Laissez-nous faire !
Sortir la politique du marché de la promesse
Sortir la politique du marché
de la promesse
Pourquoi allons-nous faire triompher la société civile ?
Parce que nous sommes des Faizeux, pas des Diseux.
Les mots de saint Bernard de Clairvaux résonneront éternellement : « Ce
que nous vivons crie bien plus fort que ce que nous disons. »
Par leurs actes positifs, les Faizeux sont d'emblée porteurs d'une Bonne
Nouvelle ! Agir change radicalement le débat.
Chacun le sait, le marché de la promesse politique s'est effondré. Le fait
même d'en énoncer une vous rend illico suspect aux yeux des citoyens
désabusés et excite la vindicte populaire. Personne ne croit plus dans le
verbe qui constitue la base même du processus électoral classique :
promettre. Pour une raison très simple que flairent bien les Français : toute
promesse est l'aveu d'une impuissance présente. Quand on croit réellement
ce qu'on dit, on est ce qu'on profère. On le vit par des actes déjà posés.
Deux grands Diseux ont, sous ce rapport, dynamité avec un soin
exemplaire la possibilité de promettre quoi que ce soit dans notre
République. Nicolas Sarkozy a joué le premier acte en s'appliquant à ne pas
mettre en œuvre la « rupture » qu'il avait ardemment promise lors de son
élection en 2007. Que lui a-t-il donc pris ? A-t-il eu conscience du piège
qu'il tendait à la France en se livrant à une gesticulation de façade, à une
politique cosmétique (mais bruyante) aux effets concrets si réduits sur notre
quotidien ? François Hollande a terminé le boulot avec maestria en
s'ingéniant à prendre le contre-pied de sa tirade « moi, président » et en
proclamant la nécessité d'oser une politique de l'offre alors que le monsieur s'était fait élire sur un discours qui promettait une autre sérénade. Ce qui n'a
pas échappé à l'électorat traditionnel de notre gauche. Mesure-t-il les
conséquences de son inconduite teintée de goujaterie ? En l'espace de
quelques années, c'est la possibilité même de promettre qui a été dézinguée
en France par ces deux légers.
Chose étonnante, aucun des grands partis supposément gouvernementaux
n'a mis au cœur de son projet la reconquête préalable du crédit moral. En
adoptant les stratégies qu'il aurait fallu, stratégies nécessairement sincères,
généreuses et revitalisantes pour ceux qui les mettent en œuvre. À l'heure
des réseaux sociaux, seule l'authenticité se communique bien. La recherche
pathétique de la transparence (des revenus, du patrimoine) – le couteau sous
la gorge – n'a pas eu d'autre effet paradoxal que d'accroître la suspicion
galopante des citoyens. Cela n'a fait que répandre l'idée que les élus étaient
une bande de gredins bassement intéressés, des goinfres de prébendes. Quel
désastre collectif auquel ces fous ont tous collaboré ! À aucun moment le
PS et la droite ne semblent s'être interrogés sur les actes positifs et
réellement altruistes qu'il aurait fallu engager et répéter pour qu'il soit à
nouveau possible de promettre quelque chose dans ce pays. Personne n'a
paru garant du rétablissement du crédit des partis.
En somme, la droite et la gauche se sont curieusement associées pour
priver d'essence le moteur même de la vie politique : la confiance. À la suite
d'élections successives marquées par un degré historique de mépris à l'égard
des vieilles étiquettes, notre démocratie est en réalité morte. Quelle énergie
pourrait bien sortir d'urnes remplies à ras bord d'aigreur et de défiance ?
Comment mobiliser son électorat si l'on ne peut plus recourir aux
promesses, cet outil des démocraties anciennes qui, lors des scrutins,
escomptent l'avenir ?
Par malheur, les nouveaux entrants – les petits partis naissants, citoyens
et autres (Nouvelle Donne, Nous Citoyens, etc.) – ont commis l'incroyable
folie d'entrer sur le marché de la promesse sans s'être d'abord assurés
d'accumuler du crédit moral. Sans avoir d'abord démontré qu'ils étaient
vivants par l'action civique. Ils pénètrent donc dans un marché sinistré par
les leaders de la gauche et Nicolas Sarkozy, en adoptant un comportement
qui vous démonétise à l'instant même où vous demandez à être cru sur
parole. Leurs promesses (souvent judicieuses) ne paraîtront hélas pas plus
fiables. En jurant qu'ils ne sont pas « comme les autres », ces nouveaux entrants continuent à raisonner dans le cadre saccagé par les autres.
Promettre, c'est désormais se décrédibiliser.
Alors que faire ? FAIRE justement, FAIRE gratuitement sans solliciter de
suffrages, FAIRE parce que les Français ne veulent plus écouter les Diseux
qu'ils méprisent. FAIRE pour montrer ce que l'on EST. Quand les prometteurs
ne sont plus audibles, vient le temps des véritables Faizeux, les derniers qui
ne demandent pas à être crus sur parole ! Puisqu'ils font déjà ce qu'ils
disent. Voilà pourquoi les Zèbres vont représenter une force politique
croissante : nous agrégeons jour après jour du crédit moral et de la vitalité
visible au moment précis où l'on voit que les formations classiques n'ont
rien FAIT collectivement pour en obtenir.
Qui sera cru et respecté par la rue en 2017 ? Ceux qui mettent déjà en
œuvre la politique qu'ils recommandent ou ceux qui, la main sur le cœur,
jurent d'agir demain ? Pour la première fois, une offre politique se
présentera aux Français sous la forme d'une somme d'actions déjà en cours,
vérifiables, filmables – et non des promesses, des « engagements ». Par
notre sincérité actée, nous sortons la politique du marché de la promesse !
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