Lipstick Poison: La malédictions des Oakens (French Edition)

Elma Hilde

 

Lipstick Poison

# 1 La malédiction des Oakens -

 

OceanofPDF.com

P rologue

 

U na

 

air cinglant. Des bruits menaçants possèdent ces lieux brumeux, comme Le vent d’octobre danse dans les arbres décharnés par l’automne créant dans cette profonde obscurité des ombres inquiétantes qui bougent au rythme de cet pour nous rappeler que la nature jamais ne s’endort. Le brouillard, si épais qu’il m’aveugle, ajoute à l’aspect mystique de cette sombre forêt.

Personne n’aime traverser cet endroit une fois la nuit tombée. Personne sauf moi. Ou quelques gamins à la recherche du grand frisson. Et pour cause ! On rapporte de nombreuses légendes à propos de la forêt de Tathaich. Des histoires vieilles comme le monde, mille fois racontées, mille fois déformées et basées sur un passé imprégné de magie ancestrale, de forces occultes, de sorcellerie, de créatures maléfiques que seuls les plus crédules gobent sans sourciller. Qui peut croire ces farandoles ?

L’Écosse a connu, au cours des siècles, des phases de son histoire placées sous le signe de l’ésotérisme. Des faits sont devenus des souvenirs du passé, puis des légendes qui alimentent aujourd’hui l’imagination des jeunes générations, et nourrissent un folklore déjà florissant.

L’Écosse, belle et mystique, ne pouvait échapper à ces inepties. Allez marcher dans la Lande et vous comprendrez la force de cette terre envoûtante. Foulez l’herbe verte en écoutant les vagues se briser contre les rochers, respirez l’air du large et vous serez ensorcelés par cette ambiance féerique qui a contribué à enjôler les légendes du passé.

Je suis née ici, dans les Highlands. Fille de cette terre gaélique, je devrais être la première croyante de l’ancienne magie. Et pourtant… Leur magnificence m’a toujours pris aux tripes et je ne renie pas cette impression de me trouver aux confins du monde dès lors que je rentre chez moi. Je n’y vois aucune force surnaturelle pour autant. Uniquement la beauté et la puissance de notre mère, la Terre.

Malheureusement, depuis trois ans, j’ai quitté les Highlands ainsi que ma famille pour m’installer à Aberdeen, une ville côtière au nord-est de l’Écosse et située à l’estuaire du Dee et du Don, deux rivières qui se jettent dans la mer du Nord. L’endroit étant plus développé, j’ai pu y dégoter un emploi et surtout étudier.

Un beau projet sur le papier, mais qui n’a duré qu’un temps. Mes ambitions étaient grandes, mais mes poches, elles, étaient bien vides. Pour survivre, j’ai trouvé un job de serveuse dans un pub du centre-ville. Je bossais la nuit et j’allais en cours le jour. Une cadence infernale qui a rapidement eu raison de moi. Mes résultats étant tout juste passables, j’ai dû arrêter l’université. Finalement, j’ai pris un poste à temps plein au bar. Et si je pédale avec autant d’entrain à travers la forêt de Tathaich, c’est justement pour me rendre en ville où je dois assurer mon service au Lachlann’ Pub.

Je vis à l’écart d’Aberdeen, car les loyers y sont moins onéreux. Même si cela implique un plus long trajet pour aller bosser. Le chemin est bien plus court si j’emprunte le sentier de Tathaich. Seul problème : il n’est pas pour les âmes sensibles ! Personnellement, je m’en contrefous !

Les premières lumières de la ville apparaissent au loin et je redouble d’efforts. Comme toujours, je ne suis pas en avance. Si j’arrive à la bourre, Paden, mon patron, va me jeter ce regard à faire dresser les poils de n’importe qui. Ce mec n’a pas besoin de remuer les lèvres pour faire passer un message. Soit t’es à l’heure, soit il risque de te bouffer ! J’ai moins peur de me balader dans cette forêt avec une pancarte sur le dos où il serait inscrit « fille sans défense » que mettre Paden en pétard.

Je remonte la rue pavée où quelques badauds se pressent de trouver refuge dans l’un des nombreux bars qui y sont implantés. Difficile de tirer son épingle du jeu avec toute cette concurrence. Pourtant, comme tous les soirs, le Lann est bondé lorsque j’y pénètre.

Le Lachlann ressemble davantage à une taverne voire à une grotte plutôt qu’à l’un des pubs que l’on croise dans les parages. Situé en sous-sol, il offre très peu de luminosité. Ce que j’aime dans l’équipe qui y travaille, c’est sa convivialité. Et Paden n’est absolument pas l’instigateur de la chaleur qui règne entre ces murs... Ce mec ferait s’enrhumer un iceberg, je vous jure !

Si l’ambiance au Lann est si agréable, c’est d’abord grâce à notre clientèle. Ce sont des habitués pour la plupart. Le patron mis à part, notre équipe ressemble à une vraie famille. Il y a quatre serveuses : Rhona, Bonnie, Skye et moi-même ainsi que deux barmans : Kenneth et Brodie. Ensemble, nous formons la team’Lann et nous en sommes tous très fiers.

Chacun de nous aime le milieu de la nuit. Les gens viennent pour se détendre, faire la fête et s’amuser. Ils boivent des coups, écoutent de la bonne musique, jouent aux fléchettes ou au billard : c’est tranquille et bon enfant. Nous nous connaissons presque tous. Dans ces conditions, travailler ne peut être qu’un plaisir. Et puis la paie est plutôt bonne et les pourboires généreux. Cerise sur le gâteau : on peut picoler à l’œil ! Dans la mesure où on reste capable de faire notre job, ça va de soi…

— Magne-toi ! T’es à la bourre !

Waouh ! Quel accueil ! Je lève les yeux au ciel lorsque Skye, ma meilleure amie, colocataire et collègue, me fait cette remarque. Elle récupère un plateau prêt à être servi.

— Change-toi et fissa ! Paden va te faire la peau !

— Où est-il ?

— Dans son bureau.

Elle file en direction de la table qu’elle doit servir.

— Mais tu connais son œil qui voit tout…

Sur ce point, elle n’a pas tort ! Paden sait toujours tout ce qui se passe entre les murs de son pub. Et pas que… Si bien qu’on s’est demandé s’il n’avait pas planqué des caméras et des micros dans tous les coins. Après une fouille intensive des lieux, nous n’avons rien trouvé de compromettant…

Sûre que mon retard va encore me valoir une pique de la part de mon boss, je traverse le pub en direction de la porte de service derrière laquelle il y a notre vestiaire. J’y dépose mes affaires et récupère mon tablier noir ainsi que mon crayon et mon carnet : les indispensables. Prête à bosser, je rejoins Brodie qui s’active derrière le comptoir.

— En forme, Beauty ? C’est le feu, ce soir !

Je l’embrasse à la sauvette.

— Je vois ça !

Skye nous rejoint et annonce une nouvelle commande à Brodie avant de me glisser un mot à l’oreille.

— Tu vas peut-être y réchapper… Paden est à l’étage avec l’homme de ma vie.

L’homme de sa vie, soupiré-je en moi-même. Il y a un bail que Skye a littéralement bogué sur Silas, le cousin de Paden. En ce qui me concerne, je n’ai jamais compris pour quelle raison elle le trouve si fascinant. 

— Rassure-moi, tu te rends compte que Silas est un véritable abruti ?

Brodie finit de servir les deux bières que lui a réclamées Skye et se mêle à la conversation.

— Un point pour Una ! Silas est un foutu connard.

Vexée que Brodie se ligue contre elle, Skye me lance son fameux regard noir. J’ai eu l’honneur de le rencontrer un bon milliard de fois, celui-là…

— Récupère tes tables et lâche-moi, espèce de rabat-joie !

Boudeuse, elle tourne les talons et repart slalomer entre ses tables. Brodie me regarde, l’air désespéré.

— Hébé ! Ça ne doit pas être simple tous les jours de crécher avec elle, se marre-t-il.

Je fais rouler mes yeux.

— C’est peu de le dire… Malheureusement, c’était ça ou vivre sous les ponts…

Il me fait un clin d’œil et rétorque :

— Perso, j’aurais choisi les ponts !

Je laisse Brodie à ses commandes et me dirige vers la première table de ma partie, mon carnet en main. À moi de jouer…

Très vite, les demandes s’enchaînent et me voilà en train de courir au milieu des gens. Après trois années à travailler ici, j’ai l’habitude de gérer les soirs de grosse affluence. Ces jours-là, je rentre chez moi totalement vannée, mais les poches pleines de pourboires. Et tant qu’il y a du pognon à se faire, je suis preneuse ! J’économise le moindre sou pour payer mes cours par correspondance et, un jour, arrêter ce boulot de serveuse. Même s’il me convient pour le moment, je ne me vois pas faire ce job toute ma vie.

Entre deux commandes, j’échange quelques mots avec Skye qui s’est remise de ma vanne au sujet de Silas. Skye est mon amie d’enfance. Nous avons grandi à Portree, notre ville natale. Jamais je n’ai envisagé de quitter les Highlands sans la prendre dans mes bagages. Depuis l’adolescence, nous avions ce projet commun et je n’aurais jamais eu l’audace de franchir le pas si elle n’avait pas été à mes côtés.

Avec ce boulot de dingue, les heures défilent à toute vitesse et il est rapidement 1 heure 30 du matin. Le pub se vide au compte-gouttes, le vendredi soir. C’est le début du week-end. Il me faut attendre encore une bonne demi-heure avant de prendre une pause et, comme d’habitude, je la passe derrière le bar. Je bois un jus de fruits et grignote une bricole en bavardant avec Brodie et quelques habitués.

— Je ne sais plus quoi faire, se lamente Taylor, un beau garçon d’une vingtaine d’années et qui étudie à Édimbourg. Je suis transparent pour Skye.

Il y a environ un an qu’il rentre à Aberdeen deux ou trois fois par mois simplement pour passer la soirée au Lann, histoire de lui faire les yeux doux. Pas de bol pour lui, elle s’en moque complètement. Ce n’est pas faute d’avoir conseillé à ma meilleure amie de tenter sa chance. C’est qu’il a l’air sacrément mordu ce pauvre garçon ! Mais Skye fantasme sur l’autre abruti…

— Lâche l’affaire avec Skye, lui dit Brodie. Y’a d’autres nanas dans ce bar !

— Mais elle est tellement… commence Taylor, extatique.

— Chiante, termine Brodie, mort de rire.

Je glousse dans mon coin. J’adore Skye, elle est comme ma sœur, mais je dois bien avouer qu’elle est pénible quand elle s’y met. Le frère de Taylor, qui a pour habitude de l’accompagner, lui met un coup d’épaule.

— Brodie a raison, oublie Skye et intéresse-toi à une autre fille.

Il lorgne sur moi avant de me désigner d’un geste de la tête.

— Regarde ! Una est célibataire, elle !

Donc, je suis le deuxième choix… sympa… Je m’apprête à l’envoyer promener, mais je me fais couper l’herbe sous le pied et par Paden en personne.

— Ton frère ferait bien d’aller draguer ailleurs que chez mes serveuses ! lance-t-il froidement en passant derrière le comptoir.

Qu’importe que je bosse ici depuis un bail, la présence de Paden me provoque toujours cette même réaction : de mes orteils à mes cheveux, tous mes poils se hérissent. Comme si mon corps cherchait à m’avertir d’un danger…

Paden Wallace n’est pas un homme impressionnant sans raison. Au-delà de ses pupilles noires comme le charbon, il est aussi haut qu’une montagne et fort comme un bœuf. Ses cheveux sont parfaitement assortis à ses yeux et son teint est très pâle, limite blafard. Le seul paradoxe dans son physique : les traits de son visage qui sont d’une finesse surréaliste en comparaison de la dureté de son regard.

— Bonsoir, Una, dit-il d’une voix rugueuse et monocorde. Tu étais en retard ! Encore…

Qu’est-ce que Skye disait ? L’œil qui voit tout…

— Oh… bah… euh…

Mes poils se dressent et mes mots se font la malle… Paden regarde dans ma direction lorsque je me mets à bafouiller. Il doit être rodé maintenant, vu que je suis incapable d’aligner deux mots quand je m’adresse à lui. Le noir de ses yeux me sonde avec insistance et je jurerais y voir passer une lueur rouge. Pendant une brève seconde, je me sens partir. Comme lorsque j’observe les flammes dans une cheminée, je suis hypnotisée. Je me perds dans ce gouffre obscur, et je n’ai plus la sensation d’être aux commandes de moi-même.

— Il est assuré que ça ne se reproduira plus. N’est-ce pas, Una ?

Asservie, je me contente de hocher la tête.

— Ça ne se reproduira plus Paden, dis-je mollement, presque comme un robot.

Paden passe de l’autre côté du bar et je crois apercevoir un rictus au coin de ses lèvres rouge sang.

Je reprends mes esprits et profite qu’il échange quelques mots avec Brodie pour déguerpir en vitesse. Dans mon empressement, je ne fais pas attention où je mets les pieds et heurte malencontreusement un grand type qui vient de surgir de nulle part. Je lève la tête, prête à dégainer mes excuses, quand je me retrouve nez à nez avec… Silas… Si Paden me fout les chocottes, lui, il me met les nerfs à vif.

— Regarde où tu mets les pieds, espèce d’idiote !

Qu’est-ce que disait Brodie ? Ah oui, tu es un foutu connard, Silas Oaken ! Mes yeux rencontrent ceux de cet être exécrable. À la différence de son cousin, les siens sont d’un bleu presque turquoise. Pour autant, ce détail ne le rend pas plus affable, bien au contraire…

Si Skye est sous le charme de ce grand brun aux cheveux mi-longs et ondulés, moi, il me donne la nausée. Le seul point positif que je lui concède : son look hyper classe à la Tommy Shelby. On le croirait tout droit arrivé des années 20. Paden est plus tendance, mais tout aussi élégant.

— Toutes mes excuses, votre Seigneurie ! gouaillé-je. Je ne vous ai pas vu débouler, vous et votre air antipathique.

Je fais une grossière révérence alors que je me moque ouvertement de lui. Silas se penche et enfonce ses iris dans les miens. Comme avec Paden, je croirais les voir changer de couleur.

— Et mes mains autour de ta gorge ? siffle-t-il sans desserrer les dents. 

— Et mon genou dans tes couilles ?

Silas fait un pas vers moi et je m’apprête à mettre ma menace à exécution quand :

— Silas ! intervient Paden. Tu étais sur le point de partir, il me semble.

Ce connard arrogant hausse un sourcil vers son cousin.

— J’ai un petit creux ! Je mangerais bien un morceau avant de me mettre en route.

— Bah ça alors ! Ça tombe à pic ! m’exclamé-je en lui mettant une tape franche sur le bras. J’ai trouvé deux rats crevés dans la réserve hier. Si tu me laisses cinq minutes, je peux te les emballer.

— Una, je pense que tu as du travail en salle, me rappelle à l’ordre Paden.

Il n’est pas contrarié en me disant cela. Avec le temps, il s’est habitué à nous voir nous écharper. Parfois, j’ai même l’impression qu’il se régale de me voir envoyer son cousin au tapis.

Je me souviens de la première visite de Silas au Lann. Dès l’instant où il a passé la porte du pub, l’ensemble de la gent féminine n’a eu d’yeux que pour lui. Depuis, elles n’ont plus que son prénom à la bouche.

La théorie de Skye, qui est assurément la première groupie de Silas, est que cet idiot descend tout droit du mont Olympe. Toujours à en croire ma meilleure amie, il serait venu sur Terre pour fricoter avec nous autres, pauvres mortelles. Ma théorie est quelque peu différente. Pour ma part, je pense qu’il a tellement tapé sur les nerfs de Satan qu’il l’a viré de l’enfer à coup de pied au cul.

Non, mais regardez-le se pavaner au milieu des gens ! Chez lui tout transpire le mépris, comme s’il était supérieur aux gens qui l’entourent. Il sort comme un seigneur et sans avoir salué qui que ce soit, bien entendu…

Je n’ai pas besoin de le connaître davantage pour savoir que pour lui, seule sa vie a de la valeur. On le devine à sa manière de considérer ses congénères. Sans doute qu’à ses yeux, le reste du monde n’est rien d’autre qu’un ramassis de parasites seulement bon à polluer l’air qu’il respire.

— Ce type doit finir dans mon lit, Una !

Je soupire.

— Ma vie sera parfaite seulement le jour où ça se produira. Silas et la perfection… deux choses que tout oppose ! Ne pas baiser avec ce mec serait sans aucun doute mon plus gros échec !

— Skye ouvre un peu les yeux, s’te plaît ! Depuis le temps, on ne l’a jamais vu avec une fille. En trois ans, il n’a pas tenté d’aborder qui que ce soit. Pourtant, ce n’est pas comme s’il n’avait pas d’ouverture.

— Parce qu’il n’a jamais pris le temps de regarder dans ma direction.

Je lève les yeux au ciel.

— Ou tu pourrais envisager que les femmes ne l’attirent pas…

Ce qui ne serait pas fondamentalement une grosse perte…

— Mais tais-toi, bordel ! Tu vas nous porter la poisse à dire des trucs pareils.

— Perso, je n’en ferais pas une jaunisse. Hein !

— T’es aveugle ou quoi ? C’est le fils de Zeus, ce mec !

— Hadès lui-même aurait préféré le noyer que de l’adopter !

— Mais de quelle planète viens-tu ? rétorque mon amie. Il est beau comme un dieu, il a un sex-appeal de dingue. Ma main à couper qu’il a un putain de marteau-piqueur entre les cuisses !

Je grimace. Eurk… Quelle horreur !

— Et puis merde ! dit-elle déterminée. J’en peux plus d’attendre. La prochaine fois qu’il se pointera au Lann, je tenterai ma chance. Il faut savoir forcer le destin parfois !

— Tu fais une connerie, si tu veux mon avis.

Habituellement, je me contente de la mettre en garde et de la laisser faire ses propres expériences, mais son obsession pour Silas commence à me faire peur. Avec un type comme lui, c’est le désastre assuré !

— Dois-je te rappeler qu’en arrivant à Aberdeen, tu m’as dit qu’il fallait tenter notre chance ?

— C’est vrai, mais…

— Mais rien, OK ! Je dois me bouger au lieu de passer mon temps à fantasmer sur lui.

Sur ces mots, ma meilleure amie retourne en salle pour prendre la commande d’un client qui vient de lui faire signe. Je la regarde faire en pensant que tout ce bazar n’annonce rien de bon. Skye est une fonceuse et elle ne prend jamais le temps de mesurer les risques. Jusqu’à ce qu’ils lui reviennent comme un boomerang…

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