Secret Crush

Charlie Malone · Chapitre 11 sur 32

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Secret Crush

Chapitre 9

 

Emma

Je sens mon cœur cogner dans ma cage thoracique comme jamais auparavant. Je me suis répété tout le long du chemin que ce n’était qu’un simple restaurant avec un ami pour discuter de tout et de rien. J’ai opté pour une robe à la fois classique et simple bien que mignonne et habillée. Il était hors de question d’en faire trop, surtout en ne sachant pas comment lui voit les choses. Je préfère considérer ce qu’il se passe entre nous à la légère sans me prendre la tête. Zoey m’en a voulu de ne rien lui dire, mais pour le moment je veux garder ces moments secrets et ne pas les partager. C’est un peu égoïste, mais pour une fois j’ai envie de l’être.

Un fois que nous sommes installés à table, je commande une salade avocat-crevettes, et il opte pour une pièce de bœuf accompagné de ses frites maison. L’endroit, que je ne connaissais pas et qui est somme toute récent, est vraiment charmant et surtout très romantique… Mais son côté chaleureux et décontracté m’apaise, ce qui me fait relâcher un peu la pression. Le serveur nous apporte nos verres de vin rouge, puis nous trinquons à ce moment.

— J’espère que tu n’auras pas trop d’ennuis en rentrant, me dit-il alors que je bois une gorgée très appréciable.

Avec un petit sourire en coin qu’il me rend immédiatement, Je lui réponds :

— Je l’espère aussi. Mais je pense que ça en vaut la peine,

Nos plats arrivent, et on commence à dîner tranquillement, tout en continuant nos discussions.

— La dernière fois, tu m’as dit, je cite, « un été pour oublier ». Qu’est-ce que tu cherches à fuir ?

Je le regarde intensément en me demandant comment je peux lui répondre sans trop en dévoiler non plus. Je ne veux pas qu’il sache que ma famille fait partie des plus influentes de la région et que mon père est un riche homme d’affaires. J’ai bien trop peur que sa vision de moi change.

— L’espace d’un mois, je peux m’évader un peu. Ça peut paraître étrange quand on sait que je suis des cours, mais j’ai vraiment l’impression d’être en vacances, loin de la pression du quotidien. Ici on fait beaucoup moins attention à mes erreurs et mes faux pas, je ne suis pas obligée de sourire à tout bout de champ même lorsque je n’en ai pas envie… C’est juste un été pour oublier le reste de l’année.

Ses yeux sont intéressés, et il fronce légèrement les sourcils en m’écoutant.

— Pourquoi suivre des cours si tu n’en as pas besoin ? Tu es loin d’être une fille stupide et tu as une culture bien supérieure à la moyenne, renchérit-il.

— Oui, mais ce n’est jamais suffisant.

— Dans quelles matières tu te perfectionnes cet été, du coup ?

Sa curiosité pour mes cours m’amuse. Ça lui donne un air sérieux qui lui va plutôt bien.

— En français, arithmétique et droit pénal. Bon et toi ? J’ai beau avoir réfléchi toute la journée, je n’arrive pas à te voir dans l’un des métiers que j’ai cités hier… Tu es certain que tu ne me mènes pas en bateau ?

— Non, promis, dit-il en finissant son assiette.

— J’ai aussi fait mes calculs. Tu m’as dit que tes études de littérature, si je peux le croire évidemment, ont duré huit ans, donc tu dois avoir plus ou moins vingt-sept ans. Est-ce que je me trompe ?

Il sourit face à ma petite enquête et hausse les épaules tout en faisant une petite grimace avec ses lèvres, signe qu’il ne m’aidera pas.

— Je ne sais pas. Je ne connais pas ton âge, donc ce ne serait pas équitable que tu connaisses le mien. Et puis, j’ai peur que tu fuies en l’apprenant, reprend-il ironiquement.

Je lui rétorque en surélevant mes sourcils dans une mimique faussement offusquée :

— Oh ! tu penses que tu es trop vieux pour moi ?

— Je n’ai pas l’impression que cela te dérange beaucoup.

— En effet, je m’en fiche pas mal, tant que tu n’as pas quarante ans ! Ce dont je doute fortement. Je n’aime pas les mecs de ma génération que je trouve trop ennuyeux ou trop rentre-dedans…

Il sourit de plus belle, et j’aime voir son visage s’illuminer de cette façon. Il est vraiment beau, et je me demande si je ne suis pas en train de rêver. Être assise au restaurant avec un homme comme lui, sans vraiment de drague pesante ou de mots déplacés, juste une conversation simple, me paraît à la limite du surréalisme. Il est bien trop sexy pour ce genre d’exercice. Joueuse, je continue :

— OK, on ne se dit pas nos âges respectifs, mais je peux te dire que je fête mon anniversaire très prochainement ce qui me rapprochera un peu plus de ton âge.

— Vraiment ? Et quel jour ça tombe ?

— Tu en demandes un peu trop…

On rigole ensemble puis il me dit que le sien est en novembre, sans pour autant me donner la date exacte. Nos desserts arrivent et je vérifie qu’il n’est pas trop tard. Mon téléphone m’indique 21 heures, ce qui est parfait. Cela nous laisse le temps de déguster une bonne tarte tatin pour moi et un joli moelleux au chocolat pour lui. Ensuite, pourquoi pas marcher un peu le long de la plage avant que je ne sois obligée de rentrer…

— Je t’invite, insiste-t-il encore une fois en tendant sa carte bleue à la serveuse.

— Tu m’as déjà invitée la dernière fois ! C’est à mon tour.

— Ce n’était qu’une glace, Emma. Et puis, là, c’est moi qui t’ai proposé de venir, donc c’est comme ça, me dit-il avec assurance.

— Très bien, dans ce cas, on va devoir remettre ça une autre fois pour équilibrer, je lui réponds, le regard taquin.

— Ça me va.

Ses yeux ancrés dans les miens ne me lâchent pas. Au contraire, ils m’enivrent complètement. Je me demande ce qu’il attend de moi. Est-ce qu’il veut simplement continuer à discuter comme on le fait déjà ou est-ce que, dans sa tête, il veut bien plus ? Est-ce que, si je succombe, je ne serai qu’un trophée de plus à son palmarès, qui doit être conséquent à n’en point douter.

Ou bien… je lui plais vraiment ?

Difficile de savoir ou même de poser la question.

— Il nous reste encore un peu de temps. Je te raccompagne ?

J’acquiesce d’un signe de tête tout en le suivant. Il fait encore relativement jour, et les enfants jouent toujours au ballon sur la plage tandis que les parents boivent l’apéro en discutant. J’aime cette ambiance estivale qui se dégage et me fait me sentir bien. En brisant le silence qui s’est installé depuis seulement quelques minutes, je finis par dire :

— J’ai passé un super moment… merci.

Il s’arrête et sans me laisser le temps de comprendre, il m’attrape le bras et me stoppe dans ma lancée. Je me retrouve soudainement plaquée contre son torse, sa respiration brûlante sur mon visage. La tension est montée d’un cran et, si je ne sais pas comment on en est arrivés là, la tournure des événements n’est pas pour me déplaire. Son regard devient plus sérieux, ses sourcils froncés font accélérer mon rythme cardiaque. Je ne vacille pas quand il se rapproche de moi. Il est à la limite d’effleurer mes lèvres. Ses yeux s’attardent quelques secondes sur celles-ci avant de reporter son attention sur moi. Je peux sentir une sensualité intense se propager entre nous, si bien que mon désir pour cet homme vient de monter d’un cran.

— Dis-moi… quand est-ce que je pourrai te revoir ? finit-il par prononcer à voix basse, ne faisant qu’accentuer la tension entre nous déjà bien trop élevée. Le week-end, tu as le droit de sortir plus, non ?

Je ne réponds rien et laisse planer le doute quelques secondes. Je ne veux pas que ça se termine trop rapidement. Maintenant que j’ai goûté à cette proximité entre nos deux corps, m’en éloigner est la dernière chose que je souhaite.

Je me redresse légèrement sur la pointe des pieds pour tenter d’arriver à sa hauteur. Prudent, il recule à mesure que j’avance. Il me manque bien quelques centimètres pour atteindre ses lèvres. Je susurre contre sa bouche avec cette envie de la sentir plus proche encore :

— Je te manque déjà ?

— Je ne sais pas…

Il retient sa respiration et, alors que j’entrouvre les lèvres sans savoir quoi répondre, il les capture avec avidité. Elles sont chaudes et douces avec un léger goût sucré, exactement comme ce que l’on peut lire dans les romans. Ses mains entourant mon visage, il me pousse à reculer contre un arbre, m’empêchant ainsi de me dérober, ce qui est de toute façon totalement impensable tellement mon corps réagit au contact du sien. Sa langue effleure mes lèvres, et son souffle tempétueux sur mon visage accentue mon désir pour lui. Je me redresse sur la pointe des pieds, prolongeant ainsi ce baiser, désireuse de ne surtout pas perdre le contact entre nous qui agit comme un tsunami à l’intérieur de moi. Je me sens fondre comme un amas de lave dans ses bras, jusqu’à ce qu’il se détache. Même si j’avais voulu, j’aurais été à des années-lumière d’imaginer autant de fougue et de passion dans ce geste.

— Peut-être bien…

J’aimerais plus. Sentir ce goût sucré imprégner mes lèvres, ce souffle contre ma peau à la limite de la brûler, ces mains posées délicatement sur mes hanches. Moi sur un petit nuage oscillant entre rêve et réalité.

Maupassant écrivait d’ailleurs « Le baiser n’est qu’une préface, pourtant. Mais une préface charmante, plus délicieuse que l’œuvre elle-même ». En ce moment précis, je ne peux qu’être en accord avec lui et j’aimerais relire cette préface encore et encore… Même si je suis curieuse de pousser la lecture un peu plus loin et de découvrir ce qu’il a à offrir…

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