Opération Scorpion

Maria Mourani · Chapitre 12 sur 26

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Opération Scorpion

Les répliques

Le 19 octobre 2004, presque un an plus tard, nous recevons une réponse

officielle par lettre de Jean Lortie, substitut en chef du procureur général. Selon son analyse, après le visionnement des cassettes, Lortie en vient à la conclusion qu’il n’y a pas matière à poursuivre, car les accusations proviennent d’une seule source et n’ont pu être corroborées. De plus, les faits relatés remontent à plusieurs années et la législation de l’époque obligeait de poursuivre, même pour le proxénétisme, au plus tard dans l’année suivant le délit. Autrement dit, nous ne pouvions utiliser le témoignage de Kathy dans le cadre de notre enquête.

 

LES RÉPLIQUES

 

Dès le 15 janvier 2003, au retour des congés de Noël et du jour de l’An, notre équipe s’agrandit de nouveau avec l’ajout de personnel pour les témoins et les victimes. Il faut aussi gérer les remous de la médiatisation, qui a provoqué l’apparition de 40 nouvelles victimes qui se sont manifestées d’elles-mêmes, ainsi que la préparation des line-up photos et de la divulgation de la preuve pour la défense. L’équipe est aussi réinstallée dans les locaux du poste de police de Charlesbourg, pour assurer la confidentialité de l’enquête.

De janvier à la fin avril, notre travail consiste essentiellement à

recueillir et à corroborer les preuves pour une deuxième razzia. À partir de mars 2003, 47 victimes seront rencontrées, ainsi que 34 témoins. On aura à traiter environ 267 rapports d’informations. Les patrouilleurs feront 104 interceptions de sujets d’intérêt qui nécessiteront d’être analysées et 22 sources seront également rencontrées. À la fin d’avril 2003, on aura 61 déclarations vidéo K.G.B. de victimes au total. Nous fermerons d’ailleurs nos livres avec ce nombre. En outre, on cumulera 556 rapports d’informations policières et 251 interceptions au total. On sera en quelque sorte victimes de notre succès. Sylvain viendra d’ailleurs me voir en février avec un autre dossier de prostitution concernant un individu nommé Denis Morissette. Il me demandera de vérifier s’il peut être relié à notre dossier et nous apporter plus de matériel sur nos suspects.

Denis Morissette avait été mis en prison une première fois en juillet

2002, puis remis en liberté, et de nouveau arrêté le 20 décembre de la même année par l’enquêteuse Hélène Turgeon pour des accusations de possession de matériel de pornographie juvénile et d’incitation à des contacts sexuels avec une adolescente. Il était alors en détention préventive à la prison

d’Orsainville66. Nous possédions contre lui des preuves d’attouchements sexuels sur des jeunes filles et de pornographie juvénile. Sous l’étiquette Les productions AZUR, il se présentait comme un photographe pour des compagnies de lingerie féminine. Ses séances photos se déroulaient dans des motels pour le compte d’un producteur d’artistes. Les filles finissaient toujours par être obligées de se dénuder complètement. Nous avons vite compris que le producteur d’artistes recrutait les jeunes filles et les refilait à son «photographe officiel», Morissette. Enfin, c’est la version que celui-ci fournira au moment de son arrestation.

Lorsque je vais l’interroger avec ma collègue, Hélène Turgeon, le 17

février 2003, il est encore à la prison d’Orsainville. Notre objectif est alors de vérifier si ses activités antérieures peuvent être reliées à notre enquête. Nous voulons comprendre ses techniques de recrutement et souhaitons qu’il devienne un informateur. Morissette se montre bien volubile et nous donne un tas d’informations. Il raconte avoir rencontré le producteur d’artistes dans un hôtel lors d’une soirée de mode du style Miss Canada bikini, en

décembre 2000. Il était alors en poste à Ottawa à la JTF 267. C’est la seule fois où il le rencontre en personne. D’ailleurs, ce n’est qu’en juin 2002 que Morissette découvre sa véritable identité. La suite de leurs échanges se fait par Internet dans des chat rooms du style MIRC. Progressivement, ce producteur lui accorde des contrats de photos, au cours desquels il doit prendre des jeunes filles nues. Les fichiers informatiques contenant les photos sont déposés dans une cabine téléphonique ou laissés dans la chambre du motel afin d’éviter les échanges directs. Les paiements se font en argent de la même manière, sans aucun contact. Il mentionne ne pas être le seul à faire ce genre de photos dans l’armée. Il donne le nom de certains de ses collègues militaires, et même de quelques officiers. Ces gars utilisaient le matériel de l’armée, appareils photos et caméras, pour prendre des photos de jeunes filles et garçons nus. Vous vous doutez bien que ces informations ont été directement transmises à la police militaire.

Les rencontres avec les filles se faisaient dans des motels. Celles-ci ne

s’attendaient pas à ce genre de photos. Elles pensaient faire du casting pour des vêtements de mode, un point de départ peut-être vers des contrats avec Nike, Reebok, des entreprises sérieuses. Morissette avait même dans sa valise de faux contrats de grandes agences de mannequins. Il les amenait à se déshabiller progressivement, puis il s’est mis à être excité par ses propres photos, au point de commencer à faire des attouchements. Le recrutement avait lieu notamment sur Internet, où il opérait sur plusieurs sites: Do you like Good! Les productions AZUR, des sites de clavardage, dont MIRC, et sur Sympatico. Tout cela pour le compte de ce producteur, selon ses dires.

Durant près de quatre mois, nous allons accumuler des infos avec

essentiellement deux objectifs: renforcer la preuve que nous avons envers certains individus déjà arrêtés, dont certains sont détenus et d’autres en liberté en attente de procès, et leur porter de nouvelles accusations ainsi que débusquer de nouveaux joueurs. Au bout de cette démarche, une première razzia est menée le 30 avril 2003, concernant uniquement les proxénètes. Plusieurs accusations sont déposées contre 13 d’entre eux, dont celles de proxénétisme, d’agression sexuelle, de contact sexuel avec une personne de moins de 14 ans et de moins de 18 ans, d’extorsion, de fraude, de criminalité organisée, de menace de mort, de séquestration, de trafic de drogue, de voie de fait, de vivre des produits de la prostitution d’une personne de moins de 18 ans, de vol et de recel. Lovinsky, Pierrin, David Moïse et Estelle seront également accusés de gangstérisme. Lovinsky, Pierrin, Fandal et Pierre-De Bellefeuille sont en détention lorsqu’ils reçoivent ces nouvelles accusations. Clément Karera (vol qualifié) et Jocelyn Philogène Mior (vol, fraude et trafic de stupéfiants) recevront leur mandat d’arrestation respectivement au Centre de détention de Québec et au pénitencier de Cowansville, où ils sont déjà incarcérés pour d’autres délits. David Moïse et Kandula sont en cavale. Les autres, à savoir Nadine Gingras, Estelle, Gariépy, Jean-Claude Karera et Kayishema, seront arrêtés cette journée-là. Les domiciles de Gariépy et de Kayishema seront également perquisitionnés et nous pourrons enfin procéder à l’interrogatoire de Kayishema. Il ne nous dira rien, mais on verra la panique dans ses yeux lorsqu’on lui fera entendre un bout d’écoute électronique captée alors que Clément Karera l’a appelé de la prison à la suite d’un vol qualifié et de l’ajout de nos accusations. «Roger, Roger, tu ne peux pas faire entendre cette discussion en cour. Tu es un bon gars. Ne fais pas ça!» En fait, dans cette conversation en rwandais, Karera rapporte les ragots de la prison, dont certains détails croustillants sur les activités sexuelles de Mom Boucher en détention. Kayishema me supplie presque de ne pas faire jouer cette conversation. Ce qui se passe en prison reste en prison… Lorsque j’essaie de le pousser à se mettre à table, il me dira: «Fais ta preuve et je ferai mon temps!» Kayishema, en bon criminel de carrière, connaissait bien le jeu.

Finalement, on complétera cette razzia avec l’émission de 10 mandats

de paix 810 sur des personnes dont on avait seulement assez de preuves pour démontrer qu’elles harcelaient et intimidaient les victimes, afin qu’elles ne collaborent plus avec la police ou reviennent sur leur déclaration devant les tribunaux. Les personnes visées sont alors Érick Pierrin, le père de Jean Pierrin, Angelina Castelly, sa mère, Vladimir Moïse, Christian Ruyange, Edgyr Ernest Audate, Valcin Guempson, Steve Berlusse (alias Papouche), Rachid Oubarech, la sœur de Nadine Gingras, Marlène, et Christian Dionne, alias Die-On, un trafiquant de drogue et membre des

collectifs de rappeurs Facekché et 187 68. Vladimir Moïse et Marlène Gingras contesteront leur mandat de paix et auront gain de cause auprès du juge Hubert Couture. Celui-ci considère que «les craintes exprimées par les jeunes filles à l’égard des membres des groupes sont fondées. En effet, il est compréhensible que le contexte les porte à craindre que des proxénètes ou des personnes de leur entourage entrent de nouveau en contact avec elles. La preuve est d’ailleurs à l’effet que des jeunes filles sont toujours victimes d’intimidation ou de menaces de la part de personnes non identifiées. Cependant, le cadre juridique de l’engagement demandé requiert davantage qu’une telle crainte. Elle doit, en plus de provenir d’un auteur précisément identifié, reposer sur un fondement factuel et des faits concrets, démontrant qu’il est nécessaire d’empêcher que son auteur cause des lésions personnelles». Toutefois, en ce qui concerne Marlène Gingras et Vladimir Moïse, «[la] preuve ne révèle pas que les craintes des personnes pour qui la dénonciation a été déposée sont […] fondées sur des motifs

raisonnables 69».

Vladimir Moïse ira même jusqu’à poursuivre le SPVQ au civil, sans

succès. Il réclame alors la somme de «99 999,99$ en dommages-intérêts pour le bris de sa réputation, la perte de revenus et inconvénients à la Ville

de Québec et au Procureur général du Québec 70» ainsi que des excuses de ma part et de celle de Michel Green, le procureur qui a demandé l’émission de son mandat d’arrestation. Il veut également une déclaration du ministre de la Justice selon laquelle il a été arrêté et incarcéré injustement «alors

qu’il n’avait rien à voir avec la prostitution juvénile71» et que nous avons dans les faits été de mauvaise foi à son endroit. Le juge Ross Goodwin va rejeter toutes ses demandes.

Enfin, le 14 mai 2003, on s’offre une dernière tournée avant de boucler

la partie enquête de Scorpion. Karmouche fera partie de cette collecte. Grâce à la filature, à l’écoute électronique interceptée sur la ligne de Radwanli et aux déclarations des sœurs A et de Florence, on procède à l’arrestation de cet octogénaire. Toutefois, la perquisition de sa demeure avait déjà été faite le 28 mars 2003. On avait saisi deux caisses de milliers de photos de jeunes filles nues et dans des positions suggestives. Des photos de Polaroid et des paquets de 3 mm. Une collection de plusieurs années. Sentant la soupe chaude, le 8 février 2003, Karmouche fait signer des déclarations aux sœurs A et à Zara le disculpant. Elles affirment n’avoir jamais reçu d’argent en échange de services sexuels. Cela n’a rien changé à sa situation. Une autre déclaration, celle de Rose, prise en février 2003, va renforcer notre preuve et justifier le mandat de perquisition.

Lors de son interrogatoire, Karmouche est arrogant et sûr de lui. Il se dit

intouchable et déclare connaître des cadres dans la police. Il mentionne produire et collectionner ces photos depuis plusieurs années. Il raconte même avoir été arrêté dans les années 1980 pour des actes similaires. Karmouche sera accusé de sollicitation de services sexuels de mineures dans le dossier de Gabrielle, bien qu’il ait aussi tenté sa chance sur Evelyne. Même s’il ne se gênait pas pour recruter les filles lui-même, son ami Georges Tannous lui en fournissait aussi. Karmouche avait plusieurs connaissances dans le milieu politique. Il le dira lui-même lors de son témoignage à la cour. En plus de Karmouche, on procède à l’arrestation de Jean-François Guay, Yves Doyon, Réjean Jobin, Charles Nourcy et François Houle, vice-président du cabinet de relations publiques National et

président du Festival d’été de Québec72. Le SPVM s’occupe de Manuel Mansour, puisqu’il réside à Montréal. On ajoute également de nouvelles accusations de sollicitation de services sexuels de mineures à certains individus que nous avions arrêtés en décembre, en l’occurrence Ahmad Cheraim, Jacques Racine, Salim Choueiri et Abdul Kharamandeh, aussi accusé de trafic de stupéfiants. Le 15 mai, le service des communications du SPVQ publie un communiqué pour faire le bilan des opérations et annonce la clôture de Scorpion.

Scorpion a été une enquête qui a marqué le Québec. Elle nous a obligés

à faire les choses différemment. La méthode de l’enquête s’apprend sur le terrain et Scorpion a été une expérience incroyable, riche en enseignements sur les plans tant professionnel et personnel qu’humain. On a beau en apprendre à l’école, rien ne vaut l’expérience. Un mélange des deux plus un petit quelque chose, une touche personnelle qu’on appelle l’instinct. La plupart des policiers sont insécures. Ils veulent des recettes, des profils, des facteurs de risque, des critères. C’est compréhensible, surtout pour les nouveaux policiers. Reste que la touche personnelle est très importante. Le ressenti, mais aussi l’autocritique. Apprendre à connaître ses forces et ses limites. Mieux se comprendre pour mieux comprendre les autres. Le pire, c’est d’avoir des profils plein la tête et de vouloir à tout prix mettre les victimes dans des petites cases. Conséquemment, ils ne sont pas à l’écoute et encore moins empathiques.

Au cégep où j’enseigne, lorsque je donne mon cours de Communication

spécialisée, du programme de Techniques policières, la première chose que je dis aux jeunes policiers, c’est: «Ton meilleur outil de travail, c’est ce que tu as entre les deux oreilles.» Mon objectif est de les faire sortir de leur zone de confort et de leur apprendre à découvrir, outre l’image du policier, davantage l’humain en eux. Un bon enquêteur est d’abord quelqu’un qui est capable de regarder son humanité en face et de savoir l’utiliser pour bonifier, voire amplifier son professionnalisme et sa rigueur. Le plus cocasse, c’est que cela m’a été reproché par certains avocats de la défense lors des procès.

Cependant, lorsque la saga judiciaire débute, je suis tout de même

confiant. La game sera potentiellement difficile, mais on a tellement de preuves que je n’ose croire que ces proxénètes et ces prostitueurs réussiront à s’en sortir. Je vais vite déchanter.

Les mois passés dans les tribunaux, tant à Québec qu’à Montréal, seront

les pires de toute ma carrière. Les attaques personnelles et contre la police fuseront de partout. Je serai même poursuivi personnellement au civil. Je me ferai traiter de tous les noms. Je deviendrai celui qui a mal fait son travail, l’émotif qui a mis des mots dans la bouche des jeunes filles. Juste le fait d’y penser m’indigne encore aujourd’hui. Sur le coup, j’ai encaissé sans dire un mot. Ça a remis en question beaucoup de choses dans ma vie. J’avais parfois l’impression de me battre tout seul contre une machine puissante. J’avais du mal à comprendre la stratégie de certains procureurs durant les poursuites judiciaires. Je passais mon temps à argumenter avec eux. Je me sentais constamment déchiré et en colère à la vue de ces avocats de la défense dont l’objectif, me semblait-il, était de discréditer le témoignage des victimes. Mais au bout du compte, je suis fier des résultats obtenus par l’opération Scorpion. De nombreux proxénètes et prostituteurs ont été arrêtés et surtout, surtout, des dizaines de jeunes filles ont pu s’extraire de ce milieu. De façon temporaire pour certaines…

 

40. Un témoin des actes est une personne qui n’est pas forcément impliquée dans le crime et qui

accepte de témoigner à la cour.

41. Traduction libre.

42. Un mandat d’amener est utilisé pour faire comparaître une personne déjà détenue devant un

juge, selon l’article 527 (1) du Code criminel. Il est très peu utilisé pour une victime, à moins que celle-ci soit incarcérée pour d’autres motifs. Habituellement, une victime reçoit un subpœna l’obligeant à venir témoigner à la cour. Si la personne ne se présente pas, le juge peut émettre un mandat d’arrestation. Toutefois, en ce qui concerne les mineurs, les articles 32 à 35 de la Loi sur la protection de la jeunesse autorisent un agent de la paix (policier) à rechercher et à amener devant le directeur de la protection de la jeunesse un enfant, dont il existe des motifs raisonnables de croire que sa sécurité et son développement sont compromis.

43. «Alea jacta est» est une citation latine attribuée à Jules César. Elle signifie «Les dés sont jetés»

ou «Le sort en est jeté». Elle fait référence à une situation où une personne ne peut plus reculer ou faire marche arrière.

44. Anthony Torbey a été arrêté par erreur.

45. Cour supérieure, 21 avril 2009, no de cause: 200-17-004374-047, p. 16.

46. Ibid., p. 17.

47. Ibid., p. 26.

48. Ibid., p. 22.

49. Ibid., p. 18.

50. Ibid., p. 33.

51. Ibid., p. 19.

52. Ibid., p. 20.

53. La Presse Canadienne, 12 septembre 2003.

54. Le Soleil, 13 septembre 2003.

55. Le Soleil, 16 et 17 septembre 2003.

56. Le Soleil, 16 septembre 2003.

57. Le Journal de Québec, 5 janvier 2016.

58. Le Soleil, 4 novembre 2003; Le Journal de Québec, 17 novembre 2003.

59. Index du Journal des débats, 37e législature, 1re session (4 juin 2003 – 10 mars 2006),

DUMONT, Mario – Rivière-du-Loup, Prostitution juvénile – Enquête – Pétition – 2098 (d.d.), Dépôt de documents Fascicule n°35, 3 décembre 2003, page 2098.

60. Le Journal de Québec, 29 novembre 2003.

61. Index du Journal des débats, 37e législature, 1re session (4 juin 2003 – 10 mars 2006),

DUMONT, Mario – Rivière-du-Loup, Prostitution juvénile – Enquête – Pétition – 2098 (d.d.), Dépôt de documents Fascicule n°35, 3 décembre 2003, page 2098.

62. Le Soleil, 3 octobre 2003.

63. Le Soleil, 25 mars 2004.

64. Le Soleil, 26 septembre 2003.

65. Ibid.

66. La prison d’Orsainville est un autre nom utilisé pour parler du Centre de détention de Québec,

une prison provinciale uniquement constituée de détenus ayant des sentences de deux ans moins un jour ou en attente de procès.

67. La Deuxième Force opérationnelle interarmées des Forces canadiennes.

68. Le 187 est identifié également comme un gang émergent.

69. Cour du Québec, R. C. Gingras, no 200-01-080302-031.

70. Cour supérieure, C. Moïse Québec (Ville de), no 200-17-003853-033.

71. Ibid.

72. François Houle démissionne de ses fonctions de président du Festival d’été de Québec après

son arrestation (Radio-Canada, 15 mai 2003).

 

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