Lipstick Poison: La malédictions des Oakens (French Edition)
Chapitre C
C hapitre seize
U na
me fait déjà beaucoup de bien. Il y a deux jours que nous nous sommes Retrouver sa maison… Il n’y a rien de plus réconfortant lorsqu’on a le cœur brisé. Évidemment, je suis chez Paden, c’est un peu différent, mais l’air des Highlands réfugiés à Strahpeffer et demain auront lieu les obsèques de Skye. Ensuite, j’irais vivre à Endless et je redoute de retourner là-bas. Entre Éline et la mère de Silas, je crains le pire pour moi et surtout pour le bébé. Cette fois, je pourrais peut-être compter sur Silas pour prendre ma défense.
Il est bien plus présent depuis qu’il est revenu et j’ai eu l’occasion de passer du temps en sa compagnie, ces deux derniers jours. Au grand désarroi de Paden…
En ce qui le concerne, il se retrouve contraint de faire de nombreux voyages entre Strahpeffer et Aberdeen. La police enquête à la suite de la mort de Skye et il doit donner le change au Lann pour ne pas attirer leur regard sur nous.
Après cette nuit dans les bois, Paden a fait disparaître les corps de Matej et de ses sbires avant de déplacer celui de Skye pour faire croire à une agression. Puis il a dû user de son pouvoir de persuasion sur Kenneth ainsi que sur les clients du bar présent ce soir-là pour qu’ils oublient de m’avoir vu au pub. Maintenant la police croit que j’étais dans l’appartement de Paden à vomir tripes et boyaux à cause de ma grossesse.
Son plan se déroule à merveille et Paden a agi ainsi pour me protéger, mais je n’arrête pas de penser aux parents de Skye. Je les connais depuis des années et je me sens tellement coupable de les obliger à vivre dans l’ignorance. Ils ne sauront jamais qui a tué leur fille unique et cela me brise le cœur. Tout aurait pu être différemment si j’avais laissé Kenneth se rendre au Five, ce soir-là. Ou j’aurais pu insister pour que Paden nous accompagne. Skye aurait pesté, mais qu’importe ! Elle serait encore en vie.
Aujourd’hui, mon amie est morte et je suis impuissante. Sa perte m’a anéantie et le temps semble s’être arrêté depuis sa disparition. Mon unique lueur d’espoir est là, dans mon ventre. Ma fille grandit au creux de moi et cette vérité m’aide à tenir le choc. Je ne serais plus que l’ombre de moi si je ne pouvais pas me raccrocher à elle. Je ne l’ai jamais vue et pourtant, elle m’est vitale. Je l’aime déjà plus que ma propre vie.
— Que fais-tu ?
J’abandonne mon exploration du réfrigérateur lorsque Silas me pose cette question. Accoudé au chambranle de la porte, les bras croisés sur son torse, il m’observe un sourire en coin.
— Ce que tu vois.
Je désigne ledit réfrigérateur.
— C’est un frigo. À ton époque, on l’appelait garde-manger. On y range les aliments au frais pour qu’ils se conservent plus longtemps. Généralement, lorsqu’on l’ouvre, c’est pour se sustenter, tu vois…
Je repère l’énorme entrecôte sur l’étagère du haut et m’en empare en salivant. Miam !
— Tu te nourris comme une humaine ! me reproche-t-il. Va chasser avec Paden !
— J’ai opté pour un régime très pauvre en sang humain « genre » vampire-végétarien. Je pense sérieusement à faire breveter le concept d’ailleurs…
— Tu fais un bien piètre vampire, me gronde Silas en s’accoudant à l’îlot de cuisine.
— J’imagine…
Je commence à assaisonner mon entrecôte de poivre et de baies rouges.
— Mais je suis toujours plus vampire que toi, le titillé-je. Et tu n’as pas idée de combien ça m’éclate de te rendre barge avec ça !
Silas se marre franchement. Une chose que je ne l’ai jamais entendu faire auparavant. Je relève la tête vivement.
— C’était quoi ça ? lui dis-je, les yeux ronds.
Il cesse de rire.
— Quoi ? demande-t-il l’air de rien.
— Ce gloussement de dindon, tiens ! Ne refais plus jamais ça, c’est… flippant…
Je le vois serrer les lèvres pour ne pas rigoler à nouveau.
— Eh ben… tu n’as pas dû souvent te bidonner au cours du siècle dernier.
— Je règne sur une ancienne et importante famille de vampires, Una. Je n’ai pas le temps de rire !
J’enfonce un doigt dans ma bouche et mime un haut-le-cœur.
— Ringard…
Je m’installe face au piano de cuisine pour y faire revenir la viande.
— Si je comprends bien : tu ne te nourris pas de sang et le soleil n’est plus un problème pour toi. Finalement, tu n’as plus rien d’un vampire.
— J’ai toujours mon regard persuasif et je cours si vite que je pourrais concourir pour les J.O.
Je fais rouler mes yeux.
— Mais je vais gagner à coup sûr, alors c’est moins drôle.
Silas a un commencement de rire, mais il le ravale quand il rencontre mon regard noir. Seulement pour me moquer de lui, car je le trouve très amusant quand il se risque à cet exercice.
— C’est le genre de truc qui va traumatiser notre fille ! le réprimandé-je.
Il ne se rebelle pas lorsque je parle de « notre » fille.
— J’ai quand même toutes les difficultés à comprendre ce qui se passe avec toi, dit-il pensif. Tu as gardé certaines caractéristiques d’un vampire, mais pas toutes…
— Rhéa se pose les mêmes questions que toi. Elle croit que tout est en lien avec la petite.
— Je me demande ce qu’elle sera… un vampire, un mage ?
Je joue des épaules.
— Pour l’instant, nous n’avons aucun moyen de le savoir. Nous obtiendrons plus de réponses à sa naissance. Pour Rhéa, elle sera les deux.
— Ce qui fera d’elle un être extrêmement puissant…
Il paraît penser à voix haute lorsqu’il marmonne cela. Ce qui me met hors de moi. Il songe au potentiel de notre fille, mais dans quel but ? Ce n’est qu’un bébé, pas une espèce d’arme ultra puissante qu’il pourra mettre au service de sa cause. Totalement débile soit dit en passant…
— Alors ça, tu peux oublier ! m’exclamé-je en prenant la mouche.
— Je n’ai rien dit de mal, Una ! se défend-il. Elle sera forte, c’est indiscutable !
— Voilà pour quelle raison je ne parviens pas à te faire confiance : tu as toujours une idée derrière la tête. C’est comme mon retour à Endless. Pour la sécurité de qui agis-tu ? La mienne ou la tienne ? Vas-tu aimer notre enfant ou aspires-tu seulement à en faire l’héritière de ton pathétique petit empire ?
— J’ai quitté le manoir pour venir vous chercher, Una ! Je ne suis plus qu’un homme, je n’ai aucun moyen de me défendre et j’aurais pu y rester, mais je suis venu pour toi !
Ma supposition le rend furieux. Il marche vers le salon pour aller bouder dans son coin, mais finit par rebrousser chemin. Et il n’a pas décoléré…
— Et puisqu’on en est à se dire ce qu’on a sur le cœur, je vais te dire quel est ton problème ! À tes yeux, quoi que je fasse, je suis et je reste un connard ! Je vous ai abandonné puis je suis revenu, mais qu’importe ! Je suis encore et toujours un salaud ! Rien de ce que je fais ne trouve grâce à tes yeux. Si tu penses vraiment que je demande ton retour sur l’île dans mon unique intérêt, alors reste ici ! Fais ce qui te semble le mieux pour le bébé. Tu es et tu seras toujours le meilleur pour lui. Je n’ai ni la prétention ni la stupidité de croire qu’elle pourrait être heureuse auprès de moi. Comme tu l’as fait remarquer tout à l’heure, je ne sais pas rire et encore moins être drôle. La seule chose que je sais faire, c’est tuer ! Entre nous, qu’est-ce qu’elle en aurait à foutre que son père soit le plus grand tueur d’hommes de tous les temps ?
Sur ces mots, il tourne les talons et file en dehors de la pièce.
— Silas, l’appelé-je alors que mes larmes roulent sous mes paupières. Où est-ce que tu vas ?
— Prendre l’air !
La porte d’entrée claque quelques secondes plus tard. Et me voilà seule…
***
Grrr… j’en ai marre… Voilà des heures que je tourne dans le lit sans trouver le sommeil. Ma dispute avec Silas est à l’origine de mon insomnie, sans aucun doute…
Ce mec me perturbe. Il n’a plus rien du sale type que je croisais de temps à autre au Lann. Je ne dois pas me leurrer, ce changement d’attitude est dû à son humanité. Un état seulement provisoire… Il désire redevenir le vampire qu’il a été et, ce jour-là, plus rien ne comptera pour lui. Uniquement le goût du sang… Lorsqu’il retrouvera sa nature, je serai de nouveau confrontée à cette bête avide de pouvoir et cruelle. J’en ai conscience, mais il me manque. Ce soir plus que jamais…
Après son départ, je suis montée me coucher. À quoi bon l’attendre ? Comme une vieille habitude, il ne rentrera pas avant l’aube. Je voulais me préparer à vivre la journée de demain le plus sereinement possible, mais je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à Silas. Il y avait une telle sensibilité dans sa manière de me confier ce qu’il ressentait et je suis hantée par ses angoisses. Il voit combien lui accorder ma confiance est difficile et cela semble le faire souffrir. Je suis toujours très méfiante en ce qui le concerne, mais comment lui faire comprendre qu’il ne peut pas effacer tout ce qu’il a été d’un claquement de doigt ?
Je suis trop sévère avec lui, mais, à ma décharge, dès qu’il est près de moi, je suis prise dans un tourbillon de contradictions causé par l’amour que ma fille voue à son père. Dans ce brouhaha émotionnel, je ne parviens pas à déterminer quels sont mes véritables sentiments à son égard.
Mon estomac se met à grogner et ma faim chasse ces épuisantes pensées. Sur le moment, notre dispute m’a coupé l’appétit, mais il est bel et bien en train de revenir au galop. Je caresse mon ventre et une vague d’impatience me saisit.
— C’est bon, mon petit monstre, message reçu…
Je balance ma couette au pied du lit et abandonne l’idée de m’endormir. Le fait d’être seule dans cette grande maison ne m’aide pas à trouver la quiétude nécessaire pour tomber dans les bras de Morphée. Paden n’est pas encore revenu d’Aberdeen et Silas… Mon cœur s’affole. Va-t-il seulement rentrer ? Et s’il s’en aller sans nous ? Où est-il ? Et si quelque chose lui était arrivé ? Mes yeux se remplissent de larmes.
Dans l’escalier qui me conduit au rez-de-chaussée, je réalise que ma main frotte machinalement mon ventre. Ce qui m’arrache un soupir. Cette vague de panique me vient de la petite.
— Arrête de paniquer pour ton père, l’encouragé-je. C’est Silas ! Il trouve toujours une pirouette pour s’en sortir.
Je traverse l’entrée puis le long corridor qui dessert la salle à manger, le petit salon puis la cuisine. C’est au salon que je bifurque et active la lumière. Un grognement dans la pièce me fait éteindre immédiatement. Silas dormait sur l’un des canapés.
— Pardon ! Je ne pensais pas que tu étais rentré.
Il y a du mouvement vers lui et Silas allume l’une des deux immenses lampes posées sur autant de guéridons de part et d’autre du canapé. Incommodé par la lumière, il se frotte les paupières avant de se lever.
— Je vais monter me coucher, m’annonce-t-il en marchant vers moi. Tu devrais en faire autant. Il est tard et demain sera une rude journée pour toi.
Il sort et je devrais le laisser gagner le premier étage, mais c’est plus fort que moi, je l’appelle et il revient dans la pièce.
— Justement… à propos de demain…
J’ai un peu honte de lui faire une telle requête — surtout après notre dispute, voilà pourquoi je bafouille.
— Pour l’enterrement…
— Eh bien quoi ?
Bon ! Il a gagné en patience, mais ce n’est toujours pas son point fort…
— Comme tu le sais, poursuivis-je le timbre vacillant. Paden ne peut pas m’accompagner vu que l’enterrement à lieu en début d’après-midi. Du coup… Ma bouche se tord d’hésitation.
— Je me demandais si tu accepterais de m’accompagner…
Il y a un blanc qui semble durer une éternité après que je lui ai exposé ma requête. Si j’étais déjà troublée de lui poser cette question, je suis totalement paralysée en attendant sa réponse. Et il aime me faire languir. Son silence est le signe qu’il n’a pas envie de venir. Il doit seulement craindre de me vexer en refusant de m’accompagner. Mieux vaut abréger ses souffrances.
— C’est bon, Silas. Oublie ce que je viens de te dire.
Ma main fend l’air dans un désir de lui démontrer qu’il n’y a rien de dramatique.
— Et puis il y aura tous mes collègues du bar. Ce n’est pas comme si j’allais être seule.
— J’allais te dire que j’étais d’accord…
— C’est vrai ? m’exclamé-je avant de me maudire de ne pas mieux lui cacher, et mon étonnement et ma joie. Mais tu semblais hésiter…
— Absolument pas. D’ailleurs, j’envisageais de venir avant même que tu me le demandes.
— Oh…
— Je sais l’opinion que tu t’es faite sur moi et, en ce qui concerne Paden, j’ai conscience qu’il me déteste. Pour lui, notre amitié ne signifie plus rien. Pourtant, il est l’ami le plus cher à mes yeux. Je connais que trop bien le sentiment qui te liait à Skye et je comprends ta peine.
Mes yeux papillonnent pour repousser mes larmes qui se sont formées au coin de mes yeux.
— Je ne crois pas qu’il ait oublié votre amitié, tu sais… Mais tu as voulu me tuer et pour finir tu m’as mise enceinte. C’est normal qu’il pète une case, non ?
Silas hausse les épaules.
— Il aurait pu me confier ce que tu représentais à ses yeux au lieu de tout garder pour lui. Mais Paden aime conserver ses secrets. Finalement, je ne sais rien à propos de lui, de son passé.
Je fais rouler mes yeux.
— Et j’imagine que toi, tu es un livre ouvert…
— Je suis toujours plus causant que Paden ! m’objecte-t-il d’un air vexé qui me provoque un sourire.
— J’allais manger un morceau. Est-ce que tu me tiens compagnie ?
— Si tu veux, dit-il avec nonchalance.
Il me rejoint et lorsqu’il passe près de moi, je ne peux m’empêcher de me rapprocher de lui. Je pose une main sur son torse sculpté et l’autre sur sa joue. Il semble surpris par mon initiative, mais se laisse rapidement prendre dans le filet de mes grands yeux noirs.
— Où est-ce que tu étais ?
— J’ai seulement été… balbutie-t-il avec une gêne adorable. J’ai marché un moment…
Ma bouche tressaute en un timide sourire.
— Je me suis inquiétée pour toi, tu sais…
Son regard noir comme le charbon semble m’interroger.
— J’ai peur de te perdre, Silas. Qu’est-ce que je ferais sans toi ? J’ai besoin que tu sois à mes côtés.
Mes propos aggravent son air songeur. Son bras m’emprisonne au niveau de la taille pour me ramener auprès de lui.
— Il faut que je sache, dit-il en posant son autre main sur mon ventre dans un besoin urgent de comprendre.
Il y a quelques longues secondes pendant lesquelles Silas garde les yeux fermés en se concentrant sur ce qu’il ressent en créant ce lien avec son bébé pour la première fois. Lorsqu’il les rouvre, ils sont brillants.
— Una, mâchouille-t-il en s’enfonçant dans mon regard comme pour y lire je ne sais quoi. C’est…
Sa main continue de parcourir mon ventre rond.
— Donne-moi ta main…
J’accède à sa demande et mes doigts se joignent aux siens tandis que son front vient lentement se poser sur le mien.
— J’ai besoin de toi, Una…
Ma gorge se serre. J’ai envie de croire chaque mot qu’il prononce, de croire en lui, mais je connais le phénomène dont est victime Silas. Ce ne sont pas ses mots dans sa bouche, mais ceux du bébé. Il contrôle, il manipule nos émotions pour nous faire comprendre ce qu’il éprouve depuis l’intérieur de mon ventre.
Moi aussi je ressens cette explosion d’amour alors que nos mains liées redessinent la forme arrondie de mon ventre. C’est rapide et violent ; une vague d’amour d’une innocence et d’une pureté sans égale.
— Silas, pleuré-je en cherchant le réconfort de ses lèvres.
Il répond à mon désir et m’embrasse à pleine bouche dans un soupir qui forme mon prénom. Il m’étreint plus fort. Pour s’assurer que je ne partirai pas ? Pour rien au monde, je ne voudrais m’en aller. Je suis si bien dans ses bras, sur ses lèvres. Silas m’embrasse. Je me régale de ce baiser doux et intense qu’il m’offre en toute simplicité.
— Je t’aime, lui confié-je en m’accrochant à son cou.
Mes pieds quittent le sol lorsqu’il me soulève sans rompre notre baiser. Sa main vient câliner ma joue.
— Je ne vous quitterai plus, Una. Plus jamais. Je t’en fais la promesse, dit-il à bout de souffle, ses yeux pétillants sondant les miens.
— Silas…
Ce qui se passe alors est surprenant et inattendu. Un éclair jaillit de nos mains pour éclater en feu d’artifice au-dessus de nos têtes. Aussi stupéfaits l’un que l’autre, nous contemplons ces lumières colorées qui explosent autour de nous. Nos regards se retrouvent et nous partons à rire.
— Ce n’est pas une fille, Una, affirme Silas, en déposant un doux baiser sur mes lèvres. C’est un petit garçon.
— Pardon ?
— Je le sens. Je sens même son cœur battre dans le creux de ma main. Una, c’est de la magie…
— Tu en es sûr ?
— Sûr et certain ! Mon fils est fort et puissant.
— Notre fils ! protesté-je en abattant mon poing sur son torse.
— Notre fils, ricane Silas, sa bouche appuyée contre la mienne. Notre magicien.
Je veux l’embrasser. Je pourrais passer la nuit à le faire tant j’ai besoin de le sentir, de l’aimer, de me rassurer dans ses bras.
— Una, marmonne Silas pour m’arrêter.
Je l’ignore et glisse ma langue entre ses lèvres.
— Una, il faut le protéger…
Je m’arrête lorsqu’il fait référence à notre fils et à sa sécurité.
— Je le sais très bien…
— Non, écoute-moi, insiste-t-il en me volant un baiser. À partir de maintenant, tu dois cacher tout ce dont il est capable. Personne ne doit connaître l’étendue de son pouvoir.
— Mais…
— Arrête avec tes « mais » et obéis-moi, s’il te plaît. Nous deux, nous savons que notre fils est sûrement l’être le plus puissant qui existe sur cette terre et personne d’autre n’a à le savoir. Un tel pouvoir sera convoité et nous devons nous prémunir. Il faut absolument que tu apprennes à contrôler ta magie pour donner le change. Surtout lorsqu’il s’amuse à faire ses petits tours.
Je souris.
— Je dois retrouver mes pouvoirs le plus rapidement possible. Humain, je ne peux pas vous protéger.
Je me niche dans son cou pour profiter encore un peu plus de ce moment incroyable.
— Ne t’inquiète pas, le rassuré-je. Nous sommes une famille, Silas, et dans une famille, on veille les uns sur les autres.
Silas me serre plus fort contre lui, sa main me cajole et je sens son souffle contre ma nuque. Je crois qu’il respire le parfum de ma peau.
— La seule famille à qui je consacrerai le reste de ma vie, dit-il dans le creux de mon épaule. Je fais de vous deux, ma famille…
Pour la première fois depuis que je connais Silas, je sais qu’il ne trahira pas sa parole et qu’il vient d’unir son destin au mien. Pour la première fois depuis que je connais Silas, je l’aime… Je l’aime vraiment… Le bébé n’interfère pas dans cette envolée de papillon qui me ravage le ventre, dans l’emballement de mon cœur. Non, c’est l’amour qui se répand en moi. Le temps m’apprendra si cet amour est aussi fort que je le crois à cet instant…
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