Les péchés des pères
Postface et Remerciements
LES péchés des pères raconte le passé de ma famille – dans une certaine mesure. Car, d’une part, les personnages de ce roman tendent à façonner eux-mêmes leur propre caractère et, donc, à s’émanciper. Et, d’autre part, je me suis référé à des ancêtres que, pour nombre d’entre eux, je n’ai jamais connus. Je suis parti de mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (alias Hans Wilhelm Leeb) pour redescendre jusqu’à mon père (Wilhelm Leeb junior). Les lieux, professions, etc. sont réels, les personnages, en revanche, n’ont pas grand-chose en commun avec leurs modèles.
Le suicide qui constitue le cœur de ce récit s’est réellement produit, mais en 1989. Je l’ai décalé à l’année 1962, car tout individu concerné éprouve et juge un tel acte d’une manière différente ; c’est pour cela qu’il m’est difficile de fixer mon vécu (mon point de vue) sous une forme littéraire et qu’il m’a semblé déplacé de mettre en scène des personnes de mon entourage proche. Comme le suicide ne peut en général s’expliquer par une cause unique, je me suis concentré sur ses aspects historiques (et familiaux) et sur le conflit entre le père et son fils.
Lorsque nous nous réunissions le dimanche après-midi pour boire le café et manger le gâteau, nous avions plaisir à nous raconter des souvenirs et anecdotes de famille et j’en ai intégré certains dans ce roman. Les chapitres qui traitent de l’époque où Leeb était Sonderführer, de son arrestation et de sa période de captivité s’inspirent tantôt de journaux tenus par mon grand-père, tantôt de lettres qu’il a écrites, et dont je cite certaines phrases. Les passages relatant l’entraînement militaire dans la cour de la caserne proviennent d’un fragment de texte laissé par mon arrière-grand-père (Willi Leeb dans le roman). Le Manuel du bon chrétien (“Christliches Lehrbuch”), dont je fais mention, a été composé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle par mes ancêtres, fort imprégnés de piétisme.
Pour décrire la sensation de faim (p. 207), je me suis inspiré, faute d’expérience personnelle, des phrases tirées du roman de Heinrich Böll Le Silence de l’ange. L’expression “monstre bureaucratique” servant à désigner la bureaucratie de la Wehrmacht, je l’ai empruntée au récit d’Albrecht Goes Jusqu’à l’aube.
Mes remerciements vont tout particulièrement à :
Mon oncle, Manfred Ahrens, le vieux baroudeur aventurier, et ma tante, Almut Ahrens, qui ont accompagné ce projet dès son commencement. Nombre de scènes n’auraient pu voir le jour sans les souvenirs de mon oncle. Je le remercie également de m’avoir permis d’emprunter des extraits des lettres et journaux de bord de son père.
Ma mère, Edith Ahrens, qui m’a fourni des termes et tournures locaux ainsi que des souvenirs parfois sidérants.
Horst Ahrens, pasteur à la retraite, notre généalogiste, dont le travail a joué un rôle important dans la genèse de ce roman. J’ai souvent consulté le livre Klein Ilsede – Histoire d’un village qu’il a rédigé en collaboration avec Alexander Rose, ainsi que l’ouvrage en trois tomes d’Artur Zechel, Histoire de la ville de Peine.
Le Deutscher Literaturfonds (Fonds allemand pour la Littérature) de Darmstadt qui, par l’octroi d’une bourse, m’a généreusement soutenu dans la rédaction de ce roman.
“Les plumes de Léon” et Béatrice Ottersbach, qui m’a donné la possibilité de passer huit semaines fructueuses dans le calme merveilleux des bords de la Vézère.
Et Isabel : pour toutes ces belles années qui sont derrière nous et pour celles que nous avons encore devant nous.
OceanofPDF.com