Personnages secondaires
Sarah
Le visage de Francis était tellement rouge qu’il m’a semblé y distinguer des reflets pourpres. En postillonnant généreusement à quelques pouces de mon visage, il a crié qu’il n’aurait jamais pensé que je serais aussi lâche. Que je l’abandonnerais comme toutes les autres, que je choisirais de me ranger du côté d’une « bande de petites connes de vingt-deux ans qui mènent une vendetta » contre lui. Je n’ai pas été capable de me retenir de partir à rire dans sa face. Il faut quand même qu’il ait du front tout le tour de la tête pour tenter de se faire passer pour une victime.
Il y a deux mois, à la suite de la publication de la lettre de Jade Saint-Pierre, j’ai fini par accepter de revenir au bureau après un gros trois jours à faire semblant qu’ALT n’existait pas et à ignorer les dizaines de textos désespérés de Francis, enfermée dans ma chambre d’ado. C’est sa femme, Gaëlle, qui a fini par m’appeler pour me convaincre de lui donner une chance. Même si je n’ai pas compris pourquoi elle n’avait pas quitté son crétin d’époux sur-le-champ en apprenant la vérité (elle finirait par le faire cinq semaines plus tard), j’ai cédé à ses supplications et je suis revenue m’asseoir sagement à ma place dans le grand loft humide, désormais pratiquement vide.
Presque tout le monde a démissionné le jour où nous avons reçu la lettre (enfin, démissionné, c’est vite dit ; ils sont plutôt tous partis sans demander leur reste après avoir saccagé le bureau, selon ce que j’ai compris). À part moi, il reste seulement le moins doué de nos graphistes, la comptable, la fille des ventes et quelques autres mercenaires imperméables à l’abject parfum de scandale qui s’accroche à ALT depuis deux mois et ne semble pas près de se dissiper. Inutile de dire que l’ambiance a déjà été meilleure.
Depuis le grand exode, j’ai passé l’essentiel de mon temps à essuyer stoïquement la merde qui s’accumulait sur nos réseaux sociaux, en plus de m’évertuer à produire du contenu pour trois, parce que plus un seul pigiste à Montréal n’avait la moindre envie de travailler pour ALT. La compagnie était devenue vénéneuse. De toute façon, avec l’effondrement des revenus publicitaires de l’entreprise, je ne suis pas certaine qu’on aurait pu payer des rédacteurs. Tous les jeudis matin, je regardais mon compte de banque avec scepticisme, convaincue que mon salaire de la dernière semaine n’y aurait pas été versé. Les deux mois les plus longs de ma vie. Puis, sans raison particulière et même si ma paye avait continué de me parvenir avec une régularité étonnante, j’ai décidé que mon vase était plein. Il se trouve que même mon fort penchant pour l’apathie a ses limites.
Ce matin, je suis rentrée travailler comme d’habitude. Un peu avant midi, alors que je venais tout juste de mettre le point final à un article insipide présentant dix destinations vacances inusitées, j’ai spontanément sorti un sac réutilisable de mon sac à dos. J’y ai rangé les quelques objets décoratifs et usuels que j’avais amassés pendant mes dix années au service d’ALT. Je me suis levée et je suis allée cogner à la porte du bureau de Francis. Je suis restée debout dans l’embrasure en attendant qu’il termine son appel téléphonique avec une des rares personnes au monde qui ait encore envie de lui parler (sûrement un créancier ou un avocat).
Quand il a raccroché, il avait l’air encore plus déprimé que d’habitude et je me suis sentie un peu mal d’en rajouter, mais quand même pas tant. Sans le regarder dans les yeux, je lui ai signifié que je partais. Au début, il n’a pas eu l’air de comprendre ce que je voulais dire. Il a regardé sa montre et m’a souhaité une bonne journée, avec un point d’interrogation dans la voix. J’ai eu besoin de préciser que je partais pour de bon, que je quittais mon emploi chez ALT. Et c’est là qu’il s’est levé d’un bond et s’est mis à déverser son fiel à moins de cinq centimètres de ma face, se positionnant sans le moindre scrupule en martyr de l’opinion publique.
Je dois admettre que c’était hilarant de le voir patauger dans son argumentaire pathétique. Ben oui, mon pauvre Francis, évidemment qu’on te persécute. Toi, tu n’as rien à te reprocher, avec ton arrogance d’homme blanc privilégié que la vie n’a jamais flatté autrement que dans le sens du poil. Crie-moi après si ça te fait du bien. Gâte-toi. Fais-toi plaisir. Je suis consciente qu’il ne te reste plus grand-chose maintenant que ta femme est partie avec tes trois enfants, que ta compagnie est à un poil de la faillite et que même ton nom est devenu toxique.
Heureusement, depuis le temps que je m’entraîne à recevoir des flots de haine par la tête en tant que gestionnaire de communauté d’ALT, j’ai encaissé ses insultes et son chantage de bas étage avec stoïcisme. Certes, c’est un peu plus irritant en personne que sur Facebook, mais quand on a la couenne épaisse, ça s’endure. Au bout d’une dizaine de minutes à me crier des bêtises sans que je ressente le besoin de répliquer autrement qu’en pensée, Francis est arrivé à court de mots. Je lui ai demandé s’il avait terminé. Il n’a pas répondu. J’ai refermé la porte doucement en sortant de son bureau et je suis partie sans saluer personne. Il faut dire qu’il ne restait pas grand monde à qui dire au revoir.
Dans l’ascenseur, alors que la navette chambranlante descendait vers le rez-de-chaussée, m’éloignant de plus en plus du loft industriel mal isolé où j’ai gaspillé mes maigres talents pendant si longtemps, j’ai senti une euphorie mêlée d’angoisse m’envahir. Même si je doute que quiconque me perçoive comme une personne prudente en général, c’est la première fois depuis plusieurs années que je prends une décision si lourde de conséquences. Que je décide de changer l’orientation du cours de ma vie. Une fois sur le trottoir, j’ai sorti mon cellulaire pour appeler Alexis. Il a répondu avant la fin de la première sonnerie, pensant probablement que j’allais lui annoncer la mort de nos parents ou quelque chose du genre. En général, on se texte (comme des gens civilisés), mais cette fois, j’avais besoin d’entendre la voix de mon grand frère.
Une fois qu’il a compris que je n’étais pas en train de l’informer d’une tragédie familiale, Alexis m’a félicitée pour ma décision. Il a dit qu’il était fier de moi. Évidemment, tout ça a déclenché en moi la vague d’émotions que je refoulais jusqu’alors. Je me suis mise à pleurer comme un bébé. Tout en zigzaguant sur le trottoir du boulevard Saint-Laurent parmi les concepteurs de jeux vidéo en quête de sandwichs véganes, j’ai demandé à mon frère, entre deux hoquets : « Mais qu’est-ce que je vais devenir, maintenant ? » De but en blanc, il m’a répondu : « Je viens te chercher dans une heure chez toi. On s’en va en camping. C’est non négociable. » J’ai vaguement essayé de protester, mais Alexis avait déjà raccroché. Ça m’a tellement prise par surprise que j’en ai oublié de continuer à pleurer.
Alexis étant aussi ponctuel que moi (c’est-à-dire pas le moins du monde), il s’est pointé à mon appartement deux heures et demie plus tard. Ça m’a laissé le temps de préparer un semblant de sac à dos. Ça fait des années que je n’ai pas fait de camping, alors je compte sur mon frère pour se munir des essentiels qui nous permettront de mener à bien ce projet farfelu. Cela dit, j’ai quand même eu la présence d’esprit de ramasser un maillot de bain, du chasse-moustiques, un ouvre-bouteille et une petite laine pour les soirées fraîches.
Nous voilà donc en route vers la Mauricie, où l’un des amis d’Alexis vient tout juste d’acheter une terre sur laquelle on pourra apparemment planter notre tente. Une terre. Ça me fait quand même halluciner de penser qu’on est rendus au stade de notre vie où on a des amis qui achètent des terres.
En chemin, on s’arrête dans un IGA même pas Extra, qui me fait regretter de ne pas avoir insisté pour faire nos courses au Marché Jean-Talon avant de quitter Montréal. Alexis se moque gentiment de mon dédain évident envers les étalages de viandes pas bio du tout, suremballées dans leur attirail de styrofoam et de Saran Wrap. Je décide de le laisser prendre le contrôle du panier d’épicerie, même si ça signifie qu’on risque de manger des hot-dogs à chaque repas. Moi, tant qu’on a une quantité suffisante de café et de bière, le reste m’importe au fond assez peu. De retour à la voiture, nous déversons pêle-mêle les provisions dans la glacière.
Le terrain qui appartient à l’ami d’Alexis est situé très précisément au beau milieu de nulle part. Nous y parvenons après avoir serpenté pendant une heure à une vitesse déraisonnable sur des routes de campagne mal entretenues. À un moment, nous empruntons un petit chemin de terre battue où nous roulons pendant encore quelques centaines de mètres, jusqu’à ce que mon frère immobilise le véhicule à un endroit qui me semble tout à fait aléatoire et déclare, en désignant la forêt dense d’un mouvement de tête : « C’est ici. Le spot de camping est à dix minutes de marche, à peu près. » Plissant les yeux, je regarde dans la direction qu’il me pointe et ne détecte ni sentier ni la moindre preuve qu’un humain a déjà mis le pied dans cette forêt. J’espère qu’il sait où il nous amène, parce que je n’ai pas tellement envie qu’on finisse comme Hansel et Gretel.
Mon frère attrape presque tout le matériel et les provisions, me laissant à peine deux petits sacs à trimballer jusqu’au site où nous allons planter notre tente. Je le suis entre les arbres, maudissant les racines sur lesquelles je manque de me fouler la cheville tous les trois pas avec mes Birkenstock. Notre marche dure exactement dix-huit minutes, pendant lesquelles j’ai le temps de demander six fois à Alexis s’il est sûr qu’il sait où il s’en va. Chaque fois, il émet un grognement difficile à interpréter, ce qui ne me rassure pas.
Toujours est-il que nous finissons par atteindre un espace dégagé où quelqu’un a installé une table de pique-nique et un foyer rudimentaire. Nous déposons nos affaires sur la table et nous assoyons quelques minutes sur le banc, le temps de reprendre notre souffle après cette épique randonnée dans les bois. Le silence des lieux n’est troublé que par les pépiements occasionnels des oiseaux installés à la cime des arbres. Je sens soudain un calme profond m’envahir.
Au bout d’un moment, Alexis décide qu’il est temps de monter la tente. Je l’aide du mieux que je peux, tout en étant consciente d’être totalement inutile. Même si nous faisions du camping tous les étés avec nos parents quand nous étions enfants, je n’ai jamais assimilé la moindre information utile qui me permettrait de me débrouiller seule.
Contrairement à moi, Alexis semble parfaitement compétent dans les circonstances (je prends note de le recruter dans mon équipe en vue de l’Apocalypse). Après avoir monté la tente, il réussit même à allumer un feu en plus ou moins trente secondes. Nous nous débouchons chacun une bière et faisons cuire des saucisses sur des bâtons tout en grignotant des bébés carottes et des chips au ketchup. J’imagine que ce sera le souper.
Même au beau milieu du bois, je continue de regarder mon cellulaire toutes les cinq minutes, un réflexe vain considérant que le réseau nous a abandonnés au moins une demi-heure avant notre arrivée. Chaque fois que je baisse le regard vers l’appareil, Alexis roule des yeux et me dit de profiter un peu du moment plutôt que de toujours chercher à être ailleurs.
Bien que la perspective d’être déconnectée me chicote toujours un peu, je présume que c’est une bonne chose en ce moment précis. Sur la route, j’ai reçu une série de textos acrimonieux de la part de Francis. Même si je suis parfaitement capable de l’ignorer, je ne suis pas mécontente de la perspective d’être hors d’atteinte pour quelques jours. Ce sevrage numérique m’éloignera aussi du grand cirque des médias sociaux, qui me lassent de plus en plus avec leurs beaux sentiments en toc et leurs débats vides.
Après que Jade a dénoncé Francis en avril, plusieurs autres femmes lui ont emboîté le pas, dénonçant leurs agresseurs sur toutes les plateformes. Je les ai trouvées d’autant plus braves que jamais je n’aurais eu la force de les imiter, moi qui n’avais même pas été capable de regarder un petit minable en survêtement comme Xavier Marcil dans les yeux pour lui dire ma façon de penser quand j’en avais eu l’occasion. Pendant quelques jours, le Web entier a vibré au rythme de ces dénonciations. Compulsivement, je retournais sans cesse sur les pages qui compilaient l’information, je lisais et relisais les messages des survivantes, je cherchais les noms des hommes dénoncés sur Google, afin d’associer leurs visages ordinaires à leurs crimes encore plus ordinaires.
Au bout de quelques semaines, peut-être deux ou trois, le mouvement a semblé s’essouffler. Certaines dénonciations ont été mises en doute et il y a même eu des menaces de poursuites. Tout cela a refroidi les survivantes et leurs nombreuses alliées. Aujourd’hui, deux mois plus tard, on pourrait avoir l’impression que rien de tout ça ne s’est jamais passé. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, parce que je doute fort que Francis se relèvera un jour de cette débarque monumentale. Mais l’Internet avec un grand I semble être passé à autre chose.
Plusieurs médias ont établi un lien entre la série de dénonciations et les femmes disparues. Comme si le spectre de cette violence mystérieuse et brutale, qui semblait désormais peser sur toutes les femmes de la ville, avait contribué à jeter un éclairage nouveau sur les agressions « ordinaires » que nous étions si nombreuses à avoir subies. J’avoue que j’ai trouvé ça un peu tiré par les cheveux comme théorie.
Je commence à me faire à l’idée que nous ne saurons sans doute jamais ce qui est arrivé à Chrystelle. Petit à petit, son image s’efface des fils d’actualités et des bulletins de nouvelles. Je ne rêve plus d’elle aussi souvent qu’avant et je crains de plus en plus qu’elle finisse par disparaître complètement de ma mémoire. Je commence à comprendre pourquoi Amaryllis est si attachée à toutes ces vieilles photos.
D’une certaine façon, Chrystelle a déjà cessé d’exister en tant qu’individu ; elle appartient désormais à une série de femmes interchangeables, des poupées de papier et de pixels aux visages perpétuellement souriants. Ces sourires m’irritent au plus haut point. Il me semble qu’elles n’ont aucune raison de sourire, les disparues. J’aurais préféré qu’on choisisse de publier des photos d’elles avec des airs bêtes, des grimaces ou encore mieux, le majeur levé bien haut, pour envoyer un gros « fuck you » à l’Univers entier.
Assise par terre près du feu, je partage ces réflexions avec Alexis, qui m’écoute avec attention, comme l’intervenant psychosocial qu’il est. Le soleil est couché depuis belle lurette et notre feu est réduit à l’état de braises lorsque mon frère fait une intervention qui me prend de court : « Tu devrais partir d’ici pour un petit bout, Sarah. »
Je le regarde avec des points d’interrogation dans les yeux, pas certaine de comprendre. « Partir où ? », je demande. « En voyage, je sais pas trop. Genre en Allemagne ou au Laos. Ou sur la Côte-Nord. Où tu veux, c’est pas les choix qui manquent. Me semble que ça te ferait du bien de changer d’air, un peu. Ça fait combien de temps que t’es pas sortie de Montréal ? » Je désigne la forêt qui nous entoure : « On est pas à Montréal, ici, il me semble, Alex. Pis je vais chez les parents presque tous les mois. » Mon frère lève les yeux au ciel : « Sérieux, Sarah, ça compte pas, ça. Fais pas l’épaisse, tu sais très bien ce que je veux dire. »
Pendant quelques instants, je garde le silence, réfléchissant à la proposition. C’est vrai que ça pourrait être une option, partir en voyage. Après tout, Alexis a raison, ça fait des années que je ne suis presque pas sortie de Montréal, à l’exception d’une brève virée à New York et de quelques week-ends dans des chalets avec des amis.
J’ai toujours secrètement envié ces gens qui semblent partir en voyage à tout bout de champ, ceux qui inondent mon fil Instagram de paysages exotiques, de monuments historiques et d’aliments étranges. Francis ne laissant personne prendre plus de deux semaines de vacances d’affilée, je n’ai jamais eu l’impression que c’était à ma portée. Mais Francis n’a désormais plus la moindre influence sur mon existence.
Je ne crois pas que j’aurais envie de voyager toute seule, par contre. Comme s’il lisait dans mes pensées, mon frère demande : « Pourquoi tu partirais pas avec Amaryllis ? » Je pars à rire en entendant sa suggestion, avant de répondre que je ne sais pas si je serais capable de la tolérer pendant plus que deux jours. Il me suggère d’y réfléchir, au moins. Il est convaincu que ce n’est pas la pire des idées. Je hausse les épaules en étouffant un bâillement et je décrète qu’il est temps d’aller dormir.
Je craignais de ne pas être capable de trouver le sommeil à cause de l’inconfort de la tente, mais surtout en raison du silence inhabituel. Comme lorsque nous étions enfants et que je craignais que des monstres sortent de la forêt pour me dévorer pendant la nuit, j’interdis formellement à Alexis de s’endormir avant moi. La promesse solennelle qu’il me fait n’est pas trop difficile à tenir : je sombre dans le sommeil au moment où ma tête se pose sur l’oreiller. Après tout, je sais bien que les monstres qui errent dans les bois sont à la fois moins réels et moins dangereux que ceux que je risque de croiser à côté de chez moi. Pendant la nuit, je ne rêve de rien.
Le lendemain, nous allons marcher dans les bois jusqu’à un ruisseau où je me baigne un peu, pendant qu’Alexis lit un livre, assis près de l’eau. Nous passons ensuite le reste de la journée à boire de la bière en jouant aux cartes et en brainstormant au sujet de mon avenir. Le soir venu, je dors à nouveau comme une roche. Je suis un peu triste lorsque vient le moment de retourner en ville, mais j’ai quand même envie de prendre une douche. Nous démontons la tente et retournons vers la voiture, les bras considérablement moins chargés que lors de notre arrivée, il y a deux jours.
J’ai l’impression qu’Alexis conduit de façon beaucoup plus adéquate que d’habitude, comme si le calme de la forêt avait eu une influence positive sur son comportement. Lorsqu’on commence à se rapprocher de la civilisation, mon frère suggère que nous arrêtions quelque part pour acheter des cafés. Ça m’apparaît une excellente idée. J’allume mon cellulaire, que je n’ai même pas regardé depuis près de trente-six heures.
L’appareil met quelques instants à se connecter au réseau. Avant même que j’aie pu ouvrir Google Maps pour localiser le Tim Hortons le plus près, je suis assaillie par des dizaines de notifications, qui se succèdent à un rythme effarant sur mon écran. Des textos, des appels manqués, des messages vocaux, des notifications Facebook. Je n’ai pas la moindre idée de ce qui se passe.
Je demande à Alexis de se stationner au bord de la route, le temps de comprendre pourquoi la planète entière veut soudainement me rejoindre. Il obtempère sans poser de questions. D’un doigt mal assuré, je déverrouille l’appareil. J’ouvre l’application de messagerie en retenant mon souffle. Et c’est là que je saisis ce dont il est question. Au sommet de la liste de messages non lus, un texto d’Amaryllis daté d’hier soir dit tout ce qu’il y a à dire : « C’est fini, Sarah. Ils l’ont retrouvée. S’il te plaît, appelle-moi. »
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