Lipstick Poison: La malédictions des Oakens (French Edition)

Chapitre C

C hapitre dix-huit

 

 

U na

 

quelques minutes que nous avons quitté le domicile de mes parents et cette C’était quoi cette fois ? Le regard perdu dans le vague, j’observe la route défilée à travers la vitre de la voiture de Paden. Il y a journée m’a exténuée. Passer du temps avec mes parents m’a fait le plus grand bien. Je n’avais pas envie de les quitter, mais je dois revenir à cette folle réalité qu’est devenu ma vie à présent : moi vivant avec un vampire et portant l’enfant d’un second vampire qui n’en est plus vraiment un d’ailleurs. Sans oublier que ce bébé est un puissant mage ; magie qu’il a héritée de moi.

— C’était « quoi » quoi ?

J’ai parlé sèchement à mon voisin. Cela ne doit pas être très agréable pour Paden qui veut seulement me soutenir dans un moment douloureux. Mais la journée a été extrêmement pénible et éprouvante. Je suis vidée, lessivée et j’ai seulement besoin de dormir.

— Qu’elle était la raison de votre dispute ?

Il ne s’offusque pas de mon ton abrupt et la patience dont il fait preuve à mon égard m’impressionne de jour en jour.

— Qu’importe la raison, tu as ce que tu voulais, non ? Il est parti ! Comme tu le désirais !

C’est bien la première fois que j’ose aborder ce sujet si fermement avec Paden. J’ai toujours essayé de tempérer les choses, mais pas ce soir. J’ai trop les nerfs à vif pour y parvenir. Et Paden aussi a perdu toute patience. Il donne un coup de volant sur la droite pour se garer grossièrement sur le bas-côté.

— Je peux savoir quel est le problème, Una ?

— Le problème ? m’écrié-je hors de moi. Mais je peux t’en dresser une putain liste, si tu le souhaites ! Seulement je te préviens, on risque d’y passer la nuit. Pour commencer : je n’ai jamais demandé que ma vie change ! Je veux une seule et unique chose : retrouver ma vie d’avant ! Tranquille et ordinaire !

— Ta vie ne sera plus jamais ordinaire, Una. Tu es une bannie et donc, l’héritière de notre magie, de notre pouvoir.

— Je m’en fous ! hurlé-je. Ce sont vos conneries, pas les miennes. Je ne suis ni un mage ni un vampire, seulement moi !

— Je t’ai sauvée, alors je t’interdis de parler de cette manière ! J’ai perdu ma femme, mes enfants et toute ma famille et j’ai passé ma vie à te protéger.

— Tu as sauvé ta fille, Paden ! lui rappelé-je. Pour autant, je ne te suis pas redevable !

— Tu es Sweeney ! crie-t-il en frappant du poing contre le volant. Tu es ma fille et j’ai tout sacrifié pour sauver ta vie !

Mes yeux affolés courent sur le visage de Paden à la recherche d’une explication rationnelle à ce qu’il vient de dire, en vain. Plus rien n’est logique dans ma vie et mon instinct me dit que je vais devoir faire preuve d’ouverture d’esprit pour écouter ce qu’il a à m’apprendre.

— De quoi est-ce que tu parles ? balbutié-je.

À la façon dont Paden se frotte le visage, je peux supposer qu’il n’avait pas anticipé de me jeter cela à la figure ici et ce soir. Il regrette d’avoir perdu le contrôle.

— Je suis navré, ma chérie. Ce n’est pas comme cela que tu aurais dû découvrir la vérité.

— La vérité à quel sujet ?

Se tournant sur son siège, il passe une main dans mes cheveux avec tendresse.

— La vérité à ton sujet, trésor. Mais avant que je te révèle quoi que ce soit, il faut que tu me fasses la promesse que tu garderas ce que je vais t’apprendre pour toi. Personne ne doit connaître notre secret. Surtout pas Silas.

— Je ne comprends pas…

— Avant tout, je ne veux pas que tu penses que ta vie est basée sur un mensonge, chérie.

— Comment pourrait-il en être autrement ? Tu n’as fait que me mentir depuis que tu es entré dans ma vie ! Je ne suis pas naïve au point de croire que mon embauche au Lann était une coïncidence !

— Je ne m’excuserai pas d’avoir fait ce qu’il fallait pour que tu viennes à moi, Sweeney ! Tu es ma fille ! Ma chair et mon sang. Je devais apprendre à te connaître.

— As-tu manipulé mon esprit pour m’encourager à quitter les Highlands et ma famille pour que je vienne vivre près de toi, Paden ?

— Je t’aime, s’emporte-t-il. Je t’ai aimé à la seconde où tu es venue au monde et j’aurais fait n’importe quoi pour me rapprocher de toi. Tu es tout ce qui me reste au monde, bon sang !

— Tu ne m’as pas permis de faire mes propres choix, tu m’as imposé les tiens. Pourtant, j’étais heureuse avec mes parents et mes amies.

Folle de colère, j’ouvre la portière et bondis de la voiture. Finalement, je n’ai jamais vraiment voulu de cette vie à Aberdeen. Maintenant que j’en ai conscience, plus rien ne me retient de reprendre ma vie là où elle était avant que Paden y mette son grain de sel.

— Una !

Mon prénom dans la bouche de Paden précède le claquement d’une portière. Je veux rentrer chez mes parents et tirer un trait sur tout ce foutoir une bonne fois pour toutes, mais lui ne l’entend pas de cette oreille.

— Va au diable, Paden ! Plus personne ne me dira quoi faire !

Je veux m’enfuir, rentrer chez moi, mais Paden me rejoint pour me retenir.

— Sweeney, écoute-moi !

Je lui fais front et mes poings serrés frappent son torse avec rage.

— Je m’appelle Una ! crié-je. Je ne suis pas ta fille ! Je refuse d’y croire.

— Tu te nommes Sweeney ! Sweeney Haugen. Tu es la dernière-née de notre famille. Je n’ai pu sauver que toi, dit-il avec des trémolos dans la voix. J’aurais voulu faire tellement plus, chérie, je suis désolé…

Il emprisonne mes mains dans les siennes pour les poser sur ses tempes.

— Tu dois regarder dans ma tête et découvrir qui tu es !

Je tente de m’enfuir une nouvelle fois, mais Paden insiste.

— Ta mère s’appelait Millie, tes sœurs Eilidh et Ilona. Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour elles ! Regarde ce qui leur est arrivé. Ferme tes yeux et fouille dans ma mémoire pour y voir le passé. Ton passé !

À bout de force, je capitule et accède à sa demande. Les paupières closes, je me concentre sur Paden, sur sa mémoire et un lien, représenté ici par ce filet lumineux de couleur rouge, s’établit entre nous. Je sens ses souvenirs filer sous ma peau pour se frayer un chemin jusqu’à mon esprit. Mes yeux se rouvrent et il y a comme un film qui commence à défiler devant moi.

Au début, l’image n’est pas très nette puis, progressivement, je distingue la silhouette d’une femme brune aux cheveux incroyablement longs qui court devant moi. Elle se retourne en riant et, l’espace d’un instant, je crois être cette femme qui me ressemble trait pour trait. Mais je suis dans le souvenir de Paden. Ça ne peut pas être moi…

— Maman, chuchoté-je quand je comprends de qui je suis en présence.

Belle comme le jour, elle court au milieu de ce paysage magnifique d’herbe mêlée à la bruyère violette typique de la lande écossaise. Sous sa robe longue et légère se dessine un ventre rond ; celui d’une femme enceinte et à terme. C’est moi là-dedans ? À son cou, elle porte un collier et le pendentif représente ce motif qui s’est tatoué sur ma peau au contact de Rhéa. L’image se trouble et ma mère commence à disparaître devant moi.

— Non, maman, reste avec moi, l’imploré-je alors que mes larmes roulent sur mes joues.

Mais ma supplique n’est pas entendue et le souvenir de ma mère s’évapore. Lorsque l’image redevient claire, le décor a changé. Je ne suis plus dans la lande avec ma mère, mais au milieu d’un village que je ne reconnais absolument pas. Ici, il n’y a pas de routes, seulement un chemin de terre entouré de quelques maisons en bois. Il n’y a pas un chat autour de moi. Au bout de ce chemin se trouve une grande bâtisse en bois, une église, et ce symbole que je retrouve partout est taillé dans le bois au-dessus de la porte principale. J’entends des cris provenant de là et je cours dans cette direction. Il me faut marcher jusqu’à la dernière maison sur la droite pour découvrir ce qui se passe. Tous les habitants du village, affolés et larmoyants, sont réunis autour d’un piquet de bois. Au pied, il y a un amas de bois et un homme est ligoté au piquet.

— Père ? balbutié-je, un peu comme si je répétais un texte.

Je sens l’affolement s’emparer de moi, la peur me tenailler. Je me précipite pour lui venir en aide en bousculant quelques personnes de ma communauté au passage. Mon regard trouve celui de mon père et j’aimerais lui hurler que j’arrive, mais il secoue la tête comme pour me dire de ne plus avancer. Ce que je fais. M’étant rapproché, je peux voir l’homme qui se tient près du bûcher, une torche à la main : Archibald Muirhead, le chef de la plus grande famille de mages d’Écosse. Je le connais depuis de longues années et jamais nous n’avions été en conflit avant ces dernières semaines.

— Tel est le sort que nous réservons aux adorateurs de Satan ! tonne Archibald. Toute pratique de sorcellerie est désormais proscrite. À compter de ce jour, les bannis vivront en respectant cette directive où vous connaîtrez le même sort que votre chef !

Sur ces mots, il allume le bûcher sur lequel repose mon père. Je veux m’interposer, mais de nouveau, il me retient d’un hochement de tête.

— Mais Père ! pensé-je en moi-même alors que nous nous observons.

— Ne te trahit pas, mon fils !

Les pensées de mon père résonnent dans ma tête.

— Protège ta famille, Paden ! Ma vie n’a plus d’importance. Le temps viendra pour nous de leur faire payer cet affront. Mais pas aujourd’hui, pas ce soir, pas comme cela…

Mon père observe les flammes grandir sous ses pieds et cette vision ne paraît pas l’effrayer. Il est serein en contemplant le brasier qui menace de le consumer avant de balayer du regard les habitants de notre village avec une véritable tendresse.

— Unissez vos mains, mes amis, ordonne mon père.

Sans perdre une seconde, les habitants obéissent et lient leurs mains. Mon père, notre leader, est vénéré par toute notre communauté et chacune des personnes présentes le suivrait en enfer s’il le demandait.

— Je vous maudis ! crie-t-il alors. Notre vengeance, votre fléau, naîtra de ma mort. Tuez-nous, brûlez-nous et vous la rendrez plus puissante encore. Son pouvoir grandira à chacun de nos défunts que nous pleurerons. Sa destinée sera de vous anéantir vous et tous ceux qui auront contribué à notre extermination. Notre magie survivra en elle et fera d’elle l’être plus puissant que vous aurez à affronter. Elle régnera sur vous pour l’éternité.

À ces derniers mots, des éclairs lumineux s’échappent des mains unies de chacune des personnes présentes pour former une boule incandescente dans le ciel.

— Va mon enfant, et honore la mémoire de notre famille !

Cette essence brillante commence à tournoyer dans les airs avant de filer à toute vitesse en direction de la lande. Mon père part dans un rire sardonique avant que les flammes s’emparent de lui et le consument entièrement. Ses ricanements cessent, mais aucun cri de douleur ne vient les remplacer.

— Tuez-les tous ! braille Archibald en désignant la foule massée autour du bûcher. Transformez ce village en un tas cendres.

Immédiatement des cris d’effrois résonnent dans la nuit et les premiers corps inertes de mes congénères commencent à joncher le sol, foudroyés par le sort de la mort marbh.

— Millie, dis-je en tournant les talons pour courir à l’autre bout du village.

Je devrais secourir mes voisins et amis, mais je dois avant tout protéger ma famille. La maison où nous vivons avec nos filles se située à l’écart du village. Terrifié à l’idée de ne pas arriver à temps, je mets toutes mes forces dans cette course contre la montre. Cette course contre la mort…

J’aborde le dernier chemin jusqu’à notre maisonnée lorsque je remarque des lumières qui s’agitent au loin. À cette distance, on pourrait croire à des lucioles. Ce ne sont en fait que deux lanternes que tiennent mes filles adorées, deux jumelles âgées de sept ans. En me rapprochant, je peux lire l’inquiétude sur leur visage.

— Les filles ! Que se passe-t-il ?

— C’est le bébé, m’apprend Eilidh.

— On va chercher grand-pa ! Reste auprès de mère, ajoute Ilona.

— Rentrez ! Sur-le-champ !

Elles remarquent les flammes qui grossissent au loin.

— Que se passe-t-il au village, père ? me questionne Ilona.

— Il faut nous en aller. Préparez-vous à partir !

— Mais… mère…

J’entre dans la maison, suivi par mes filles et me précipite vers le rideau tiré derrière lequel se trouve la petite chambre que je partage avec Millie. À mon arrivée, elle est étendue sur le lit et sa chemise de nuit est remontée sur ses jambes écartées.

— Millie, paniqué-je en voyant cette aura lumineuse entourer cette tête qui commence à poindre hors de son ventre.

Dans un cri de douleur effroyable, Millie pousse une nouvelle fois et ce scintillement grossit tandis que le bébé progresse. Je me jette au pied du lit pour soutenir ma femme.

— Prends-la ! m’ordonne-t-elle. Paden, prends-la et sauve-toi.

— Comment ? dis-je surpris.

Son ordre m’étonne. Elle ne peut pas être au courant de ce qui se trame dehors, c’est impossible.

— J’ai vu la boule de lumière entrer dans notre maison, Paden. Elle m’a frappée et les contractions ont commencé. Le bébé voulait sortir. Je sais ce que ton père a fait et pourquoi. Tu dois sauver notre fille !

Les mains tremblantes, j’aide ce petit être luminescent à quitter le corps de sa mère. Sa lumière s’intensifie lorsque je le soulève.

— Millie, ma chérie, il faut que tu te mettes debout et que nous partions. Ils arrivent !

— Pars ! me hurle-t-elle en retour. Prends notre fille et protège sa vie !

J’enveloppe ma petite fille dans un linge propre puis dans une épaisse couverture. À l’extérieur, les bruits de pas et les cris se rapprochent. Millie tend sa main vers moi.

— On va créer un portail, m’explique-t-elle. Tu dois te sauver.

— Mais… les filles…

— Je t’en prie, Paden, pleure Millie. Sauve-la.

Tremblant de tout mon être, je saisis la main glacée de Millie.

— Mon amour, n’oublie pas : cette enfant ne doit pas être l’instrument de la vengeance, mais de la paix. Pardonne, Paden. Il n’y a pas de paix possible sans pardon.

— Je ne veux pas vous laisser, pleuré-je avec elle.

— Nous serons avec toi, nous vivrons à travers Sweeney. Trouve le moyen de ramener la paix dans notre monde.

Le portail se forme près de moi. Je balaie la chambre une dernière fois pour graver à jamais les visages de mes filles et de ma femme dans ma mémoire. Ce sont leur sourire que je vois avant de plonger dans le portail en forme d’anneau.

L’image se floute une nouvelle fois et le lien se brise si brusquement que je me sens partir en arrière.

— Je te tiens, mon trésor.

Ma tête se met à tourner comme une toupie après ce voyage temporel à travers la mémoire de Paden. J’ai appris tant de choses cette nuit, sur moi, sur mon passé, sur ma destinée. J’ignore si j’ai la force nécessaire pour assimiler toutes ces informations.

— Qui suis-je ? sangloté-je en me suspendant au cou de Paden, comme je m’accrocherais à une bouée de sauvetage. Je t’en supplie, Paden, dis-moi qui je suis....

— Tu es Sweeney, ma fille adorée, chuchote-t-il en m’embrassant. Avant toute autre chose, tu es ma fille. Il m’étreint plus fort. Mais tu es aussi l’héritière d’une puissante magie.

— Une magie que je dois à la mort des miens, pleuré-je à chaudes larmes.

— Oui, tu dois tes pouvoirs à tes ancêtres, à toutes ces personnes qui sont mortes cette nuit-là. Grâce à leurs sacrifices, tu es devenue la magicienne la plus puissante de ce monde. C’est à toi de choisir ce que tu veux en faire.

Il m’embrasse à nouveau.

— Ramène-moi à Endless, je t’en prie.

— Sweeney, soupire Paden. Tu ne dois jamais parler de ce que tu as vu à qui que ce soit ! Encore moins à Silas.

— Pourquoi ça ?

— Les vampires et les mages se sont alliés pour nous détruire et ton grand-père les a maudits également. Comme les mages, pendant des années, ils t’ont cherchée pour te détruire, craignant qu’un être supérieur vienne un jour réclamer vengeance. La famille de Silas n’a pas manqué cette chasse de l’enfant de ghealach dearg

— L’enfant de la lune rouge…

— Cette nuit-là, le sang des bannis a tant coulé qu’il s’est reflété dans la clarté de la lune. Si bien qu’elle est devenue de la couleur du sang.

Ses mains puissantes encadrent mon visage trempé de mes larmes.

— J’ai passé ma vie à te protéger, Sweeney. Je t’en conjure, ne gâche pas le sacrifice des nôtres en accordant ta confiance aux mauvaises personnes. Tu pourrais tout compromettre.

— Pourquoi n’as-tu aucune confiance en Silas ? Je vous croyais amis tous les deux…

— Les humains ont un proverbe qui dit : « Sois proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis » Silas n’est pas notre ami, mais notre ennemi, chérie. Qu’importe que cet enfant vous lie.

— Pourtant Silas tient à toi. Tu te méprends sur son compte. Je suis convaincue qu’il peut être bon.

— Les sentiments de l’enfant pour son père t’aveuglent. Il n’hésiterait pas à vous tuer l’un et l’autre s’il savait qui tu es en réalité. Son intérêt pour ta grossesse découle de sa condition humaine, mais le jour où il redeviendra vampire, vous ne compterez plus pour lui.

— Je le craignais moi aussi, mais il a changé. Et je l’aime, Paden.

— Cette dispute est la preuve de l’amour qui vous unit, dit-il d’un ton persifleur.

— Je me suis montrée très injuste envers lui. J’avais trop de peine et je m’en suis pris à lui. Silas m’a fait une promesse et je le crois capable de la respecter.

— Je l’ai déjà vu à l’œuvre et les promesses de Silas ne valent pas un clou ! Je le connais depuis suffisamment longtemps pour être affirmatif à ce sujet.

— Eh bien, je vais rentrer à Endless et lui laisser l’occasion de nous prouver le contraire. Je prends bonne note de ton avertissement et je te remercie de m’avoir prévenu. Pour le reste, je vais me fier à mon instinct.

— Tu commets une erreur, Sweeney.

— Ça sera mon erreur dans ce cas, mais je dois découvrir qui il est, Paden. Pour moi et pour mon enfant, je dois découvrir jusqu’où ira Silas pour nous protéger. Je vois que je te déçois, mais je ne contrôle pas mes sentiments.

— Non, c’est vrai. Ton enfant, lui, en a la capacité et tu le laisses te manipuler.

— Il y a peut-être un peu de ça, je te l’accorde. Mais quoi que tu dises, j’irai au bout de cette histoire. Il faut que je le fasse.

Je sens combien mon insistance l’agace et j’arrive à me mettre à sa place. Il a une grande méfiance vis-à-vis de Silas et comment lui en vouloir ? Malgré cela, mon enfant à le droit d’avoir un père si celui-ci sait se montrer à la hauteur. Je crois que Silas en est capable…

 

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