Ne Pars Pas Sans Moi

GILLY MACMILLAN · Chapitre 35 sur 86

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Ne Pars Pas Sans Moi

Jim

 

Parfois, au cours d’une affaire, certaines informations sont comme

chargées d’électricité statique, surtout quand vous ne vous y attendez pas.

Je me suis réveillé juste avant six heures, encore engourdi par mon rêve

qui m’a hanté jusqu’au petit matin ; la fatigue se mêlait à la déception d’être

confronté à une enquête qui n’avançait pas autant que nous l’aurions tous

souhaité.

Mais je me suis vite ressaisi car, en regardant mon téléphone, j’ai vu que,

très tard dans la nuit, j’avais reçu un e-mail de l’un de nos informateurs.

C’était un élément qui apportait du nouveau sur l’une des personnes

proches de Benedict. Pour être sûr de ne pas commettre d’erreur, je devais

d’abord calmer mon excitation et suivre la procédure. Je devais m’assurer

d’agir correctement.

Pour ce faire, j’ai parlé à quatre personnes avant d’aller chez Rachel

Jenner.

 

6 h 15 : FRASER

J’ai fait les cent pas dans ma chambre en attendant qu’elle réponde. Elle a

vite décroché.

— Jim, j’espère que vous avez une bonne raison de me réveiller. Vous

savez que le matin, tant que je n’ai pas bu mon café, je suis d’une humeur

de dogue, n’est-ce pas ?

— Nicola Forbes, ai-je dit.

— Quoi ?

— Elle ne nous a pas tout raconté. C’est le moins qu’on puisse dire.

Je lui ai fait un résumé.

— C’est bon. Rendez-vous dans mon bureau dans une heure.

— Si vous le permettez, chef, j’aimerais d’abord aller parler à John Finch.

— Ne pensez-vous pas qu’il serait préférable de parler en premier avec

Rachel Jenner ?

— J’ai l’impression qu’elle ne sait rien de tout ça.

— D’accord. Tenez-moi au courant.

 

6 h 45 : EMMA

J’étais debout et habillé, j’avais déjà avalé un expresso et la cafetière

bouillait de nouveau sur la plaque chauffante. Car même si j’étais plus

excité que je ne l’avais été depuis plusieurs jours, je dois avouer que le

manque de sommeil commençait à se faire sentir et je devais absolument

combattre cette fatigue si je voulais être à la hauteur.

Emma, sur le canapé, était complètement sonnée, son front chiffonné par

les marques du sommeil ; elle essayait d’émerger. Je me suis agenouillé

près d’elle, lui glissant à l’oreille que je lui avais préparé une tasse de café

et je l’ai approchée de son nez pour qu’elle en sente la bonne odeur. Quand

elle a enfin réussi à ouvrir les yeux, je l’ai mise au courant de ce que je

venais d’apprendre. Ce fut comme une décharge d’adrénaline : soudain, elle

était complètement réveillée.

 

7 h 00 : Ex-CAPITAINE TALBOT

Talbot, un ex-capitaine, était celui qui m’avait donné le tuyau. Il était

officiellement retraité mais, de temps à autre, pour certaines affaires, il

intervenait en tant que civil quand nous en avions besoin. Nous aimions

collaborer avec lui. C’était un fin limier. Il avait fouillé dans le passé des

personnes les plus proches de Ben et était tombé sur cette information

concernant Nicola Forbes. Je voulais plus de détails. Et je voulais qu’il me

les donne directement pour être certain que j’avais bien compris le sens de

son e-mail.

 

8 h 30 : JOHN FINCH

La dernière personne à qui j’ai parlé avant d’aller chez Rachel Jenner voir

Nicky Forbes a été John Finch. Il a ouvert la porte de sa maison en bas de

pyjama à carreaux et T-shirt froissé. Des lunettes de lecture étaient relevées

sur sa tête. Ses jambes ont semblé se dérober sous lui, et je me suis rendu

compte que j’aurais dû l’appeler pour le prévenir de ma visite.

— Je suis désolé, ai-je dit. Je n’ai rien de nouveau concernant Ben mais,

si vous le permettez, je voudrais vous parler de Nicola Forbes.

Il s’est tout de suite repris, de façon spectaculaire. Cet homme avait des

nerfs d’acier. Au moment où sa femme arrivait en bas de l’escalier dans

l’entrée, en s’enveloppant d’un peignoir blanc, il avait ouvert grand la porte

pour m’inviter aimablement à entrer.

 

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