommencer.

Plutôt que d’essayer de me dissuader, Dante utilisa sa dague pour

m’aider. Il me la présenta, et j’essuyai mon bras contre la partie émoussée

de la lame. Il s’en servit pour forcer les verrous, et nous parcourûmes la

ligne ensemble.

En arrivant aux niveaux les plus profonds, mon tour de griffe cessa de

fonctionner, et je ne fus pas en mesure de libérer plus de prisonniers, mais

je compris pourquoi. 

— Est-ce que ce sont les monstres que tu as chassés ? demandai-je à

Dante.

Il grogna sa réponse.

— Oui. J’en ai capturé beaucoup, et ils sont vraiment dangereux, alors,

si j’étais toi, je n’essaierais pas de les délivrer, pas tant que nous n’avons

pas un plan de secours, au moins.

Une part de moi voulait détruire ces cages, car, qu’importe à quel point

ces « monstres » étaient dérangés ou perdus, je pouvais les comprendre.

Chacun d’entre eux voulait simplement être aimé, être compris, et avoir

quelque chose pour lequel vivre.

Pourrir dans une cellule n’avait rien d’une vie.

Je me fis une note mentale de les libérer une fois que cela ne

présenterait aucun danger, car, qu’importe ce que j’éprouvais, Dante avait

raison. Une fois qu’ils seraient réveillés, ils attaqueraient quiconque se

trouverait sur leur chemin, peu importe nos intentions.

Orion se mit à marcher devant nous, sa lueur luttant contre la brume

obscure qui commençait à m’endormir.

— Nous devons nous presser, dit-il. Je pense que Cole a endormi tout le

monde ici. Les espaces confinés permettent au brouillard d’être plus

concentré.

— Alors, nous devrons simplement l’incinérer.

Je soulevai une boule de feu dans ma main qui se mit à trembler contre

la brume. Je peinais à la brûler, mais en me concentrant suffisamment,

j’étais capable de former un passage vers la dernière porte.

Mon sang ne fit qu’un tour lorsque je ressentis Kaito de l’autre côté. Je

sortis le mouchoir couvert du sang de fondatrice. Les runes qui recouvraient

la porte réagirent, et un cliquetis résonna de l’autre côté, ne laissant que

quelques gouttes sur le morceau de tissu. Il ne me restait qu’une seule

chance de m’en servir.

J’attendis un instant, le silence devenant assourdissant, jusqu’à ce que la

porte ne s’entrouvre à mon toucher.

— Kaito ? tentai-je de prononcer, avant de trouver mon mentor accroupi

dans un coin de la minuscule cellule.

Ses yeux rougeoyants nous observaient et nous défiaient d’approcher.

— Je ne pense pas qu’ils l’ont laissé sortir depuis notre retour de l’enfer,

nous avertit Dante en se plaçant devant moi. Hé, Kaito ! Mon pote. C’est

nous.

Un grognement inhumain provint de ma Vertu torturée, et mon cœur se

serra.

— C’est la brume, murmura Orion. Brûle-la pour purifier la cellule, et il

pourra respirer de l’air frais. Elle l’a infecté.

De toutes mes Vertus, Kaito détenait le plus de secrets, et il était capable

de rancunes comme nul autre. Il avait été particulièrement sensible à

l’influence de Cole.

Avec mon aide, je l’en libérerais.

Je canalisai ma puissance dans une boule de feu au creux de ma main,

mais elle faiblit et se tortilla contre le brouillard qui continuait de nous

écraser. Kaito maugréa, interprétant ma tentative comme une menace.

Orion plaça une main sur mon bras.

— Utilise-moi, proposa-t-il. Sers-toi de ma force, comme tu l’as fait

auparavant.

Je me concentrai, usant de mes pouvoirs de succube pour prendre une

simple once d’énergie d’Orion sans affecter son âme par la même occasion.

Je réussis, et sa lumière solaire se déversa dans mon bras et jusque dans

mon corps, rendant la flamme plus intense encore.

Dante posa une main sur mon autre poignet.

— La mienne aussi.

Ses yeux orange brillaient tandis que je fouillai prudemment en lui et

trouvai son énergie magique. Il n’avait pas autant à offrir qu’Orion, mais

c’était ma faute, car je l’avais laissé mijoter seul avec Hendrik et toute sa

rage.

Les ténèbres de la pièce se dissipèrent lentement jusqu’à ce que Kaito

parvienne à comprendre qui nous étions. Il se redressa et secoua la tête,

reprenant sa stature et son autorité naturelle, malgré sa piteuse apparence.

— Lily ? me questionna-t-il en se frottant la tempe. Où est-ce que je

suis ?

Je laissai le pouvoir regagner mon corps, envoyant une décharge à

Orion et Dante qui reculèrent tandis que je courais vers mon mentor et

passai mes bras autour de sa nuque pour lui offrir un long baiser.

Il m’embrassa sans la moindre hésitation, mettant de côté sa confusion

et son épuisement, car, pour le moment, j’étais tout ce qui comptait.

Je le savais, car j’étais capable de le distinguer au travers du lien de

compagnon qui reprenait vie.

Seulement… quelque chose sembla tirer à l’opposé à l’instant où je

tentai de me connecter à mes partenaires. Kaito me libéra de notre baiser. Le tatouage argenté qui courait sur sa joue luisait très faiblement.

— Qu’est-ce que c’était ? demanda-t-il à voix basse tout en observant la

pièce obscurcie.

Orion et Dante se rapprochèrent rapidement de nous, Dante brandissant

sa lame, prêt à frapper.

— Je l’ai ressenti aussi, dit le chasseur. Le démon n’est pas très content

que tu t’amuses avec sa petite subjugation. Il veut que nous nous battions

entre nous, et que nous nous entre-dévorions dans notre rage, mais tu ne

joues pas selon ses règles.

— En effet, acquiesçai-je en ancrant mes mains sur mes hanches. Et je

vais le trouver maintenant et l’affronter, parce que je commence à en avoir

marre de ces conneries. Nous ne sommes pas ses ennemis, et il est temps

qu’il le comprenne. La seule raison pour laquelle il a accès au lien du cercle

de compagnons est qu’il est également l’une de mes Vertus.

Orion se plaça devant moi, me bloquant la sortie.

Je fusillai du regard le grand salopard.

— Bouge, lui ordonnai-je.

— Le lien de compagnon doit guérir, lâcha Orion, pressant une main

chaude sur mon épaule qui fit courir un fourmillement dans tout mon corps.

Tu as découvert le point faible de Cole qui nous a repoussés les uns des

autres. S’il ne souhaite pas faire partie du cercle de compagnons, peut-être

qu’il ne devrait pas le rejoindre. Si nous nous regroupons, nous serions en

mesure d’affronter la doyenne sans lui.

— Non, affirmai-je fermement, ne laissant aucune place au débat. Cole

est aussi l’une de mes Vertus, et je ne compte pas l’abandonner, que vous

pensiez que nous avons besoin de lui ou non.

— C’est un monstre, cracha Kaito. Une véritable montre. Il ne peut pas

être sauvé.

Je lui jetai un regard noir.

— Vraiment, Kaito ? De nous tous, je croyais que tu serais à même de

comprendre.

— On dirait qu’elle a déjà pris sa décision, se lamenta Dante. Moi, je la

laisserais faire.

— Comprendre ? réagit Kaito en glissant une main vers ma hanche,

malgré la colère qui l’animait comme une flamme sous sa peau. Il est si

dangereux, Koneko-chan, et puissant. Cole s’est servi de moi pour atteindre

le reste de tes Vertus. Alors, pardonne-moi si j’ai du mal à « comprendre ».

— Comme une foutue antenne, remarqua Dante avec un ricanement.

Pas étonnant qu’il ait réussi à entrer si facilement dans nos têtes. (Il donna

un coup dans l’épaule de Kaito.) Merci beaucoup. Tu aurais pu l’en

empêcher.

Mon mentor se mit à grogner, ses yeux s’embrasant de cette rage

intérieure dans laquelle Cole avait puisé.

— Tu ne crois pas que j’ai tenté de le combattre ? J’ai passé les six

derniers mois ici, avec à peine de quoi manger ou boire, pendant que vous

étiez en train de vous la couler douce sur le campus.

Il repoussa Dante, bien que, dans son état actuel, il n’ait pas assez de

force pour obliger le chasseur à bouger.

— Est-ce que vous avez seulement essayé de venir me chercher ?

— Évidemment, confirmai-je en lui tenant le bras, et regrettant d’être

incapable d’effacer les six derniers mois.

Je savais qu’il était resté enfermé dans l’Académie des monstres, mais

j’ignorais que les choses étaient horribles à ce point.

— Il n’y avait aucun moyen de te faire sortir.

— On n’a pas le temps pour tout ça, nous rappela Orion, sa voix

imposante ne laissant aucune place au débat. (Il saisit mon poignet et le

brandit en l’air.) Tu as conclu un pacte avec le diable, mon cœur, et tu es

presque à court de temps.

MES VERTUS m’entourèrent tandis que je suivais le maigre lien qui

m’attirait à Cole. Le libérer était la bonne chose à faire, mais à présent que

j’étais sur le point de m’exécuter, je ne pouvais m’empêcher d’avoir le

ventre noué.

Je m’arrêtai lorsque nous atteignîmes l’issue d’un tunnel dans lequel se

trouvait la majorité de la brume. Même mon tour de boules de feu n’aurait

pas été en mesure de dissiper ce brouillard.

— Je n’y vois rien du tout, se plaignit Orion dont la lumière était avalée

par les ténèbres environnantes.

— Il y a trois portes, observa Kaito. Je soupçonne qu’il s’agit de la

dernière précaution conçue pour empêcher les intrus d’essayer d’atteindre la

prison du démon. Deux d’entre elles sont des leurres.

Je brandis mon mouchoir, sur lequel ne restait plus qu’une unique

goutte de sang.

— Nous n’avons qu’une seule chance, dis-je en luttant pour garder les

yeux ouverts.

Le brouillard voulait m’endormir, mais il n’y avait pas que cela. Il

souhaitait me faire entrer dans un rêve duquel je ne pourrais pas

m’échapper. Un rêve dans lequel Cole serait à même d’infiltrer mon esprit,

et de finir ce qu’il avait commencé.

Repoussant l’envie de fermer les paupières, je scrutai chaque porte et

tentai de trouver un indice qui m’aurait échappé.

— Elles sont toutes identiques, me plaignis-je.

Je passai mes doigts sur chacune d’entre elles et ressentis une

impression de néant glacé de l’autre côté qui masquait quelle porte retenait

Cole captif.

— Utilise le lien de compagnon, suggéra Dante. S’il peut nous

atteindre, nous devrions être capables de l’inverse.

Je fermai les yeux et poussai un long soupir. C’était sans importance. Je

distinguais Kaito, Orion et Dante, ainsi que mes autres Vertus, sur le

campus. Logan avait décelé quelque chose qui ne tournait pas rond, et il

était en route. Même si j’appréciais son inquiétude, je ne voulais pas que le

loup se retrouve mêlé à ça, pas tant qu’il n’y avait rien qu’il ne puisse

accomplir.

Hendrik était également conscient de notre situation, et il me faisait

parvenir des pointes d’énergie au travers du lien, me punissant pour avoir

simplement imaginé libérer Cole. Il se joignit au loup dans une mission

pour m’empêcher de commettre ce qu’ils pensaient être une gigantesque

erreur, ce qui était exactement la raison pour laquelle je ne les avais pas

amenés avec moi.

Je soupçonnais que, à présent, Melinda avait mis la doyenne au courant

de nos activités, ce qui signifiait qu’elle était également en chemin.

Il était temps d’agir. Il était temps de libérer ma dernière Vertu.

Je me fiai à mes tripes, je choisis la porte sur la gauche, et commençai à

soulever le mouchoir, mais Kaito se pressa de m’arrêter.

— Pas celle-ci, dit-il en haletant, comme s’il luttait pour respirer.

— Pourquoi ? demandai-je.

Il désigna la porte à l’opposé.

— C’est celle-là.

— Comment le sais-tu ? le questionnai-je, pas encore prête à lui faire

entièrement confiance. Si tu essaies de me manipuler, je vais…

— Je te promets que non, insista-t-il en saisissant mes bras et en me

poussant à reculer. Écoute, je n’approuve pas ta décision, Koneko-chan,

mais je crois en toi. (Il me retourna afin que je fasse face à la porte.) Je suis

un démon, ce qui signifie que Cole et moi sommes bien plus similaires que

je n’aime l’admettre. Tu avais raison lorsque tu as dit que j’aurais dû comprendre, même si je n’étais pas prêt à lui pardonner. Même si je ne lui

pardonnerai jamais. C’est sans importance. Ce n’est pas moi qui compte ici.

Tu es ma compagne, et c’est ce que tu désires, alors c’est ce que je t’aiderai

à accomplir.

Il se pencha et posa un baiser sur ma nuque, ses lèvres frôlant mon

oreille. Il s’y attarda, attendant que j’ouvre la porte.

Je retins mon souffle en soulevant le morceau de tissu, et regardai le

sang se dissiper devant mes yeux, enflammant les runes infernales tandis

que la porte s’ouvrait.

Et que le démon de mes cauchemars m’attendait de l’autre côté.

 

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