Sanctuaires chrétiens d'Occident

André Vauchez · Chapitre 52 sur 84

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Sanctuaires chrétiens d'Occident

Selon leurs fonctions

comme l’ont bien montré Francis Rapp pour l’Alsace, Nicole Lemaître pour

le Rouergue et Pierrette Paravy pour le Dauphiné. Comme l’a fait

remarquer Catherine Vincent, « ces lieux demeurés jusqu’à lors inconnus

sortent de l’ombre à la faveur d’une mention dans une chronique, des

comptes de fabriques ou des registres urbains, ou bien encore dans un

testament dont l’auteur demande à ses héritiers d’accomplir en son nom un

déplacement vers eux{206}. » Cette évolution ne concernait pas seulement

pas seulement les laïcs, comme le montrent les lieux de pèlerinages

fréquentés par les vingt-neuf chanoines de la cathédrale Tournai, en

Belgique. Vers le milieu du e XIV siècle, ceux-ci se rendaient certes dans

quelques sanctuaires français bien connus, mais ils faisaient aussi une large

place dans leurs dévotions à des lieux saints de Flandre ou du Brabant,

souvent dédiés à la Vierge, dont nous ne connaissons guère que les

noms{207}.

 

Selon leurs fonctions

 

Parmi les nombreux sanctuaires que comptait la chrétienté médiévale,

tous n’avaient pas les mêmes fonctions. Les contemporains ne s’y

trompaient pas, qui se rendaient à l’un plutôt qu’à l’autre en toute

connaissance de cause.

 

Les sanctuaires de dévotion

 

Certains sanctuaires majeurs étaient fréquentés par des pèlerins qui

n’étaient pas à la recherche d’une guérison miraculeuse, mais plutôt d’une

expérience humaine et religieuse : au Saint-Sépulcre, où il n’y avait pas de

reliques à voir ou à toucher, on se rendait pour vénérer le Christ mort et

ressuscité. L’important, pour les pèlerins, était de se trouver à l’endroit où

Jésus avait souffert sa Passion pour le salut de l’humanité et d’obtenir

l’absolution de leurs péchés dans l’espoir de ressusciter un jour à sa suite. On peut dire la même chose à propos de Saint-Pierre de Rome, dont la