La Saison barbare
Paris, France, mercredi
Ces deux derniers jours avaient été interminables, pourtant Léonora s’interdisait d’y penser, redoutant qu’ils se prolongent d’une autre journée.
Elle récupéra la carte que lui avait tendue Marc Lemoine le jour des funérailles de Marie et qu’elle avait glissée dans son portefeuille, machinalement. Du reste, elle ne l’avait qu’à peine effleuré du regard ce jour-là. Elle lut : Marc Lemoine, conseil en relations publiques. Elle tomba sur un répondeur et hésita après le bip. Elle se décida enfin :
— Euh… je suis Léonora Morrison-Louvier, la mère de…
On décrocha aussitôt, et une voix qu’elle reconnut répondit :
— Madame Louvier… Excusez-moi, j’étais plongé dans un projet urgent, je n’ai plus que quelques petites heures devant moi avant un rendu en Belgique et je filtre les appels. Êtes-vous en France ?
— Oui… je suis revenue. J’aurais souhaité vous rencontrer, Marc. À votre convenance, je suis très disponible.
— Mais bien sûr… Si je peux faire quoi que ce soit… Du reste je vous l’avais proposé…
— C’est gentil. Non, j’avais juste envie de bavarder. Je vais me porter partie civile.
— Ah bon ?
— Oui, je ne crois pas à la théorie du suicide. J’ai du reste des éléments pour étayer mes doutes. La police ouvre à nouveau l’enquête.
— Je… Eh bien pour tout vous dire, cela me soulage. C’est crétin à dire, mais ça ne cadrait pas avec Marie. Écoutez, je dois vraiment partir pour Bruxelles, mais je vais écourter mon séjour là-bas et rentrer demain, en fin de soirée. Donnons-nous rendez-vous quelque part ou chez moi ou même je peux passer. C’est sans doute ce qui serait le moins dérangeant pour vous, et je suis motorisé.
— C’est vraiment gentil de votre part, Marc. Eh bien je vous attends. Vers quelle heure ?
— Le temps de passer chez moi me changer et déposer mes sacs… vers dix-neuf heures ?
— C’est parfait.
— Si j’avais un retard, je vous laisserais un message.
— Merci encore, Marc.
Un appel de M e Arnaud Delavoix-Régnard clignotait sur le répondeur de Marie lorsqu’elle rentra de courses.
— Madame Morrison-Louvier, je viens à l’instant de recevoir par pli spécial les deux rapports. Pourriez-vous me rappeler ? Il est 12 h 30… Je pars à 13 heures. Un déjeuner professionnel. Je serai de retour à l’étude aux environs de 15 h 30.
Léonora consulta sa montre. Merde… Elle composa quand même le numéro de son avocat et tomba sur sa secrétaire qui l’assura que Me Delavoix-Régnard la rappellerait dès son retour.
Léonora fit réchauffer la paella surgelée qu’elle avait achetée sans trop s’y attarder. L’odeur lourde de fruits de mer et de poulet gras lui porta au cœur. Rien à foutre. Ça se mangeait, elle allait le manger.
En dépit de son animosité épidermique pour le beau blond à prunelles bleu gris, elle allait le revoir. Pourquoi ce type qui ne devait pas manquer de candidatures et d’opportunités s’était-il laissé bousculer par Marie, acceptant de tomber dans ses bras et dans ses draps alors que, de toute évidence, il n’y aurait pas songé tout seul ? De fait, ce que lui avait dit Daniel Balin allait dans le sens du mail qu’elle avait lu, et des confidences prudentes mais manipulatrices du sieur Casadei. Elle n’aimait pas ce type. Vraiment pas, et s’en méfiait. Pourquoi ? Sentait-elle quelque chose ? S’agissait-il là encore d’instinct ? Instinct, mon cul, car que foutait-il sur cette photo de Don ? Du reste, la même lancinante question se reposait encore et encore : pour quelle raison Marie avait-elle dissimulé ces photos anodines de son beau-père ?
Monsieur Tom s’installa contre sa cuisse sur le canapé, reniflant, l’air vague, le contenu de son assiette, sans velléité d’exiger un partage. De deux choses l’une : pour un chat, Monsieur Tom était anormalement bien élevé et respectueux de la propriété comestible des humains ou bien elle était fondée à se méfier de cette paella !
Une heure plus tard, en l’absence de tous symptômes d’intoxication alimentaire, elle diagnostiqua que Monsieur Tom, en vieux matou que rien ne remboursait de l’abandon dont il avait été la petite victime sidérée, de sa frustration passée de tendresse, était davantage intéressé par les câlins réparateurs que par son estomac. Une leçon, mais les animaux nous en réservent quelques-unes de taille lorsqu’on prend la peine de les écouter.
Il était presque seize heures lorsqu’elle parvint enfin à joindre M e Delavoix-Régnard.
À son débit, encore plus saccadé et nerveux que dans son souvenir, elle déduisit qu’il était pressé et surtout pas mécontent de sa célérité à se procurer les pièces qu’elle avait réclamées. Consciente qu’un intelligent compliment vous garantit souvent la reconnaissance d’ego de celui qui le reçoit, elle débuta par un :
— Je suis bluffée par votre efficacité, maître. Je me préparais à patienter — avec difficulté — encore une journée.
Flatté, il concéda d’un ton qu’il espérait modeste :
— Oui… Ça, je ne peux pas dire… c’est allé assez vite !
Le rapport de Raymond qu’il lui lut en omettant parfois péniblement les ponctuations, ne lui apprit rien. Les flics avaient tout d’abord conclu au suicide tant il était exact que tout ce qui entourait la mort de Marie le laissait supposer. Ce n’est que lorsque l’avocat se lança dans la lecture du rapport d’autopsie qu’elle dut s’asseoir.
— Je passe tout le paragraphe de constat d’identité, et de découverte du corps, si ce n’est qu’il précise que Mme Da Costa l’a trouvé aux environs de 9 h 20. La suite : « Marie, Josefa, Louvier, sujet féminin de race blanche. 25 ans. Taille : 1 m 61, poids : 50 kg. Cheveux courts, modérément frisés, châtain moyen foncé, yeux noisette. La C6 est une prothèse. Pas de diastème… »
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Non, Marie n’avait pas hérité de cet écartement qui séparait les incisives frontales de sa mère. Ces fameuses dents de la chance. « Il » ne les possédait pas.
Quant à cette C6, il devait s’agir de cette canine, rançon d’un moment d’amour et de hâte.
C’était au printemps. Elles habitaient encore Boston. Un après-midi, pour lui faire une surprise, Léonora était allée la chercher à la sortie de l’école, ce que son « travail » ne lui permettait que rarement. Elle arrivait au coin de Hull Street lorsque sa fille, plongée dans une intense discussion avec une de ses petites camarades, l’avait aperçue. Marie avait foncé vers elle en criant de joie. L’avant de sa semelle de sandale s’était pris dans la grille d’une bouche d’égout. Elle s’était affalée de tout son long. Léonora s’était ruée vers la petite fille pour la relever. Elle saignait du nez mais ce n’est que lorsqu’elle avait découvert qu’un bout en biseau de sa dent manquait qu’elle s’était mise à hurler.
Léonora avait promis. On ferait changer cette dent, pour en placer une encore plus belle, dès que la chose serait possible. Il avait fallu résister ensuite des années aux pressions de Marie, le dentiste ayant expliqué qu’une mâchoire se transforme jusqu’après l’adolescence.
★
— Vous m’écoutez, madame Morrison-Louvier ?
— Oui.
— Euh… j’hésite… la suite est très… médicale, anatomique.
— Vous voulez dire « graphique » et sans précaution de langage ?
— C’est cela.
— Allez-y, j’encaisserai, je vous le promets.
— Bien… J’y vais :
« Lorsque nous l’avons reçu à l’institut médico-légal, le sujet portait des lentilles de contact colorées, bleues, correctrices, qui seront ajoutées à l’ensemble des pièces exogènes dont la liste est donnée en annexe… »
L’avocat s’interrompit, jugeant utile de préciser :
— Il s’agit de tout… ce qui n’appartient pas directement au corps.
— C’est ce que je pensais, en effet.
— Je poursuis :
« L’extraction des dites lentilles a été délicate en raison de la déshydratation des cornées.
Un couteau de cuisine, à lame mince, laser, évoquant les ustensiles utilisés pour la découpe des articulations de volaille, a été retrouvé sur le bord de la baignoire. Il était partiellement recouvert de sang. Le groupe de ce dernier est compatible avec celui de Marie Louvier. Une empreinte génétique est en cours afin de confirmer cette première constatation. Les différentes empreintes retrouvées principalement sur le manche et, dans une moindre mesure, sur la lame appartiennent toutes à la décédée.
L’exsanguination profuse ayant résulté des longues entailles pratiquées sur les veines radiales et cubitales superficielles des faces antérieures des deux poignets a été considérablement favorisée par la station prolongée dans une eau tiède. De surcroît, il est vraisemblable à cette heure (sur la foi du rapport de police et des éléments retrouvés sur les lieux) que le sujet ait ingéré une forte dose d’alcool associé à des barbituriques et d’autres substances dont certaines sont connues comme hémorragiques directs (comme l’aspirine) ou pour contribuer à l’hémorragie (comme certains stupéfiants ou substances à action pharmacologique licite) en augmentant le rythme cardiaque. Les résultats toxicologiques demandés devraient permettre de conclure sur ce point. Cette exsanguination semble la cause du décès, lequel a dû intervenir (sur la base de la température rectale rapportée aux conditions environnementales, des premiers témoignages relevés sur les lieux, etc.) entre minuit et deux heures du matin approximativement. Cependant, de l’eau retrouvée dans les poumons, dans laquelle on note une présence non négligeable de cellules sanguines, tempère ce diagnostic et ne peut pas permettre d’exclure une participation de l’asphyxie par noyade à l’anoxie engendrée par l’effusion de sang.
Les entailles portées aux poignets sont cohérentes avec l’hypothèse d’un suicide, le sujet étant droitier. Le contenu stomacal ne laisse deviner aucune prise alimentaire solide récente. La recherche de marques de prise, bien que rendue difficile par la station prolongée dans l’eau, est négative. Aucune contusion ou hématome ne vient remettre cette appréciation en doute… »
L’avocat s’interrompit à nouveau en précisant :
— En d’autres termes, il n’y a pas eu lutte. Marie ne s’est pas défendue.
— Avec ce qu’il lui avait fait ingérer avant, le contraire m’étonnerait, répondit-elle d’un ton glacial. Cela étant, je pense qu’au contraire, Marie a tenté de résister comme elle a pu, inefficacement bien sûr, avant de basculer dans la camisole chimique qu’il lui avait fait avaler de force. C’est la raison pour laquelle la bouteille de vodka s’est renversée sur le tapis de bains. Mais il n’avait pas besoin de contenir ma fille, il savait que quelques secondes plus tard, elle s’écroulerait.
— J’y viens… les résultats toxicologiques reçus deux jours plus tard et agrafés au rapport.
Elle l’entendit pousser un « ouh là » étouffé. Il embraya :
— Elle avait 2,3 g d’alcool par litre de sang.
— C’est beaucoup ? Je n’ai pas l’habitude de ce système. Nous ne calculons pas avec les mêmes unités.
— C’est vraiment beaucoup, surtout pour une femme ! Selon moi, mais je ne suis pas expert, ce n’est pas encore le coma éthylique, mais une grosse cuite. Grosse, grosse. Du genre qui vous prive de vos réflexes et d’une appréciation raisonnable du danger. Je continue :
« Présence de MDMA — une amphétamine — et de barbituriques, pour ces derniers en concentration sanguine évoquant une prise récente. Présence de dérivés de l’acide salicylique évoquant une prise pouvant remonter à une heure avant le décès.
— Dérivés de l’acide salicylique ?
— L’aspirine.
— Existe-t-il en France ces formes d’aspirine qui n’ont plus de goût amer ?
— Oui, les aspirines à croquer, entre autres. Je suis grand consommateur.
— On aurait donc pu lui faire avaler cette substance sans qu’elle s’en aperçoive.
— Sans doute…
Léonora l’entendit ponctuer le silence qui suivit de petits bruits de lèvres, comme lorsque les enfants jouent à imiter les poissons. Il ajouta enfin :
— La liste des pièces exogènes ne contient rien à l’exclusion des lentilles… Marie est arrivée… nue à l’institut médico-légal. Madame Morrison-Louvier… voulez-vous que je vous dise : le sérieux d’arpenteur de certains meurtriers me donne froid dans le dos.
— Oui… hallucinant, n’est-ce pas, de penser que cette personne avait tout prévu, probablement apporté toute sa boîte de pharmacie avec elle ? Comment anesthésier Marie, comment la faire passer pour une junkie dépressive, comment la tuer. Comment ne rien risquer.
— Au demeurant et de façon cynique, c’était un plan très bien conçu. Si cette Stéphanie Marolle ne vous avait pas appelée, nous passions tous à côté.
— Oh, je n’aurais jamais cru au suicide de ma fille, ni à sa toxicomanie. Mais, ainsi que me l’avait rétorqué Raymond lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois, « c’est ce que pensent tous les parents, les mères surtout ». Comment le convaincre de rouvrir le dossier avec cela… Je vous remercie, maître.
Une bouffée d’adrénaline la faisait trembler lorsqu’elle raccrocha. Elle se dirigea vers le bar afin de parvenir à la contenir encore. Pas le moment. Le moment n’était pas encore venu. Mais son hypothèse était confirmée : la personne qui avait abattu Marie avec un tel luxe de précautions ignorait que sa fille portait des lentilles colorées, sans quoi elle les lui eut enlevées après sa mort de peur de semer un doute dans l’esprit de la police.
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Marie, ta coquetterie le fera tomber. J’y veillerai. Merci mon ange. Tu te souviens ? Un jour de ta fin d’adolescence, je t’ai dit qu’une femme devrait toujours être coquette, quelle que soit cette coquetterie. Pour elle, pour se plaire et se faire plaisir. Je t’ai raconté que Josefa, qui n’avait pas de moyens et si peu d’envies, couvrait ses lèvres d’un trait de rouge à lèvres rose foncé et passait une petite houppette de poudre translucide sur ses joues lorsqu’elle sortait, où qu’elle aille. Elle appelait ça « ses peintures de guerre ». Ce trait de rose la rendait plus forte, comme un guerrier indien.
★
Léonora se servit un long verre de chablis et en dégusta la moitié avant de se décider à former le premier des numéros de téléphone que lui avait laissés Francis Casadei, celui de son bureau à la banque Freeman and Cope. Elle tomba, là encore, sur un répondeur. La voix posée, étonnement grave pour un blond, rauque juste ce qu’il fallait, l’encourageait à laisser ses coordonnées et son nom, l’assurant de son intérêt et d’un rappel rapide. Elle raccrocha et composa le second numéro, celui de son domicile, évitant jusqu’à la dernière possibilité le mobile. Inconvenant dans ce cas de tenter une conversation avec quelqu’un qui slalomait dans les rues de Paris, haletant ses réponses en marchant. Son interlocuteur décrocha à la deuxième sonnerie et demanda avant qu’elle n’ouvre la bouche :
— Léonora ?
— En effet…
— J’ai le service de présentation de numéro.
— Ah. Je me demandais si vous pourriez me consacrer un peu de votre temps. Promis, ce ne sera pas long. Je viens de prendre connaissance du rapport d’autopsie de Marie.
— Vous vous êtes portée partie civile ? Depuis quand ?
Sidérée qu’il fût si au fait de la procédure française, elle précisa :
— Le lendemain ou le surlendemain de notre rencontre. Le temps passe si étrangement que je ne me souviens plus bien de la date.
— Samedi dernier, au soir. Vous avez revu Raymond ? Il rouvre l’enquête ?
— Oui… aux deux.
— Sur quelle base ?
Elle modifia sciemment l’intitulé. Tant mieux si elle parvenait à l’acculer, les choses iraient plus vite, et après elles, le Déluge :
— Meurtre avec préméditation. J’avais pas mal d’éléments convaincants à lui fournir.
— Ah vraiment ?
Était-ce une illusion, un vœu ou la voix de l’homme devenait-elle cassante, perdant un peu de cette légère insolence affable qu’il savait doser à merveille ?
— Oui… retrouvés entre autres dans l’appartement de ma fille… Écoutez, monsieur Casadei, je n’ai pas trop envie de discuter de tout cela au téléphone.
— Je… Je comprends parfaitement.
— Nous pouvons nous rencontrer dans un café, pour peu qu’il soit assez facile à dénicher ou ici, ou… il me suffit de sauter dans un taxi.
— Euh… Chez moi ?
Elle n’hésita qu’une fraction de seconde. Quelle différence, au fond ?
— Pourquoi pas ? Vous habitez ?
— Quai des Grands-Augustins, ce n’est pas très loin du Quartier Latin.
— Je crois me souvenir. À quelle heure ?
Ce fut à lui de se donner le temps d’une fugitive réflexion : r
— Écoutez, pourquoi ne pas dîner ensemble ? Je ne cuisine pas, mais il y a quelques excellents traiteurs pas loin. Je vous raccompagnerai ensuite en voiture.
— Un autre taxi fera très bien l’affaire, merci.
— Que préférez-vous ? Chinois, français, italien, grec, japonais ?
— Cela m’est indifférent. Choisissez.
Il rit :
— Je nous concocte donc un petit mélange très world cuisine.
— Parfait. À quelle heure ?
— On dîne tard à Paris, mais puisque nous sommes deux pauvres Américains exilés, donnons-nous le temps de boire un verre avant de passer à table. Dix-neuf heures ?
— C’est entendu, monsieur Casadei, à tout à l’heure.
Elle n’attendit pas sa réponse et raccrocha.
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La world cuisine, nouvelle lubie de Judith, avec la mode « ethnique » qui la faisait parfois arriver au restaurant en boubou, en kimono sanglé autour de sa taille maigre ou en franges de daim à l’indienne. Stanley bougonnait chaque fois : « Sans méchanceté de ma part, faut des formes pour remplir ce genre de vêtements, pour que ça tombe bien, et des formes, elle n’en a pas beaucoup ! »
Elle regarda sa montre. Il lui restait assez de temps pour appeler l’amie, la tenir informée, bavarder pour alléger son inquiétude qui ne manquerait pas de virer à la mauvaise humeur si Léonora ne se manifestait pas assez souvent.
Lorsqu’elle raccrocha un peu plus tard, elle était détendue ou plutôt tendue à l’extrême mais d’une belle tension. Celle qui précède le combat. Une tension dangereuse mais si puissante. Faire le point au profit de Judith, échanger des arguments, débarrasser son cerveau de ses scories, la nettoyait de ses hésitations, de ses atermoiements en forme d’insolubles questions.
Une seule question persistait : qui a tué Marie comme on noie un rat pris dans une cage ?
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