Laissez-nous faire !
La stratégie politique des Zèbres
En 2017, que feront les Faizeux ?
Lorsque sera venue pour les partis discrédités l'heure de chercher des
soutiens dans la société civile afin de se revêtir d'un halo de respectabilité,
Bleu Blanc Zèbre proposera aux formations républicaines une alliance avec
la société civile, un pacte avec tous les Faizeux ligués.
Nous demanderons non des postes mais de l'action concrète ; non des
portefeuilles mais des missions ambitieuses pour arracher le pays à son état
stationnaire ; non des facilités mais des difficultés à traiter. Soyons sans
arrière-pensée : notre main ne serrera celle des partis que contre d'amples
transferts de compétences, fondés sur notre légitimité d'action et dûment
répertoriés. Plus question de cantonner la société civile qui se bouge à une
force de proposition accompagnant le législateur dans sa définition
traditionnelle du légal. Fini de rire. Les Faizeux veulent de toute leur
influence que cette société civile devienne centrale dans l'exécution même
des politiques, en fournissant à la nation des opérateurs réellement
efficaces, respectés par la rue. Le pays est tombé trop bas pour que l'on se
passe de leurs compétences.
La classe politique doit donc accepter de faire contractuellement alliance
avec la société civile – pas en la récupérant de manière traditionnelle.
Terminé de déguiser tel ou tel leader associatif ou patron performant en
ministre otage du monstre administratif.
Nous demanderons poliment aux partis de signer des contrats de mission
avec nos bouquets de solutions agglutinant des opérateurs de terrain : des
compétences et des légitimités. Bleu Blanc Zèbre s'effacera alors pour laisser place à un collectif de bouquets de Faizeux. Une structure non
institutionnelle, vouée au changement et à la remise en question chronique ;
un outil civique à ossature numérique1, animé par une logique franchement
participative et collaborative ; tout le contraire d'une nouvelle
administration pyramidale. Nous ne dirons pas aux gauches divisées, au
centre compliqué et aux droites désunies « Signez et faites » mais « Signez
et laissez-nous faire ». Laissez vraiment faire ceux qui savent faire : les
Faizeux disposés à construire avec vous l'avenir ! Laissez-nous atteindre
des objectifs essentiels pour faire renaître la France, afin qu'elle redémarre
par elle-même, en mobilisant ses compétences ! Laissez-nous nous battre
avec et pour la population en la rendant actrice de son rétablissement !
Laissez-nous agir sur le terrain sans faire usage de vos méthodes
technocratiques !
Pour être très clair : notre première exigence est que nos bouquets de
solutions conservent le pilotage technique intégral de nos contrats de
mission. Pas question de refiler le bébé à une administration empesée ou de
subir la tutelle d'un ministère classique ; ce serait agir lentement,
coûteusement et enfin courir à l'échec. Ce point crucial ne sera donc pas
négociable ; même si je sais que le combat sera rude car le mini-Colbert,
même éclairé, reste dressé pour maintenir la société sous tutelle.
Chaque contrat de mission nationale comportera trois volets :
1) des objectifs chiffrés accompagnés d'une enveloppe financière
pluriannuelle2 qui permettra de flécher des crédits publics vers des
opérateurs civils ou des morceaux de la fonction publique (nationale ou
territoriale) qui se seront distingués par leur action de rupture. Nous
mêlerons volontairement, je le répète, des Faizeux privés, associatifs ou
publics (maires, fonctionnaires, etc.) ayant acquis une authentique
légitimité ;
2) une liste très précise de verrous juridiques à faire sauter sans délai –
par ordonnances donc – afin que nous puissions atteindre des objectifs
d'intérêt général pour les Français. Un sujet récurrent ne pourra être évité :
l'exceptionnelle nocivité des normes françaises dont raffolent tant nos mini-
Colbert qui préféreront toujours une règle à la confiance, un maquis de
règlements qu'eux seuls maîtrisent à une solide poignée de main. Les
citoyens pèseront de toute leur puissance contre les lobbies et chiens de
garde qui aboient devant toutes ces normes. Individuellement, toutes sont justifiées, mais leur addition folle calcifie la France. La société civile
constituée doit faire œuvre de pédagogie pour contrebalancer l'hystérie
normative désastreuse qui suit chaque fait divers ou scandale monté en
épingle. Une nation adulte ne peut durablement subir ces coups de fièvre
médiatiques ;
3) un planning détaillé d'accompagnement administratif afin d'obtenir le
concours effectif des pouvoirs publics dans l'accomplissement de nos
missions. Nous anticiperons ainsi leur sournoise capacité à freiner et à
recourir à leurs propres modes opératoires.
Mais il est un sujet emblématique de l'échec de l'État sur lequel nous
nous battrons pour que la société civile reprenne intégralement la main et le
leadership : la politique de la ville. Cette prétendue « action » qui, après un
déluge de subventions et un raz de marée de politiques publiques imaginées
(j'ai honte de dévoyer ce verbe) par les mini-Colbert, laissent in fine à la
dérive de la République soixante-quatre quartiers sertis dans trente-huit
villes3. Le bilan effroyable dressé par la Cour des comptes en 2012 est sans
appel et est en réalité demeuré sans grand effet structurel, même si on a pu
assister à une réduction de la gabegie en limitant le saupoudrage hallucinant
des crédits et l'empilement surréaliste des « zonages ». En vérité, on
continue de raisonner à l'intérieur d'un cadre inopérant en utilisant la
méthodologie administrative qui a causé le problème. Comme le disait
Albert Einstein, « on ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée
qui les ont engendrés » ! Tant que ce naufrage pour notre République
restera piloté par des comités interministériels et des préfets qui triturent des
concepts qui, depuis quatre décennies, ne mordent pas sur le réel mais
servent surtout de marqueurs politiques (mixité sociale impérative,
fidélisation impossible des équipes éducatives, ZSP, ZUS, etc.), rien ne
bougera sensiblement. La remarquable rénovation urbaine menée par
l'ANRU a agi sur le dur, la rénovation des bâtiments, pas sur les liens
sociaux, l'activité économique, l'aide aux devoirs, la joie réelle de vivre
ensemble. Cessons de demander à des énarques qui croient sincèrement en
leur mode opératoire (c'est probablement ça le pire) de traiter cette
complexité qui n'est pas à leur portée. Même s'ils feignent de tendre la main
au monde associatif, ils le gardent constamment sous tutelle. Il en va de
même pour le monde économique, parfois consulté mais jamais réellement
considéré comme un pilote à part entière. La politique de la ville est un sujet trop compliqué – surtout dans sa dimension affective – pour qu'on la
laisse flotter au fil des lubies ou désintérêts des gouvernements successifs.
La société engagée doit reprendre fermement le gouvernail grâce à un
contrat de mission durable (sept ans).
Le président de Bleu Blanc Zèbre, Guillaume Villemot, est d'ores et déjà
chargé de coordonner les ressources innovantes de nos bouquets afin que
les Faizeux s'attaquent en 2017 – quand nous serons prêts à coordonner nos
outils – au désespoir féroce de ces soixante-quatre quartiers avec l'appui de
la population qui y vit et non... à sa place, en lui donnant accès à la
créativité de l'ensemble de la société française. Nous ajouterons à cette liste
un soixante-cinquième bastion du malheur, sans doute le plus déprimant de
nos quartiers : nos prisons en rade où désespèrent aussi nos matons. Drôle
d'homme que ce Guillaume au front vaste qui laisse de la place pour la
promenade des idées contradictoires, libres, bigarrées. Gros estomac
littéraire : pas moins de douze romans par semaine envahissent son
imagination turbulente ! L'animal lit comme d'autres prennent de l'aspirine.
C'est lui qui incarnera et dirigera l'offre de nos Zèbres, lui qui arrachera le
dossier de la ville à l'incapacité publique. Mettre le paquet là où la
République échoue avec constance sera notre honneur de citoyens insoumis
devant la fatalité. C'est là où cela fait mal que portera prioritairement la
révolution solidaire des Faizeux. Guillaume Villemot, animal
churchillesque sous ses airs débonnaires, est le plus légitime d'entre nous
pour animer ce transfert de l'action urbaine de l'État vers la société adulte.
En tant que président des Zèbres, ce goinfre d'initiatives connaît mieux que
personne nos compétences réelles. En tant que maire adjoint en charge du
logement et de la gestion urbaine de proximité de la ville d'Asnières,
Villemot fait partie des trop rares chefs d'entreprise qui ont réellement les
mains dans ce cambouis-là. Par altruisme débridé. Récemment, de retour
d'une virée dans un coin exténué de misère d'Asnières pour y dénouer une
tragédie, il me cita cette phrase d'une habitante combative qui l'avait
empoigné :
— Vous vous rendez compte, même les Français sont partis d'ici !
En tant que créateur du Festival des conversations, ce suractif sait depuis
des années ce que faire parler les autres de manière constructive signifie. Et
puis merde, disons-le, j'en ai assez qu'on se persuade que ces questions-là seront réglées parce qu'on les confie à un Mohammed, une Khedija ou à une
Fadela !
Naturellement, j'entends d'ici les sans-courage, les désillusionnés de
naissance et les génétiquement défaitistes qui diront : « Mais où voulez-
vous donc trouver des crédits supplémentaires en période difficile de coupes
budgétaires ? » Le deal financier que nous proposerons aux partis
républicains sera fort simple : Coupez autant de dizaines de milliards de
dépenses publiques nécessaires que vous voudrez – ce n'est pas de notre
ressort – mais investissez dans les Faizeux un ou deux milliards
d'économies afin que l'on puisse organiser une RÉVOLUTION SOLIDAIRE entre
citoyens pendant la phase de réorganisation dure (et indispensable) des
finances publiques. Faites votre boulot difficile, mais donnez aux Français
les moyens d'être solidaires pendant ce temps-là. Grâce aux programmes
mis en œuvre par nos bouquets, nous ferons beaucoup avec très peu et
rendrons au pays par la joie revenue de l'action des dizaines de fois cet
investissement.
J'entends également les rêve-petit qui soupireront : « Mais voyons, jamais
les partis et les énarques n'accepteront d'être dessaisis de gros dossiers !
Vous les remettez en question fondamentalement ! » Pour être franc, nous
ne laisserons pas trop le choix à ces experts de l'échec. S'ils se montrent un
peu durs d'oreille, nous commencerons par récolter cinq cents signatures de
maires furibards et haïssant les mini-Colbert (ça ne manque pas sur le
marché, nombreux sont ceux qui me l'ont déjà fait savoir. Tous hors partis et
Zèbres de cœur !) et nous irons à l'élection présidentielle. Et nous verrons
bien alors, le soir du premier tour, si les Français feront plus confiance à des
Faizeux ou à des Diseux ! À des citoyens compétents qui, depuis
longtemps, prennent fraternellement soin des autres ou aux candidats de
machines vouées à la conquête du pouvoir institutionnel ! Aux gens de
terrain qui ont acquis jour après jour du crédit moral ou à ceux qui n'en ont
plus guère !
La presse, bien entendu, s'interrogera légitimement sur la crédibilité de
notre famille ; sans se rendre compte que MM. Hollande et Sarkozy ont,
chacun avec une étonnante assiduité, inversé la charge de la preuve. Les
partis classiques n'atteignent désormais plus ce fameux seuil de crédibilité
que pour une partie de la presse parisienne. Ces sornettes hautaines
n'intimident plus la rue française. Le fond du peuple a intégré que les énarques socialistes ou de la droite tranquille sont à peu près inaptes à
redresser le pays ; on leur a suffisamment laissé le temps de le prouver. Et
notre force, c'est ce que nous faisons tous déjà.
Mais qu'il n'y ait pas d'ambiguïté : aller à l'élection serait pour les
Faizeux le signe de notre échec ; car notre objectif politique est bien
d'établir une alliance entre les partis républicains et la société civile qui
bouge les lignes, une alliance contractuelle qui fera battre la fille Le Pen au
second tour de 2017 par le(s) candidat(s) de la République inclusive. Au
nom du « front républicain » ? Non, au nom de la France sûre de sa devise
et de son identité, de la France qui ne peut pas rester elle-même en devenant
la patrie de la peur de l'autre et du repli mortifère !
Si les partis délabrés ou inspirant peu confiance signent cette alliance
détaillée, il deviendra décent (à défaut d'enthousiasmant...) de voter pour
ces formations – chacun selon sa sensibilité – car nous aurons arraché trente
ou quarante sujets de l'action publique classique à effet marginal des mains
des cabinets inefficaces. Nous aurons ainsi commencé à faire de la France
une société d'adultes responsables, composée de citoyens capables de se
prendre en charge par une action structurée autour de bouquets de solutions
ayant fait leurs preuves.
Et nous aurons gagné en vérité l'élection présidentielle de 2017. En
refaisant de la joie un mot français !
Aucune tractation avec les partis républicains n'est actuellement en cours.
Volontairement. Nous n'engagerons cette bataille qu'en position de très
grande force – une fois nos alliances multiples scellées, nos stratégies
numériques déployées et nos bouquets de solutions solidement fédérés – et
ne déterminerons notre calendrier d'action politique qu'après que les partis
inchangés auront effectivement pris conscience de leur incapacité à vaincre
le Front national avec certitude sans une alliance contractuelle avec la
France qui agit. Les prochains scrutins, hélas, devraient les y amener, étape
par étape.
Répétons-le : le chèque en blanc à un président cerné de hauts
fonctionnaires hors-sol, quel qu'il soit, ce n'est plus possible. Terminé ce
haut délire ! Place aux Faizeux associés !
Mais aux Faizeux surveillés de près par la nation.
Hors de question de réclamer à notre tour un chèque en blanc. Tous les
six mois se tiendra donc une Conférence citoyenne destinée à présenter au pays les résultats obtenus par les bouquets. Mise au pied du mur, la France
disposant de contrats de mission aura ainsi l'occasion de prouver qu'elle
n'est pas composée que de Diseux !
1. Nous l'appellerons très probablement lesfaizeux.fr.
2. Les budgets annuels nés avec la Révolution sont des sottises qui blessent l'intérêt général. Ils ne correspondent à aucune action sérieuse, nécessairement engagée sur une certaine durée.
3. Voir la remarquable enquête du Journal du dimanche du 25 janvier 2015.
OceanofPDF.com