Les mains propres
L’harmonie dans la vie.
En somme, il y a peu de présages de bonheur.
Nous avons un mot qui signifie : dire de quelqu’un du mal injustifié. C’est médire.
Mais nous n’avons pas de mot qui signifie : dire de quelqu’un du bien injustifié.
Une preuve encore que nous inclinons vers la tristesse : la plupart de nos rêves sont tristes. Ce sont des « cauchemars ». Notre esprit, libre, sans brides, lancé dans le champ infini des imaginations, se repaît de malheurs.
Nous sommes encore si peu accoutumés au bonheur que nous ne voulons pas y croire. La nouvelle d’une grande joie nous laisse d’abord incrédules : « Non ? Ce n’est pas possible ? Ce n’est pas vrai… » Le premier cri d’allégresse, c’est un cri de doute.
L’harmonie dans la vie.
Nous ne savons pas mettre d’harmonie, d’équilibre, entre nos dépenses — ou nos épargnes — et leurs effets. Nous ne réglons pas nos efforts sur leurs résultats. Nous obéissons encore à des instincts que nous ne soumettons pas à la raison.
Ainsi, pour économiser le prix d’une voiture, une bourgeoise en tenue de gala risquera, un soir de pluie, de perdre sa robe, ou même sa vie, si la bronchite s’ensuit.
Et l’exemple du télégramme ? On s’évertue à parler petit nègre, on compromet la clarté du texte — au risque d’être incompris, de perdre tout le bénéfice d’une affaire, quelquefois des milliers de francs — pour économiser un mot, un sou !