Sanctuaires chrétiens d'Occident
Selon leurs fonctions
comme l’ont bien montré Francis Rapp pour l’Alsace, Nicole Lemaître pour
le Rouergue et Pierrette Paravy pour le Dauphiné. Comme l’a fait
remarquer Catherine Vincent, « ces lieux demeurés jusqu’à lors inconnus
sortent de l’ombre à la faveur d’une mention dans une chronique, des
comptes de fabriques ou des registres urbains, ou bien encore dans un
testament dont l’auteur demande à ses héritiers d’accomplir en son nom un
déplacement vers eux{206}. » Cette évolution ne concernait pas seulement
pas seulement les laïcs, comme le montrent les lieux de pèlerinages
fréquentés par les vingt-neuf chanoines de la cathédrale Tournai, en
Belgique. Vers le milieu du e XIV siècle, ceux-ci se rendaient certes dans
quelques sanctuaires français bien connus, mais ils faisaient aussi une large
place dans leurs dévotions à des lieux saints de Flandre ou du Brabant,
souvent dédiés à la Vierge, dont nous ne connaissons guère que les
noms{207}.
Selon leurs fonctions
Parmi les nombreux sanctuaires que comptait la chrétienté médiévale,
tous n’avaient pas les mêmes fonctions. Les contemporains ne s’y
trompaient pas, qui se rendaient à l’un plutôt qu’à l’autre en toute
connaissance de cause.
Les sanctuaires de dévotion
Certains sanctuaires majeurs étaient fréquentés par des pèlerins qui
n’étaient pas à la recherche d’une guérison miraculeuse, mais plutôt d’une
expérience humaine et religieuse : au Saint-Sépulcre, où il n’y avait pas de
reliques à voir ou à toucher, on se rendait pour vénérer le Christ mort et
ressuscité. L’important, pour les pèlerins, était de se trouver à l’endroit où
Jésus avait souffert sa Passion pour le salut de l’humanité et d’obtenir
l’absolution de leurs péchés dans l’espoir de ressusciter un jour à sa suite. On peut dire la même chose à propos de Saint-Pierre de Rome, dont la