Lipstick Poison: La malédictions des Oakens (French Edition)
Chapitre C
C hapitre neuf
U na
de violentes crampes et mon cœur pleure. C’est impossible, j’en ai Silas ? Péniblement, tel un poids mort, je vire dans le lit. Ma tête est au bord de l’explosion, mon estomac est pris conscience, pourtant je l’entends.
— Silas ?
J’essaie de bouger à nouveau. Ce qui me provoque une grimace. J’ai l’impression d’être un bleu géant.
— Chut, me rassure Paden en passant un linge humide sur mon front. Tu as de la fièvre. Il faut que tu te reposes.
— Qu’est-ce qui m’est arrivé ?
— Tu as fait un malaise lorsque Silas est…
Il se tait et mes souvenirs me reviennent peu à peu. Je me souviens de Silas fuyant vers la sortie en me criant d’aller en enfer avant de disparaître dans la nuit.
— Il est parti, mâchouillé-je d’une voix étouffée par un sanglot. Il nous a abandonnés.
Mes yeux sont troubles lorsqu’ils se posent sur Paden. Il m’offre un sourire compatissant.
— Mais moi, je ne t’abandonnerai jamais, mon trésor. J’ai toujours veillé sur ma famille. Sur ta maman et sur sa maman avant elle.
Il émet un rire discret.
— Décidément, je n’ai jamais eu la chance de voir l’ombre d’un petit garçon dans ma descendance.
— Paden, dis-je en m’accrochant à sa main. Pourquoi je me sens si bizarre ? Que se passe-t-il ?
— Rhéa pense que la magie que tu as absorbée et celle qui s’est réveillée te rendent malade. Il y a d’importants changements qui s’opèrent en toi.
— Mais je ne veux pas changer, couiné-je alors que des larmes roulent sous mes paupières.
— Je le sais, ma précieuse Una, mais cette réaction est normale. En quelques jours, tu as reçu les pouvoirs de Silas, ceux de ton bébé et maintenant, une magie ancestrale s’est emparée de toi.
Je porte une main à mon front.
— Comment tout ça est possible ? Ça n’a aucun sens…
— Tout est très flou pour nous aussi. Pendant que tu te reposais, j’ai discuté avec Rhéa et on suppose que récupérer les pouvoirs de Silas t’a rendue assez forte pour que cette grossesse soit possible. Tu détenais de la magie en toi, même avant que tu touches Rhéa. C’est peut-être elle qui a permis cela. Tu es plus forte qu’une jeune femme ordinaire. Il est envisageable que les pouvoirs magiques dont tu as hérités de moi on fait que les pouvoirs de Silas se sont accrochés à toi. La malédiction dont les Oaken sont victimes doit faire d’eux des humains s’ils prennent le risque de se… rapprocher des humains. En aucun cas, elle doit faire de l’humain en question, un vampire.
Je fais rouler mes yeux.
— En tout cas, ça explique l’aversion de sa famille pour les humains.
— On peut s’imaginer que ses ancêtres craignaient qu’une telle malédiction existe. Pour l’éviter, ils se sont éloignés autant que possible des hommes. Année après année, décennie après décennie cela est devenu un mode de vie… une idéologie…
— Que dois-je faire maintenant ? Et si Silas ne revenait pas...
— Pour le moment, je veux que tu te reposes. Tu n’es pas assez forte pour te lever. En ce qui concerne Silas, on en reparlera plus tard.
— Va le chercher, s’il te plaît, dis-je dans un couinement. Je dois lui faire entendre raison au sujet du bébé. Il doit comprendre combien nous avons besoin de lui.
— J’aimerais te dire que tu peux y arriver, mais rien n’est moins sûr.
— Pourquoi il me hait comme ça ? J’ai…
Je pose mes mains sur mes yeux pour y cacher mes larmes.
— J’ai senti… Dans la chambre l’autre jour, j’ai cru sentir… Depuis quand suis-je devenue dépendante de lui ? dis-je dans un soupir frustré. J’ai l’impression de mourir sans lui…
— Il y a de nombreuses choses que nous ignorons, ma chérie, tente de me rassurer Paden en passant une main dans mes cheveux. Et je te promets de tout faire pour t’apporter des réponses. Paden ramène les draps sur moi et touche mon front. Mais pour l’instant, tu dois te remettre. Tu es brûlante de fièvre…
Je veux lutter et continuer à parler avec lui, mais je n’ai plus de force. Je me laisse sombrer, heureuse d’avoir Paden à mes côtés pour m’aider à vivre tout cela.
***
C’est une douce et reposante chaleur qui me sort de mon sommeil après que je me suis effondrée de fatigue dans le lit de Paden. J’ai chaud et je me sens bien mieux en comparaison de mon précédent réveil. Ma migraine s’est envolée, mes nausées sont toujours de la partie, mais elles sont moins virulentes. Quant à ma fièvre, c’est de l’histoire ancienne. Je tourne dans le lit à la recherche d’une fenêtre. Je suis quelque peu désorientée et j’aimerais découvrir où nous en sommes du jour ou de la nuit. Seulement voilà, il n’y a pas la moindre fenêtre. Bizarre… Mon cerveau est encore embrumé par la fatigue, mais je vois bien que je ne me trouve plus à l’endroit où j’étais en m’endormant.
Je prends appui sur mes coudes et parcours les environs. Je ne connais pas cette chambre et ça n’a pas vocation à me rassurer. La dernière fois où j’ai été consciente, Paden était présent. J’espère qu’il est encore dans les parages.
Dans la pièce où je me trouve, tout est très luxueux. Même si les murs en roche sont assez étonnants. Il y a une cheminée où brûle un feu très agréable et un petit salon devant celle-ci.
Je balance les draps et descends du lit à baldaquin en posant un pied encore fébrile sur le sol. Pour l’équilibre, ce n’est pas encore gagné… D’ailleurs, c’est dingue ce que le sol est froid. C’est un peu l’ambiance de cette pièce : un lieu austère, glacial. Sans aucune ouverture sur l’extérieur, l’endroit est incroyable sombre et je dois le seul éclairage à ces nombreuses torches allumées.
— C’est quoi cet endroit ? pensé-je à voix haute. Je suis tombée dans le repère de Dracula ou quoi…
Après avoir enfilé mes bottes et une veste, je décide de m’aventurer en dehors de ces murs pour en apprendre plus sur les lieux.
Je suis sur la défensive lorsque j’appréhende ce couloir qui ressemble davantage à un tunnel. Là aussi, il n’y a que des torches pour l’illuminer. D’ici, je peux descendre ou bien monter et, franchement, je n’ai aucune idée de la direction à prendre. Le tournant en contrebas étant plongé dans le noir le plus absolu, je préfère remonter. Il semble y avoir plus de vie là-haut. Aux aguets, je marche doucement. Sur ma droite apparaît une nouvelle porte en bois avec un chêne taillé dedans. Je veux la pousser pour découvrir ce qu’elle dissimule lorsque :
— Je refuse de tolérer cela ici, Silas !
Mon cœur fait un bond. Silas est là ! Il est venu me chercher ? La voix féminine qui vient d’aboyer ces quelques mots m’est quant à elle totalement étrangère.
— Règle cette affaire au plus vite ! ordonne-t-elle. Cette fille et son enfant doivent disparaître !
Hein ? Affolée, je pose mes mains sur mon ventre comme pour protéger mon bébé. Même si j’ignore quelle menace plane vraiment sur nous…
— Je ne me répéterai pas !
Un bruit de talons qui claquent suit cette nouvelle directive. Il se rapproche et mon instinct me somme de me mettre à l’abri. Je pousse cette fameuse porte et je découvre soulagée qu’il s’agit d’une bibliothèque. Ici, les murs sont remplis de livres du sol au plafond. Mais je ne m’attarde pas sur la découverte de cet endroit.
Je dois me concentrer sur ce qui se passe derrière cette porte. L’oreille plaquée contre elle, j’écoute les pas se rapprocher. Cette femme ne doit pas être loin. Je l’entends marmonner des mots dans une langue étrangère. Je reste là plusieurs minutes avant que le silence revienne. Lorsque je suis certaine de pouvoir sortir sans croiser cette étrangère qui nous veut de mal, j’ouvre la porte et passe la tête pour vérifier que je suis seule. Ce qui est le cas. Je me retrouve à nouveau dans ce couloir tout droit sorti du film Entretien avec un vampire et me lance à la recherche de Silas. Je veux le voir et lui parler. Je marche plus vite pour aller le rejoindre.
Même si je n’arrive pas à me l’expliquer, j’ai l’impression que je serais en sécurité qu’une fois à ses côtés. C’est une vague de soulagement qui me submerge lorsque je le retrouve enfin.
— Silas ! dis-je en courant vers lui.
Je me jette dans ses bras et l’étreins avec force.
— Doucement, bon sang, râle-t-il en essayant de me faire lâcher.
Une tentative bien vaine, car je suis plus forte que lui.
— Je savais que tu reviendrais, pleuré-je contre lui. Que tu ne nous abandonnerais pas.
Silas parvient à me repousser.
— Qui était cette femme, Silas ? Elle veut du mal à notre bébé…
— C’est ma mère.
— Ta mère ? répété-je bouche bée. Pourquoi veut-elle que je disparaisse ?
— Mais bon sang, Una ! Tu es une humaine et tu ne seras jamais la bienvenue ici.
— Qu’est-ce que je fais ici dans ce cas ? Et où suis-je au juste ?
— Sur une île près de Northfield. C’est là qu’est situé Endless, le manoir des Oakens. Je t’ai conduite ici, car tu y seras en sécurité.
— Je ne comprends plus rien, marmonné-je en séchant mes larmes. Et où est Paden ?
Silas, impassible et froid, m’indique la porte qu’il vient de franchir et m’invite à entrer. J’accepte et découvre qu’il s’agit de son bureau. Dans le même style que le reste de ce drôle d’endroit, la pièce est plutôt grande. Là aussi, il y a un feu de cheminée qui se consume dans l’âtre, un salon et un bureau en acajou.
— Assieds-toi, me dit-il en me désignant le sofa en cuir.
Je m’exécute.
— Tu veux quelque chose à boire ou à manger ?
Je fais non de la tête.
— Tu n’as pas pris un repas convenable depuis des jours. Tu es sûre de…
— Je crois t’avoir demandé où est Paden ! insisté-je en perdant patience. Ne fais pas celui qui se soucie de mon bien-être. Et si je ne suis pas la bienvenue ici, je ne vais pas m’éterniser !
— Je suis revenu chez Paden lorsque tu dormais et nous avons discuté avec Rhéa et Althéa. Il semble évident que ta mort me priverait de toute chance de récupérer mes pouvoirs, m’explique-t-il adossé à son bureau.
— Et donc, vous avez décidé que le mieux pour moi était de venir ici ? demandé-je dubitative. Tu ne me feras pas croire que Paden était d’accord avec cette idée.
— Ce n’est pas tout à fait faux. Ton… père, puisque c’est ce qu’il est… n’était pas pour, mais je ne lui ai pas laissé le choix.
— J’imagine qu’il en est de même pour moi, soupiré-je dépitée.
— C’est… exact…
— Si tu penses que je vais vivre sous le même toit qu’une vieille folle qui veut la mort de mon enfant, tu te fourres le doigt dans l’œil.
— Tu feras ce que je te dis, un point c’est tout !
Je saute sur mes pieds et le défie.
— Va au diable, Silas !
— Très bien ! crie-t-il. Mais en attendant, va dans ta chambre et restes-y jusqu’à ce qu’on trouve le moyen d’inverser le sort. Paden te rejoindra bientôt. Il a été en ville acheter ce dont tu auras besoin les prochains jours.
— Comment peux-tu me traiter ainsi ? Je porte ton enfant. Comment cela peut-il te laisser aussi indifférent ?
— Tu me donnes envie de vomir, Una ! L’idée que j’ai pu te toucher me répugne et je ne te parle même pas de cette chose qui grandit dans ton ventre. Plus vite tu comprendras que ton seul intérêt à mes yeux est celui de me rendre mes pouvoirs et mieux on se portera.
***
Comment peut-il être aussi odieux ? Pourquoi me méprise-t-il autant ? Silas me torture de l’indifférence et de la haine qu’il ressent à mon encontre.
Je ne suis pas d’une nature trouillarde. Je ne crains pas de relever les défis et je ne me laisse pas facilement impressionner, mais en présence de Silas, je perds tous mes moyens. Oui, je sais l’envoyer sur les roses, mais ce ne sont que des mots. La vérité est que dès que je suis avec lui, je suis terrifiée, car je me perds dans mes sentiments.
En boule sur le sol, emmitouflée dans le couvre-lit, je me suis retranchée près de la cheminée pour pleurer. Je suis pathétique… Après cette énième dispute avec Silas, j’ai trouvé refuge dans ma chambre et j’ai quelque peu perdu la notion du temps. La menace proférée par la mère de Silas tourne en boucle dans ma tête. Tout comme les mots qu’il a eus contre moi… Comment ai-je pu être heureuse de le revoir ? À quoi je m’attendais venant d’un être aussi versatile ? Suis-je vraiment supposé rester vivre ici alors que je ne suis pas la bienvenue ? Je ne suis rien pour lui, si ce n’est une épine dans son pied et dont il ne parvient pas à se débarrasser.
J’aurais eu besoin de son soutien et de son réconfort après avoir appris une telle nouvelle. En quelques heures, ma vie a pris une tournure que je n’aurais jamais pu envisager. Même dans mes rêves les plus fantaisistes. J’en ai découvert beaucoup sur le monde qui m’entoure, mais aussi sur moi, sur mon passé. Je suis surprise de tout ce que mon corps et mon esprit sont capables d’assimiler si rapidement. D’autres créatures, plus sombres, peuplent la terre, des forces mystiques sont à l’œuvre. Si cette vérité échappe au commun du mortel, je viens de me la prendre en pleine figure. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est évident cette grossesse surprise. J’attends un enfant qui sera peut-être magique…
Je me relève au son de la poignée de la porte qu’on ouvre. Comme celle-ci est verrouillée, mon visiteur insiste avant de tambouriner contre la porte.
— Una ?
Je pousse un soupir de soulagement en entendant la voix de Paden.
— Trésor, ouvre-moi !
Je me précipite vers la porte et lui ouvre. Le voir dans le couloir me transforme une nouvelle fois en chute du Niagara. Paden lâche ses sacs et m’enlace.
— Ma petite chérie…
— Pourquoi, Paden ? bredouillé-je en éclatant en sanglots. Pourquoi l’as-tu laissé me ramener ici ?
— Je n’étais pas pour cette option, me confie-t-il en m’étreignant. Mais Silas a raison sur un point : Endless est une véritable forteresse. J’ai pensé à ta sécurité avant tout.
Je m’éloigne et chasse mes larmes avec ma manche.
— Comment as-tu pu penser que le bébé serait en sécurité sous le même toit que cette femme qui veut sa mort ?
Paden entre et referme la porte derrière lui. Après avoir posé ses paquets sur mon lit, il me prend contre lui.
— Je veux qu’on s’en aille, pleuré-je contre lui. Je t’en prie, Paden, conduis-moi loin d’ici.
— Je le ferais sur-le-champ si j’étais convaincu que c’était le mieux pour toi.
Il prend mon visage dans ses mains.
— Et je regrette ce qui s’est passé avec Éline.
— Elle est aussi cruelle que son fils !
— Oh… C’est Hedda qui a menacé le bébé.
— Hedda ? demandé-je en levant les yeux vers lui.
— La mère de Silas.
— Mais qui est Éline alors ?
— Eh bien, hésite-t-il. C’est sa fiancée.
— Quoi ? dis-je effarée. Il va se marier ?
— Je suis navré, ma chérie.
De nouveau, je trouve refuge dans les bras de Paden.
— Pourquoi ? me récrié-je dans un cri de douleur. Pourquoi ça me fait si mal, Paden ? Il y a encore quelques jours, je détestais ce type et aujourd’hui, je souffre de le savoir avec une autre. Mais qu’est-ce qui m’arrive ?
— Una, chuchote Paden à mon oreille en me soulevant contre lui. J’aimerais des réponses à te donner…
— Partons ! dis-je en le regardant avec mes yeux humides. Seulement toi et moi. Près de toi, je me sens en sécurité. Tu es fort, tu peux me protéger. Si tant est que je sois réellement en danger…
— Il y a trop de détails qui nous échappent dans cette histoire pour prendre un tel risque. Comme l’identité de la personne qui a jeté ce maléfice sur ce tube de rouge à lèvres par exemple.
— Mais il appartenait à Skye et je le lui ai emprunté. Ce qui veut dire que je ne devais pas faire partie de l’équation à la base.
— Je pense que tu y as été mêlée par la force du destin.
— Skye n’a jamais caché son attirance pour Silas. Au Lann, tout le monde le sait. J’imagine que ça faisait d’elle la personne idéale pour le piéger.
— Tu as probablement raison. On essaie d’en apprendre plus sur cette fameuse Angeline. Si on la retrouve, on pourra découvrir qui se cache derrière cette machination. Mais il y a aussi tes pouvoirs qui se sont réveillés et les mages de ce monde ont dû le sentir. Une magie si puissante, si ancienne… elle ne peut pas leur avoir échappé.
Je vais m’asseoir sur le lit et Paden en fait de même. Ses mains emprisonnent les miennes.
— Qu’est-ce que ça implique pour moi ? Ils pourraient me pourchasser ?
— Malheureusement. Il ne faut pas écarter cette possibilité.
— Mon Dieu, soufflé-je en disparaissant dans mes mains. Je suis dans un cauchemar.
Paden m’enveloppe de sa chaleur protectrice.
— Ne pense qu’à ton enfant, Una. C’est sur lui que ton esprit doit se focaliser. Je sais que l’idée de rester ici t’effraie, mais n’oublie pas que tu es une bannie, une grande magicienne. Tu as également la force de Silas. En toi, grandit un petit être, mais ne te fit pas à sa taille. Il est puissant ! Tu es la personne la plus forte ici, mon trésor, tu n’as rien à craindre. Bien au contraire, c’est toi qui es redoutée. Sinon pourquoi feraient-ils preuve de tant de pugnacité envers toi ? Tu leur fais peur…
— Tout ce que je désire, c’est qu’on me fiche la paix.
Paden m’embrasse.
— Voilà ce que je te propose : Rhéa et Althéa ne vont pas tarder à revenir. J’espère qu’elles auront quelques informations pour nous. En attendant, je veux que tu ailles dans la salle de bain et que tu te fasses couler un bon bain chaud. Tu as eu des jours pénibles et te détendre te fera le plus grand bien.
Je reconnais que son idée est alléchante.
— Je suis allé faire quelques courses pour toi.
Il désigne les sacs.
— Il y a des vêtements, quelques produits de beauté et des livres aussi. Je crois que tu aimes Hemingway.
Je lui lance une œillade perplexe.
— Comment peux-tu être au courant de ça ?
— Nous autres les vampires, nous avons une ouïe très développée et…
Il grimace.
— J’en ai peut-être profité pour espionner quelques-unes de tes conversations.
Stupéfaite par son aveu, mes yeux s’ouvrent en grand.
— Qu’est-ce que tu viens de dire ?
Il lève les mains.
— Je sais, c’est moche et je te présente mes excuses. Je n’ai jamais écouté lorsque c’était personnel, tu as ma parole.
— Dans ce cas, ce n’est pas si grave, ironisé-je.
— Comprends-moi, j’avais tellement envie d’apprendre à te connaître, Una.
— Il y a d’autres moyens pour ça ! Comme échanger, discuter, faire connaissance…
— Je ne voulais pas éveiller la curiosité des autres.
— Super… Maintenant, ils s’imaginent tous qu’on couche ensemble…
— On gérera ce problème en temps et en heure. Tu veux bien ?
Je joue des épaules.
— Je n’ai pas vraiment le choix. Pour le moment…
Je tire sur mes vêtements.
— Je veux seulement prendre un bain.
Je fouille dans les affaires que Paden m’a achetées et mets une tenue de côté avant de filer vers la porte de la salle de bains.
— Una, m’appelle Paden avant que j’y disparaisse.
— Oui ?
— Les circonstances ne sont pas idéales, j’en ai bien conscience, mais je suis heureux que tu sois auprès de moi. Il y a longtemps que je rêve de pouvoir me rapprocher de toi.
Je lui souris.
— Je le suis moi aussi. Ce qui est dommage, c’est que tu ne m’aies rien dit. Je doute même que tu aies un jour trouvé le courage de le faire... Si Rhéa n’avait rien dit, tu aurais continué à faire comme si je n’étais personne pour toi.
— Je craignais que tu me rejettes et, encore plus, de perturber ta vie. Pourtant, tu es la personne qui compte le plus pour moi. C’est sûrement égoïste, mais j’aimais te regarder graviter et évoluer autour de moi et t’aimer en secret.
Je rougis. C’est stupide, mais sa déclaration d’amour me met les joues en feu.
— Tu me fais confiance, Una ? Tu sais que j’agis dans ton intérêt ?
— Oui, Paden. J’ai confiance en toi.
Et c’est étrangement vrai…
— Alors, nous allons faire de grandes choses tous les deux, mon trésor…
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